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Méthode · Première · Bac de français

La méthode, en trois gestes

La contraction de texte, exercice de l'épreuve écrite


Dans le journal du vendredi, les trois gestes tiennent en trois paragraphes serrés. Ici, on les déplie un à un, dans l'ordre exact où tu les feras, avec ce que chacun t'évite et le temps qu'il faut lui réserver.


Tout y est, en plus petit

Une contraction réussie ressemble à une maquette d'architecte : le bâtiment entier, réduit au quart, et rien qui manque. Les murs porteurs sont là, les proportions sont respectées, et quiconque regarde la maquette comprend le bâtiment. La bonne nouvelle, c'est que le montage de cette maquette relève de l'artisanat le plus simple : trois gestes, toujours les mêmes, toujours dans le même ordre. Cette page est ton plan de montage.

L'atelier et ses règles d'échelle

Rappelle d'abord l'échelle de travail, car tout en découle. Le texte donné fait environ sept cent cinquante mots ; tu le réduis au quart, soit environ cent quatre-vingt-dix mots, avec une marge de plus ou moins dix pour cent. Le sujet imprime ces nombres sur ta feuille : le total du texte, le nombre visé, les deux limites. Le maquettiste ne choisit pas son échelle, elle est écrite sur le plan ; toi non plus, et c'est tant mieux : il ne reste qu'à construire juste.

Trois gestes, toujours dans le même ordre

La méthode tient en trois gestes, et leur ordre a un sens. On monte d'abord la maquette en mesurant chaque pièce ; on contrôle ensuite pièce par pièce ; on vérifie enfin l'échelle d'ensemble avant de livrer. En termes d'épreuve : recopier au propre en comptant, additionner paragraphe par paragraphe, vérifier la fourchette avant de rendre. Chaque geste rattrape les erreurs que le précédent aurait laissé passer, et le dernier ne coûte que deux minutes.

Premier geste : monter en mesurant

Recopie au propre en comptant, et pose un trait tous les cinquante mots : c'est exactement ce que le sujet demande, et c'est plus rapide que de tout recompter à la fin. Le maquettiste qui mesure chaque pièce au moment de la coller n'a jamais de mauvaise surprise au démoulage ; l'élève qui compte en recopiant non plus. Le moment compte autant que le geste : on compte au recopiage, à la fin, jamais avant. Compter un brouillon que tu vas encore modifier, c'est du temps perdu deux fois.

Deuxième geste : contrôler pièce par pièce

Additionne ensuite paragraphe par paragraphe, et écris chaque total en face. Si tu dois retoucher, tu sais lequel refaire : c'est tout l'intérêt de contrôler la maquette étage par étage plutôt que d'un bloc. Ce geste suppose d'ailleurs que ta contraction ait des paragraphes : un par grand moment du texte, car un résumé d'un seul bloc cache les étapes du raisonnement, comme une maquette fondue d'une pièce cache la structure du bâtiment. Et pendant que tu y es, rappelle-toi ce que la maquette ne comporte pas : on ne demande pas de titre à une contraction, et on n'en met pas ; pas d'introduction non plus, pas de conclusion. La maquette montre le bâtiment, elle ne l'annonce pas.

Troisième geste : vérifier l'échelle avant de livrer

Vérifie ta fourchette avant de rendre. Deux minutes, montre en main, et c'est le meilleur rapport entre le temps passé et les points gagnés de toute l'épreuve. Les deux limites sont imprimées sur le sujet ; ton total général doit tenir entre elles, et tu l'écris à la toute fin de ta copie. Le maquettiste qui livre sans vérifier l'échelle risque de tout refaire ; l'élève qui rend sans vérifier sa fourchette découvre son écart quand il est trop tard pour l'ajuster.

La maquette vue d'ensemble

Reprends les trois gestes d'un seul regard. Recopier en comptant, un trait tous les cinquante mots : la mesure se fait en construisant. Additionner paragraphe par paragraphe, chaque total en face : le contrôle se fait pièce par pièce. Vérifier la fourchette avant de rendre : l'échelle d'ensemble est certifiée. Trois gestes mécaniques, aucun talent requis, et c'est précisément leur force : ils sécurisent des points qui se perdent chaque année sur des copies qui valaient mieux.

Le jour de l'épreuve, à l'établi

Deux consignes d'atelier pour finir. D'abord, seule ta copie au propre est corrigée : les brouillons ne sont pas lus. Prévois donc le temps de recopier, c'est plus long qu'on ne croit, et c'est justement pendant ce recopiage que le premier geste s'exécute. Ensuite, surveille l'horloge d'ensemble : la contraction et l'essai se partagent les quatre heures, et l'essai compte autant. La maquette la plus fine du monde ne rattrape pas un second exercice bâclé ; réserve-lui sa moitié d'établi.

Ranger l'établi

Trois gestes, un trait tous les cinquante mots, des totaux en marge et deux minutes de vérification : la maquette est livrée à l'échelle, et elle tient debout. Le geste s'apprend vite ; répète-le une fois sur un texte d'entraînement, et le jour venu tes mains le connaîtront.