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Le programme de français de première
Dans le journal du vendredi, le programme tient en une colonne. Ici, on déplie toute la carte : les quatre objets d'étude, les douze œuvres proposées, le principe du parcours associé et ce que tout cela prépare pour les épreuves de juin.
Douze œuvres au programme : voilà le genre de chiffre qui coupe l'appétit avant le premier plat. Rassure-toi tout de suite, personne ne te demandera de tout goûter. Le programme fonctionne comme la carte d'un restaurant : elle propose large, mais ton menu de l'année tiendra en quatre plats, choisis pour toi, servis dans l'ordre, avec le temps de savourer chacun. Reste à comprendre comment la carte est composée, et c'est plus simple qu'il n'y paraît.
Le programme de français de première est fixé par le Bulletin officiel. Il retient quatre objets d'étude : le roman et le récit, la littérature d'idées, le théâtre, la poésie. Pour chacun, trois œuvres sont proposées, soit douze en tout sur la carte. Ton professeur choisit une œuvre par objet d'étude : quatre œuvres étudiées dans l'année, ton menu. Deux lycéens d'une même ville peuvent donc travailler des textes différents ; c'est normal, et l'examen en tient compte.
Les quatre objets d'étude sont les quatre services du repas, et chacun a son caractère. Le roman et le récit racontent ; la littérature d'idées argumente ; le théâtre fait parler des personnages en scène ; la poésie travaille la langue elle-même. L'année passe de l'un à l'autre, et chaque service apporte sa manière de lire. Le calendrier, lui, reste stable d'une année sur l'autre : les épreuves anticipées de français se tiennent en juin, à la fin de la première.
Chaque année, le Bulletin officiel renouvelle un objet d'étude sur quatre ; les trois autres restent en place, ce qui permet aux professeurs de garder des lectures déjà rodées. Cette année, l'objet renouvelé est le roman et le récit, et ses trois œuvres sont neuves au programme : Chrétien de Troyes, Zola et Simone Schwarz-Bart. Regarde l'amplitude du choix : un roman du XIIe siècle, un roman du XIXe, un récit antillais du XXe. Trois manières de raconter, trois mondes, et un même objet d'étude.
Les trois autres services sont maintenus. En littérature d'idées : La Boétie, Fontenelle, Graffigny. Au théâtre : Corneille, Musset, Sarraute. En poésie : Rimbaud, Ponge, Hélène Dorion. Si une œuvre de cette liste t'était déjà familière, tant mieux : elle reste sur la carte, et ce que les classes précédentes en ont dit continue de servir. D'une classe à l'autre, deux des œuvres et le format des sujets peuvent varier ; ton professeur précise en classe ce qui te concerne exactement.
Voici le principe le plus important de toute la carte : une œuvre au programme n'arrive jamais seule. Elle vient toujours avec un parcours associé, qui indique sous quel angle la lire, comme un plat vient avec son accord. Celui de Chrétien de Troyes s'intitule le roman et l'invention de l'amour ; celui de Zola, dévoiler les rouages de la société. Ce parcours commande les sujets de dissertation : le connaître, c'est déjà savoir de quoi le devoir parlera, quelle que soit la formule choisie par le sujet. Un lycéen qui sait réciter son roman mais ignore son parcours arrive à l'écrit sans savoir ce qu'on lui demande ; c'est le convive qui a mangé le plat sans lire le menu, et qui ne peut rien en dire.
Tout ce menu prépare deux épreuves. L'épreuve écrite dure quatre heures : on y choisit entre une dissertation, qui porte sur une œuvre au programme et son parcours, et un commentaire, qui porte sur un texte inconnu. L'oral dure vingt minutes : un texte étudié dans l'année à expliquer, une question de grammaire, puis la présentation d'une œuvre que tu as choisie et lue en entier. La liste des textes étudiés, signée par ton professeur, s'appelle le descriptif : c'est elle qui fixe ce que l'examinateur peut demander. Un mot sur l'œuvre choisie, souvent négligée à tort : elle occupe la seconde moitié de l'oral, et c'est le moment où l'examinateur entend un lecteur, non un candidat.
Ce qu'il faut emporter tient en trois lignes. Quatre objets d'étude, trois œuvres proposées pour chacun, une retenue par ton professeur : quatre œuvres dans l'année. Un objet renouvelé cette année, le roman et le récit, avec trois œuvres neuves. Et pour chaque œuvre, un parcours associé qui oriente toute l'année de travail et commande les sujets. Le jour venu, c'est ce trio, œuvre, parcours, descriptif, qui cadre tout ce qu'on peut te demander.
La carte est grande, ton menu est court, et il est déjà composé : quatre plats, quatre angles, une année pour les goûter. Bon appétit, service par service.