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L’essentiel · Dissertation modèle n°4

La parole des aïeules agit-elle davantage qu’elle ne raconte ?

Une méthode en onze tiroirs, puis une copie complète en six étapes : un chemin progressif, dans la grammaire propre à Simone Schwarz-Bart.

Près de la route coloniale, une femme lève une pièce de charpente pendant qu’un homme assis joue du tambour devant la case.
Près de la route coloniale, la parole des aïeules agit comme une charpente : elle relie, soutient et rend possible l’action sans agir à la place de Télumée.

Dossier administratifSujet d’entraînement

Dissertation n°4

Simone Schwarz-Bart, Pluie et vent sur Télumée Miracle (1972).

Parcours associé : tisser les mémoires, habiter le monde.

Sujet : « La parole des aïeules agit-elle davantage qu’elle ne raconte ? »

La porte bienveillante. Ce sujet demande de tenir ensemble l’expérience singulière, les voix reçues, la communauté et l’histoire guadeloupéenne. Ne transforme ni la souffrance en sagesse automatique, ni le village en refuge idéal. Chaque sous-partie doit produire une raison, une preuve et une conséquence.

Les neuf arguments s’appuient sur des preuves brèves, exactes et localisées dans le roman.

Voir l’argument se construireAnimation du sujet 4 · idée, « car », raison et preuve localisée

Accompagnement narratif · couleur chaude

Je comprends en avançant

Dans chaque paragraphe, l’élève formule une idée, demande pourquoi elle répond au sujet, apporte une preuve exacte, explique ce qu’elle établit, puis fixe ce que le raisonnement démontre.

01À quoi sert une dissertation ?

Une dissertation répond progressivement à une question portant sur toute l’œuvre. Chaque preuve sert une idée et chaque idée fait avancer une réponse, ce qui organise les souvenirs de lecture et les commentaires de passages dans une progression.

Le sujet « La parole des aïeules agit-elle davantage qu’elle ne raconte ? » met en relation une expérience individuelle et des formes collectives. Il oblige à distinguer transmission, contrainte et réinterprétation.

02Avant d’écrire : relier le sujet au parcours

Du parcours à la dissertation

Le conte agit lorsqu’il change la lecture d’une situation et rend une décision possible.

  • La cour qui écoute Reine Sans Nom manifeste une parole partagée, active et adressée.
  • Les scènes de violence rappellent pourtant que raconter ne remplace ni l’action ni la communauté.
  • Le parcours conduit de la parole transmise à son usage : interpréter, c’est reprendre prise sur l’épreuve.

Définis les mots du sujet avant de chercher un plan. Associe ensuite chaque idée à une scène précise et conserve seulement les preuves qui permettent réellement de discuter la question.

03L’introduction : sept mouvements distincts

L’introduction suit sept fonctions dans cet ordre. Chacune prépare la suivante et contribue à la construction du problème.

  1. Amorce littéraire, historique ou esthétique : ouvrir l’enjeu avec précision.
  2. Sujet exact : le recopier à l’identique entre guillemets.
  3. Analyse des termes : définir au moins trois mots décisifs.
  4. Chemin vers le problème : faire apparaître leur tension.
  5. Problématique unique : poser la question directrice.
  6. Annonce affirmative : énoncer les trois étapes du raisonnement sous forme déclarative.
  7. Passage à la première partie : engager brièvement la démonstration.
04Le plan : trois étapes qui répondent
  • I. Le conte déplace la perception des situations vécues
  • II. La parole ne remplace ni l’action ni la communauté
  • III. Son efficacité tient à l’interprétation qu’elle rend possible

Chaque partie modifie la réponse : elle établit un premier appui, le confronte à sa limite, puis formule une réponse capable de tenir ensemble les deux dimensions du sujet.

05Le paragraphe : cinq temps obligatoires
  1. Argument : une idée brève suivie d’une raison introduite exactement par « , car ».
  2. Justification : elle développe la raison sur au moins 360 signes et met en relief dix repères précis. « En effet » est facultatif et ne peut apparaître qu’une fois.
  3. Preuve : une citation courte, exacte, introduite par un verbe et localisée dans le roman. « Par exemple » est facultatif et ne peut apparaître qu’une fois.
  4. Explication : au moins 400 signes pour montrer comment les mots cités prouvent l’argument et répondent au sujet.
  5. Récapitulatif : une phrase fixe l’acquis en lui donnant une formulation nouvelle. « Par conséquent » est facultatif et ne peut apparaître qu’une fois.
06Liaisons et transitions : faire avancer la démonstration

Après les première et deuxième sous-parties de chaque grande partie, une question conduit à l’étape suivante : il y a six liaisons interrogatives, chacune placée avant une nouvelle sous-partie.

Entre les trois grandes parties, deux transitions de trois phrases au plus ferment l’acquis, nomment la difficulté encore ouverte et posent la question qui rend nécessaire la partie suivante.

07Les mots en gras : le lexique qui porte la raison

Chaque justification met en gras dix mots-repères issus de son propre raisonnement. Ce « soleil du lexique » prépare la phrase : il relie la scène, les procédés, l’enjeu et le sujet.

08La conclusion : trois mouvements
  1. Réponse directe : reprendre la problématique et trancher avec nuance.
  2. Récapitulatif : réunir les trois acquis en faisant apparaître leur cohérence.
  3. Ouverture littéraire : rapprocher cette réponse d’une autre œuvre précise et justifier le lien.
09Les trois difficultés propres au sujet

Première difficulté : appeler toute parole « oralité » sans identifier sa forme. Deuxième : attribuer aux récits une efficacité automatique. Troisième : oublier qu’une parole n’agit qu’à travers une écoute, une interprétation et parfois un geste.

10Ce que le correcteur doit pouvoir suivre

Le correcteur doit voir le passage de « Le conte déplace la perception des situations vécues » à « La parole ne remplace ni l’action ni la communauté », puis à « Son efficacité tient à l’interprétation qu’elle rend possible ». Les preuves du corpus restent brèves, ancrées et attribuées à leur voix.

11Blinder la copie avant de la rendre

Vérifie l’introduction en sept mouvements, les neuf paragraphes en cinq temps, les six liaisons, les deux transitions et la conclusion en trois mouvements.

Relis ensuite les neuf arguments seuls : ils doivent former une progression et posséder chacun une raison que la preuve choisie permet d’établir.

Contrôle final. Idée → pourquoi → preuve exacte → ce qu’elle établit → acquis démontré.

Dossier formel · bleu administratif

J’ouvre le dossier de l’épreuve

La copie reprend le même raisonnement sous la forme attendue à l’écrit. Ouvre les tiroirs dans l’ordre ou reviens directement à l’étape dont tu as besoin.

01Introduction rédigée

Introduction en sept mouvements

1. Amorce littéraire, historique ou esthétique. Une existence peut recevoir des mots, des gestes et des récits antérieurs sans que ceux-ci la mettent à l’abri de l’épreuve. Simone Schwarz-Bart construit une voix romanesque guadeloupéenne où récit de soi, mémoire féminine, histoire post-esclavagiste et formes créoles se répondent. Publié en 1972, le roman fait raconter à Télumée sa lignée et sa vie, de Minerve à la vieillesse dans le jardin.

2. Recopier exactement le sujet. « La parole des aïeules agit-elle davantage qu’elle ne raconte ? »

3. Analyser au moins trois termes. La parole des aïeules réunit maximes, contes, conseils et récits transmis à Télumée. Raconter consiste à mettre une expérience en mots ; agir suppose que ces mots modifient une perception, une décision ou une relation. L’expression davantage que impose de comparer ces deux fonctions sans les séparer artificiellement.

4. Construire le chemin vers le problème. Les paroles de Reine Sans Nom changent la manière dont Télumée perçoit l’épreuve. Elles ne remplacent ni le geste de résistance ni la présence collective. Leur action dépend de l’écoute, du moment et de l’usage que Télumée en fait.

5. Formuler une problématique unique. À quelles conditions les paroles des aïeules transforment-elles réellement la perception, les décisions et les relations de Télumée ?

6. Annoncer le plan. Le conte déplace la perception des situations vécues. La parole ne remplace ni l’action ni la communauté. Son efficacité tient à l’interprétation qu’elle rend possible.

7. Entrer dans la première partie. Le conte modifie ce qui peut être vu, compris et supporté dans l’épreuve.

02I. Le conte déplace la perception des situations vécues

I. Le conte déplace la perception des situations vécues

Le conte modifie ce qui peut être vu, compris et supporté dans l’épreuve. Par le récit, l’écoute collective et la mémoire de Toussine, la parole fournit une forme aux expériences qui menaçaient de briser ceux qui les vivent.

I.a. Les paroles de Reine Sans Nom : transformer l’épreuve par la parole

La parole agit en donnant une forme partageable au risque de se briser, car le complément de moyen « avec une parole » et la métaphore de la brisure attribuent au langage une efficacité précise.

Dans le passage qui éclaire l’action concrète des paroles ancestrales, Reine Sans Nom transmet des récits et des maximes devant une cour qui écoute et répond. Dans cette lecture de l’action concrète des paroles ancestrales, le procédé décisif est le suivant : le complément de moyen « avec une parole » et la métaphore de la brisure attribuent au langage une efficacité précise. L’argument peut alors s’énoncer clairement : La parole agit en donnant une forme partageable au risque de se briser. Toutefois, aucune maxime ne remplace l’action ni ne garantit à elle seule que Télumée échappera au malheur ; cette réserve borne l’affirmation « La parole agit en donnant une forme partageable au risque de se briser ».

Schwarz-Bart écrit : « avec une parole, on empêche un homme de se briser » (§ 178).

Pour préciser l’action concrète des paroles ancestrales, la formule « avec une parole, on empêche un homme de se briser » appelle une observation : le complément de moyen « avec une parole » et la métaphore de la brisure attribuent au langage une efficacité précise. Ce travail de la langue rend défendable la proposition suivante : La parole agit en donnant une forme partageable au risque de se briser. Les mots choisis donnent ainsi une forme concrète à l’action concrète des paroles ancestrales. La preuve garde toutefois une frontière précise : aucune maxime ne remplace l’action ni ne garantit à elle seule que Télumée échappera au malheur ; elle borne la proposition « La parole agit en donnant une forme partageable au risque de se briser ».

Par conséquent, la parole agit en donnant une forme partageable au risque de se briser.

Comment les paroles de Reine Sans Nom permet de transformer l’épreuve par la parole ?

I.b. Les paroles de Reine Sans Nom : transformer l’épreuve par la parole

L’écoute de la cour fait du récit un événement collectif et non un souvenir isolé, car la personnification de la cour et la négation opposent l’écoute active à une réception passive du conte.

Pour approfondir l’action concrète des paroles ancestrales, le récit revient à un moment précis : Reine Sans Nom transmet des récits et des maximes devant une cour qui écoute et répond. Pour examiner l’action concrète des paroles ancestrales, le point d’appui se trouve dans la langue du passage : la personnification de la cour et la négation opposent l’écoute active à une réception passive du conte. Cette observation conduit à l’idée suivante : L’écoute de la cour fait du récit un événement collectif et non un souvenir isolé. Une réserve demeure : aucune maxime ne remplace l’action ni ne garantit à elle seule que Télumée échappera au malheur ; elle empêche de généraliser la proposition « L’écoute de la cour fait du récit un événement collectif et non un souvenir isolé ».

Schwarz-Bart écrit : « la cour écoute, elle ne dort pas » (§ 182).

Dans l’étude de l’action concrète des paroles ancestrales, les mots « la cour écoute, elle ne dort pas » organisent la preuve : la personnification de la cour et la négation opposent l’écoute active à une réception passive du conte. Le procédé donne ainsi une assise textuelle à l’idée suivante : L’écoute de la cour fait du récit un événement collectif et non un souvenir isolé. Le détail de la phrase rattache directement la preuve à l’action concrète des paroles ancestrales. Cette lecture rencontre une réserve : aucune maxime ne remplace l’action ni ne garantit à elle seule que Télumée échappera au malheur ; l’idée « L’écoute de la cour fait du récit un événement collectif et non un souvenir isolé » demeure ainsi fidèle à sa situation.

Par conséquent, l’écoute de la cour fait du récit un événement collectif et non un souvenir isolé.

Comment le pays au creux du cœur permet de mesurer le pays par le cœur ?

I.c. Le pays au creux du cœur : mesurer le pays par le cœur

Le souvenir de Toussine modifie concrètement la manière de tenir la tête devant la vie, car la relative explicative, le « vous » généralisant et l’expression concrète « baisser la tête » définissent une aide en acte.

La réflexion sur l’action concrète des paroles ancestrales prend appui sur une scène nettement située : l’incipit relie le choix de la Guadeloupe, la mémoire de l’esclavage et le nom rendu à Toussine. Rapporté à l’action concrète des paroles ancestrales, ce moment tire sa force d’un élément précis : la relative explicative, le « vous » généralisant et l’expression concrète « baisser la tête » définissent une aide en acte. L’analyse établit ainsi la proposition suivante : Le souvenir de Toussine modifie concrètement la manière de tenir la tête devant la vie. Il faut cependant conserver cette nuance : le choix du pays ne supprime ni l’histoire servile ni les épreuves racontées ensuite ; elle mesure la conclusion « Le souvenir de Toussine modifie concrètement la manière de tenir la tête devant la vie ».

Schwarz-Bart écrit : « Toussine était une femme qui vous aidait à ne pas baisser la tête devant la vie » (§ 25).

Rapportée à l’action concrète des paroles ancestrales, la citation « Toussine était une femme qui vous aidait à ne pas baisser la tête devant la vie » tire sa force d’un procédé : la relative explicative, le « vous » généralisant et l’expression concrète « baisser la tête » définissent une aide en acte. L’effet obtenu conduit à cette lecture : Le souvenir de Toussine modifie concrètement la manière de tenir la tête devant la vie. Le mouvement du passage précise de cette façon l’action concrète des paroles ancestrales. La nuance reste indispensable : le choix du pays ne supprime ni l’histoire servile ni les épreuves racontées ensuite ; elle empêche de simplifier la conclusion « Le souvenir de Toussine modifie concrètement la manière de tenir la tête devant la vie ».

Par conséquent, le souvenir de Toussine modifie concrètement la manière de tenir la tête devant la vie.

Par le récit, l’écoute collective et la mémoire de Toussine, la parole fournit une forme aux expériences qui menaçaient de briser ceux qui les vivent. Cette puissance n’agit pourtant jamais seule. Jusqu’où une parole peut-elle agir lorsqu’elle ne remplace ni le geste ni l’appui collectif ?
03II. La parole ne remplace ni l’action ni la communauté

II. La parole ne remplace ni l’action ni la communauté

Cette puissance n’agit pourtant jamais seule. Le départ, la défense du corps et la présence des femmes rappellent qu’une parole devient efficace lorsqu’elle s’accompagne de décisions, de gestes et de relations.

II.a. Le départ vers Reine Sans Nom : refaire la filiation par le départ

Le départ de l’enfant rappelle que la parole exige aussi des décisions et des gestes, car le verbe de départ et le gérondif de bénédiction maintiennent ensemble séparation et lien familial.

Au seuil de cette étape consacrée à l’action concrète des paroles ancestrales, Télumée quitte sa mère pour rejoindre son aïeule, dans une scène où séparation et bénédiction coexistent. Dans la perspective de l’action concrète des paroles ancestrales, l’argument repose sur un constat : le verbe de départ et le gérondif de bénédiction maintiennent ensemble séparation et lien familial. La scène permet d’affirmer ceci : Le départ de l’enfant rappelle que la parole exige aussi des décisions et des gestes. Cette lecture ne vaut qu’à une condition : le nouvel accueil ne répare pas entièrement la blessure de l’abandon maternel ; au-delà, la proposition « Le départ de l’enfant rappelle que la parole exige aussi des décisions et des gestes » serait forcée.

Schwarz-Bart écrit : « elle quitta L’Abandonnée en bénissant ma mère » (§ 83).

Pour éclairer l’action concrète des paroles ancestrales, la citation « elle quitta L’Abandonnée en bénissant ma mère » ne se réduit pas à l’événement raconté : le verbe de départ et le gérondif de bénédiction maintiennent ensemble séparation et lien familial. L’analyse des mots confirme alors cette proposition : Le départ de l’enfant rappelle que la parole exige aussi des décisions et des gestes. La construction observée inscrit l’exemple dans l’action concrète des paroles ancestrales. La citation ne prouve pas davantage : le nouvel accueil ne répare pas entièrement la blessure de l’abandon maternel ; cette borne maintient dans le texte l’affirmation « Le départ de l’enfant rappelle que la parole exige aussi des décisions et des gestes ».

Par conséquent, le départ de l’enfant rappelle que la parole exige aussi des décisions et des gestes.

Comment la riposte face à M. Desaragne permet de reprendre possession de son corps ?

II.b. La riposte face à M. Desaragne : reprendre possession de son corps

La menace verbale devient efficace lorsqu’elle s’accorde à une limite corporelle défendue, car le présentatif implicite, le diminutif et le déictique « ici » rapprochent immédiatement la parole de l’action défensive.

L’enjeu de l’action concrète des paroles ancestrales se précise lorsque Monsieur Desaragne entre dans la chambre et Télumée lui oppose une parole puis un geste de défense. Pour comprendre l’action concrète des paroles ancestrales, un fait de langue importe : le présentatif implicite, le diminutif et le déictique « ici » rapprochent immédiatement la parole de l’action défensive. Le passage soutient dès lors cette lecture : La menace verbale devient efficace lorsqu’elle s’accorde à une limite corporelle défendue. La portée du passage reste mesurée : le recul de l’agresseur ne supprime pas le rapport racial et social qui a rendu l’agression possible ; cette précision protège l’idée « La menace verbale devient efficace lorsqu’elle s’accorde à une limite corporelle défendue ».

Schwarz-Bart écrit : « j’ai un petit couteau ici » (§ 295).

L’enjeu de l’action concrète des paroles ancestrales se lit dans l’expression « j’ai un petit couteau ici » : le présentatif implicite, le diminutif et le déictique « ici » rapprochent immédiatement la parole de l’action défensive. La forme choisie permet d’établir l’idée suivante : La menace verbale devient efficace lorsqu’elle s’accorde à une limite corporelle défendue. L’effet produit rend sensible l’enjeu de l’action concrète des paroles ancestrales. Il subsiste une limite : le recul de l’agresseur ne supprime pas le rapport racial et social qui a rendu l’agression possible ; elle donne sa valeur exacte à la proposition « La menace verbale devient efficace lorsqu’elle s’accorde à une limite corporelle défendue ».

Par conséquent, la menace verbale devient efficace lorsqu’elle s’accorde à une limite corporelle défendue.

Comment la communauté qui attend Télumée permet de soutenir sans contraindre ?

II.c. La communauté qui attend Télumée : soutenir sans contraindre

La présence des femmes prolonge les paroles anciennes par une relation actuelle, car l’imparfait installe une présence durable que la négation de la parole rend non contraignante.

Le récit met l’action concrète des paroles ancestrales à l’épreuve dans un épisode où les femmes du village s’approchent, respectent le silence de Télumée et lui prêtent l’image d’un abordage futur. Au regard de l’action concrète des paroles ancestrales, la portée de l’épisode vient d’un mécanisme net : l’imparfait installe une présence durable que la négation de la parole rend non contraignante. Il rend manifeste l’idée suivante : La présence des femmes prolonge les paroles anciennes par une relation actuelle. Une limite s’impose néanmoins : la promesse d’aborder ne vaut ni guérison immédiate ni effacement de la violence subie ; elle interdit de transformer en règle absolue l’affirmation « La présence des femmes prolonge les paroles anciennes par une relation actuelle ».

Schwarz-Bart écrit : « elles regardaient dans ma direction sans rien dire » (§ 499).

Au regard de l’action concrète des paroles ancestrales, le fragment « elles regardaient dans ma direction sans rien dire » construit son effet avec précision : l’imparfait installe une présence durable que la négation de la parole rend non contraignante. Le passage soutient de cette manière l’affirmation suivante : La présence des femmes prolonge les paroles anciennes par une relation actuelle. Le procédé fait apparaître la tension propre à l’action concrète des paroles ancestrales. Le passage conserve pourtant une tension : la promesse d’aborder ne vaut ni guérison immédiate ni effacement de la violence subie ; le raisonnement « La présence des femmes prolonge les paroles anciennes par une relation actuelle » doit la prendre en charge.

Par conséquent, la présence des femmes prolonge les paroles anciennes par une relation actuelle.

Le départ, la défense du corps et la présence des femmes rappellent qu’une parole devient efficace lorsqu’elle s’accompagne de décisions, de gestes et de relations. L’action du conte tient alors moins à une leçon fixe qu’au travail d’interprétation qu’il rend possible. À quelles conditions les mots reçus deviennent-ils une force que Télumée fait sienne ?
04III. Son efficacité tient à l’interprétation qu’elle rend possible

III. Son efficacité tient à l’interprétation qu’elle rend possible

L’action du conte tient alors moins à une leçon fixe qu’au travail d’interprétation qu’il rend possible. La métaphore, le chant partagé et la narration finale permettent de reprendre les mots anciens dans des situations nouvelles.

III.a. Les paroles de Reine Sans Nom : transformer l’épreuve par la parole

La métaphore refuse les explications qui réduisent une personne à une essence simple, car la comparaison niée avec un objet familier refuse de réduire une personne à des couches simples et entièrement lisibles.

Un déplacement décisif pour l’action concrète des paroles ancestrales apparaît : Reine Sans Nom transmet des récits et des maximes devant une cour qui écoute et répond. Le rapport avec l’action concrète des paroles ancestrales s’éclaire grâce à un procédé : la comparaison niée avec un objet familier refuse de réduire une personne à des couches simples et entièrement lisibles. La scène confirme cette proposition : La métaphore refuse les explications qui réduisent une personne à une essence simple. La scène garde pourtant son ambiguïté : aucune maxime ne remplace l’action ni ne garantit à elle seule que Télumée échappera au malheur ; l’argument « La métaphore refuse les explications qui réduisent une personne à une essence simple » ne doit pas l’effacer.

Schwarz-Bart écrit : « l’homme n’est pas un oignon qui s’épluche » (§ 186).

La formulation « l’homme n’est pas un oignon qui s’épluche » infléchit le raisonnement sur l’action concrète des paroles ancestrales : la comparaison niée avec un objet familier refuse de réduire une personne à des couches simples et entièrement lisibles. La construction observée conduit ainsi à cette lecture : La métaphore refuse les explications qui réduisent une personne à une essence simple. L’écriture transforme alors l’action concrète des paroles ancestrales en expérience vécue. Cette interprétation reste mesurée par un fait : aucune maxime ne remplace l’action ni ne garantit à elle seule que Télumée échappera au malheur ; l’argument « La métaphore refuse les explications qui réduisent une personne à une essence simple » ne peut l’ignorer.

Par conséquent, la métaphore refuse les explications qui réduisent une personne à une essence simple.

Comment la coupe de la canne permet de faire tomber la peine dans le chant ?

III.b. La coupe de la canne : faire tomber la peine dans le chant

Le chant accomplit dans le travail une action collective comparable à celle du conte, car le possessif collectif, le complément « à tous » et la métaphore de la chute font du chant un réceptacle commun.

La dimension collective de l’action concrète des paroles ancestrales se lit lorsque la coupe rassemble cadence, piquants, mains fendues, chaleur, rhum, répétition et chant collectif sous l’ordre de l’Usine. L’idée de l’action concrète des paroles ancestrales se fonde sur une observation : le possessif collectif, le complément « à tous » et la métaphore de la chute font du chant un réceptacle commun. Le récit donne à comprendre ceci : Le chant accomplit dans le travail une action collective comparable à celle du conte. Cette conclusion exige une précaution : le chant partage la peine mais ne rachète ni les blessures ni l’exploitation imposée par l’Usine ; elle maintient l’idée « Le chant accomplit dans le travail une action collective comparable à celle du conte » au plus près du récit.

Schwarz-Bart écrit : « notre peine à tous tombait dans la chanson » (§ 641).

Le détail « notre peine à tous tombait dans la chanson » permet de passer du récit à l’interprétation de l’action concrète des paroles ancestrales : le possessif collectif, le complément « à tous » et la métaphore de la chute font du chant un réceptacle commun. Le détail relevé éclaire directement cette idée : Le chant accomplit dans le travail une action collective comparable à celle du conte. Le détail relevé révèle la complexité de l’action concrète des paroles ancestrales. La portée des mots demeure circonscrite : le chant partage la peine mais ne rachète ni les blessures ni l’exploitation imposée par l’Usine ; la preuve « Le chant accomplit dans le travail une action collective comparable à celle du conte » gagne en justesse avec cette réserve.

Par conséquent, le chant accomplit dans le travail une action collective comparable à celle du conte.

Comment la dernière parole dans le jardin permet de demeurer debout avec les morts ?

III.c. La dernière parole dans le jardin : demeurer debout avec les morts

La narration finale reprend la langue des aïeules pour l’adresser à un nouveau lecteur, car l’exclamation situe la joie dans la position debout et le jardin.

Le dernier aspect de l’action concrète des paroles ancestrales se découvre dans une scène où la narratrice âgée regarde les morts, les luttes futures, le cycle des jours et sa propre disparition depuis le jardin. L’aboutissement de l’action concrète des paroles ancestrales s’appuie sur un dernier mouvement : l’exclamation situe la joie dans la position debout et le jardin. Il conduit à cette conclusion : La narration finale reprend la langue des aïeules pour l’adresser à un nouveau lecteur. Enfin, la station debout n’est ni une victoire totale ni la réparation rétrospective de toutes les pertes ; la conclusion « La narration finale reprend la langue des aïeules pour l’adresser à un nouveau lecteur » ne peut être lue sans cette restriction.

Schwarz-Bart écrit : « debout, dans mon petit jardin, quelle joie ! » (§ 744).

Enfin, pour mesurer l’action concrète des paroles ancestrales, « debout, dans mon petit jardin, quelle joie ! » rassemble les éléments de la démonstration : l’exclamation situe la joie dans la position debout et le jardin. La dernière inflexion autorise enfin cette conclusion : La narration finale reprend la langue des aïeules pour l’adresser à un nouveau lecteur. La dernière inflexion mesure la portée de l’action concrète des paroles ancestrales. Le dernier mot ne lève pas toute difficulté : la station debout n’est ni une victoire totale ni la réparation rétrospective de toutes les pertes ; cette restriction ferme sans l’appauvrir l’idée « La narration finale reprend la langue des aïeules pour l’adresser à un nouveau lecteur ».

Par conséquent, la narration finale reprend la langue des aïeules pour l’adresser à un nouveau lecteur.

05Conclusion rédigée

Conclusion en trois mouvements

1. Réponse directe. La parole des aïeules agit autant qu’elle raconte lorsqu’une écoute, une situation et un geste lui donnent prise sur le monde ; séparée de ces conditions, elle reste un récit sans pouvoir automatique.

2. Récapitulatif. Les contes et les maximes ouvrent d’abord une manière de percevoir. Le corps, l’action et la présence collective montrent ensuite qu’aucune parole ne suffit seule. Les mots deviennent enfin actifs lorsque Télumée les interprète dans une relation et un moment précis.

3. Ouverture littéraire. Cette puissance conditionnelle de la parole peut être rapprochée du Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire, dont la voix poétique cherche à rendre au pays une capacité d’action collective.

06Relire la colonne vertébrale

Relis les neuf arguments seuls. S’ils dessinent une progression et si chaque raison peut être prouvée par la scène choisie, ton devoir possède déjà sa colonne vertébrale.

Vérifie enfin la concordance complète : la problématique, les trois étapes annoncées, les deux transitions et la réponse finale doivent porter le même raisonnement.