Mode d’emploi
Choisis un numéro : une question apparaît
Tu construis un seul paragraphe : argument avec « car », justification, citation, explication et bilan. Le jeu garde ton travail, vérifie le chemin et les longueurs, mais ne met aucune note.
Parcours associé : Les jeux du cœur et de la parole.
Jeu 01 · Acte I, scène 1 · prise 1
Mission. Replace la citation dans son espace et nomme qui peut l’entendre.
« (Une place devant le château.) » MUS-A1S1-Q01
Contrôle. Le groupe nominal sans verbe immobilise d’abord un seuil : ni intérieur noble ni nature privée, mais un lieu commun où l’arrivée sera soumise au regard du village.
Jeu 02 · Acte I, scène 1 · prise 2
Mission. Repère la forme grammaticale qui fait agir la réplique.
« Buvez, maître Blazius, et reprenez vos esprits. Nous avons vu naître le petit Perdican, et il n’était pas besoin, du moment qu’il arrive, de nous en dire si long. Puissions-nous retrouver l’enfant dans le cœur de l’homme ! » MUS-A1S1-Q04
Contrôle. La mémoire du village oppose « vu naître » au titre de docteur. L’optatif cherche dans « l’homme » un enfant que le discours officiel risque d’avoir recouvert.
Jeu 03 · Acte I, scène 1 · prise 3
Mission. Distingue ce que le personnage veut produire de l’effet réellement obtenu.
« Sachez, manants, que la belle Camille, la nièce de votre maître, arrive aujourd’hui au château. » MUS-A1S1-Q07
Contrôle. L’impératif et l’insulte sociale cherchent à imposer Pluche ; l’apposition « la nièce de votre maître » définit pourtant Camille par le château avant même de la laisser parler.
Jeu 04 · Acte I, scène 2 · prise 1
Mission. Replace la citation dans son espace et nomme qui peut l’entendre.
« (Le salon du baron.) » MUS-A1S2-Q01
Contrôle. Le salon ferme l’espace autour du maître de maison : le Baron croit pouvoir y ordonner personnes, nouvelles et alliance à venir.
Jeu 05 · Acte I, scène 2 · prise 2
Mission. Repère la forme grammaticale qui fait agir la réplique.
« Je me tais ; la reconnaissance me ferme la bouche. » MUS-A1S2-Q04
Contrôle. La phrase donne une cause noble au silence, mais son balancement trop achevé fait entendre le code de la jeune fille élevée à parler de vertu.
Jeu 06 · Acte I, scène 2 · prise 3
Mission. Distingue ce que le personnage veut produire de l’effet réellement obtenu.
« Le Baron, à maître Bridaine. » MUS-A1S2-Q07
Contrôle. L’adresse latérale crée un petit poste d’observation : les adultes parlent des jeunes gens à quelques pas d’eux au lieu de leur demander ce qu’ils veulent.
Jeu 07 · Acte I, scène 3 · prise 1
Mission. Replace la citation dans son espace et nomme qui peut l’entendre.
« Plusieurs choses me divertissent et excitent ma curiosité. Venez, mes amis, et asseyons-nous sous ce noyer. Deux formidables dîneurs sont en ce moment en présence au château, maître Bridaine et maître Blazius. » MUS-A1S3-Q01
Contrôle. Les verbes « divertissent », « venez » et « asseyons-nous » fabriquent une assemblée de spectateurs ; le repas des pédagogues devient spectacle à l’intérieur du spectacle.
Jeu 08 · Acte I, scène 3 · prise 2
Mission. Repère la forme grammaticale qui fait agir la réplique.
« Non, je suis lasse. » MUS-A1S3-Q04
Contrôle. La négation tombe avant la cause. « Lasse » ramène la rencontre au corps de Camille et soustrait ce corps à l’effusion que les autres avaient programmée.
Jeu 09 · Acte I, scène 3 · prise 3
Mission. Distingue ce que le personnage veut produire de l’effet réellement obtenu.
« Le Baron, rentrant avec dame Pluche. » MUS-A1S3-Q07
Contrôle. Le participe « rentrant » fait revenir l’autorité sur la scène qu’elle observait ; la distance tactique se change en besoin d’intervention.
Jeu 10 · Acte I, scène 4 · prise 1
Mission. Replace la citation dans son espace et nomme qui peut l’entendre.
« Bonjour, mes amis, me reconnaissez-vous ? » MUS-A1S4-Q01
Contrôle. La question après le salut fait de la reconnaissance un acte partagé : le nom social de « seigneur » ne garantit pas la mémoire affective.
Jeu 11 · Acte I, scène 4 · prise 2
Mission. Repère la forme grammaticale qui fait agir la réplique.
« Voilà donc ma chère vallée ! mes noyers, mes sentiers verts, ma petite fontaine ! voilà mes jours passés encore tout pleins de vie, voilà le monde mystérieux des rêves de mon enfance ! Ô patrie ! patrie, mot incompréhensible ! » MUS-A1S4-Q04
Contrôle. Les quatre possessifs et la chaîne exclamative font surgir la vallée par stations. La petite fontaine devient le point intime d’une géographie plus vaste.
Jeu 12 · Acte I, scène 4 · prise 3
Mission. Distingue ce que le personnage veut produire de l’effet réellement obtenu.
« Es-tu mariée, petite ? on m’a dit que tu l’étais. » MUS-A1S4-Q07
Contrôle. L’interrogation porte sur le mariage de Rosette, et non sur un déplacement à lui faire accomplir. Le terme affectueux « petite » donne à la demande une familiarité qui rappelle aussi la différence de positions. La proposition « on m’a dit » indique que Perdican dispose d’une information reçue d’autrui. Il la confronte à la personne concernée, dont la réponse négative dément ce savoir rapporté. Le présent de la question rencontre un récit antérieur. La scène laisse au dialogue la possibilité de corriger une nouvelle qui circulait avant le retour du jeune homme.
Jeu 13 · Acte I, scène 5 · prise 1
Mission. Replace la citation dans son espace et nomme qui peut l’entendre.
« Entrent Le Baron et Maître Blazius. » MUS-A1S5-Q01
Contrôle. La didascalie réunit accusateur et maître du lieu ; Bridaine est absent du récit qui va fixer provisoirement son état.
Jeu 14 · Acte I, scène 5 · prise 2
Mission. Repère la forme grammaticale qui fait agir la réplique.
« De plus, il a mangé beaucoup ; sa parole était embarrassée. » MUS-A1S5-Q04
Contrôle. Le connecteur « De plus » ajoute un indice aux faits déjà rapportés sur le repas de Bridaine. La quantité de nourriture et l’embarras de la parole rapprochent une conduite du corps et une difficulté de diction. Blazius les utilise pour renforcer son accusation, sans que leur simple voisinage suffise à établir toutes les causes de cet embarras. L’imparfait inscrit les observations dans la scène racontée. L’échange produit un comique de concurrence entre les deux éducateurs : celui qui accuse cherche à transformer ses indices en preuve contre un rival, tandis que son propre état reste observable.
Jeu 15 · Acte I, scène 5 · prise 3
Mission. Distingue ce que le personnage veut produire de l’effet réellement obtenu.
« Des ricochets ? ma tête s’égare ; voilà mes idées qui se bouleversent. Vous me faites un rapport insensé, Bridaine. Il est inouï qu’un docteur fasse des ricochets. » MUS-A1S5-Q07
Contrôle. La reprise interrogative « Des ricochets ? » isole un détail que le Baron ne parvient pas à accorder au titre de docteur. Les propositions suivantes décrivent le bouleversement de ses propres idées avant d’établir une faute de Perdican. Le présentatif « voilà » transforme cette confusion en petit spectacle verbal. La formule impersonnelle « Il est inouï » donne ensuite une portée générale à une incompatibilité qui vient surtout de son image du savant. Le comique fait entendre le heurt d’une conduite enfantine et d’un statut que l’adulte voudrait solennel.
Jeu 16 · Acte II, scène 1 · prise 1
Mission. Replace la citation dans son espace et nomme qui peut l’entendre.
« Entrent Maître Blazius et Perdican. » MUS-A2S1-Q01
Contrôle. L’entrée conjointe conserve le gouverneur comme relais entre père et fils ; le tête-à-tête amoureux naît dans une chaîne de paroles adultes.
Jeu 17 · Acte II, scène 1 · prise 2
Mission. Repère la forme grammaticale qui fait agir la réplique.
« Tant pis pour moi si je vous déplais. » MUS-A2S1-Q04
Contrôle. La locution « tant pis » retourne la souffrance vers le locuteur. La condition maintient Camille libre tout en lui faisant entendre le prix de son déplaisir.
Jeu 18 · Acte II, scène 1 · prise 3
Mission. Distingue ce que le personnage veut produire de l’effet réellement obtenu.
« Eh bien ! adieu. J’aurais voulu m’asseoir avec toi sous les marronniers du petit bois et causer de bonne amitié une heure ou deux. Mais si cela te déplaît, n’en parlons plus ; adieu, mon enfant. » MUS-A2S1-Q07
Contrôle. Le double adieu enferme un désir de durée. Le conditionnel passé dessine sous les marronniers la conversation que le présent vient de refuser.
Jeu 19 · Acte II, scène 4 · prise 1
Mission. Replace la citation dans son espace et nomme qui peut l’entendre.
« Entrent Maître Blazius et Le Baron. » MUS-A2S4-Q01
Contrôle. L’entrée réunit rapporteur et juge avant toute présence des femmes observées ; le savoir va circuler sans contre-parole immédiate.
Jeu 20 · Acte II, scène 4 · prise 2
Mission. Repère la forme grammaticale qui fait agir la réplique.
« Ma nièce rouge de colère ! Cela est inouï ! Et comment savez-vous que c’était de colère ? Elle pouvait être rouge pour mille raisons ; elle avait sans doute poursuivi quelques papillons dans mon parterre. » MUS-A2S4-Q04
Contrôle. La répétition de « rouge » passe du constat à la cause contestée. Les « mille raisons » rouvrent un signe que Blazius voulait déjà fermer.
Jeu 21 · Acte II, scène 4 · prise 3
Mission. Distingue ce que le personnage veut produire de l’effet réellement obtenu.
« Que dites-vous ? Songez-vous de qui vous parlez ? Pesez vos paroles, monsieur l’abbé. » MUS-A2S4-Q07
Contrôle. Les deux interrogations demandent d’abord à Blazius de mesurer ce qu’il affirme et la personne dont il parle. « Songez-vous » conserve la forme d’une question, tandis que « Pesez » formule ensuite un ordre. La métaphore du poids exige une parole proportionnée à sa gravité. Le Baron ne vérifie pas encore la lettre ni son destinataire : il rappelle une exigence de retenue liée au rang de sa nièce. L’adresse « monsieur l’abbé » donne à cette mise en garde une solennité sociale. L’enquête se trouve infléchie par l’honneur avant d’avoir établi les faits.
Jeu 22 · Acte II, scène 5 · prise 1
Mission. Replace la citation dans son espace et nomme qui peut l’entendre.
« (Une fontaine dans un bois.) » MUS-A2S5-Q01
Contrôle. Le groupe nominal place l’eau et le bois avant les locuteurs. La fontaine inscrit le dialogue dans une mémoire commune sans en garantir la réconciliation.
Jeu 23 · Acte II, scène 5 · prise 2
Mission. Repère la forme grammaticale qui fait agir la réplique.
« Il y en a certainement. » MUS-A2S5-Q04
Contrôle. La construction présentative affirme qu’il existe des hommes capables de n’avoir aimé qu’une femme. Le pronom « en » reprend cette catégorie posée par la question de Camille. L’adverbe « certainement » renforce l’assurance de la réponse sans apporter d’exemple. Camille demande ensuite un nom, que Perdican ne peut donner. La distinction entre une conviction générale et une connaissance particulière devient visible dans l’enchaînement. La phrase ne prouve pas que la fidélité soit impossible ; elle montre ce que le locuteur peut affirmer et ce qu’il ne peut pas attester par une personne connue.
Jeu 24 · Acte II, scène 5 · prise 3
Mission. Distingue ce que le personnage veut produire de l’effet réellement obtenu.
« Nous habitons la même cellule, et j’ai passé des nuits entières à parler de ses malheurs ; ils sont presque devenus les miens ; cela est singulier, n’est-ce pas ? Je ne sais trop comment cela se fait. » MUS-A2S5-Q07
Contrôle. Le présent « habitons » établit la proximité durable des deux femmes. Les passés composés « j’ai passé » et « sont presque devenus » relient les conversations nocturnes à leur résultat actuel : les malheurs de l’autre ont acquis pour Camille la force d’une expérience presque personnelle. « Presque » préserve la différence entre récit reçu et histoire vécue. Les deux dernières phrases rendent perceptible son étonnement devant cette appropriation. Sa peur de l’amour prend appui sur des paroles entendues, dont elle transpose les conséquences possibles dans sa propre existence.
Jeu 25 · Acte III, scène 3 · prise 1
Mission. Replace la citation dans son espace et nomme qui peut l’entendre.
« Entrent Camille et Le Paysan. » MUS-A3S3-Q01
Contrôle. La didascalie place une jeune aristocrate et un paysan dans le même mouvement d’entrée ; la lettre à obtenir explique leur association momentanée.
Jeu 26 · Acte III, scène 3 · prise 2
Mission. Repère la forme grammaticale qui fait agir la réplique.
« (Entrent Perdican et Rosette, qui s’assoient.) » MUS-A3S3-Q04
Contrôle. Le pluriel de l’entrée et le verbe pronominal installent un couple apparent ; Camille, cachée, occupe pourtant la troisième place décisive du tableau.
Jeu 27 · Acte III, scène 3 · prise 3
Mission. Distingue ce que le personnage veut produire de l’effet réellement obtenu.
« Il a jeté ma bague dans l’eau. » MUS-A3S3-Q07
Contrôle. Le possessif « ma » concentre la blessure : la bague perdue dans l’eau est moins un objet détruit qu’un lien repris sans confrontation.
Jeu 28 · Acte III, scène 8 · prise 1
Mission. Replace la citation dans son espace et nomme qui peut l’entendre.
« Entre Camille, elle se jette au pied de l’autel. » MUS-A3S8-Q01
Contrôle. Le verbe de mouvement et le geste vers l’autel font de l’entrée une supplication. Camille ne rejoint pas d’abord Perdican : elle cherche une instance de jugement.
Jeu 29 · Acte III, scène 8 · prise 2
Mission. Repère la forme grammaticale qui fait agir la réplique.
« Oui, nous nous aimons, Perdican ; laisse-moi le sentir sur ton cœur. Ce Dieu qui nous regarde ne s’en offensera pas ; il veut bien que je t’aime ; il y a quinze ans qu’il le sait. » MUS-A3S8-Q04
Contrôle. Le présent de l’aveu, l’impératif et le futur négatif réconcilient désir et regard divin ; les quinze ans installent une continuité affective revendiquée.
Jeu 30 · Acte III, scène 8 · prise 3
Mission. Distingue ce que le personnage veut produire de l’effet réellement obtenu.
« Entrons dans cette galerie ; c’est là qu’on a crié. » MUS-A3S8-Q07
Contrôle. L’impératif « Entrons » associe les deux cousins à une action proposée vers le lieu du cri. Le présentatif « c’est là » identifie une direction à partir de l’événement entendu, sans établir encore ce qui s’y est produit. Le pronom « on » conserve l’identité du cri dans une formulation peu déterminée. La réplique appelle une enquête et un secours possibles, elle ne garantit pas que les deux personnages se déplacent. Perdican exprimera son effroi et refusera d’entrer. Distinguer l’ordre du geste accompli permet de suivre la scène sans anticiper son déroulement.