Dissertation n° 5 · L’orgueil suffit-il ?

L’orgueil suffit-il à expliquer la séparation ?

Alfred de Musset, On ne badine pas avec l’amour

L’orgueil suffit-il à expliquer la séparation de Camille et Perdican ?
Camille et Perdican se font face depuis deux escaliers du château. Un ruban rouge traverse le bouquet de Rosette entre eux, tandis qu’un cœur fermé par un nœud occupe le premier plan.
L’orgueil cesse d’être une simple défense lorsqu’il arme une parole qui traverse celle que les amants ont réduite à un instrument.

Du parcours à la dissertation

Une question, trois déplacements, neuf preuves

Le dénouement nomme l’orgueil comme conseiller fatal. Une lecture complète doit toutefois examiner les éducations, les peurs, le projet familial et les stratégies adressées à des tiers. Le parcours thématique fournit les scènes, les citations et les tensions. La dissertation les ordonne pour répondre à une question unique : l’orgueil transforme la vulnérabilité en refus ; des institutions donnent à cet orgueil ses arguments ; la cruauté résulte de choix scéniques précis. Retrouver le parcours thématique.

Le chemin du paragraphe. Pose une idée, demande pourquoi, puis donne une preuve. Explique ce qu’elle établit et termine par ce que tu as démontré.

Première voie · L’accompagnement narratif

Comprendre comment la dissertation se met en mouvement

Ici, on prend l’élève par la main. Le sujet devient une question vivante, le plan se construit comme une action et chaque preuve trouve sa place. Cette voie peut s’arrêter sur un mot, une image ou un geste pour faire comprendre le raisonnement : elle explique la fabrication de la copie, elle n’est pas encore la copie.

La voix qui accompagneElle tutoie, montre, déplie et autorise le détour explicatif.
L’accompagnement
1. Pourquoi une dissertation ?Transformer une question en jugement construit

Le dénouement nomme l’orgueil comme conseiller fatal. Une lecture complète doit toutefois examiner les éducations, les peurs, le projet familial et les stratégies adressées à des tiers. La dissertation met cette première intuition à l’épreuve de scènes précises et mesure ce qu’elle permet réellement d’affirmer.

2. Comprendre le sujetRecopier la question, puis faire parler chacun de ses termes
Le sujet exact

L’orgueil suffit-il à expliquer la séparation de Camille et Perdican ?

Orgueil

Une défense de soi qui refuse l’exposition, l’aveu ou la dépendance envers autrui.

Suffit-il

Le verbe demande si une cause unique explique l’ensemble de la séparation.

Expliquer

Relier une conduite à ses causes sans effacer la liberté ni la responsabilité.

Séparation

Une distance affective, verbale et scénique progressivement rendue irréversible.

Question directrice. Comment l’orgueil personnel reçoit-il des institutions et des choix scéniques la puissance qui conduit à la catastrophe ?

3. L’introduction en sept mouvementsSept fonctions distinctes, toujours dans le même ordre
  1. Amorce. Situer une réalité littéraire, historique ou esthétique en une phrase courte.
  2. Sujet. Recopier la question à l’identique, avec ses guillemets et sans reformulation.
  3. Termes. Définir au moins trois mots dans leur contexte littéraire.
  4. Chemin. Faire naître la difficulté à partir des tensions repérées.
  5. Problématique. Poser une seule question littéraire, précise et non binaire.
  6. Plan. Annoncer trois questions successives, sans phrase complexe.
  7. Transition. Ouvrir la première partie par une phrase brève.
4. Trouver un plan progressifTrois actes, chacun nécessaire au suivant
Acte 1

L’orgueil transforme la vulnérabilité en refus

Camille, refuse, scène.

Acte 2

Des institutions donnent à cet orgueil ses arguments

Baron, projette, mariage.

Acte 3

La cruauté résulte de choix scéniques précis

Perdican, parle, entendu.

5. Le paragraphe en cinq tempsUn argument en « car », puis sa démonstration complète

La règle Chrétien est prioritaire. Chacune des neuf sous-parties forme un paragraphe autonome et suit cinq gestes visibles dans cet ordre.

  1. 1. Argument. Une phrase courte affirme l’idée, puis donne sa raison après une virgule et car. Test : si la seconde proposition ne justifie pas la première, l’argument n’est pas construit.
  2. 2. Justification. Un nouveau mouvement commence par En effet,, compte au moins 360 signes et développe dix mots-repères en gras avant la citation.
  3. 3. Preuve. Une citation brève, exacte et localisée est intégrée au paragraphe et introduite par un verbe.
  4. 4. Explication. Sur au moins 400 signes, les mots et la construction de la citation sont analysés ; lexique, syntaxe, rythme et effet renforcent l’argument.
  5. 5. Récapitulatif. Une phrase ouverte par Par conséquent, reformule l’acquis sans répéter l’argument et sans porter seulement sur la citation.
Le test de l’argument

Camille transforme sa vulnérabilité en exigence impossible, car elle veut l’amour tout en refusant par avance toute souffrance.

Pourquoi « car » ? Ce mot n’est pas un ornement. Il oblige à distinguer une opinion d’un argument : l’idée est donnée avant « car », sa raison après. L’élève conserve cette marque dans les neuf paragraphes de la copie proposée.

6. Liaisons et transitionsSix liaisons brèves, deux transitions développées

La liaison relie deux sous-parties à l’intérieur d’une même grande partie : elle part de l’acquis précédent et fait naître la difficulté suivante. Il en faut deux par partie, soit six au total.

La transition sépare deux grandes parties : trois phrases au maximum ferment une possibilité, font apparaître une tension et ouvrent la question suivante. Il en faut deux dans la dissertation.

Ces connecteurs se placent entre les paragraphes. Ils ne remplacent jamais le « car » qui articule l’argument à l’intérieur de chaque paragraphe. Toute formule métaréflexive telle que « nous avons montré » est proscrite.

7. Le vocabulaire de l’œuvreChoisir les mots qui rendent la pensée précise

Cette dissertation peut s’appuyer sur « orgueil », « vulnérabilité », « défense », « institution », « choix », « cruauté ». Ces mots servent à nommer exactement ce que les scènes font apparaître et à relier chaque preuve à la question.

8. La conclusion en trois mouvementsRéponse, récapitulatif, ouverture littéraire
  1. Répondre à la problématique par une phrase courte.
  2. Rassembler sobrement les trois déplacements qui fondent cette réponse.
  3. Ouvrir vers une œuvre proche par son thème, sa forme ou son histoire littéraire.
9. Écrire avec clartéUn seul articulateur interne : « car »
  • Dans la phrase d’argument, emploie car après une virgule : c’est la signature visible du raisonnement.
  • Ouvre la justification par En effet, et le bilan par Par conséquent,.
  • Réserve les autres connecteurs aux liaisons entre sous-parties et aux deux transitions entre grandes parties.
  • Nomme précisément les personnages, la scène, les mots cités et l’effet produit.
  • Relis chaque paragraphe en vérifiant que la preuve répond à la raison formulée après « car ».

À l’intérieur du paragraphe, on ne multiplie pas « d’abord », « ensuite », « de plus » ou « cependant » : la progression vient des cinq fonctions, non d’une accumulation de connecteurs.

10. Ce que le correcteur attendNeuf arguments vérifiables, neuf preuves expliquées

Le correcteur doit pouvoir identifier sans hésiter les neuf unités du raisonnement. Chaque sous-partie possède son argument avec « car », sa justification ouverte par « En effet », une preuve exacte et localisée, l’explication de cette preuve, puis un bilan ouvert par « Par conséquent ». La citation n’illustre pas une idée déjà admise : elle la vérifie, l’affine et fait progresser la réponse au sujet.

11. Sécuriser sa copieLe contrôle Chrétien avant de rendre le devoir

Seconde voie · Le dossier formel

Tu as vu le geste. Voici maintenant la copie.

Ce qui précède raconte comment le raisonnement se construit. Ce qui suit montre la dissertation dans la langue attendue à l’épreuve. La voix d’accompagnement disparaît : chaque paragraphe avance selon la règle Chrétien — argument articulé par « car », justification ouverte par « En effet », preuve, explication et bilan ouvert par « Par conséquent ».

Dans l’accompagnementOn peut observer longuement une scène pour comprendre.

Dans la copie formelleOn ne retient que ce qui prouve l’argument et répond au sujet.

La copie formelle
Le devoir rédigé

La représentation complète en trois actes

12. Introduction rédigéeLes sept mouvements dans leur ordre exact
Ce que l’élève écrit

① Amorce. Camille et Perdican s’aiment et se reconnaissent, tout en refusant de remettre leur avenir à la parole de l’autre.

② Sujet. L’orgueil suffit-il à expliquer la séparation de Camille et Perdican ?

③ Termes. Orgueil. Une défense de soi qui refuse l’exposition, l’aveu ou la dépendance envers autrui. Suffit-il. Le verbe demande si une cause unique explique l’ensemble de la séparation. Expliquer. Relier une conduite à ses causes sans effacer la liberté ni la responsabilité. Séparation. Une distance affective, verbale et scénique progressivement rendue irréversible.

④ Chemin. Le dénouement nomme l’orgueil comme conseiller fatal. Une lecture complète doit toutefois examiner les éducations, les peurs, le projet familial et les stratégies adressées à des tiers. Le sujet transforme cette tension en problème littéraire.

⑤ Problématique. Comment l’orgueil personnel reçoit-il des institutions et des choix scéniques la puissance qui conduit à la catastrophe ?

⑥ Plan. Comment l’orgueil transforme-t-il la vulnérabilité en refus ? Comment les institutions fournissent-elles à l’orgueil ses arguments ? Pourquoi la cruauté résulte-t-elle de choix scéniques précis ?

⑦ Transition. Camille refuse la scène imposée et Perdican retourne la blessure en adieu ; chacun protège son désir par une position difficile à quitter.

13. I — L’orgueil transforme la vulnérabilité en refusCamille refuse la scène imposée et Perdican retourne la blessure en adieu ; chacun protège son désir par une position difficile à quitter.

Camille refuse la scène imposée et Perdican retourne la blessure en adieu ; chacun protège son désir par une position difficile à quitter.

I.1. Vouloir l’amour, refuser sa vulnérabilité

Camille transforme sa vulnérabilité en exigence impossible, car elle veut l’amour tout en refusant par avance toute souffrance.

En effet, le raisonnement consacré à la part de l’orgueil dans la séparation s’ancre dans un fait scénique : Camille montre ensuite son crucifix pour désigner l’amour éternel qu’elle choisit ; la phrase suit l’affirmation de Perdican selon laquelle elle ne vivra pas sans aimer. Le paragraphe doit établir cette raison : elle veut l’amour tout en refusant par avance toute souffrance. La proximité de aimer et de souffrir donne alors un appui précis à l’idée suivante : Camille transforme sa vulnérabilité en exigence impossible.

La scène fait entendre : « Je veux aimer, mais je ne veux pas souffrir » acte II, scène 5

L’enjeu du thème « la part de l’orgueil dans la séparation » permet de mesurer exactement la preuve : la répétition de la volonté souligne une exigence, et la conjonction met les deux termes en tension ; son choix religieux rend perceptible l’amour durable qu’elle cherche à garantir. Le jeu de « aimer » et de « souffrir » permet d’établir qu’elle veut l’amour tout en refusant par avance toute souffrance. La citation fait alors progresser l’idée suivante, au lieu d’ouvrir une analyse indépendante : Camille transforme sa vulnérabilité en exigence impossible.

Par conséquent, la peur de souffrir convertit chez Camille le désir d’aimer en condition impossible.

Comment comprendre que la blessure d’orgueil pousse Perdican à fabriquer une contre-preuve ?

I.2. La blessure exige une contre-preuve

La blessure d’orgueil pousse Perdican à fabriquer une contre-preuve, car le futur « tu sauras » fait de Rosette un message destiné à Camille.

En effet, sous l’angle du thème « la part de l’orgueil dans la séparation », la progression retient deux données de la scène : Perdican réagit à la lettre de Camille ; la décision suit plusieurs dénégations de son désespoir. L’enjeu consiste à vérifier cette raison : le futur « tu sauras » fait de Rosette un message destiné à Camille. Le mouvement intitulé « I.2. La blessure exige une contre-preuve » prépare l’articulation de tu sauras avec j’en aime une autre, au service de l’idée suivante : La blessure d’orgueil pousse Perdican à fabriquer une contre-preuve.

La scène fait entendre : « tu sauras que j’en aime une autre avant de partir d’ici. » acte III, scène 2

Au terme du mouvement sur la part de l’orgueil dans la séparation, la citation fixe ce constat : le futur fait de la nouvelle relation un message destiné à Camille ; le sentiment devient une preuve imposée à celle qui a blessé l’image de Perdican. La rencontre de « tu sauras » et de « j’en aime une autre » fixe la raison décisive : le futur « tu sauras » fait de Rosette un message destiné à Camille. Elle achève la démonstration de l’idée suivante pour ce sujet : La blessure d’orgueil pousse Perdican à fabriquer une contre-preuve.

Par conséquent, l’orgueil blessé de Perdican transforme Rosette en preuve adressée à Camille.

Comment comprendre que Perdican masque son incertitude sous une assurance orgueilleuse ?

I.3. Un monologue défait ses propres certitudes

Perdican masque son incertitude sous une assurance orgueilleuse, car son monologue s’ouvre sur la question de savoir s’il est amoureux.

En effet, la réflexion sur la part de l’orgueil dans la séparation ne quitte pas l’action représentée : Perdican est seul après la scène de la fontaine ; sa réflexion passe ensuite de la certitude d’ aimer à celle de ne pas aimer. Cette situation donne sa portée à la raison du paragraphe : son monologue s’ouvre sur la question de savoir s’il est amoureux. Les mots savoir et amoureux pourront ainsi fonder, plutôt que décorer, l’affirmation suivante : Perdican masque son incertitude sous une assurance orgueilleuse.

La scène fait entendre : « Je voudrais bien savoir si je suis amoureux. » acte III, scène 1

Dans la réflexion sur la part de l’orgueil dans la séparation, la question initiale est éprouvée par les contradictions de la réplique entière ; le monologue expose ici un travail de dénégation et d’hésitation qui brouille le savoir de soi. Le rapport entre « savoir » et « amoureux » établit cette raison : son monologue s’ouvre sur la question de savoir s’il est amoureux. Il confirme l’idée suivante, loin d’une remarque détachée du sujet : Perdican masque son incertitude sous une assurance orgueilleuse.

Par conséquent, l’assurance affichée par Perdican recouvre une incertitude que son monologue laisse entendre.

Camille transforme sa vulnérabilité en exigence impossible, tandis que la blessure d’orgueil pousse Perdican à fabriquer une contre-preuve et que Perdican masque son incertitude sous une assurance orgueilleuse. Cette configuration ne suffit pas à rendre compte de la transformation de l’action. Comment comprendre que les récits du couvent donnent à l’orgueil de Camille une vie intérieure ?
14. II — Des institutions donnent à cet orgueil ses argumentsLe Baron projette le mariage, le couvent transmet les malheurs et les médiateurs interprètent les signes à la place des cousins.

Le Baron projette le mariage, le couvent transmet les malheurs et les médiateurs interprètent les signes à la place des cousins.

II.1. Une expérience racontée devient une vie intérieure

Les récits du couvent donnent à l’orgueil de Camille une vie intérieure, car elle reconnaît avoir participé à la création de son monde imaginaire.

En effet, dans la réponse portant sur la part de l’orgueil dans la séparation, le point de départ demeure concret : Camille explique ses longues conversations avec Louise ; elle raconte comment elle s’est reconnue dans les joies et les malheurs de son amie. La justification resserre le lien suivant : elle reconnaît avoir participé à la création de son monde imaginaire. Dans « II.1. Une expérience racontée devient une vie intérieure », créer et vie imaginaire désignent les éléments qui rendront vérifiable l’idée suivante : Les récits du couvent donnent à l’orgueil de Camille une vie intérieure.

La scène fait entendre : « j’avais fini par me créer une vie imaginaire » acte II, scène 5

Appliquée au thème « la part de l’orgueil dans la séparation », la lecture fait apparaître ceci : le verbe pronominal montre une participation de Camille à cette construction, et fait de la leçon reçue une construction personnelle ; le récit d’autrui devient le modèle de ses propres émotions. L’association de « créer » avec « vie imaginaire » rend la raison vérifiable : elle reconnaît avoir participé à la création de son monde imaginaire. La preuve éclaire de cette façon l’idée suivante dans la réponse attendue : Les récits du couvent donnent à l’orgueil de Camille une vie intérieure.

Par conséquent, l’orgueil de Camille se nourrit d’un imaginaire qu’elle a construit à partir des récits du couvent.

Comment comprendre que Perdican oppose au savoir transmis l’épreuve personnelle ?

II.2. L’expérience transmise attend l’épreuve personnelle

Perdican oppose au savoir transmis l’épreuve personnelle, car l’expérience des religieuses demeure distincte de celle que Camille pourrait vivre.

En effet, le problème posé par « la part de l’orgueil dans la séparation » se précise grâce à la situation suivante : Perdican répond après une série de questions sur les vies possibles ; il refuse d’enfermer l’avenir de Camille dans l’histoire des religieuses. Le fait décisif est contenu dans cette raison : l’expérience des religieuses demeure distincte de celle que Camille pourrait vivre. La future preuve met en relation leur expérience et la tienne pour faire progresser la réponse vers l’idée suivante : Perdican oppose au savoir transmis l’épreuve personnelle.

La scène fait entendre : « les religieuses t’ont donné leur expérience ; mais, crois-moi, ce n’est pas la tienne » acte II, scène 5

Pour la question « la part de l’orgueil dans la séparation », les mots cités établissent un point précis : l’opposition des possessifs distingue transmission et appropriation ; l’invitation au croire rappelle malgré cette réserve qu’il demande, lui aussi, la confiance de Camille. Les éléments « leur expérience » et « la tienne » donnent un contenu textuel à la raison suivante : l’expérience des religieuses demeure distincte de celle que Camille pourrait vivre. Ils soutiennent directement l’affirmation : Perdican oppose au savoir transmis l’épreuve personnelle.

Par conséquent, la défense de l’expérience rend à Camille la responsabilité d’une vie qui ne peut être vécue par autrui.

Comment comprendre que l’institution religieuse efface la singularité de Camille sous un idéal ?

II.3. La perfection proclamée efface la personne

L’institution religieuse efface la singularité de Camille sous un idéal, car Dame Pluche remplace sa personne par des figures de pureté accumulées.

En effet, cette étape du devoir sur la part de l’orgueil dans la séparation prend appui sur l’enchaînement scénique : Dame Pluche annonce à son tour le retour de Camille ; son éloge est encadré par des injures adressées à ceux qui l’écoutent. La scène permet de soutenir cette raison : Dame Pluche remplace sa personne par des figures de pureté accumulées. Le rapport entre pureté et colombe prépare une vérification textuelle de l’affirmation suivante : L’institution religieuse efface la singularité de Camille sous un idéal.

La scène fait entendre : « Jamais il n’y a rien eu de si pur, de si ange, de si agneau et de si colombe » acte I, scène 1

Le sujet consacré au thème « la part de l’orgueil dans la séparation » donne à la preuve une fonction déterminée : la série des figures innocentes produit un idéal accumulatif, plus qu’un caractère singulier ; le contraste entre cet idéal et le comportement de la gouvernante crée aussi un effet comique. Le mouvement de « pureté » vers « colombe » ne vaut pas seul : il démontre ici que Dame Pluche remplace sa personne par des figures de pureté accumulées. Ce résultat consolide l’idée suivante dans l’économie du devoir : L’institution religieuse efface la singularité de Camille sous un idéal.

Par conséquent, l’idéal de pureté efface la personne de Camille sous les modèles imposés par l’institution.

Les récits du couvent donnent à l’orgueil de Camille une vie intérieure, tandis que Perdican oppose au savoir transmis l’épreuve personnelle et que l’institution religieuse efface la singularité de Camille sous un idéal. Cette dynamique laisse entière la question des conséquences imposées aux autres personnages. Comment comprendre que la cruauté de Perdican procède d’un projet scénique délibéré ?
15. III — La cruauté résulte de choix scéniques précisPerdican parle pour être entendu par Camille et engage Rosette dans cette stratégie ; l’orgueil n’efface pas l’action ni la responsabilité.

Perdican parle pour être entendu par Camille et engage Rosette dans cette stratégie ; l’orgueil n’efface pas l’action ni la responsabilité.

III.1. Le projet de spectacle est énoncé

La cruauté de Perdican procède d’un projet scénique délibéré, car il annonce qu’il fera la cour à Rosette devant Camille.

En effet, à ce moment du parcours sur la part de l’orgueil dans la séparation, la scène apporte ces éléments : Perdican a lu la lettre adressée à Louise ; il vient d’appeler Rosette et a fixé un nouveau rendez-vous à Camille. Cette étape doit rendre certaine la raison formulée : il annonce qu’il fera la cour à Rosette devant Camille. Les indices faire la cour et devant Camille annoncent la preuve qui donnera sa nécessité à l’idée suivante : La cruauté de Perdican procède d’un projet scénique délibéré.

La scène fait entendre : « Je veux faire la cour à Rosette devant Camille elle-même. » acte III, scène 2

Rapportée au thème « la part de l’orgueil dans la séparation », la preuve acquiert cette portée : « devant » désigne le public véritable de l’action annoncée ; Rosette entre dans un projet qu’elle ne connaît pas comme tel. La présence conjointe de « faire la cour » et de « devant Camille » précise la raison suivante : il annonce qu’il fera la cour à Rosette devant Camille. Elle donne une preuve située à l’idée suivante, plutôt qu’une illustration vague : La cruauté de Perdican procède d’un projet scénique délibéré.

Par conséquent, la vengeance de Perdican procède d’une mise en scène choisie et non d’un mouvement incontrôlé.

Comment comprendre que le conflit des cousins traverse Rosette comme une arme ?

III.2. Nommer la personne traversée par l’attaque

Le conflit des cousins traverse Rosette comme une arme, car la « flèche empoisonnée » rend visible la victime intermédiaire de leur attaque.

En effet, l’étude du thème « la part de l’orgueil dans la séparation » part ici d’une situation précise : Camille reproche à Perdican d’avoir utilisé Rosette pour l’atteindre ; elle vient en dépit de cette tension elle-même d’organiser l’écoute qui a fait s’évanouir la jeune fille. La raison annoncée après « car » est ainsi mise à l’épreuve : la « flèche empoisonnée » rend visible la victime intermédiaire de leur attaque. Les termes flèche empoisonnée et cette enfant préparent une preuve capable de vérifier l’idée suivante : Le conflit des cousins traverse Rosette comme une arme.

La scène fait entendre : « tu comptais pour rien que ta flèche empoisonnée traversât cette enfant » acte III, scène 6

À l’intérieur du raisonnement sur la part de l’orgueil dans la séparation, l’analyse locale reste orientée : la métaphore rend visible le trajet indirect de l’agression et l’effacement de l’intermédiaire ; la part de Camille dans l’escalade demeure entière malgré la justesse de l’image. En reliant « flèche empoisonnée » à « cette enfant », la formulation prouve que la « flèche empoisonnée » rend visible la victime intermédiaire de leur attaque. Cette lecture ramène clairement l’extrait à l’idée suivante et à la question posée : Le conflit des cousins traverse Rosette comme une arme.

Par conséquent, l’image de la flèche désigne Rosette comme la victime directe du conflit entre les cousins.

Comment comprendre que la catastrophe résulte d’une cruauté mise en scène ?

III.3. Le hors-scène interrompt la clôture du couple

La catastrophe résulte d’une cruauté mise en scène, car le cri de Rosette interrompt au dernier moment la réconciliation des cousins.

En effet, pour traiter la part de l’orgueil dans la séparation, la scène fournit d’abord un contexte vérifiable : la didascalie suit le baiser de Perdican à Camille ; le cri révèle une écoute dont le couple ne tenait pas compte. Ce cadre rend défendable la raison suivante : le cri de Rosette interrompt au dernier moment la réconciliation des cousins. Le titre « III.3. Le hors-scène interrompt la clôture du couple » relie grand cri à derrière l’autel et oriente la preuve vers l’idée suivante : La catastrophe résulte d’une cruauté mise en scène.

La scène fait entendre : « on entend un grand cri derrière l’autel. » acte III, scène 8

Pour faire avancer la réponse sur la part de l’orgueil dans la séparation, l’extrait révèle que un événement sonore déplace brusquement le centre de la scène vers la personne restée hors de leur échange visible ; le son du cri suffit au théâtre pour rendre la catastrophe présente. La tension entre « grand cri » et « derrière l’autel » rend sensible la raison suivante : le cri de Rosette interrompt au dernier moment la réconciliation des cousins. Elle transforme l’exemple en appui pour l’idée : La catastrophe résulte d’une cruauté mise en scène.

Par conséquent, la cruauté des dispositifs préparés donne à la réconciliation tardive son issue tragique.

16. Conclusion rédigéeRéponse, récapitulatif, ouverture littéraire
Ce que l’élève écrit

① Réponse. L’orgueil synthétise le refus de s’exposer, tandis qu’il n’est pas une cause unique. Il devient fatal parce qu’il s’appuie sur des discours appris et se traduit en actes dirigés contre autrui.

② Récapitulatif. L’orgueil transforme la vulnérabilité en refus. Des institutions donnent à cet orgueil ses arguments. La cruauté résulte de choix scéniques précis.

③ Ouverture. Dans Les Fausses Confidences, l’amour rencontre lui aussi la défense sociale et la peur de s’avouer. Le dispositif comique y conduit les personnages vers une reconnaissance que la scène de Musset rend tragiquement tardive.

17. Le dernier regardCe que la copie doit laisser au lecteur

Une bonne copie laisse ouverte l’œuvre tout en rendant lisible le trajet qui fonde sa réponse. Le lecteur voit comment chaque partie conserve la précédente, en déplace la limite et rend la réponse finale nécessaire.

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Ce que fixe le programme national

1. Ce que le texte officiel dit

Alfred de Musset, On ne badine pas avec l’amour / parcours : les jeux du cœur et de la parole.

Programme national d’œuvres pour l’enseignement de français pour l’année scolaire 2026-2027, Bulletin officiel n° 30 du 24 juillet 2025, note de service du 4 juillet 2025, NOR : MENE2518792N. Lire le texte officiel complet. Vérifié le 2026-08-15.

2. Ce qu’il ne dit pas

Le texte inscrit l’œuvre et son parcours au programme ; il ne fournit ni sujet, ni plan, ni interprétation.

3. Ce que cette page ajoute, et pourquoi

Le sujet, la problématique, les preuves et le devoir rédigé relèvent du travail pédagogique, pas du Bulletin officiel.