I. Le conte déplace la perception des situations vécues
Le conte modifie ce qui peut être vu, compris et supporté dans l’épreuve. Par le récit, l’écoute collective et la mémoire de Toussine, la parole fournit une forme aux expériences qui menaçaient de briser ceux qui les vivent.
La parole agit en donnant une forme partageable au risque de se briser, car le complément de moyen « avec une parole » et la métaphore de la brisure attribuent au langage une efficacité précise.
Dans le passage qui éclaire l’action concrète des paroles ancestrales, Reine Sans Nom transmet des récits et des maximes devant une cour qui écoute et répond. Dans cette lecture de l’action concrète des paroles ancestrales, le procédé décisif est le suivant : le complément de moyen « avec une parole » et la métaphore de la brisure attribuent au langage une efficacité précise. L’argument peut alors s’énoncer clairement : La parole agit en donnant une forme partageable au risque de se briser. Toutefois, aucune maxime ne remplace l’action ni ne garantit à elle seule que Télumée échappera au malheur ; cette réserve borne l’affirmation « La parole agit en donnant une forme partageable au risque de se briser ».
Schwarz-Bart écrit : « avec une parole, on empêche un homme de se briser » (§ 178).
Pour préciser l’action concrète des paroles ancestrales, la formule « avec une parole, on empêche un homme de se briser » appelle une observation : le complément de moyen « avec une parole » et la métaphore de la brisure attribuent au langage une efficacité précise. Ce travail de la langue rend défendable la proposition suivante : La parole agit en donnant une forme partageable au risque de se briser. Les mots choisis donnent ainsi une forme concrète à l’action concrète des paroles ancestrales. La preuve garde toutefois une frontière précise : aucune maxime ne remplace l’action ni ne garantit à elle seule que Télumée échappera au malheur ; elle borne la proposition « La parole agit en donnant une forme partageable au risque de se briser ».
Par conséquent, la parole agit en donnant une forme partageable au risque de se briser.
Comment les paroles de Reine Sans Nom permet de transformer l’épreuve par la parole ?
L’écoute de la cour fait du récit un événement collectif et non un souvenir isolé, car la personnification de la cour et la négation opposent l’écoute active à une réception passive du conte.
Pour approfondir l’action concrète des paroles ancestrales, le récit revient à un moment précis : Reine Sans Nom transmet des récits et des maximes devant une cour qui écoute et répond. Pour examiner l’action concrète des paroles ancestrales, le point d’appui se trouve dans la langue du passage : la personnification de la cour et la négation opposent l’écoute active à une réception passive du conte. Cette observation conduit à l’idée suivante : L’écoute de la cour fait du récit un événement collectif et non un souvenir isolé. Une réserve demeure : aucune maxime ne remplace l’action ni ne garantit à elle seule que Télumée échappera au malheur ; elle empêche de généraliser la proposition « L’écoute de la cour fait du récit un événement collectif et non un souvenir isolé ».
Schwarz-Bart écrit : « la cour écoute, elle ne dort pas » (§ 182).
Dans l’étude de l’action concrète des paroles ancestrales, les mots « la cour écoute, elle ne dort pas » organisent la preuve : la personnification de la cour et la négation opposent l’écoute active à une réception passive du conte. Le procédé donne ainsi une assise textuelle à l’idée suivante : L’écoute de la cour fait du récit un événement collectif et non un souvenir isolé. Le détail de la phrase rattache directement la preuve à l’action concrète des paroles ancestrales. Cette lecture rencontre une réserve : aucune maxime ne remplace l’action ni ne garantit à elle seule que Télumée échappera au malheur ; l’idée « L’écoute de la cour fait du récit un événement collectif et non un souvenir isolé » demeure ainsi fidèle à sa situation.
Par conséquent, l’écoute de la cour fait du récit un événement collectif et non un souvenir isolé.
Comment le pays au creux du cœur permet de mesurer le pays par le cœur ?
I.c. Le pays au creux du cœur : mesurer le pays par le cœur
Le souvenir de Toussine modifie concrètement la manière de tenir la tête devant la vie, car la relative explicative, le « vous » généralisant et l’expression concrète « baisser la tête » définissent une aide en acte.
La réflexion sur l’action concrète des paroles ancestrales prend appui sur une scène nettement située : l’incipit relie le choix de la Guadeloupe, la mémoire de l’esclavage et le nom rendu à Toussine. Rapporté à l’action concrète des paroles ancestrales, ce moment tire sa force d’un élément précis : la relative explicative, le « vous » généralisant et l’expression concrète « baisser la tête » définissent une aide en acte. L’analyse établit ainsi la proposition suivante : Le souvenir de Toussine modifie concrètement la manière de tenir la tête devant la vie. Il faut cependant conserver cette nuance : le choix du pays ne supprime ni l’histoire servile ni les épreuves racontées ensuite ; elle mesure la conclusion « Le souvenir de Toussine modifie concrètement la manière de tenir la tête devant la vie ».
Schwarz-Bart écrit : « Toussine était une femme qui vous aidait à ne pas baisser la tête devant la vie » (§ 25).
Rapportée à l’action concrète des paroles ancestrales, la citation « Toussine était une femme qui vous aidait à ne pas baisser la tête devant la vie » tire sa force d’un procédé : la relative explicative, le « vous » généralisant et l’expression concrète « baisser la tête » définissent une aide en acte. L’effet obtenu conduit à cette lecture : Le souvenir de Toussine modifie concrètement la manière de tenir la tête devant la vie. Le mouvement du passage précise de cette façon l’action concrète des paroles ancestrales. La nuance reste indispensable : le choix du pays ne supprime ni l’histoire servile ni les épreuves racontées ensuite ; elle empêche de simplifier la conclusion « Le souvenir de Toussine modifie concrètement la manière de tenir la tête devant la vie ».
Par conséquent, le souvenir de Toussine modifie concrètement la manière de tenir la tête devant la vie.
Par le récit, l’écoute collective et la mémoire de Toussine, la parole fournit une forme aux expériences qui menaçaient de briser ceux qui les vivent. Cette puissance n’agit pourtant jamais seule. Jusqu’où une parole peut-elle agir lorsqu’elle ne remplace ni le geste ni l’appui collectif ?