Pourquoi cette étape ?
Pot-Bouille · commentaire du texte 2
Du texte au commentaire
Regarde toute l’explication se construire. Ici, tu ne choisis aucune brique : la démonstration se déroule seule.
Extrait entier · trois mouvements · neuf appuis · accompagnement continu facultatif
Avant de commencer : que se passe-t-il ?
Au chapitre I, Campardon poursuit la visite proposée à Octave. L’architecte commente la construction, puis conduit son invité dans la cuisine de son appartement. La cour fait entendre les domestiques ; l’arrivée du maître interrompt leurs échanges.
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La démonstration construit cet appui.
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La musique accompagne toute la démonstration et gagne en ampleur avec la construction. Pause coupe aussi le son ; « Avec musique » et le volume restent réglables. Le jeu est séparé. Cette animation couvre le texte 2 ; les dix textes du dossier en ont chacun une.
Lire tout l’extrait : §59 à §65, sans coupe intérieure
Témoin : Charpentier, 1883, transcription ancrée homologuée. Première publication du roman : 1882. L’extrait est copié sans coupe intérieure. Lire dans le texte intégral
§59
— Oui, ça fait de l’effet, dit lentement l’architecte, les yeux fixés sur le plafond. Vous comprenez, ces maisons-là, c’est bâti pour faire de l’effet… Seulement, il ne faudrait pas trop fouiller les murs. Ça n’a pas douze ans et ça part déjà… On met la façade en belle pierre, avec des machines sculptées ; on vernit l’escalier à trois couches ; on dore et on peinturlure les appartements ; et ça flatte le monde, ça inspire de la considération… Oh ! c’est encore solide, ça durera toujours autant que nous !
§60
Il lui fit traverser de nouveau l’antichambre, que des vitres dépolies éclairaient. À gauche, donnant sur la cour, il y avait une seconde chambre, où couchait sa fille Angèle ; et, toute blanche, elle était, par cette après-midi de novembre, d’une tristesse de tombe. Puis, au fond du couloir, se trouvait la cuisine, dans laquelle il tint absolument à le conduire, disant qu’il fallait tout connaître.
§61
— Entrez donc, répétait-il en poussant la porte.
§62
Un terrible bruit s’en échappa. La fenêtre, malgré le froid, était grande ouverte. Accoudées à la barre d’appui, la femme de chambre noiraude et une cuisinière grasse, une vieille débordante, se penchaient dans le puits étroit d’une cour intérieure, où s’éclairaient, face à face, les cuisines de chaque étage. Elles criaient ensemble, les reins tendus, pendant que, du fond de ce boyau, montaient des éclats de voix canailles, mêlés à des rires et à des jurons. C’était comme la déverse d’un égout : toute la domesticité de la maison était là, à se satisfaire. Octave se rappela la majesté bourgeoise du grand escalier.
§63
Mais les deux femmes, averties par un instinct, s’étaient retournées. Elles restèrent saisies, en apercevant leur maître avec un monsieur. Il y eut un léger sifflement, des fenêtres se refermèrent, tout retomba à un silence de mort.
§64
— Qu’est-ce donc, Lisa ? demanda Campardon.
§65
— Monsieur, répondit la femme de chambre très excitée, c’est encore cette malpropre d’Adèle. Elle a jeté une tripée de lapin par la fenêtre… Monsieur devrait bien parler à monsieur Josserand.
Retrouver le sens d’ensemble
Au chapitre I, Campardon poursuit la visite proposée à Octave. L’architecte commente la construction, puis conduit son invité dans la cuisine de son appartement. La cour fait entendre les domestiques ; l’arrivée du maître interrompt leurs échanges.
Campardon explique lui-même comment la façade produit la considération. La visite découvre ensuite une cour où les servantes parlent librement, avant que le maître ne leur impose le silence par sa seule présence. La respectabilité tient à des surfaces entretenues et à une parole surveillée.
Campardon explique lui-même comment la façade produit la considération. La visite découvre ensuite une cour où les servantes parlent librement, avant que le maître ne leur impose le silence par sa seule présence. La respectabilité tient à des surfaces entretenues et à une parole surveillée. Le parcours « Dévoiler les rouages de la société » prend ici une forme précise : les paroles et les gestes permettent de suivre les rapports entre les personnes au contact de leur place dans la maison. Comparer cette irruption des cuisines à la scène finale du roman, C18 P106–P120 : les domestiques y retrouvent leur parole et jugent les maîtres. La cour relie le début et la fin, avec des interlocuteurs et une situation différents.