Dissertation n° 9 · Dire, est-ce agir ?

Dire, est-ce déjà agir ?

Alfred de Musset, On ne badine pas avec l’amour

Dans la pièce, dire revient-il toujours à agir ?
Perdican pose sa chaîne au cou de Rosette tandis que Camille écoute derrière l’arbre. Au premier plan, le bijou plonge dans la fontaine et entraîne une bague rouge.
En donnant au discours le poids d’un bijou, Perdican accomplit un acte dont l’eau et le regard caché prolongent déjà les conséquences.

Du parcours à la dissertation

Une question, trois déplacements, neuf preuves

Ordres, rapports, déclarations et adieux déplacent effectivement les corps et les relations. Leur efficacité dépend des relais, des objets et du savoir de ceux qui écoutent. Le parcours thématique fournit les scènes, les citations et les tensions. La dissertation les ordonne pour répondre à une question unique : la parole commande des mouvements réels ; son action excède ou contredit l’intention ; la scène juge l’acte verbal par ses conséquences. Retrouver le parcours thématique.

Le chemin du paragraphe. Pose une idée, demande pourquoi, puis donne une preuve. Explique ce qu’elle établit et termine par ce que tu as démontré.

Première voie · L’accompagnement narratif

Comprendre comment la dissertation se met en mouvement

Ici, on prend l’élève par la main. Le sujet devient une question vivante, le plan se construit comme une action et chaque preuve trouve sa place. Cette voie peut s’arrêter sur un mot, une image ou un geste pour faire comprendre le raisonnement : elle explique la fabrication de la copie, elle n’est pas encore la copie.

La voix qui accompagneElle tutoie, montre, déplie et autorise le détour explicatif.
L’accompagnement
1. Pourquoi une dissertation ?Transformer une question en jugement construit

Ordres, rapports, déclarations et adieux déplacent effectivement les corps et les relations. Leur efficacité dépend des relais, des objets et du savoir de ceux qui écoutent. La dissertation met cette première intuition à l’épreuve de scènes précises et mesure ce qu’elle permet réellement d’affirmer.

2. Comprendre le sujetRecopier la question, puis faire parler chacun de ses termes
Le sujet exact

Dans la pièce, dire revient-il toujours à agir ?

Dire

Produire un énoncé dans une situation adressée à un ou plusieurs destinataires.

Agir

Modifier une relation, une croyance, un mouvement ou un avenir par un geste ou une parole.

Toujours

L’adverbe oblige à chercher les limites, les échecs et les effets inattendus.

Revient-il

La formule interroge l’équivalence entre l’énoncé, l’intention et la conséquence.

Question directrice. Comment la parole devient-elle un acte lorsque ses effets dépassent l’intention et engagent celui qui l’a prononcée ?

3. L’introduction en sept mouvementsSept fonctions distinctes, toujours dans le même ordre
  1. Amorce. Situer une réalité littéraire, historique ou esthétique en une phrase courte.
  2. Sujet. Recopier la question à l’identique, avec ses guillemets et sans reformulation.
  3. Termes. Définir au moins trois mots dans leur contexte littéraire.
  4. Chemin. Faire naître la difficulté à partir des tensions repérées.
  5. Problématique. Poser une seule question littéraire, précise et non binaire.
  6. Plan. Annoncer trois questions successives, sans phrase complexe.
  7. Transition. Ouvrir la première partie par une phrase brève.
4. Trouver un plan progressifTrois actes, chacun nécessaire au suivant
Acte 1

La parole commande des mouvements réels

Chœur, boire, perdican.

Acte 2

Son action excède ou contredit l’intention

Baron, produit, panique.

Acte 3

La scène juge l’acte verbal par ses conséquences

Baiser, provoque, simultanément.

5. Le paragraphe en cinq tempsUn argument en « car », puis sa démonstration complète

La règle Chrétien est prioritaire. Chacune des neuf sous-parties forme un paragraphe autonome et suit cinq gestes visibles dans cet ordre.

  1. 1. Argument. Une phrase courte affirme l’idée, puis donne sa raison après une virgule et car. Test : si la seconde proposition ne justifie pas la première, l’argument n’est pas construit.
  2. 2. Justification. Un nouveau mouvement commence par En effet,, compte au moins 360 signes et développe dix mots-repères en gras avant la citation.
  3. 3. Preuve. Une citation brève, exacte et localisée est intégrée au paragraphe et introduite par un verbe.
  4. 4. Explication. Sur au moins 400 signes, les mots et la construction de la citation sont analysés ; lexique, syntaxe, rythme et effet renforcent l’argument.
  5. 5. Récapitulatif. Une phrase ouverte par Par conséquent, reformule l’acquis sans répéter l’argument et sans porter seulement sur la citation.
Le test de l’argument

La parole du Baron commande les places sans maîtriser les personnes, car son projet de « tout prévoir » échoue dès la rencontre des cousins.

Pourquoi « car » ? Ce mot n’est pas un ornement. Il oblige à distinguer une opinion d’un argument : l’idée est donnée avant « car », sa raison après. L’élève conserve cette marque dans les neuf paragraphes de la copie proposée.

6. Liaisons et transitionsSix liaisons brèves, deux transitions développées

La liaison relie deux sous-parties à l’intérieur d’une même grande partie : elle part de l’acquis précédent et fait naître la difficulté suivante. Il en faut deux par partie, soit six au total.

La transition sépare deux grandes parties : trois phrases au maximum ferment une possibilité, font apparaître une tension et ouvrent la question suivante. Il en faut deux dans la dissertation.

Ces connecteurs se placent entre les paragraphes. Ils ne remplacent jamais le « car » qui articule l’argument à l’intérieur de chaque paragraphe. Toute formule métaréflexive telle que « nous avons montré » est proscrite.

7. Le vocabulaire de l’œuvreChoisir les mots qui rendent la pensée précise

Cette dissertation peut s’appuyer sur « acte verbal », « ordre », « promesse », « adresse », « effet », « responsabilité ». Ces mots servent à nommer exactement ce que les scènes font apparaître et à relier chaque preuve à la question.

8. La conclusion en trois mouvementsRéponse, récapitulatif, ouverture littéraire
  1. Répondre à la problématique par une phrase courte.
  2. Rassembler sobrement les trois déplacements qui fondent cette réponse.
  3. Ouvrir vers une œuvre proche par son thème, sa forme ou son histoire littéraire.
9. Écrire avec clartéUn seul articulateur interne : « car »
  • Dans la phrase d’argument, emploie car après une virgule : c’est la signature visible du raisonnement.
  • Ouvre la justification par En effet, et le bilan par Par conséquent,.
  • Réserve les autres connecteurs aux liaisons entre sous-parties et aux deux transitions entre grandes parties.
  • Nomme précisément les personnages, la scène, les mots cités et l’effet produit.
  • Relis chaque paragraphe en vérifiant que la preuve répond à la raison formulée après « car ».

À l’intérieur du paragraphe, on ne multiplie pas « d’abord », « ensuite », « de plus » ou « cependant » : la progression vient des cinq fonctions, non d’une accumulation de connecteurs.

10. Ce que le correcteur attendNeuf arguments vérifiables, neuf preuves expliquées

Le correcteur doit pouvoir identifier sans hésiter les neuf unités du raisonnement. Chaque sous-partie possède son argument avec « car », sa justification ouverte par « En effet », une preuve exacte et localisée, l’explication de cette preuve, puis un bilan ouvert par « Par conséquent ». La citation n’illustre pas une idée déjà admise : elle la vérifie, l’affine et fait progresser la réponse au sujet.

11. Sécuriser sa copieLe contrôle Chrétien avant de rendre le devoir

Seconde voie · Le dossier formel

Tu as vu le geste. Voici maintenant la copie.

Ce qui précède raconte comment le raisonnement se construit. Ce qui suit montre la dissertation dans la langue attendue à l’épreuve. La voix d’accompagnement disparaît : chaque paragraphe avance selon la règle Chrétien — argument articulé par « car », justification ouverte par « En effet », preuve, explication et bilan ouvert par « Par conséquent ».

Dans l’accompagnementOn peut observer longuement une scène pour comprendre.

Dans la copie formelleOn ne retient que ce qui prouve l’argument et répond au sujet.

La copie formelle
Le devoir rédigé

La représentation complète en trois actes

12. Introduction rédigéeLes sept mouvements dans leur ordre exact
Ce que l’élève écrit

① Amorce. Au théâtre, dire peut faire entrer un personnage, imposer un rôle, promettre un avenir ou rompre une relation.

② Sujet. Dans la pièce, dire revient-il toujours à agir ?

③ Termes. Dire. Produire un énoncé dans une situation adressée à un ou plusieurs destinataires. Agir. Modifier une relation, une croyance, un mouvement ou un avenir par un geste ou une parole. Toujours. L’adverbe oblige à chercher les limites, les échecs et les effets inattendus. Revient-il. La formule interroge l’équivalence entre l’énoncé, l’intention et la conséquence.

④ Chemin. Ordres, rapports, déclarations et adieux déplacent effectivement les corps et les relations. Leur efficacité dépend des relais, des objets et du savoir de ceux qui écoutent. Le sujet transforme cette tension en problème littéraire.

⑤ Problématique. Comment la parole devient-elle un acte lorsque ses effets dépassent l’intention et engagent celui qui l’a prononcée ?

⑥ Plan. Comment la parole commande-t-elle des mouvements réels ? Pourquoi son action excède-t-elle parfois l’intention ? Comment la scène juge-t-elle l’acte verbal par ses conséquences ?

⑦ Transition. Le Chœur fait boire, Perdican appelle Rosette et Camille organise la transmission de la lettre ; dire distribue concrètement les places.

13. I — La parole commande des mouvements réelsLe Chœur fait boire, Perdican appelle Rosette et Camille organise la transmission de la lettre ; dire distribue concrètement les places.

Le Chœur fait boire, Perdican appelle Rosette et Camille organise la transmission de la lettre ; dire distribue concrètement les places.

I.1. Les entrées organisées laissent les cœurs libres

La parole du Baron commande les places sans maîtriser les personnes, car son projet de « tout prévoir » échoue dès la rencontre des cousins.

En effet, l’étude du thème « la capacité des paroles à devenir des actes » part ici d’une situation précise : le Baron explique à Bridaine par quelles portes entreront Camille et Perdican ; il attend déjà le plaisir de leur premier échange. La raison annoncée après « car » est ainsi mise à l’épreuve : son projet de « tout prévoir » échoue dès la rencontre des cousins. Les termes disposé et tout prévoir préparent une preuve capable de vérifier l’idée suivante : La parole du Baron commande les places sans maîtriser les personnes.

La scène fait entendre : « J’ai disposé les choses de manière à tout prévoir. » acte I, scène 2

Dans la réflexion sur la capacité des paroles à devenir des actes, « tout » étend abusivement la préparation matérielle à l’imprévisible de la rencontre ; le spectacle qui suit éprouve immédiatement cette assurance. Le rapport entre « disposé » et « tout prévoir » établit cette raison : son projet de « tout prévoir » échoue dès la rencontre des cousins. Il confirme l’idée suivante, loin d’une remarque détachée du sujet : La parole du Baron commande les places sans maîtriser les personnes.

Par conséquent, les ordres du Baron règlent les entrées sans pouvoir déterminer la conduite des cousins.

Comment comprendre que les injonctions de Camille produisent des mouvements réels ?

I.2. Une écoute est transformée en preuve

Les injonctions de Camille produisent des mouvements réels, car elles maintiennent Rosette derrière le rideau puis règlent son entrée.

En effet, pour traiter la capacité des paroles à devenir des actes, la scène fournit d’abord un contexte vérifiable : Camille a expliqué à Rosette que Perdican ne l’épousera pas ; elle prépare une démonstration avant l’arrivée du jeune homme. Ce cadre rend défendable la raison suivante : elles maintiennent Rosette derrière le rideau puis règlent son entrée. Le titre « I.2. Une écoute est transformée en preuve » relie derrière le rideau à prêter l’oreille et oriente la preuve vers l’idée suivante : Les injonctions de Camille produisent des mouvements réels.

La scène fait entendre : « rentre derrière ce rideau, tu n’auras qu’à prêter l’oreille et à venir quand je t’appellerai. » acte III, scène 6

Appliquée au thème « la capacité des paroles à devenir des actes », la lecture fait apparaître ceci : les injonctions distribuent les mouvements, l’attente et le moment de l’entrée ; Camille maîtrise la disposition de la scène tandis que les conséquences de l’écoute lui échappent. L’association de « derrière le rideau » avec « prêter l’oreille » rend la raison vérifiable : elles maintiennent Rosette derrière le rideau puis règlent son entrée. La preuve éclaire de cette façon l’idée suivante dans la réponse attendue : Les injonctions de Camille produisent des mouvements réels.

Par conséquent, les injonctions de Camille inscrivent son projet dans les déplacements imposés à Rosette.

Comment comprendre que la parole de Perdican transforme Rosette en actrice d’un spectacle ?

I.3. Le projet de spectacle est énoncé

La parole de Perdican transforme Rosette en actrice d’un spectacle, car il annonce que sa cour doit se dérouler devant Camille.

En effet, le raisonnement consacré à la capacité des paroles à devenir des actes s’ancre dans un fait scénique : Perdican a lu la lettre adressée à Louise ; il vient d’appeler Rosette et a fixé un nouveau rendez-vous à Camille. Le paragraphe doit établir cette raison : il annonce que sa cour doit se dérouler devant Camille. La proximité de faire la cour et de devant Camille donne alors un appui précis à l’idée suivante : La parole de Perdican transforme Rosette en actrice d’un spectacle.

La scène fait entendre : « Je veux faire la cour à Rosette devant Camille elle-même. » acte III, scène 2

Pour la question « la capacité des paroles à devenir des actes », les mots cités établissent un point précis : « devant » désigne le public véritable de l’action annoncée ; Rosette entre dans un projet qu’elle ne connaît pas comme tel. Les éléments « faire la cour » et « devant Camille » donnent un contenu textuel à la raison suivante : il annonce que sa cour doit se dérouler devant Camille. Ils soutiennent directement l’affirmation : La parole de Perdican transforme Rosette en actrice d’un spectacle.

Par conséquent, la cour annoncée par Perdican transforme Rosette en actrice involontaire de sa vengeance.

La parole du Baron commande les places sans maîtriser les personnes, tandis que les injonctions de Camille produisent des mouvements réels et que la parole de Perdican transforme Rosette en actrice d’un spectacle. Cette configuration ne suffit pas à rendre compte de la transformation de l’action. Comment comprendre que le cadeau donne au discours amoureux une efficacité matérielle ?
14. II — Son action excède ou contredit l’intentionLe Baron produit la panique en racontant, et Perdican blesse Camille par une déclaration dont Rosette devient l’instrument.

Le Baron produit la panique en racontant, et Perdican blesse Camille par une déclaration dont Rosette devient l’instrument.

II.1. Le cadeau donne un poids au discours

Le cadeau donne au discours amoureux une efficacité matérielle, car la chaîne posée au cou de Rosette rend l’engagement visible.

En effet, sous l’angle du thème « la capacité des paroles à devenir des actes », la progression retient deux données de la scène : Perdican vient de présenter à Rosette le gage de leur amour ; Camille écoute la scène sans être le destinataire apparent du cadeau. L’enjeu consiste à vérifier cette raison : la chaîne posée au cou de Rosette rend l’engagement visible. Le mouvement intitulé « II.1. Le cadeau donne un poids au discours » prépare l’articulation de chaîne avec sur le cou, au service de l’idée suivante : Le cadeau donne au discours amoureux une efficacité matérielle.

La scène fait entendre : « Il lui pose sa chaîne sur le cou. » acte III, scène 3

Le sujet consacré au thème « la capacité des paroles à devenir des actes » donne à la preuve une fonction déterminée : le geste matérialise la déclaration et rend crédible l’engagement aux yeux de Rosette ; le bijou peut ensuite circuler comme preuve auprès de sa mère et du village. Le mouvement de « chaîne » vers « sur le cou » ne vaut pas seul : il démontre ici que la chaîne posée au cou de Rosette rend l’engagement visible. Ce résultat consolide l’idée suivante dans l’économie du devoir : Le cadeau donne au discours amoureux une efficacité matérielle.

Par conséquent, la chaîne matérialise devant Rosette la valeur d’engagement attachée au discours amoureux.

Comment comprendre que l’action de Camille dément la légèreté de son vocabulaire ?

II.2. Le retour du bijou change la scène

L’action de Camille dément la légèreté de son vocabulaire, car elle nomme « hochet » la bague qu’elle est allée retirer de la fontaine.

En effet, la réflexion sur la capacité des paroles à devenir des actes ne quitte pas l’action représentée : Camille rend la bague et explique son changement de robe ; Rosette est cachée pendant cette nouvelle épreuve. Cette situation donne sa portée à la raison du paragraphe : elle nomme « hochet » la bague qu’elle est allée retirer de la fontaine. Les mots petit hochet et fontaine pourront ainsi fonder, plutôt que décorer, l’affirmation suivante : L’action de Camille dément la légèreté de son vocabulaire.

La scène fait entendre : « j’ai gâté ma robe de couvent pour retirer ce petit hochet d’enfant de la fontaine. » acte III, scène 6

Rapportée au thème « la capacité des paroles à devenir des actes », la preuve acquiert cette portée : elle minimise l’objet en le nommant « hochet », alors que l’effort raconté montre son importance ; la contradiction entre cette désignation légère et l’action fournit une prise au trouble de Perdican. La présence conjointe de « petit hochet » et de « fontaine » précise la raison suivante : elle nomme « hochet » la bague qu’elle est allée retirer de la fontaine. Elle donne une preuve située à l’idée suivante, plutôt qu’une illustration vague : L’action de Camille dément la légèreté de son vocabulaire.

Par conséquent, la bague retrouvée conserve un poids affectif que le mot « hochet » cherche en vain à diminuer.

Comment comprendre que la lettre agit sur Perdican au-delà de l’intention de Camille ?

II.3. Écrire à l’avance le malheur de l’autre

La lettre agit sur Perdican au-delà de l’intention de Camille, car l’image du poignard nourrit une vengeance dirigée vers une tierce personne.

En effet, dans la réponse portant sur la capacité des paroles à devenir des actes, le point de départ demeure concret : la formule appartient à la lettre de Camille à Louise, lue par Perdican ; Camille y présente le jeune homme comme accablé par son refus. La justification resserre le lien suivant : l’image du poignard nourrit une vengeance dirigée vers une tierce personne. Dans « II.3. Écrire à l’avance le malheur de l’autre », poignard et cœur désignent les éléments qui rendront vérifiable l’idée suivante : La lettre agit sur Perdican au-delà de l’intention de Camille.

La scène fait entendre : « ce pauvre jeune homme a le poignard dans le cœur » acte III, scène 2

À l’intérieur du raisonnement sur la capacité des paroles à devenir des actes, l’analyse locale reste orientée : l’image dramatise sa souffrance et donne à la rédactrice une place déterminante dans son destin ; la lettre porte la version intéressée de Camille, distincte de la perspective du narrateur de la pièce. En reliant « poignard » à « cœur », la formulation prouve que l’image du poignard nourrit une vengeance dirigée vers une tierce personne. Cette lecture ramène clairement l’extrait à l’idée suivante et à la question posée : La lettre agit sur Perdican au-delà de l’intention de Camille.

Par conséquent, l’image du poignard donne à la lettre une efficacité que son autrice ne contrôle plus.

Le cadeau donne au discours amoureux une efficacité matérielle, tandis que l’action de Camille dément la légèreté de son vocabulaire et que la lettre agit sur Perdican au-delà de l’intention de Camille. Cette dynamique laisse entière la question des conséquences imposées aux autres personnages. Comment comprendre que Rosette juge l’acte verbal par ce qu’il lui fait subir ?
15. III — La scène juge l’acte verbal par ses conséquencesLe baiser provoque simultanément un cri et l’aveu tardif conduit au secours impossible ; l’effet devient la mesure du dire.

Le baiser provoque simultanément un cri et l’aveu tardif conduit au secours impossible ; l’effet devient la mesure du dire.

III.1. Demander de sortir du jeu

Rosette juge l’acte verbal par ce qu’il lui fait subir, car rendre le collier doit la libérer du rôle d’amoureuse qu’on lui a imposé.

En effet, le problème posé par « la capacité des paroles à devenir des actes » se précise grâce à la situation suivante : Rosette rapporte les moqueries qu’elle subit au village ; elle demande à Perdican de la laisser revenir à une vie qui ne soit plus organisée par cette cour. Le fait décisif est contenu dans cette raison : rendre le collier doit la libérer du rôle d’amoureuse qu’on lui a imposé. La future preuve met en relation rendre le collier et vivre en paix pour faire progresser la réponse vers l’idée suivante : Rosette juge l’acte verbal par ce qu’il lui fait subir.

La scène fait entendre : « Permettez-moi de vous rendre le collier que vous m’avez donné, et de vivre en paix chez ma mère. » acte III, scène 7

Pour faire avancer la réponse sur la capacité des paroles à devenir des actes, l’extrait révèle que les deux infinitifs lient le retour du cadeau au retrait de la relation ; la politesse et la demande de permission rendent sensible la position inégale depuis laquelle elle réclame la paix. La tension entre « rendre le collier » et « vivre en paix » rend sensible la raison suivante : rendre le collier doit la libérer du rôle d’amoureuse qu’on lui a imposé. Elle transforme l’exemple en appui pour l’idée : Rosette juge l’acte verbal par ce qu’il lui fait subir.

Par conséquent, rendre le collier permet à Rosette de juger l’acte verbal par la liberté qu’il lui retire.

Comment comprendre que le cri hors scène mesure la conséquence immédiate des stratégies verbales ?

III.2. Le hors-scène interrompt la clôture du couple

Le cri hors scène mesure la conséquence immédiate des stratégies verbales, car il interrompt l’aveu réciproque des cousins.

En effet, cette étape du devoir sur la capacité des paroles à devenir des actes prend appui sur l’enchaînement scénique : la didascalie suit le baiser de Perdican à Camille ; le cri révèle une écoute dont le couple ne tenait pas compte. La scène permet de soutenir cette raison : il interrompt l’aveu réciproque des cousins. Le rapport entre grand cri et derrière l’autel prépare une vérification textuelle de l’affirmation suivante : Le cri hors scène mesure la conséquence immédiate des stratégies verbales.

La scène fait entendre : « on entend un grand cri derrière l’autel. » acte III, scène 8

L’enjeu du thème « la capacité des paroles à devenir des actes » permet de mesurer exactement la preuve : un événement sonore déplace brusquement le centre de la scène vers la personne restée hors de leur échange visible ; le son du cri suffit au théâtre pour rendre la catastrophe présente. Le jeu de « grand cri » et de « derrière l’autel » permet d’établir qu’il interrompt l’aveu réciproque des cousins. La citation fait alors progresser l’idée suivante, au lieu d’ouvrir une analyse indépendante : Le cri hors scène mesure la conséquence immédiate des stratégies verbales.

Par conséquent, le cri expose sur la scène la conséquence immédiate des stratégies de parole.

Comment comprendre que la mort de Rosette devient le jugement définitif des paroles prononcées ?

III.3. Une information et une séparation

La mort de Rosette devient le jugement définitif des paroles prononcées, car l’annonce brève entraîne l’adieu sans possibilité de réparation.

En effet, à ce moment du parcours sur la capacité des paroles à devenir des actes, la scène apporte ces éléments : Camille revient après être allée vers Rosette ; Perdican attendait encore que la jeune fille puisse être sauvée et la faute réparée. Cette étape doit rendre certaine la raison formulée : l’annonce brève entraîne l’adieu sans possibilité de réparation. Les indices morte et Adieu annoncent la preuve qui donnera sa nécessité à l’idée suivante : La mort de Rosette devient le jugement définitif des paroles prononcées.

La scène fait entendre : « Elle est morte. Adieu, Perdican ! » acte III, scène 8

Au terme du mouvement sur la capacité des paroles à devenir des actes, la citation fixe ce constat : les deux phrases brèves associent l’irréversible de la mort à la rupture de la relation ; la pièce s’arrête sans donner au couple l’espace d’un nouveau discours justificatif. La rencontre de « morte » et de « Adieu » fixe la raison décisive : l’annonce brève entraîne l’adieu sans possibilité de réparation. Elle achève la démonstration de l’idée suivante pour ce sujet : La mort de Rosette devient le jugement définitif des paroles prononcées.

Par conséquent, la mort de Rosette fixe la responsabilité attachée aux paroles des deux cousins.

16. Conclusion rédigéeRéponse, récapitulatif, ouverture littéraire
Ce que l’élève écrit

① Réponse. Dire est une action relationnelle, jamais une puissance solitaire. Le théâtre rend visibles ses relais et oblige à compter comme partie du sens ce qu’elle fait à ceux qui l’entendent.

② Récapitulatif. La parole commande des mouvements réels. Son action excède ou contredit l’intention. La scène juge l’acte verbal par ses conséquences.

③ Ouverture. Dans Les Fausses Confidences, la parole agit également en transformant ce que les personnages savent et désirent. La comparaison met en lumière deux jugements différents sur la responsabilité du stratège.

17. Le dernier regardCe que la copie doit laisser au lecteur

Une bonne copie laisse ouverte l’œuvre tout en rendant lisible le trajet qui fonde sa réponse. Le lecteur voit comment chaque partie conserve la précédente, en déplace la limite et rend la réponse finale nécessaire.

Revenir au début de la dissertation ↑

Ce que fixe le programme national

1. Ce que le texte officiel dit

Alfred de Musset, On ne badine pas avec l’amour / parcours : les jeux du cœur et de la parole.

Programme national d’œuvres pour l’enseignement de français pour l’année scolaire 2026-2027, Bulletin officiel n° 30 du 24 juillet 2025, note de service du 4 juillet 2025, NOR : MENE2518792N. Lire le texte officiel complet. Vérifié le 2026-08-15.

2. Ce qu’il ne dit pas

Le texte inscrit l’œuvre et son parcours au programme ; il ne fournit ni sujet, ni plan, ni interprétation.

3. Ce que cette page ajoute, et pourquoi

Le sujet, la problématique, les preuves et le devoir rédigé relèvent du travail pédagogique, pas du Bulletin officiel.