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L'essentiel · Première · Bac de français

Compter les mots · le point le plus facile de l'épreuve, et celui qui se perd le plus

La contraction de texte, exercice de l'épreuve écrite


Dans le journal du vendredi, la règle et l'exemple tiennent en une page. Ici, on arpente tout le terrain : ce qu'est un mot au sens officiel, le comptage fait sous tes yeux mot après mot, et ce qu'on répare quand la mesure sort des bornes.


Le point le plus simple du sujet

Un géomètre qui livre un plan sans mesures n'a pas fait son métier, si beau que soit le dessin. La contraction obéit à la même logique, et c'est une chance : de toute l'épreuve, le comptage est le point qui demande le moins de talent et qui se respecte le plus facilement. Il se perd pourtant chaque année sur des copies qui valaient mieux. Cette page t'apprend à arpenter, et l'arpentage, une fois appris, ne s'oublie plus.

Borner le terrain : une obligation écrite

Tu dois indiquer le nombre de mots que tu as employés. C'est une obligation, et le document officiel est net : l'oublier doit être sanctionné. Où l'écrire : le total à la fin de chaque paragraphe, et le total général à la toute fin. Le sujet demande en outre un repère tous les cinquante mots dans ta copie, un simple trait, comme le géomètre plante une borne à intervalle fixe. La règle paraît tatillonne et elle ne l'est pas : le nombre de mots est la seule preuve que tu as réellement fait l'exercice demandé, la seule chose qui transforme un texte plus court en une contraction au quart. Et il te sert à toi d'abord : l'élève qui connaît sa fourchette dès la première minute écrit autrement, car il sait, avant de commencer, qu'il n'a pas la place pour les exemples.

La chaîne d'arpenteur : ce qu'est un mot

Encore faut-il savoir ce qu'on mesure. La règle officielle emploie une expression qu'il faut d'abord traduire : un mot est une « unité typographique signifiante ». Autrement dit, un groupe de lettres séparé par des espaces et qui veut dire quelque chose tout seul. Voilà ta chaîne d'arpenteur ; il reste à la tendre sur quelques cas concrets pour qu'elle devienne un réflexe.

Le mètre en main : quatre mots dans « c'est-à-dire »

La logique, une fois qu'on la voit, ne s'oublie plus. Dans « c'est-à-dire », chaque morceau existe séparément et veut dire quelque chose : c', est, à, dire ; le tout compte donc pour quatre mots. Dans « aujourd'hui », le morceau « hui » ne veut plus rien dire tout seul de nos jours : un seul mot. Et « c'est » compte pour un, si bien que « c'est vrai » vaut deux mots et non trois : « c'est » forme un seul groupe séparé par des espaces, alors que « c'est-à-dire » en compte quatre. Retiens la leçon d'ensemble : les traits d'union ne collent pas automatiquement les mots, et c'est le sens de chaque morceau qui décide.

Mesurer la parcelle témoin

Arpentons maintenant une phrase entière, celle que ce dossier utilise partout, donnée pour vingt et un mots : « La baisse des ventes de livres ne prouve pas un recul de la lecture : le support a changé, non la pratique. » Le relevé, mot après mot : la 1, baisse 2, des 3, ventes 4, de 5, livres 6, ne 7, prouve 8, pas 9, un 10, recul 11, de 12, la 13, lecture 14, le 15, support 16, a 17, changé 18, non 19, la 20, pratique 21. Vingt et un, dans une fourchette qui allait de dix-huit à vingt-deux : nous sommes dedans. Trois observations au passage. Les deux-points n'entrent pas dans la mesure : aucun signe de ponctuation ne compte, ni la virgule, ni le point, ni les guillemets, seuls les mots. Les petits mots, eux, comptent autant que les grands : de, la, un, ne, chacun vaut un mot, exactement comme pratique. Et c'est pourquoi supprimer un exemple fait gagner beaucoup plus de place que raccourcir des phrases.

Les bornes sont déjà posées sur le plan

Bonne nouvelle d'arpenteur : le terrain t'arrive déjà borné. Tu n'as ni division à faire ni pourcentage à calculer, et cela tombe bien, la calculatrice est interdite. Le sujet porte le nombre de mots du texte, le nombre de mots demandé et les deux limites. Retiens l'ordre de grandeur plutôt que les nombres : un texte d'environ sept cent cinquante mots, une contraction d'environ cent quatre-vingt-dix. Puis fais le geste qui commande tout le reste : recopie tes deux limites en haut de ton brouillon, entourées, avant d'écrire une seule phrase. Ce sont elles qui te disent combien de mots tu peux accorder à chaque partie du texte, et donc ce que tu dois jeter.

Quand la mesure sort des bornes

Ça arrive, et ça se rattrape, à condition de compter avant la dernière minute. Trop long, le cas le plus fréquent : au lieu de couper des mots ici et là, ce qui abîme les phrases sans grand gain, cherche un exemple qui a survécu, ou une idée que tu as dite deux fois ; retirer une phrase entière fait gagner vingt mots d'un coup, et le texte reste lisible. Trop court, le cas plus rare : c'est souvent bon signe pour la langue et mauvais signe pour le contenu, car tu as probablement sauté une étape du raisonnement ; relis le texte de départ et cherche ce qui manque, plutôt que de rallonger tes phrases.

Le jour de l'épreuve, mètre en poche

Sur le terrain, l'ordre des opérations est simple. Compte au moment de recopier au propre, à la fin, jamais avant : compter un brouillon que tu vas encore modifier, c'est du temps perdu deux fois. Pose ton trait tous les cinquante mots en recopiant, écris le total de chaque paragraphe en face, puis le total général. Vérifie enfin ta fourchette avant de rendre : deux minutes, et c'est le meilleur rapport entre le temps passé et les points gagnés de toute l'épreuve.

Replier le mètre

Le terrain est mesuré, borné, certifié : ta contraction porte ses totaux, et le lecteur de ta copie n'a qu'à lire. Replie le mètre et garde-le en poche ; de tous les instruments de l'épreuve, c'est le plus léger, et il rapporte à tous les coups.