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Leçon ④ · La circonstancielle

La recette

L’indication se déplace-t-elle sans casser la phrase ?

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Écouter la leçon : La circonstancielle

Grame Maire te la dit en cinq fois. Tu peux n’en écouter qu’une.

Le souvenirce que tu sais déjà sans le savoirTélécharger « Le souvenir » pour l’écouter hors ligne
Le gestece qu’il faut faire, une fois pour toutesTélécharger « Le geste » pour l’écouter hors ligne
L’erreurcelle que tout le monde fait, toi comprisTélécharger « L’erreur » pour l’écouter hors ligne
Le renversementle moment où ça bascule et où tu comprendsTélécharger « Le renversement » pour l’écouter hors ligne
La preuvede quoi le montrer au correcteurTélécharger « La preuve » pour l’écouter hors ligne

Les mots de la leçon, et ceux du bac

ce que tu voisle mot du bac
le geste — ce qu'on faitla proposition principale
les indications autour — quand, pourquoi, à quelle conditionles subordonnées circonstancielles
le mot d'attelagela conjonction de subordination
déplacer l'indication sans casser la recettela mobilité
l'indication qui refuse de bougerce n'est pas une circonstance

Éprouvée sur le cas retors — « je vois bien que la prière n'y vaudrait rien » : il y a un mot d'attelage, mais on ne peut pas déplacer le morceau. L'image tient et sépare d'elle-même les deux familles.

1 · La recette

Illustration de la leçon
Le geste de la leçon, avant les mots.

Ma mère m'écrivait ses recettes sur des bouts de papier. Et quand je les relis, je vois qu'elles sont toutes bâties pareil.

Il y a le geste : « tu mets au four ».

Et tout autour, des indications. Quand ? « quand la pâte a reposé ». Pourquoi ? « parce que le beurre doit être froid ». Pour quoi faire ? « pour que ça lève ». À quelle condition ? « si tu as le temps ».

### Le geste, c'est ce qu'on fait. Les indications disent dans quelles circonstances.

Voilà toute la leçon. Le geste s'appelle la principale. Les indications s'appellent les circonstancielles. Et elles répondent toujours à l'une de ces questions : quand · pourquoi · pour quoi faire · à quelle condition · malgré quoi.

2 · Le test qui ne trompe jamais : déplace-la

Illustration de la leçon
Le geste de la leçon, avant les mots.

Une indication de recette se déplace, et la recette tient.

« Quand la pâte a reposé, tu mets au four. » « Tu mets au four quand la pâte a reposé. »

Les deux se disent. La recette n'a pas bougé.

Maintenant essaie avec ceci :

« Je vois bien que la prière n'y vaudrait rien. » (le père de Méléagant) « Que la prière n'y vaudrait rien, je vois bien. » — ça ne se dit pas.

### Ce morceau-là ne se déplace pas : ce n'est pas une circonstance. Il ne dit pas dans quelles conditions on voit — il dit ce qu'on voit. C'est une complétive, et elle complète le verbe.

Retiens ce geste, c'est le seul dont tu aies besoin :

Si ça se déplace, c'est une circonstance. Si ça refuse, c'est autre chose.

3 · Les cinq circonstances, une phrase chacune — toutes de ton texte

Illustration de la leçon
Le geste de la leçon, avant les mots.

« Que lui importe la honte, puisqu'Amour le commande et le veut ? »

LA CAUSE — pourquoi ? Mots d'attelage : parce que, puisque, comme.

« Il pense à celle-là seule, si fort qu'il n'entend, ne voit, ne comprend rien. »

LA CONSÉQUENCE — et alors, qu'est-ce que ça produit ? Mots d'attelage : si… que, tellement… que, si bien que, de sorte que.

« On laissa retomber une porte, pour qu'ils ne pussent ressortir. »

LE BUT — pour quoi faire ? Mots d'attelage : pour que, afin que.

« Si tu ne me secours pas vite, il me déshonorera sous tes yeux ! »

LA CONDITION — à quelle condition ? Mots d'attelage : si, à condition que, pourvu que.

« Dès qu'ils y furent entrés, on laissa retomber une porte. »

LE TEMPS — quand ? Mots d'attelage : quand, lorsque, dès que, avant que, après que.

4 · Un détail qui rapporte : le mode

Regarde le but : « pour qu'ils ne pussent ressortir ». Et la conséquence : « si fort qu'il n'entend rien ».

Le but met le verbe au subjonctif. La conséquence le laisse à l'indicatif.

Pourquoi ? Parce qu'un but n'a pas encore eu lieu — on ferme la porte pour empêcher quelque chose qui n'est pas arrivé. Une conséquence, elle, est arrivée.

C'est une petite chose et elle se remarque : la nommer, à l'oral, fait sérieux — et surtout, c'est vrai.

5 · Le fil à plomb

Trois questions, dans cet ordre.

① Y a-t-il un mot d'attelage ? quand, si, parce que, pour que, puisque… ② Le morceau se déplace-t-il ? Oui → circonstancielle. Non → complétive, et ce n'est pas cette leçon. ③ À quelle question répond-il ? quand · pourquoi · pour quoi faire · à quelle condition · malgré quoi. C'est ce nom-là qu'il faut donner.

6 · On le fait ensemble

La scène de la charrette. Lancelot hésite deux pas, puis monte.

« Amour le veut, et il y saute : que lui importe la honte, puisqu'Amour le commande et le veut ? »

Je cherche le mot d'attelage : puisque. Je déplace pour vérifier : « Puisqu'Amour le commande, que lui importe la honte ? » — ça se dit. C'est donc bien une circonstancielle. Je nomme la question : pourquoi la honte n'a-t-elle pas d'importance ? Une cause.

Et alors ?

Regarde le mot choisi. Chrétien n'écrit pas « parce que ». Il écrit « puisque ».

### Parce que donne une raison. Puisque rappelle une raison qu'on est censé déjà admettre.

En écrivant « puisque », Chrétien ne justifie pas Lancelot : il fait comme si la chose allait de soi. Amour commande, on obéit, il n'y a pas à discuter.

Et c'est exactement le sujet du roman. Toute la question du livre est de savoir si l'amour peut commander ça — et la conjonction a déjà répondu, avant le débat.

7 · Les trois bêtises

Tu appelles « circonstancielle » tout ce qui commence par que. Déplace-le d'abord. S'il refuse, c'est une complétive.

Tu confonds la cause et la conséquence. La cause vient avant le fait, la conséquence après. « Il tombe parce qu'il glisse » / « Il glisse si bien qu'il tombe » — même scène, deux sens de lecture.

Tu dis « circonstancielle » et tu t'arrêtes. Le correcteur attend laquelle : cause, conséquence, but, condition, temps ou concession.

Au guichet

Une proposition subordonnée conjonctive circonstancielle est introduite par une conjonction de subordination (quand, si, parce que, puisque, pour que, bien que…) et exerce la fonction de complément circonstanciel de la principale.

Elle se distingue de la conjonctive complétive par sa mobilité : la circonstancielle se déplace et peut souvent être supprimée ; la complétive, qui occupe la fonction de complément d'objet du verbe, ne le peut pas.

On classe les circonstancielles selon la relation qu'elles expriment : temps, cause, conséquence, but, condition, concession, comparaison. Le but et la concession commandent le subjonctif ; la conséquence et la cause, l'indicatif.

Ta réponse, en deux minutes :

« « puisqu'Amour le commande et le veut » est une proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de cause, introduite par la conjonction « puisque » et mobile dans la phrase. Le choix de « puisque » plutôt que de « parce que » présente la cause comme déjà admise : la conjonction dispense le héros de se justifier. »

### Si tu ne retiens qu'une chose : déplace-la. Si elle bouge, c'est une circonstance. Et si tu en retiens deux : le mot d'attelage n'est jamais neutre — « puisque » ne dit pas la même chose que « parce que ».

Si tu ne retiens qu’une chose : refais le geste montré par la leçon.