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En plus · Leçon ⑧ · L’accord du participe passé

Le rétroviseur

Qui le participe passé voit-il derrière lui ?

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Écouter la leçon : L’accord du participe passé

Grame Maire te la dit en cinq fois. Tu peux n’en écouter qu’une.

Le souvenirce que tu sais déjà sans le savoirTélécharger « Le souvenir » pour l’écouter hors ligne
Le gestece qu’il faut faire, une fois pour toutesTélécharger « Le geste » pour l’écouter hors ligne
L’erreurcelle que tout le monde fait, toi comprisTélécharger « L’erreur » pour l’écouter hors ligne
Le renversementle moment où ça bascule et où tu comprendsTélécharger « Le renversement » pour l’écouter hors ligne
La preuvede quoi le montrer au correcteurTélécharger « La preuve » pour l’écouter hors ligne

Les mots de la leçon, et ceux du bac

ce que tu voisle mot du bac
le rétroviseur — il ne regarde jamais devantl'accord se fait avec ce qui précède
le passager de gauche — toujours là avec êtrele sujet
le passager qui a doublé — le complément passé devantle complément d'objet direct antéposé
la route vide derrièrepas d'accord

Éprouvée sur le cas retors — « celle qui s'en était peignée avait laissé de ses cheveux » : deux participes dans une phrase, un seul s'accorde. Le rétroviseur explique les deux d'un coup.

1 · Le rétroviseur

Illustration de la leçon
Le geste de la leçon, avant les mots.

J'ai passé mon permis tard, et l'homme qui m'apprenait me répétait toujours la même chose : « avant de changer quoi que ce soit, regardez derrière ».

Le participe passé fait pareil. Il regarde derrière lui, jamais devant.

### S'il y a quelqu'un derrière, il s'accorde avec lui. S'il n'y a personne, il ne bouge pas.

Toute la leçon est là. Ce qui suit ne fait que dire qui peut se trouver derrière.

2 · Avec être · il y a toujours quelqu'un

Illustration de la leçon
Le geste de la leçon, avant les mots.

Avec l'auxiliaire être, le sujet est là, derrière, à chaque fois. Donc le participe s'accorde avec lui, sans exception.

« Toute la cour en fut bouleversée. » La cour → féminin singulier → bouleversée.

« Déjà les chevaux sont amenés, équipés et sellés. » Les chevaux → masculin pluriel → trois fois -és.

Le test : demande « qui est-ce qui ? » et regarde le mot. C'est avec lui.

3 · Avec avoir · la route est vide, sauf si quelqu'un a doublé

Illustration de la leçon
Le geste de la leçon, avant les mots.

Avec avoir, il n'y a personne derrière — le complément vient normalement après.

« Il a écrit une lettre. » Écrit quoi ? une lettre — elle est devant lui, sur la route. Le rétroviseur est vide : pas d'accord.

Mais il arrive que le complément double et se retrouve derrière.

« la grande douleur qu'on lui a préparée » Préparé quoi ? qu', c'est-à-dire la douleur — et elle est déjà passée. Le rétroviseur n'est pas vide : accord. Féminin singulier : préparée*.

« les deux lions qu'il croyait avoir vus » Vu quoi ? les deux lions, déjà passés. Masculin pluriel : vus*.

Le geste, en trois mots

### Pose la question « quoi ? » juste après le participe. Si la réponse est devant → rien. Si la réponse est déjà passée → accord avec elle.

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Tu n'as pas besoin de savoir ce qu'est un complément d'objet direct pour faire ça. Tu as besoin de savoir où il se trouve.

4 · Sans auxiliaire · c'est un adjectif, et il se comporte comme tel

« Le repas fini, le roi ne quitta pas ses compagnons. »

Ici, pas d'auxiliaire du tout. Le participe s'accorde avec le nom qu'il accompagne, comme n'importe quel adjectif. Le repas → masculin singulier.

5 · Les verbes en se · le morceau difficile, et il tient encore au rétroviseur

Quand le verbe porte un se, on emploie être — mais l'accord ne se fait pas avec le sujet pour autant. On continue de regarder derrière.

« Les chevaliers se sont armés. » Armé qui ? se, c'est-à-dire eux-mêmes — déjà passé. Accord : armés*.

« celle qui s'en était peignée » Peigné qui ? s', c'est-à-dire elle-même, déjà passée. Accord : peignée*.

Et voici où ça se retourne :

« Elle s'est lavé les mains. » Lavé quoi ? les mains — et elles sont devant, pas derrière. *Le s' n'est pas ce qu'on lave : c'est à qui on le lave. Rétroviseur vide : pas d'accord.

### Le même verbe, deux phrases, deux orthographes. Et le geste est le même dans les deux cas.

6 · Le fil à plomb

Trois questions, toujours dans cet ordre.

① Y a-t-il un auxiliaire ? Non → il s'accorde comme un adjectif. Oui → question ②. ② Est-ce être sans se ? Oui → accord avec le sujet, c'est fini. ③ Sinon, pose « quoi ? » ou « qui ? » juste après le participe. La réponse est devant → rien. La réponse est derrière → accord avec elle.

7 · On le fait ensemble

Et je t'ai gardé la meilleure phrase du livre pour ça, parce qu'elle contient les deux cas à la fois.

« Entre les dents du peigne, celle qui s'en était peignée avait laissé de ses cheveux, une bonne demi-poignée. »

Premier participe : peignée. Peigné qui ? s', elle-même — déjà passée. Accord. Féminin singulier : peignée.

Second participe : laissé. Laissé quoi ? de ses cheveux — et ils sont devant. Rétroviseur vide : pas d'accord. laissé, tout nu.

### Deux participes, deux mètres d'écart, deux orthographes contraires — et une seule règle.

Et alors ?

C'est la scène où la reine a laissé son peigne, et Lancelot y trouve ses cheveux.

Regarde ce que la phrase fait : elle nous montre d'abord celle qui s'est peignée — un geste ordinaire, accompli, refermé sur elle-même — puis ce qu'elle a laissé sans le savoir.

Le premier participe s'accorde parce que l'action revient sur elle. Le second ne s'accorde pas parce que ce qu'elle a laissé lui échappe.

Et c'est exactement le sujet de la scène : ce qu'on abandonne derrière soi et qui devient une relique pour un autre.

8 · Les trois bêtises

Tu accordes avec le sujet quand il y a avoir. « Elle a mangés des pommes » — non. Pose la question : mangé quoi ? des pommes, et elles sont devant.

Tu vois être et tu accordes sans réfléchir. Vérifie s'il y a un se. Avec un se, on regarde toujours derrière — et parfois il n'y a rien.

Tu apprends des listes de verbes par cœur. Il n'y a rien à apprendre par cœur. Il y a un geste à faire, et il prend deux secondes.

Au guichet

Le participe passé employé sans auxiliaire s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte, comme un adjectif.

*Employé avec l'auxiliaire être, il s'accorde avec le sujet*.

*Employé avec l'auxiliaire avoir, il s'accorde avec le complément d'objet direct lorsque celui-ci est antéposé*, et reste invariable dans le cas contraire.

Aux formes pronominales, l'accord se fait avec le complément d'objet direct s'il précède le participe — le pronom réfléchi lorsqu'il est lui-même complément d'objet direct. Lorsque le pronom réfléchi est complément d'objet second, ou lorsque le complément d'objet direct suit, le participe reste invariable.

Ta réponse, en deux minutes :

« Dans « celle qui s'en était peignée », le pronom réfléchi « s' » est complément d'objet direct et précède le participe : l'accord se fait au féminin singulier. Dans « avait laissé de ses cheveux », le complément d'objet direct est postposé : le participe reste invariable. Une même phrase illustre ainsi les deux régimes de l'accord. »

### Si tu ne retiens qu'une chose : le participe passé a un rétroviseur, et il ne regarde jamais devant. Et si tu en retiens deux : pose la question « quoi ? » juste après lui. Tout le reste en découle.

Si tu ne retiens qu’une chose : refais le geste montré par la leçon.