Ce site est en construction.
Accueil › Français › La contraction : avant / après
Méthode · Première · Bac de français
La contraction de texte, exercice de l'épreuve écrite
Dans le journal du vendredi, l'exemple tient en bas de page, serré. Ici, on l'agrandit plein cadre : le texte de départ en entier, la version réduite, l'inventaire exact de ce qui a disparu, et un vrai sujet de juin 2026 recopié mot pour mot.
Une contraction se juge comme une photographie qu'on développe en petit format : l'image est réduite, mais tout ce qui compte doit rester net. La meilleure façon de comprendre l'exercice est de le voir faire sous tes yeux, comme on regarde une image apparaître dans le bain du laboratoire. C'est l'objet de cette page : un même passage, avant et après, avec le détail de ce que le développement a gardé et de ce qu'il a dissous.
Voici le texte de départ, soixante-dix-huit mots écrits pour l'exemple : « On répète volontiers que la lecture recule. Le chiffre des livres vendus baisse, c'est vrai, et l'on en conclut aussitôt que les jeunes gens ne lisent plus. Mais le raisonnement est court. Un adolescent d'aujourd'hui lit des messages, des articles, des sous-titres, des notices : il lit du matin au soir. Ce qui a changé n'est pas la quantité lue, c'est la forme du support. Le déplorer revient à confondre un objet, le livre, avec une pratique, la lecture. » Regarde-le comme un négatif : tout y est, l'idée, la concession, les exemples, l'image finale. Le développement va décider de ce qui passe sur le petit format.
Avant de plonger le papier, on règle le format. Au quart, soixante-dix-huit mots en donnent vingt, et la marge de plus ou moins dix pour cent ouvre de dix-huit à vingt-deux. Ici, c'est nous qui comptons ; le jour de l'épreuve, ces trois nombres sont imprimés sur ta feuille, et tu n'as rien à calculer. Le format est fixé, les bords du papier sont posés : on peut développer.
Voici ce qui sort du bain : « La baisse des ventes de livres ne prouve pas un recul de la lecture : le support a changé, non la pratique. » Vingt et un mots, dans une fourchette qui allait de dix-huit à vingt-deux : nous sommes dedans. Lis les deux versions à la suite, et tu verras l'essentiel : la petite image dit exactement la même chose que la grande, dans le même ordre, avec le même mouvement de retournement.
Fais maintenant l'inventaire, car c'est lui qui t'apprend le geste. Ce qui a disparu : les exemples (les messages, les articles, les sous-titres, les notices), le moment où l'auteur donne raison à l'adversaire (« le chiffre des livres vendus baisse, c'est vrai »), et l'image de la fin (confondre l'objet et la pratique). Ce qui reste : la thèse, et le ne… pas qui la retourne, car c'est lui qui porte tout le raisonnement. Et note le point décisif : rien n'a été jugé. La version courte ne dit nulle part ce que nous pensons de la lecture des adolescents ; elle parle à la place de l'auteur, en son nom, à échelle réduite.
Passe maintenant du laboratoire d'exercice au format réel. Voici la consigne du sujet tombé en juin 2026, recopiée mot pour mot ; le texte à contracter était une page de Pierre Léna et Huanming Yang sur le goût de la science, donnée pour 770 mots : « Vous ferez la contraction de ce texte en 193 mots. Une tolérance de plus ou moins 10 % est admise : les limites sont donc fixées à au moins 173 mots et au plus 213 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et vous indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés. » Regarde bien : tout y est. Le nombre visé, les deux limites, le repère à poser. Tu n'as rien à calculer : tu recopies ces trois nombres en haut de ton brouillon, et tu écris.
Mets les deux tirages côte à côte, comme sur une planche-contact, et retiens ce qu'ils montrent ensemble. Le petit format garde la thèse, les étapes et le mouvement du raisonnement ; il dissout les exemples, la concession et les images ; il s'interdit tout jugement. Et l'échelle est toujours donnée d'avance : au quart, avec sa marge, chiffres imprimés sur le sujet. L'exercice tient tout entier dans cette comparaison, et c'est pourquoi le meilleur entraînement consiste à refaire ce que cette page vient de faire, sur n'importe quel texte d'idées.
Le jour venu, procède comme au laboratoire. Relève les trois nombres imprimés sur le sujet et recopie-les en haut du brouillon. Développe : la thèse, les étapes, les connecteurs, dans l'ordre du texte. Puis compare mentalement tes deux images, la grande et la petite : si un lecteur qui n'a vu que la petite peut restituer le raisonnement de la grande, le tirage est bon. Il reste à compter, et c'est l'objet d'une autre page de ce dossier.
La séance est finie : deux images, une grande et une petite, et la petite n'a rien perdu d'essentiel. Referme le laboratoire ; la prochaine fois, c'est ton texte qui passera au bain, et tu sais désormais exactement à quoi doit ressembler le tirage.