Le bac par Patrick

Hélène Dorion · Mes forêts · Explication 8/10

Mes forêts sont des bêtes

Question de lecture. Comment la forêt animale, marine et grammaticale échappe-t-elle au regard des écrans pour redevenir une manière d’habiter ?

13 étapes parlées9 prises9 tiroirs

L’explication à côté de toi

Le fil parlé

Treize étapes pour comprendre, dire et retenir avant d’ouvrir le dossier de l’épreuve.

Étape 01

Tu n’y comprends rien ? C’est normal

« Mes forêts sont des bêtes qui attendent la nuit. » Tu peux trouver l'image inquiétante, presque un début de conte.

C'est voulu. Ce poème fait passer la forêt du végétal à l'animal, puis à la mer, puis à la grammaire — et il finit par un reproche : nos écrans nous en montrent l'image, et l'image ne suffit pas. Suis les métamorphoses, chacune sert la dernière.

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Étape 02

D’abord, de quoi ça parle ?

Qui parle ? La voix du recueil, celle qui dit « mes forêts ».

De quoi ça parle ? La forêt devient une bête qui attend la nuit pour gratter la terre et l'écorce, boire ce qu'on lui laisse, se glisser dans un lit plein de lucioles. Puis ce sont des barques à la dérive, un dessin de nature morte. Enfin viennent les écrans sur lesquels on la regarde sans la voir — et un verbe qui se conjugue lentement.

Que veut faire comprendre l'auteure ? Que voir une forêt demande du temps, et que l'écran, précisément, n'en donne pas.

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Étape 03

Où on se trouve dans le livre

On est dans le livre parmi les poèmes qui reprennent la formule du titre pour l'emmener ailleurs. Celui-ci va très loin : jusqu'à la grammaire.

Ce qu'il faut savoir : les écrans reviennent plusieurs fois dans le recueil, et toujours du côté de ce qui empêche. Le poème ne fait pas la morale ; il constate qu'un regard rapide ne voit rien.

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Étape 04

Ton introduction : comment tu ouvres

Ton introduction peut tenir en six phrases, dans cet ordre.

  • Situe l'auteure : Hélène Dorion, poète québécoise contemporaine, qui interroge notre manière de regarder la nature.
  • Nomme l'œuvre et sa date, 2021, et le genre : un recueil de poèmes.
  • Dis où l'on en est : une reprise de la formule du titre, conduite jusqu'à une critique du regard.
  • Annonce ton parcours en trois arrêts : d'abord une animalité qui se réveille la nuit, ensuite une immobilité qui dérive vers la mer, enfin un regard qui doit quitter l'écran et apprendre la lenteur.
  • Pose ta question, dans les termes du dossier : « Comment la forêt animale, marine et grammaticale échappe-t-elle au regard des écrans pour redevenir une manière d’habiter ? »
  • Referme en annonçant que tu suivras l'ordre des vers.
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Étape 05

Premier moment : La nuit réveille une animalité enfouie

Le premier moment réveille l'arbre. « Mes forêts sont des bêtes qui attendent la nuit » : elles attendent, donc elles ont une intention. Un arbre ne fait pas ça.

Puis les gestes : « gratter la terre gratter l'écorce ». Le verbe est répété tel quel, sans conjonction. C'est le geste des animaux qui fouillent — et il se fait sur elles-mêmes, puisque l'écorce est la leur.

Enfin « boire l'offrande et se glisser / dans un lit rempli de lucioles ». Le mot offrande suppose quelqu'un qui donne ; les lucioles font une lumière vivante. La nuit n'est pas noire dans ce poème : elle est habitée.

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Étape 06

Deuxième moment : L’immobilité apparente dérive vers la mer

Le deuxième moment met la forêt à l'eau. « le bois de barques à la dérive » : le bois n'est plus debout, il flotte, et il a été travaillé — une barque est un objet fabriqué.

Et « à la dérive » enlève même le pilote. Personne ne conduit.

Puis le vers le plus tranchant : « elles sont un dessin de nature morte ». Une nature morte, en peinture, c'est un tableau d'objets immobiles — souvent des fruits qui vont pourrir. La forêt vivante du premier mouvement est devenue une image, et l'image, elle, ne bouge plus.

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Étape 07

Troisième moment : Voir exige de quitter l’écran et de conjuguer lentement

Le troisième moment nomme le coupable et donne le remède. « sur lesquels on les regarde » : le pronom désigne les écrans. Le « on » est vague — c'est nous tous.

Puis la chute : « sans jamais les voir mes forêts ». Regarder et voir ne sont pas la même chose. On peut regarder mille images de forêts et n'en voir aucune. Et le possessif revient juste après, comme une reprise de possession.

Le dernier vers donne la solution : « un verbe qui se conjugue lentement ». La forêt n'est pas un nom, c'est un verbe — donc une action, donc une durée. Et il faut du temps pour la conjuguer.

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Étape 08

Alors, qu’est-ce que ça raconte vraiment ?

En une phrase : une forêt qui se change en bête, en barque et en tableau, pour finir par n'être plus un nom mais un verbe lent.

Ce que le poème établit, c'est la thèse la plus nette du recueil : la nature ne se voit pas vite. Si on te demande ce que Dorion reproche aux écrans, réponds qu'ils ne suppriment pas la forêt, ils suppriment le temps qu'il faut pour la voir.

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Étape 09

Ton ouverture : la porte qui s’ouvre

Pour ouvrir, tu peux dire ceci : le poème d'ouverture faisait déjà de la forêt une durée. Ici, la durée devient une exigence : il faut y mettre du sien.

Une seconde ouverture : dire qu'une forêt est un verbe, c'est dire qu'elle se conjugue — donc qu'elle a un passé, un présent, un futur. Le recueil entier peut se lire comme cette conjugaison.

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Étape 10

Tu vois ? Tu sais le comprendre et le dire

Reprends : les bêtes qui attendent, le grattage, l'offrande et les lucioles ; puis les barques à la dérive, la nature morte ; enfin les écrans, la différence entre regarder et voir, le verbe lent. Trois temps.

Tu sais nommer ce que tu vois : une métaphore animale, un verbe répété sans lien, un terme emprunté à la peinture, un pronom indéfini qui nous inclut, une opposition entre deux verbes proches. Cinq choses, cinq citations.

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Étape 11

Et les petites questions de grammaire

Trois constructions à savoir sur ce passage.

« gratter la terre gratter l'écorce » — deux infinitifs identiques juxtaposés, sans « et ». La répétition sans lien mime l'insistance du geste : on gratte, on gratte encore.

« sans jamais les voir » — la préposition suivie d'un infinitif, renforcée par un adverbe négatif. Elle dit ce qui n'a pas lieu pendant que l'autre action a lieu : on regarde, et pendant ce temps on ne voit pas.

« un verbe qui se conjugue lentement » — un mot de grammaire employé comme métaphore, et un verbe pronominal qui se passe d'agent. La forêt se conjugue toute seule ; nous, nous devons suivre.

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Étape 12

Ce soir, tu peux fermer le cahier

Ce soir, tu peux fermer le cahier. Tu as compris que la forêt change trois fois de nature dans ce poème, et que la dernière est une leçon de regard. C'est l'essentiel.

Si tu veux garder une seule image en t'endormant, garde celle-ci : une bête qui gratte la terre dans le noir, pendant que quelqu'un fait défiler des photos d'arbres.

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Étape 13

Terre ferme : tu peux t’arrêter là

Terre ferme : tu peux t'arrêter là. Le dossier de l'épreuve t'attend quand tu voudras, avec ses neuf tiroirs. Ce soir, tu en sais assez pour en parler.

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Fin de l’explication accompagnée

La voix change

La voix qui t’accompagnait s’efface : finie la lettre, place au dossier de travail.

Je m’arrête iciJ’ouvre le dossier

Le dossier de l’épreuve

La même explication, classée pour la révision

Neuf tiroirs : comprendre, préparer l’oral, contrôler les preuves.

01Le texte, dit simplementLe raisonnement sans jargon.

Idée générale. Dans ce poème, les forêts deviennent des bêtes, puis des barques, puis un verbe — pour échapper aux images qu'on en fait sur les écrans.

Situation simple. Le poème dit que les forêts attendent la nuit, qu'elles grattent la terre, qu'elles dérivent comme des barques. Puis il dit qu'on les regarde sur des écrans sans jamais les voir.

Mouvement I. Dans ce mouvement, mes forêts sont des bêtes qui attendent la nuit. Elles grattent la terre, grattent l'écorce. Elles boivent l'offrande et se glissent. L'idée importante est qu'elles agissent.

Mouvement II. Dans ce mouvement, elles sont dans un lit rempli de lucioles. Elles sont le bois de barques à la dérive. Et elles sont un dessin de nature morte. L'idée importante est qu'elles dérivent tout en paraissant fixes.

Mouvement III. Dans ce mouvement, on les regarde sur des écrans sans jamais les voir. Et elles sont un verbe qui se conjugue lentement. L'idée importante est qu'il faut du temps pour les voir.

Pour finir. La leçon du poème est qu'une image n'est pas une présence, et qu'il faut de la lenteur pour retrouver la seconde.

02L’introduction rédigéeSix étapes, une question directrice.

Étape 1 : Hélène Dorion est une poète québécoise contemporaine.

Étape 2 : Mes forêts, paru en 2021, fait de la forêt une expérience et non un décor.

Étape 3 : L'extrait est le poème des bêtes, où la forêt échappe successivement à trois régimes d'image.

Étape 4 : Le poème s'organise en trois temps — l'animalité nocturne, la dérive marine, la critique de l'écran.

Étape 5 : On se demandera comment la forêt animale, marine et grammaticale échappe au regard des écrans pour redevenir une manière d'habiter.

Étape 6 : On suivra d'abord les gestes animaux, puis la dérive, enfin la définition grammaticale finale.

03L’explication linéaireTrois mouvements, neuf prises de lecture.

I. La nuit réveille une animalité enfouie

Le premier mouvement réveille une animalité que le paysage cachait. L'attribut rompt d'un coup avec l'immobilité attendue — « mes forêts sont des bêtes » — et la relative retient l'action au lieu de la déclencher : elles « attendent la nuit ». Le geste vient ensuite, répété sans conjonction : « gratter la terre gratter l'écorce », où la reprise de l'infinitif mime le mouvement obstiné des griffes. Le mouvement se referme sur deux infinitifs qui associent recevoir et pénétrer — « boire l'offrande et se glisser » — et l'offrande n'y est pas décrite comme un bien, seulement comme ce qu'on prend.

★ I.a. Animalité latente

« Mes forêts sont des bêtes qui attendent la nuit » DO-E-0431

Attribut animalisant et relative de retenue. L’attribut « des bêtes » rompt avec le paysage immobile. La relative « qui attendent » retient l’action : l’animalité est une puissance différée que la nuit autorise.

★ I.b. Geste répété

« gratter la terre gratter l’écorce » DO-E-0433

Reprise de l'infinitif sans coordination. La reprise de l’infinitif sans coordination mime le mouvement obstiné des griffes. Terre et écorce deviennent deux surfaces du même corps fouillé.

◆ I.c. Ingestion et passage

« boire l’offrande et se glisser » DO-E-0434

Infinitifs coordonnés. Les infinitifs associent recevoir et pénétrer. L’« offrande » n’est pas décrite comme un bien humain : elle nourrit un vivant qui se glisse hors du champ du regard.

II. L’immobilité apparente dérive vers la mer

Le deuxième mouvement fait dériver ce qui semblait immobile. Le « lit » joint le repos animal, la rivière et l'intimité, et les lucioles y produisent une lumière intermittente qui ne dissipe rien. Puis le mot « bois » travaille dans deux sens à la fois : la matière des barques et la forêt elle-même, de sorte que les troncs deviennent des embarcations « à la dérive ». Le mouvement s'achève sur une proposition qui semble tout arrêter — « elles sont un dessin de nature morte » — où le genre pictural nomme précisément ce que le regard fait des forêts quand il cesse de les voir.

◆ II.a. Nuit lumineuse

« dans un lit rempli de lucioles » DO-E-0435

Polysémie du lit. Le « lit » joint repos animal, rivière et intimité. Les lucioles produisent une lumière interne à la nuit : l’obscurité n’est pas le contraire du visible, mais sa condition fine.

★ II.b. Matière navigante

« le bois de barques à la dérive » DO-E-0438

Double sens de « bois ». « bois » nomme la matière des barques et la forêt. La dérive transforme les troncs en embarcations : le déplacement maritime était déjà contenu dans la matière végétale.

★ II.c. Image arrêtée

« elles sont un dessin de nature morte » DO-E-0440

Référence au genre pictural. La proposition attributive semble réduire la forêt à une représentation. « nature morte » désigne un genre pictural, mais prépare aussi la critique d’un regard qui immobilise le vivant.

III. Voir exige de quitter l’écran et de conjuguer lentement

Le troisième mouvement accuse le regard qui ne voit pas. Le relatif désigne des écrans, et le sujet indéfini « on » y regarde des forêts qui ne sont plus que des images. La formule suivante fait la différence entre deux verbes qu'on croit synonymes : « sans jamais les voir mes forêts », où regarder n'est pas voir, et où l'apostrophe retardée rappelle à qui elles appartiennent. Le poème se referme alors sur une définition grammaticale : la forêt est « un verbe qui se conjugue lentement », c'est-à-dire un procès, des personnes et des temps — et l'adverbe interdit de l'observer d'un coup d'œil.

★ III.a. Médiation des écrans

« sur lesquels on les regarde » DO-E-0442

Relatif désignant l'écran. Le relatif reprend les écrans et le pronom « les » les forêts. Le sujet indéfini « on » regarde une représentation sur une surface ; la chaîne pronominale rend sensible l’éloignement.

★ III.b. Regard manqué

« sans jamais les voir mes forêts » DO-E-0443

Opposition regarder / voir. Le gérondif implicite « sans voir » oppose l’acte perceptif au simple regard. L’apostrophe retardée « mes forêts » rétablit la présence que les pronoms et les écrans avaient tenue à distance.

★ III.c. Grammaire du vivant

« un verbe qui se conjugue lentement » DO-E-0445

Métaphore grammaticale. La forêt devient verbe, donc procès et variation de personnes et de temps. L’adverbe « lentement » oppose la croissance organique à la vitesse compacte des plateformes nommées ensuite.

04La conclusion rédigéeRépondre, puis prolonger dans l’œuvre.

1. Récapitulation. Le poème fait échapper la forêt à trois régimes successifs. L'attribut « des bêtes » rompt d'abord avec le paysage immobile, et la relative retient l'action : elles attendent. La reprise de l'infinitif sans coordination fait gratter la syntaxe elle-même, et « boire l'offrande » décrit une prise plutôt qu'un don. Le deuxième temps fait dériver ce qui paraissait fixe, en jouant sur le double sens de « bois » : les troncs deviennent barques. Et « nature morte » nomme exactement ce que le regard fabrique quand il cesse de voir. Le troisième désigne le dispositif — des écrans, un « on » qui regarde — puis sépare regarder et voir, avant de définir la forêt comme « un verbe qui se conjugue lentement ».

2. Ouverture. Cette exigence de lenteur est ce que le recueil oppose partout à l'urgence des images. Le parcours « la poésie, la nature, l'intime » désigne ici une méthode : pour habiter, il faut le temps d'une conjugaison.

05Le mémo de l’oralLes appuis indispensables et les prolongements possibles.

Auteur : Hélène Dorion.

Œuvre : Mes forêts, 2021.

Extrait : « Mes forêts sont des bêtes », poème de l'animalité et des écrans.

Objet d'étude : La poésie du XIXᵉ siècle au XXIᵉ siècle.

Parcours : La poésie, la nature, l'intime.

Situation : Poème du recueil où la forêt, devenue animale puis marine, échappe au regard des écrans.

Problématique : Comment la forêt animale, marine et grammaticale échappe-t-elle au regard des écrans pour redevenir une manière d'habiter ?

Plan : La nuit réveille une animalité enfouie ; l'immobilité apparente dérive vers la mer ; voir exige de quitter l'écran et de conjuguer lentement.

Citations, procédés et interprétations essentiels : ★ indique les appuis à ne pas omettre ; ◆ propose les prolongements à choisir selon le temps disponible.

★ I.a : « Mes forêts sont des bêtes qui attendent la nuit ». Attribut animalisant et relative de retenue. L’attribut « des bêtes » rompt avec le paysage immobile.

★ I.b : « gratter la terre gratter l’écorce ». Reprise de l'infinitif sans coordination. La reprise de l’infinitif sans coordination mime le mouvement obstiné des griffes.

◆ I.c : « boire l’offrande et se glisser ». Infinitifs coordonnés. Les infinitifs associent recevoir et pénétrer.

◆ II.a : « dans un lit rempli de lucioles ». Polysémie du lit. Le « lit » joint repos animal, rivière et intimité.

★ II.b : « le bois de barques à la dérive ». Double sens de « bois ». « bois » nomme la matière des barques et la forêt.

★ II.c : « elles sont un dessin de nature morte ». Référence au genre pictural. La proposition attributive semble réduire la forêt à une représentation.

★ III.a : « sur lesquels on les regarde ». Relatif désignant l'écran. Le relatif reprend les écrans et le pronom « les » les forêts.

★ III.b : « sans jamais les voir mes forêts ». Opposition regarder / voir. Le gérondif implicite « sans voir » oppose l’acte perceptif au simple regard.

★ III.c : « un verbe qui se conjugue lentement ». Métaphore grammaticale. La forêt devient verbe, donc procès et variation de personnes et de temps.

Appuis ★ repris : I.a I.b II.b II.c III.a III.b III.c

06Le tableau des procédésComparer les fonctions des neuf appuis.
Procédé désignéAnalyse dans le texteEffet sur le lecteurInterprétation
★ Attribut animalisant et relative de retenue (I.a)L’attribut « des bêtes » rompt avec le paysage immobile.Le lecteur voit la forêt devenir une bête qui attend.L'attribut « des bêtes » rompt avec le paysage immobile, et la relative retient l'action : la forêt de Dorion n'est jamais un décor, mais elle n'agit pas encore — elle attend.
★ Reprise de l'infinitif sans coordination (I.b)La reprise de l’infinitif sans coordination mime le mouvement obstiné des griffes.Le lecteur entend gratter deux fois, sans liaison.La reprise de l'infinitif sans coordination mime l'obstination du geste : la syntaxe gratte, comme les griffes qu'elle décrit.
◆ Infinitifs coordonnés (I.c)Les infinitifs associent recevoir et pénétrer.Le lecteur voit boire et se glisser dans le même geste.« Boire l'offrande » ne décrit pas un bien reçu mais une prise : le vivant se sert, et le poème ne moralise pas cette prise.
◆ Polysémie du lit (II.a)Le « lit » joint repos animal, rivière et intimité.Le lecteur voit un lit qui est aussi une rivière.Le « lit » joint le repos, la rivière et l'intimité ; les lucioles y donnent une lumière intermittente qui éclaire sans dissiper — c'est l'éclairage propre du recueil.
★ Double sens de « bois » (II.b)« bois » nomme la matière des barques et la forêt.Le lecteur voit les troncs devenir des barques.Le double sens de « bois » fait dériver la forêt : les troncs deviennent barques, et l'immobilité végétale se révèle un déplacement lent.
★ Référence au genre pictural (II.c)La proposition attributive semble réduire la forêt à une représentation.Le lecteur voit la forêt réduite à un tableau.« Nature morte » nomme exactement ce que le regard fait de la forêt quand il cesse de la voir : un genre, une image, un objet composé.
★ Relatif désignant l'écran (III.a)Le relatif reprend les écrans et le pronom « les » les forêts.Le lecteur voit des forêts regardées sur des écrans.Le sujet indéfini « on » regarde des forêts sur des écrans : Dorion désigne le dispositif contemporain qui remplace la présence par l'image.
★ Opposition regarder / voir (III.b)Le gérondif implicite « sans voir » oppose l’acte perceptif au simple regard.Le lecteur voit regarder cesser d'être voir.« Sans jamais les voir » sépare deux verbes qu'on croit synonymes ; l'apostrophe retardée rappelle en même temps à qui ces forêts appartiennent.
★ Métaphore grammaticale (III.c)La forêt devient verbe, donc procès et variation de personnes et de temps.Le lecteur reçoit une forêt qui se conjugue.Faire de la forêt « un verbe qui se conjugue lentement », c'est en faire un procès avec des personnes et des temps : l'adverbe interdit le coup d'œil, et exige une durée.
07Le tableau de couvertureRetrouver chaque sous-partie dans le mémo.
Prise ★RangDans le mémo
I.a★oui
I.b★oui
II.b★oui
II.c★oui
III.a★oui
III.b★oui
III.c★oui
Sous-partieProcédé principalDans le mémo ?
I.aAttribut animalisant et relative de retenueoui
I.bReprise de l'infinitif sans coordinationoui
II.bDouble sens de « bois »oui
II.cRéférence au genre picturaloui
III.aRelatif désignant l'écranoui
III.bOpposition regarder / voiroui
III.cMétaphore grammaticaleoui

Les 7 appuis marqués ★ couvrent les trois mouvements et sont tous repris dans le mémo : résultat 7/7. Ce décompte atteste la couverture, non la qualité générale de la page.

08Les erreurs rédhibitoiresLes contresens propres à ce passage.

A. Erreurs de fond

Erreur à ne pas commettrePourquoi c'est une erreurFormulation correcte à retenir
La forêt est personnifiée.Elle est animalisée, et la relative retient son action.Elle attend avant d'agir.
L'offrande est un don reçu.Le verbe « boire » en fait une prise.Le vivant se sert, et le poème ne moralise pas.
« Nature morte » dévalorise la forêt.L'expression nomme ce que le regard en fait.C'est une critique du regard, non de la forêt.
Regarder et voir sont synonymes.Le poème les sépare explicitement.Les écrans donnent l'un et retirent l'autre.
Le verbe final est une métaphore décorative.Un verbe a des personnes, des temps et une durée.La forêt devient un procès, ce qui exige de la lenteur.

B. Erreurs de méthode à l'oral

Erreur de méthodeCorrection attendue
Traiter « bois » dans un seul sens.La matière et la forêt tiennent ensemble, et font la dérive.
Négliger la reprise de l'infinitif.Elle mime l'obstination du geste.
Commencer par la critique des écrans.Suivre l'ordre : les deux premiers mouvements la rendent possible.
Annoncer des numéros de page.Annoncer les vers par leurs ancres éditoriales.

C. Formulations à proscrire

MaladroitCorrect
Dorion critique la technologie.Elle sépare deux verbes, regarder et voir, et en tire une exigence.
Les forêts sont vivantes.Elles sont animalisées, puis marines, puis grammaticales.
Le poème est écologique.Il porte sur un régime de regard, ce qui est plus précis.
09L’analyse grammaticaleTrois constructions distinctes, trois leçons.
  1. Question grammaticale 1
  2. Question grammaticale 2
  3. Question grammaticale 3

Phrase 1 : Attribut du sujet avec relative déterminative

Phrase étudiée : « des bêtes qui attendent la nuit »

Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.

Réponse : La relative « qui attendent la nuit » complète l’attribut « des bêtes ». « qui » est sujet ; « la nuit » est COD du verbe « attendent ».

Phrase 2 : Infinitifs coordonnés à valeur de programme

Phrase étudiée : « sur lesquels on les regarde »

Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.

Réponse : « lesquels » a pour antécédent « les écrans » et est complément de la préposition « sur ». Dans la relative, « on » est sujet et « les » COD, reprenant les forêts.

Phrase 3 : Relative en « qui » avec verbe pronominal et adverbe de manière

Phrase étudiée : « un verbe qui se conjugue lentement »

Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.

Réponse : La relative complète « un verbe ». « qui » est sujet du verbe pronominal « se conjugue » ; « lentement » est un adverbe complément circonstanciel de manière. Ce que l’on peut soutenir à l’oral