Français · Pot-Bouille · Commentaire linéaire 8

Chapitre 18 · paragraphes 14 à 18

Adèle accouche derrière les portes endormies

Émile Zola, Pot-Bouille

Comment le récit de l’accouchement d’Adèle rend-il visible une maternité solitaire dans une maison qui se rendort ?

Très petite image, vue de haut, presque sans personne. En bas, coupés par le bord, un pot et le coin d’une malle au pied d’un lit de fer. Au milieu, un rond de vieille toile cirée ouvert sur le drap, les plis encore levés, aplati par deux mains dont les poignets sont coupés par le bord droit. Au fond, une bougie basse posée sur une chaise, la flamme au ras du suif, et le mur nu d’une mansarde qui s’incline. Le rond de toile cirée et le creux du drap tiennent le centre ; le cadeau de la maîtresse sert de tout matériel.
Avant le jour, elle étale sur son lit la toile cirée ronde donnée par sa maîtresse, pendant que la bougie achève de brûler.
Première voie

Comprendre en avançant

Treize tiroirs racontent l’explication avant d’en donner la forme scolaire.

Le texte Lire

Témoin : Charpentier, 1883, transcription ancrée homologuée. Première publication du roman : 1882. L’extrait est copié sans coupe intérieure. Lire dans le texte intégral

§14

Quatre heures venaient de sonner, lorsque, tout d’un coup, elle crut que son ventre crevait. Au milieu d’une douleur, il y eut une rupture, des eaux ruisselèrent, ses bas furent trempés. Elle resta un moment immobile, terrifiée et stupéfaite, avec l’idée qu’elle se vidait par là. Peut-être bien qu’elle n’avait jamais été enceinte ; et, dans la crainte d’une autre maladie, elle se regardait, elle voulait voir si tout le sang de son corps ne fuyait point. Mais elle éprouvait un soulagement, elle s’assit quelques minutes sur une malle. La chambre salie l’inquiétait, la bougie allait s’éteindre. Puis, comme elle ne pouvait plus marcher et qu’elle sentait la fin venir, elle eut encore la force d’étaler sur le lit une vieille toile cirée ronde, que madame Josserand lui avait donnée, pour mettre devant sa table de toilette. Et elle était à peine recouchée, que le travail d’expulsion commença.

§15

Alors, pendant près d’une heure et demie, se déclarèrent des douleurs dont la violence augmentait sans cesse. Les contractions intérieures avaient cessé, c’était elle maintenant qui poussait de tous les muscles de son ventre et de ses reins, dans un besoin de se délivrer du poids intolérable qui pesait sur sa chair. Deux fois encore, des envies illusoires la firent se lever, cherchant le pot d’une main égarée, tâtonnante de fièvre ; et, la seconde fois, elle faillit rester par terre. À chaque nouvel effort, un tremblement la secouait, sa face devenait brûlante, son cou se baignait de sueur, tandis qu’elle mordait les draps, pour étouffer sa plainte, le han ! terrible et involontaire du bûcheron qui fend un chêne. Quand l’effort était donné, elle balbutiait, comme si elle eût parlé à quelqu’un :

§16

— C’est pas possible… il sortira pas… il est trop gros.

§17

La gorge renversée, les jambes élargies, elle se cramponnait des deux mains au lit de fer, qu’elle ébranlait de ses secousses. C’étaient heureusement des couches superbes, une présentation franche du crâne. Par moments, la tête qui sortait, semblait vouloir rentrer, repoussée par l’élasticité des tissus, tendus à se rompre ; et des crampes atroces l’étreignaient à chaque reprise du travail, les grandes douleurs la bouclaient d’une ceinture de fer. Enfin, les os crièrent, tout lui parut se casser, elle eut la sensation épouvantée que son derrière et son devant éclataient, n’étaient plus qu’un trou par lequel coulait sa vie ; et l’enfant roula sur le lit, entre ses cuisses, au milieu d’une mare d’excréments et de glaires sanguinolentes.

§18

Elle avait poussé un grand cri, le cri furieux et triomphant des mères. Aussitôt, on remua dans les chambres voisines, des voix empâtées de sommeil disaient : « Eh bien ! quoi donc ? on assassine !… Y en a une qu’on prend de force !… Rêvez donc pas tout haut ! » Inquiète, elle avait repris le drap entre les dents, elle serrait les jambes et ramenait la couverture en tas sur l’enfant, qui lâchait des miaulements de petit chat. Mais elle entendit Julie ronfler de nouveau, après s’être retournée ; pendant que Lisa, rendormie, ne sifflait même plus. Alors, elle goûta pendant un quart d’heure un soulagement immense, une douceur infinie de calme et de repos. Elle était comme morte, elle jouissait de ne plus être.
Ce texte t’intimide ? Entrer

Ce passage décrit frontalement le corps, les douleurs et la naissance. Tu peux travailler sur les temps, les gestes et les objets sans atténuer les mots du témoin. Distingue ce que sait le récit et ce qu’Adèle comprend : cette différence rend sa solitude sensible.

Avant tout : que se passe-t-il ? Raconter

À la fin du roman, Adèle accouche seule dans sa chambre de domestique, avant le jour. Elle ignore une partie de ce qui lui arrive, prépare le lit avec les objets disponibles et tente d’étouffer ses cris. Les voisines entendent un cri sans venir auprès d’elle.

D’où l’on part, où l’on arrive Situer

La précision des étapes de l’accouchement rencontre les erreurs et les peurs d’Adèle. Les objets domestiques servent de moyens improvisés, et la douleur est rendue par des gestes et des images de force. Le cri final atteint les chambres voisines, mais n’obtient aucune assistance : le retour au sommeil referme la scène sur un repos qui ressemble à l’absence d’existence.

Ton entrée en matière, six appuis Six appuis

L’auteur. Zola examine les relations entre les personnes et leur milieu.

Ce que tu dis

« Émile Zola fait apparaître les conduites à partir des lieux, des paroles et des gestes. »

Le contexte utile. Le roman situe ces relations dans le Paris bourgeois du Second Empire.

Ce que tu dis

« La maison distribue des places, des pouvoirs et des réputations. »

L’œuvre. Première publication en 1882, distincte du témoin Charpentier 1883.

Ce que tu dis

« Pot-Bouille fait d’un immeuble un lieu d’observation sociale. »

L’endroit du roman. À la fin du roman, Adèle accouche seule dans sa chambre de domestique, avant le jour. Elle ignore une partie de ce qui lui arrive, prépare le lit avec les objets disponibles et tente d’étouffer ses cris. Les voisines entendent un cri sans venir auprès d’elle.

Ce que tu dis

« À la fin du roman, Adèle accouche seule dans sa chambre de domestique, avant le jour. »

La question. Raccorde chaque preuve à cette question.

Ce que tu dis

« Comment le récit de l’accouchement d’Adèle rend-il visible une maternité solitaire dans une maison qui se rendort ? »

Le chemin. Suis les changements de la scène.

Ce que tu dis

« La peur et les préparatifs improvisés; puis L'effort et la naissance; puis Le cri entendu, le silence retrouvé et l'épuisement. »

Premier mouvement : la peur et les préparatifs improvisés I

La douleur située : une précision temporelle. Le début de l’extrait inscrit la crise du corps dans une heure exacte, avant le jour et dans une chambre isolée. Le nombre « Quatre » fournit une mesure de l’heure, et « venaient de sonner » situe le repère juste avant la douleur soudaine. La construction avec « lorsque » fait ensuite entrer l’événement corporel dans cette continuité temporelle. Le récit mesure aussi les pauses et, plus loin, l’heure et demie d’efforts.

Ce que tu dis

« Périphrase aspectuelle : Une expérience cachée retrouve une place mesurable dans le récit. »

Relire cette preuve dans le texte intégral

Le corps méconnu : une hypothèse affolée. Après la rupture des eaux, Adèle imagine une autre maladie et doute même de la grossesse qu’elle subit. La locution « Peut-être bien » place l’énoncé sous une incertitude dont le récit restitue la formulation familière. Le plus-que-parfait négatif annule dans son hypothèse l’état passé d’être enceinte. Le lecteur a pourtant reçu des signes précis de l’accouchement, ce qui permet de mesurer l’écart entre événement et compréhension.

Ce que tu dis

« Modalisation : L’isolement comprend aussi un manque de savoir sur le corps. »

Relire cette preuve dans le texte intégral

Le lit préparé : un objet détourné. Adèle utilise pour son lit une toile que sa maîtresse lui avait donnée pour un tout autre usage domestique. Les adjectifs « vieille » et « ronde » décrivent l’objet avec sa forme et son état. Sa provenance est précisée par la relative qui rappelle le don de madame Josserand, et sa destination antérieure concerne la table de toilette. Le lecteur voit un matériel ordinaire détourné pour répondre à une urgence.

Ce que tu dis

« Adjectifs épithètes : La maternité s’organise avec les ressources résiduelles du service. »

Relire cette preuve dans le texte intégral

Le temps, l’incertitude et la toile cirée ont installé les conditions d’une naissance solitaire. Comment le récit rend-il maintenant la durée et la violence du travail ?

Deuxième mouvement : l'effort et la naissance II
Adèle reste seule au lit pendant le travail de naissance. Les mains agrippent le drap et le visage se baisse pour étouffer la plainte. Le drap du lit proche recouvre les jambes et le bord du corps. Le petit meuble et la porte fermée situent la chambre.
Le drap entre les dents retient la plainte d’un travail qui n’a pas d’assistance.

Le travail prolongé : une durée éprouvée. Les douleurs et les efforts reçoivent une durée qui donne à lire la longueur de la lutte corporelle d’Adèle. Le groupe introduit par « pendant » mesure l’intervalle du travail, et « près de » conserve une approximation à l’intérieur de cette mesure. La scène ne réduit pas l’accouchement au surgissement instantané d’un enfant. Le narrateur détaille les reprises, les tentatives de se lever, le tremblement et la sueur.

Ce que tu dis

« Complément de durée : Le récit restitue l’endurance d’un corps privé d’assistance. »

Relire cette preuve dans le texte intégral

La plainte étouffée : une force de travail. Le récit rapproche le son involontaire de l’effort d’Adèle de celui d’un travailleur qui frappe un arbre. Le comparant du bûcheron associe la plainte à un effort puissant et répété. Le chêne rend sensible une résistance à vaincre, tandis que le son « han ! » donne au rapprochement une dimension auditive.

Ce que tu dis

« Comparaison : La naissance est rendue comme travail puissant maintenu dans le secret. »

Relire cette preuve dans le texte intégral

La naissance nommée : un savoir que la mère n’a pas. Une notation clinique indique le déroulement de l’accouchement au milieu des sensations de rupture éprouvées par Adèle. Le groupe « présentation franche du crâne » appartient à une description du processus de naissance, avec le jugement de couches « superbes » qui le précède. Le lecteur reçoit ici une appréciation informée que la peur du personnage ne possède pas. La phrase vient entre les gestes de cramponnement et les douleurs extrêmes, ce qui conserve deux plans d’observation : la naissance suit une présentation favorable, et la mère en vit une violence terrifiante.

Ce que tu dis

« Lexique technique : Un déroulement favorable peut rester une expérience de détresse solitaire. »

Relire cette preuve dans le texte intégral

Le récit a mesuré l’endurance et confronté la peur à une description précise de la naissance. Que produit le cri quand il atteint enfin les chambres voisines ?

Troisième mouvement : le cri entendu, le silence retrouvé et l'épuisement III
Dans une chambre voisine, une bonne reprend son sommeil derrière la porte. Le corps reste couché, une main abandonnée sur la couverture ; la porte ferme le passage. Le chambranle proche à gauche ferme une grande part du champ. La fenêtre plus petite et le meuble éloigné situent la chambre voisine.
Le sommeil reprend à côté de la naissance, sans qu’une aide franchisse la porte.

La voix libérée : une intensité partagée. Après l’expulsion, Adèle pousse un cri que le narrateur rattache à une expérience maternelle plus large. Les adjectifs « furieux » et « triomphant » unissent deux valeurs, l’une de violence et l’autre de victoire. La coordination les conserve ensemble dans le même cri, après la plainte jusque-là étouffée. Le complément « des mères » ouvre l’expérience d’Adèle vers une condition partagée, sans lui retirer sa situation singulière.

Ce que tu dis

« Adjectifs coordonnés : La maternité reconnue par le récit reste méconnue par l’entourage. »

Relire cette preuve dans le texte intégral

Les voisines rendormies : un secours absent. Adèle écoute les chambres voisines après avoir étouffé de nouveau sa voix et recouvert l’enfant qui fait du bruit. « Entendit » place l’écoute du personnage au centre du constat. Le ronflement de Julie signale une reprise du sommeil, accentuée par « de nouveau ». Lisa est elle aussi rendormie, ce qui referme les deux réactions voisines évoquées dans le passage.

Ce que tu dis

« Lexique auditif : Le repos de l’entourage referme la naissance dans l’isolement. »

Relire cette preuve dans le texte intégral

Le repos extrême : une existence suspendue. Le soulagement final est décrit comme une douceur immense, mais il va jusqu’au désir de ne plus éprouver son existence. Le groupe « de ne plus être » complète « jouissait » et donne au repos un objet radical. « Ne plus » indique l’interruption d’un état, ici formulé par le verbe le plus général de l’existence. La phrase précédente rapprochait Adèle d’une morte, ce qui prépare cette suspension sans raconter sa mort réelle.

Ce que tu dis

« Infinitif négatif : Le soulagement révèle l’épuisement sans résoudre l’isolement. »

Relire cette preuve dans le texte intégral

Comment cette naissance cachée révèle-t-elle ce que la maison laisse sans assistance ?

La réponse Comprendre

La précision des étapes de l’accouchement rencontre les erreurs et les peurs d’Adèle. Les objets domestiques servent de moyens improvisés, et la douleur est rendue par des gestes et des images de force. Le cri final atteint les chambres voisines, mais n’obtient aucune assistance : le retour au sommeil referme la scène sur un repos qui ressemble à l’absence d’existence.

L’œuvre et le parcours Relier

La précision des étapes de l’accouchement rencontre les erreurs et les peurs d’Adèle. Les objets domestiques servent de moyens improvisés, et la douleur est rendue par des gestes et des images de force. Le cri final atteint les chambres voisines, mais n’obtient aucune assistance : le retour au sommeil referme la scène sur un repos qui ressemble à l’absence d’existence.

Le procès raconté plus loin, C18 P077–P082, porte sur une autre femme et un autre événement. Les deux passages rapprochent une expérience de maternité isolée et le jugement social qui prétend suffire à l’expliquer, sans confondre Adèle avec l’accusée.

Mesure le chemin Pratiquer

Choisis les deux preuves ★ de chaque mouvement. Pour chacune, lis la citation à son paragraphe, nomme le procédé, explique son fonctionnement, puis formule son effet et sa portée. Essaie ensuite de retrouver le chemin sans regarder le dossier.

ÉtapePreuves à retrouver
La peur et les préparatifs improvisésI.a : La douleur située : une précision temporelle ; I.c : Le lit préparé : un objet détourné
L'effort et la naissanceII.a : Le travail prolongé : une durée éprouvée ; II.c : La naissance nommée : un savoir que la mère n’a pas
Le cri entendu, le silence retrouvé et l'épuisementIII.a : La voix libérée : une intensité partagée ; III.c : Le repos extrême : une existence suspendue
Trois phrases de grammaire, accompagnées Syntaxe

G1. Relations au sein de la phrase

Phrase étudiée :

La chambre salie l’inquiétait, la bougie allait s’éteindre.

Question : Quelle relation relie les deux propositions ?

Leçon de grammaire : ② · Relations au sein de la phrase

Nature de la phrase : Phrase complexe, déclarative et affirmative ; deux propositions juxtaposées.

Analyse grammaticale : La virgule juxtapose deux propositions sans conjonction. La première a pour sujet « La chambre salie », pour verbe « inquiétait » et pour complément d’objet direct « l’ », reprenant Adèle. La seconde a pour sujet « la bougie » ; le groupe « allait s’éteindre » associe l’imparfait d’« aller » à un infinitif pour exprimer une imminence dans le passé. « Salie » est participe passé adjectival épithète de « chambre » et ne crée pas une troisième proposition. Les deux propositions gardent chacune leur propre sujet.

Justification du rattachement à la leçon : La leçon porte ici sur la juxtaposition et sur le décompte des propositions.

G2. Subordonnées conjonctives circonstancielles

Phrase étudiée :

Quand l’effort était donné, elle balbutiait, comme si elle eût parlé à quelqu’un :

Question : Quelle est la construction de la subordonnée introduite par « Quand » ?

Leçon de grammaire : ④ · Subordonnées conjonctives circonstancielles

Nature de la phrase : Phrase complexe, déclarative et affirmative, avec deux subordonnées circonstancielles.

Analyse grammaticale : « Quand l’effort était donné » est une circonstancielle de temps. « L’effort » est son sujet ; « était donné » est une forme passive avec l’auxiliaire à l’imparfait. La principale a pour sujet « elle » et pour verbe « balbutiait ». Une autre circonstancielle, « comme si elle eût parlé à quelqu’un », donne une comparaison hypothétique. « Eût parlé » est une forme composée du plus-que-parfait du subjonctif, dans cette tournure littéraire. « À quelqu’un » complète indirectement « parlé ». La première subordonnée situe le moment récurrent du balbutiement.

Justification du rattachement à la leçon : Il faut identifier la subordination temporelle et la distinguer de la comparaison hypothétique.

G3. Formes et emplois de la négation

Phrase étudiée :

elle jouissait de ne plus être.

Question : Où se place la négation devant un infinitif ?

Leçon de grammaire : ⑥ · Formes et emplois de la négation

Nature de la phrase : Une proposition déclarative dont le verbe conjugué est affirmatif ; le groupe infinitif est négatif.

Analyse grammaticale : Le sujet est « elle », le verbe « jouissait » est à l’imparfait. Le groupe prépositionnel « de ne plus être » est complément indirect de ce verbe. Les deux marques « ne » et « plus » sont placées avant l’infinitif « être », conformément à la construction négative de l’infinitif. « Plus » ajoute une valeur de cessation. La négation porte sur « être » et ne nie pas « jouissait ». Le groupe n’a pas de sujet propre exprimé et ne constitue pas une proposition indépendante.

Justification du rattachement à la leçon : La négation infinitive exige d’identifier position, portée et valeur de cessation.

Le dernier mot Confiance

Tu as suivi un changement précis : La précision des étapes de l’accouchement rencontre les erreurs et les peurs d’Adèle. Les objets domestiques servent de moyens improvisés, et la douleur est rendue par des gestes et des images de force. Le cri final atteint les chambres voisines, mais n’obtient aucune assistance : le retour au sommeil referme la scène sur un repos qui ressemble à l’absence d’existence.

Pour continuer, vérifie les six repères ★ dans le mémo. Le dossier complet permet de retrouver les étapes d’une preuve ; il n’est pas destiné à être appris intégralement par cœur.

Fin de l’explication accompagnée

Tu peux t’arrêter là.
Ou continuer.

La question et les faits étudiés restent les mêmes. Le dossier propose leur rédaction développée, le mémo et les tableaux de révision.

Je m’arrête ici J’ouvre le dossier
Deuxième voie

Le dossier formel

La lecture suit un chemin stable qui aide à construire le sens sans transformer la parole en formulaire.

L’explication simple Simple

À la fin du roman, Adèle accouche seule dans sa chambre de domestique, avant le jour. Elle ignore une partie de ce qui lui arrive, prépare le lit avec les objets disponibles et tente d’étouffer ses cris. Les voisines entendent un cri sans venir auprès d’elle.

La précision des étapes de l’accouchement rencontre les erreurs et les peurs d’Adèle. Les objets domestiques servent de moyens improvisés, et la douleur est rendue par des gestes et des images de force. Le cri final atteint les chambres voisines, mais n’obtient aucune assistance : le retour au sommeil referme la scène sur un repos qui ressemble à l’absence d’existence.

Introduction rédigée Entrée

Dans Pot-Bouille, publié en 1882, Émile Zola fait d’un immeuble parisien le lieu de relations privées, de conflits et de jugements sociaux. À la fin du roman, Adèle accouche seule dans sa chambre de domestique, avant le jour. Elle ignore une partie de ce qui lui arrive, prépare le lit avec les objets disponibles et tente d’étouffer ses cris. Les voisines entendent un cri sans venir auprès d’elle. Comment le récit de l’accouchement d’Adèle rend-il visible une maternité solitaire dans une maison qui se rendort ? Nous suivrons trois étapes : La peur et les préparatifs improvisés; puis L'effort et la naissance; puis Le cri entendu, le silence retrouvé et l'épuisement.

Dossier : les neuf preuves Preuves

La rédaction suit le passage. ★ signale les deux repères essentiels de chaque mouvement ; ◆ apporte un approfondissement. Les neuf analyses forment un dossier de travail, distinct de la parole à préparer pour l’oral.

Mouvement I · La peur et les préparatifs improvisés

La douleur située : une précision temporelle

★ Incontournable

Phrase d’orientation. Le début de l’extrait inscrit la crise du corps dans une heure exacte, avant le jour et dans une chambre isolée.

Citation : « Quatre heures venaient de sonner »

Texte intégral · paragraphe 14

Procédé principal : Périphrase aspectuelle dans « Quatre heures venaient de sonner ».

Analyse. Le nombre « Quatre » fournit une mesure de l’heure, et « venaient de sonner » situe le repère juste avant la douleur soudaine. La construction avec « lorsque » fait ensuite entrer l’événement corporel dans cette continuité temporelle. Le récit mesure aussi les pauses et, plus loin, l’heure et demie d’efforts. Cette précision organise une expérience longue que les voisins endormis ne partagent pas. Le temps n’est pas un simple décor : il permet de suivre les étapes et les durées pendant lesquelles la domestique doit se débrouiller seule. La rupture et les eaux sont nommées, alors que son interprétation demeure incertaine. Le lecteur reçoit ainsi une chronologie intelligible en même temps qu’une peur mal informée. Le repère exact donne de la densité à une maternité qui n’a ni accompagnement ni parole compétente auprès d’elle. La scène s’ouvre par une mesure ordinaire qui rend son isolement matériellement situé.

Effet sur le lecteur. La précision rend la durée solitaire concrète.

Interprétation. Une expérience cachée retrouve une place mesurable dans le récit.

Phrase de liaison. Que comprend Adèle des signes corporels qu’elle éprouve ?

Le corps méconnu : une hypothèse affolée

◆ Approfondissement

Phrase d’orientation. Après la rupture des eaux, Adèle imagine une autre maladie et doute même de la grossesse qu’elle subit.

Citation : « Peut-être bien qu’elle n’avait jamais été enceinte »

Texte intégral · paragraphe 14

Procédé principal : Modalisation dans « Peut-être bien qu’elle n’avait jamais été enceinte ».

Analyse. La locution « Peut-être bien » place l’énoncé sous une incertitude dont le récit restitue la formulation familière. Le plus-que-parfait négatif annule dans son hypothèse l’état passé d’être enceinte. Le lecteur a pourtant reçu des signes précis de l’accouchement, ce qui permet de mesurer l’écart entre événement et compréhension. La peur de se vider et la recherche du sang montrent une tentative d’interprétation à partir de sensations immédiates. Cette incertitude rend la solitude intellectuelle sensible en plus de la solitude physique. Elle ne permet pas de présenter Adèle comme incapable de tout geste utile : la suite décrit le lit préparé et les efforts poursuivis. Le passage donne accès à un moment de panique où les connaissances nécessaires lui manquent. La modalisation conserve cette pensée comme hypothèse vécue par le personnage et évite de la prendre pour un doute du narrateur sur la nature de la scène.

Effet sur le lecteur. L’écart entre savoir du récit et peur du personnage inquiète.

Interprétation. L’isolement comprend aussi un manque de savoir sur le corps.

Phrase de liaison. Quels moyens Adèle trouve-t-elle pour préparer la naissance ?

Le lit préparé : un objet détourné

★ Incontournable

Phrase d’orientation. Adèle utilise pour son lit une toile que sa maîtresse lui avait donnée pour un tout autre usage domestique.

Citation : « une vieille toile cirée ronde »

Texte intégral · paragraphe 14

Procédé principal : Adjectifs épithètes dans « une vieille toile cirée ronde ».

Analyse. Les adjectifs « vieille » et « ronde » décrivent l’objet avec sa forme et son état. Sa provenance est précisée par la relative qui rappelle le don de madame Josserand, et sa destination antérieure concerne la table de toilette. Le lecteur voit un matériel ordinaire détourné pour répondre à une urgence. Le lit d’accouchement se prépare avec ce qui existe dans la chambre, au prix d’un dernier effort avant de ne plus pouvoir marcher. La bougie proche de s’éteindre et l’inquiétude pour la saleté renforcent ce tableau de moyens limités. Le souci de la pièce domestique continue alors même que le corps subit une crise majeure. Le détail ne fonctionne pas seulement comme effet de réalité : sa place rend visible l’absence d’une organisation d’assistance autour de la naissance. Adèle accomplit une action pratique malgré sa peur. Le récit articule ainsi ignorance, effort et ressources pauvres sans réduire le personnage à la passivité.

Effet sur le lecteur. L’objet modeste fait sentir l’improvisation et l’effort.

Interprétation. La maternité s’organise avec les ressources résiduelles du service.

Transition. Le temps, l’incertitude et la toile cirée ont installé les conditions d’une naissance solitaire. Comment le récit rend-il maintenant la durée et la violence du travail ?

Mouvement II · L'effort et la naissance

Le travail prolongé : une durée éprouvée

★ Incontournable

Phrase d’orientation. Les douleurs et les efforts reçoivent une durée qui donne à lire la longueur de la lutte corporelle d’Adèle.

Citation : « pendant près d’une heure et demie »

Texte intégral · paragraphe 15

Procédé principal : Complément de durée dans « pendant près d’une heure et demie ».

Analyse. Le groupe introduit par « pendant » mesure l’intervalle du travail, et « près de » conserve une approximation à l’intérieur de cette mesure. La scène ne réduit pas l’accouchement au surgissement instantané d’un enfant. Le narrateur détaille les reprises, les tentatives de se lever, le tremblement et la sueur. Le passage d’une contraction intérieure à l’effort de tous les muscles donne une progression au récit du corps. Les formes à l’imparfait inscrivent plusieurs réactions dans une répétition, tandis que des épisodes délimités interrompent ce fond. Le lecteur doit maintenir cette durée au contact des gestes, car elle transforme leur violence en endurance solitaire. La mesure souligne aussi le silence auquel Adèle s’efforce de conformer sa plainte pendant tout ce temps. Aucune arrivée secourable ne vient structurer l’intervalle. Le complément de durée rend intelligible le coût prolongé d’un événement qui demeure caché dans les étages de la maison.

Effet sur le lecteur. La durée donne du poids à la répétition des efforts.

Interprétation. Le récit restitue l’endurance d’un corps privé d’assistance.

Phrase de liaison. Quelle comparaison donne à l’effort une force audible ?

La plainte étouffée : une force de travail

◆ Approfondissement

Phrase d’orientation. Le récit rapproche le son involontaire de l’effort d’Adèle de celui d’un travailleur qui frappe un arbre.

Citation : « du bûcheron qui fend un chêne »

Texte intégral · paragraphe 15

Procédé principal : Comparaison dans « du bûcheron qui fend un chêne ».

Analyse. Le comparant du bûcheron associe la plainte à un effort puissant et répété. Le chêne rend sensible une résistance à vaincre, tandis que le son « han ! » donne au rapprochement une dimension auditive. Adèle mord les draps pour étouffer ce bruit, ce qui oppose l’intensité corporelle au souci de ne pas être entendue. L’image emprunte à un travail extérieur et visible pour rendre compréhensible un travail de naissance caché. Elle ne confond pas les deux activités : le récit maintient les muscles, les reins, la sueur et la douleur propres à l’accouchement. La comparaison permet au lecteur d’éprouver une dépense de force sans ajouter une explication médicale absente du passage. Sa place à côté des draps serrés entre les dents conserve la contrainte du silence. Le personnage combat une résistance physique tout en retenant le signal qui pourrait révéler sa situation aux autres chambres.

Effet sur le lecteur. La comparaison donne une intensité sonore à l’effort.

Interprétation. La naissance est rendue comme travail puissant maintenu dans le secret.

Phrase de liaison. Comment le récit distingue-t-il violence ressentie et déroulement de la naissance ?

La naissance nommée : un savoir que la mère n’a pas

★ Incontournable

Phrase d’orientation. Une notation clinique indique le déroulement de l’accouchement au milieu des sensations de rupture éprouvées par Adèle.

Citation : « une présentation franche du crâne »

Texte intégral · paragraphe 17

Procédé principal : Lexique technique dans « une présentation franche du crâne ».

Analyse. Le groupe « présentation franche du crâne » appartient à une description du processus de naissance, avec le jugement de couches « superbes » qui le précède. Le lecteur reçoit ici une appréciation informée que la peur du personnage ne possède pas. La phrase vient entre les gestes de cramponnement et les douleurs extrêmes, ce qui conserve deux plans d’observation : la naissance suit une présentation favorable, et la mère en vit une violence terrifiante. Cette coexistence empêche de prendre toute image de rupture pour le diagnostic d’une anomalie. Le récit poursuit les mouvements de la tête et l’élasticité des tissus, puis revient à l’impression que tout se casse. Le lexique technique n’efface pas cette expérience intérieure ; il lui donne un cadre dans lequel mesurer l’écart de savoir. Le passage rend la solitude plus sensible parce qu’aucune voix compétente n’est présente auprès d’Adèle pour nommer ce qui se produit.

Effet sur le lecteur. Le savoir du récit accentue l’isolement du personnage.

Interprétation. Un déroulement favorable peut rester une expérience de détresse solitaire.

Transition. Le récit a mesuré l’endurance et confronté la peur à une description précise de la naissance. Que produit le cri quand il atteint enfin les chambres voisines ?

Mouvement III · Le cri entendu, le silence retrouvé et l'épuisement

La voix libérée : une intensité partagée

★ Incontournable

Phrase d’orientation. Après l’expulsion, Adèle pousse un cri que le narrateur rattache à une expérience maternelle plus large.

Citation : « le cri furieux et triomphant des mères »

Texte intégral · paragraphe 18

Procédé principal : Adjectifs coordonnés dans « le cri furieux et triomphant des mères ».

Analyse. Les adjectifs « furieux » et « triomphant » unissent deux valeurs, l’une de violence et l’autre de victoire. La coordination les conserve ensemble dans le même cri, après la plainte jusque-là étouffée. Le complément « des mères » ouvre l’expérience d’Adèle vers une condition partagée, sans lui retirer sa situation singulière. Le son atteint immédiatement les chambres voisines et y provoque des mouvements et des paroles. La puissance de ce cri rompt ainsi le secret sonore, mais les réponses ne reconnaissent pas une naissance. Le lecteur voit un signal de maternité reçu sous d’autres scénarios par des personnes encore prises dans leur sommeil. Cette divergence rend la voix à la fois intense et sans secours. L’analyse des adjectifs permet de conserver la réussite corporelle de l’accouchement au contact de la peur sociale qui continue. Le cri ne suffit pas à transformer l’entourage en communauté d’assistance.

Effet sur le lecteur. La force du cri ouvre brièvement une expérience collective.

Interprétation. La maternité reconnue par le récit reste méconnue par l’entourage.

Phrase de liaison. Quel accueil les voix voisines réservent-elles à ce signal ?

Les voisines rendormies : un secours absent

◆ Approfondissement

Phrase d’orientation. Adèle écoute les chambres voisines après avoir étouffé de nouveau sa voix et recouvert l’enfant qui fait du bruit.

Citation : « elle entendit Julie ronfler de nouveau »

Texte intégral · paragraphe 18

Procédé principal : Lexique auditif dans « elle entendit Julie ronfler de nouveau ».

Analyse. « Entendit » place l’écoute du personnage au centre du constat. Le ronflement de Julie signale une reprise du sommeil, accentuée par « de nouveau ». Lisa est elle aussi rendormie, ce qui referme les deux réactions voisines évoquées dans le passage. Le lecteur a entendu leurs répliques, interprétant le cri comme meurtre, contrainte ou rêve, puis voit qu’aucun déplacement vers la chambre d’Adèle n’a suivi. Le retour des bruits de sommeil fait connaître une absence d’assistance par des signes positifs et ordinaires. Le récit ne raconte pas une décision collective explicitement prise en connaissance de la naissance. Il montre une méconnaissance et un retrait qui laissent la mère seule avec l’enfant. Adèle garde les draps entre les dents et la couverture en tas, ce qui rend sa vigilance immédiate sensible. Le calme retrouvé de la maison est ainsi obtenu tandis qu’une expérience majeure reste sans reconnaissance.

Effet sur le lecteur. Les bruits ordinaires donnent à l’abandon une présence sensible.

Interprétation. Le repos de l’entourage referme la naissance dans l’isolement.

Phrase de liaison. Quelle forme de repos reste accessible à Adèle ?

Le repos extrême : une existence suspendue

★ Incontournable

Phrase d’orientation. Le soulagement final est décrit comme une douceur immense, mais il va jusqu’au désir de ne plus éprouver son existence.

Citation : « elle jouissait de ne plus être »

Texte intégral · paragraphe 18

Procédé principal : Infinitif négatif dans « elle jouissait de ne plus être ».

Analyse. Le groupe « de ne plus être » complète « jouissait » et donne au repos un objet radical. « Ne plus » indique l’interruption d’un état, ici formulé par le verbe le plus général de l’existence. La phrase précédente rapprochait Adèle d’une morte, ce qui prépare cette suspension sans raconter sa mort réelle. Le passage limite le soulagement à un quart d’heure et le place après la douleur, la peur et l’absence de secours. Le lecteur peut sentir une délivrance corporelle véritable tout en conservant sa fragilité. La joie n’est pas décrite comme une installation heureuse dans la maternité, mais comme le calme d’une expérience momentanément retirée. L’analyse doit garder cette mesure locale : le texte ne garantit aucune sécurité pour l’enfant ni pour la mère après ce repos. La clôture fait sentir la dépense de force par l’extrême forme d’absence qu’Adèle goûte comme douceur.

Effet sur le lecteur. La douceur du repos garde une nuance de disparition.

Interprétation. Le soulagement révèle l’épuisement sans résoudre l’isolement.

Vers la conclusion. Comment cette naissance cachée révèle-t-elle ce que la maison laisse sans assistance ?

Conclusion rédigée Sortie

La précision des étapes de l’accouchement rencontre les erreurs et les peurs d’Adèle. Les objets domestiques servent de moyens improvisés, et la douleur est rendue par des gestes et des images de force. Le cri final atteint les chambres voisines, mais n’obtient aucune assistance : le retour au sommeil referme la scène sur un repos qui ressemble à l’absence d’existence. Le parcours « Dévoiler les rouages de la société » prend ici une forme précise : les paroles et les gestes permettent de suivre les rapports entre les personnes au contact de leur place dans la maison. Le procès raconté plus loin, C18 P077–P082, porte sur une autre femme et un autre événement. Les deux passages rapprochent une expérience de maternité isolée et le jugement social qui prétend suffire à l’expliquer, sans confondre Adèle avec l’accusée.

Mémo : reconstruire la lecture Retenir
  1. Auteur : Émile Zola.
  2. Œuvre : Pot-Bouille, première publication 1882 ; témoin Charpentier 1883.
  3. Extrait : Chapitre 18 · paragraphes 14 à 18.
  4. Objet d’étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle.
  5. Parcours : Dévoiler les rouages de la société.
  6. Situation : À la fin du roman, Adèle accouche seule dans sa chambre de domestique, avant le jour. Elle ignore une partie de ce qui lui arrive, prépare le lit avec les objets disponibles et tente d’étouffer ses cris. Les voisines entendent un cri sans venir auprès d’elle.
  7. Problématique : Comment le récit de l’accouchement d’Adèle rend-il visible une maternité solitaire dans une maison qui se rendort ?
  8. Mouvements : La peur et les préparatifs improvisés ; L'effort et la naissance ; Le cri entendu, le silence retrouvé et l'épuisement.
  9. Citations essentielles : I.a « Quatre heures venaient de sonner » ; I.c « une vieille toile cirée ronde » ; II.a « pendant près d’une heure et demie » ; II.c « une présentation franche du crâne » ; III.a « le cri furieux et triomphant des mères » ; III.c « elle jouissait de ne plus être »
  10. Procédés principaux : I.a Périphrase aspectuelle ; I.c Adjectifs épithètes ; II.a Complément de durée ; II.c Lexique technique ; III.a Adjectifs coordonnés ; III.c Infinitif négatif
  11. Effets : I.a La précision rend la durée solitaire concrète. ; I.c L’objet modeste fait sentir l’improvisation et l’effort. ; II.a La durée donne du poids à la répétition des efforts. ; II.c Le savoir du récit accentue l’isolement du personnage. ; III.a La force du cri ouvre brièvement une expérience collective. ; III.c La douceur du repos garde une nuance de disparition.
  12. Interprétations : I.a Une expérience cachée retrouve une place mesurable dans le récit. ; I.c La maternité s’organise avec les ressources résiduelles du service. ; II.a Le récit restitue l’endurance d’un corps privé d’assistance. ; II.c Un déroulement favorable peut rester une expérience de détresse solitaire. ; III.a La maternité reconnue par le récit reste méconnue par l’entourage. ; III.c Le soulagement révèle l’épuisement sans résoudre l’isolement.
  13. Conclusion : La précision des étapes de l’accouchement rencontre les erreurs et les peurs d’Adèle. Les objets domestiques servent de moyens improvisés, et la douleur est rendue par des gestes et des images de force. Le cri final atteint les chambres voisines, mais n’obtient aucune assistance : le retour au sommeil referme la scène sur un repos qui ressemble à l’absence d’existence.
  14. Ouverture : Le procès raconté plus loin, C18 P077–P082, porte sur une autre femme et un autre événement. Les deux passages rapprochent une expérience de maternité isolée et le jugement social qui prétend suffire à l’expliquer, sans confondre Adèle avec l’accusée.

Une parole courte à déployer

Une expérience cachée retrouve une place mesurable dans le récit. La maternité s’organise avec les ressources résiduelles du service. Le récit restitue l’endurance d’un corps privé d’assistance. Un déroulement favorable peut rester une expérience de détresse solitaire. La maternité reconnue par le récit reste méconnue par l’entourage. Le soulagement révèle l’épuisement sans résoudre l’isolement.

Ce noyau est un aide-mémoire. La durée du développement doit être éprouvée à voix haute ; le dossier complet ne mesure pas à lui seul une prestation orale.

Tableau de révision des procédés Réviser
Procédé désignéAnalyse dans le texteEffet sur le lecteurInterprétation
Périphrase aspectuelle (« Quatre heures venaient de sonner ») · prise I.aLe nombre « Quatre » fournit une mesure de l’heure, et « venaient de sonner » situe le repère juste avant la douleur soudaine. La construction avec « lorsque » fait ensuite entrer l’événement corporel dans cette continuité temporelle.La précision rend la durée solitaire concrète.Une expérience cachée retrouve une place mesurable dans le récit.
Modalisation (« Peut-être bien qu’elle n’avait jamais été enceinte ») · prise I.bLa locution « Peut-être bien » place l’énoncé sous une incertitude dont le récit restitue la formulation familière. Le plus-que-parfait négatif annule dans son hypothèse l’état passé d’être enceinte.L’écart entre savoir du récit et peur du personnage inquiète.L’isolement comprend aussi un manque de savoir sur le corps.
Adjectifs épithètes (« une vieille toile cirée ronde ») · prise I.cLes adjectifs « vieille » et « ronde » décrivent l’objet avec sa forme et son état. Sa provenance est précisée par la relative qui rappelle le don de madame Josserand, et sa destination antérieure concerne la table de toilette.L’objet modeste fait sentir l’improvisation et l’effort.La maternité s’organise avec les ressources résiduelles du service.
Complément de durée (« pendant près d’une heure et demie ») · prise II.aLe groupe introduit par « pendant » mesure l’intervalle du travail, et « près de » conserve une approximation à l’intérieur de cette mesure. La scène ne réduit pas l’accouchement au surgissement instantané d’un enfant.La durée donne du poids à la répétition des efforts.Le récit restitue l’endurance d’un corps privé d’assistance.
Comparaison (« du bûcheron qui fend un chêne ») · prise II.bLe comparant du bûcheron associe la plainte à un effort puissant et répété. Le chêne rend sensible une résistance à vaincre, tandis que le son « han !La comparaison donne une intensité sonore à l’effort.La naissance est rendue comme travail puissant maintenu dans le secret.
Lexique technique (« une présentation franche du crâne ») · prise II.cLe groupe « présentation franche du crâne » appartient à une description du processus de naissance, avec le jugement de couches « superbes » qui le précède. Le lecteur reçoit ici une appréciation informée que la peur du personnage ne possède pas.Le savoir du récit accentue l’isolement du personnage.Un déroulement favorable peut rester une expérience de détresse solitaire.
Adjectifs coordonnés (« le cri furieux et triomphant des mères ») · prise III.aLes adjectifs « furieux » et « triomphant » unissent deux valeurs, l’une de violence et l’autre de victoire. La coordination les conserve ensemble dans le même cri, après la plainte jusque-là étouffée.La force du cri ouvre brièvement une expérience collective.La maternité reconnue par le récit reste méconnue par l’entourage.
Lexique auditif (« elle entendit Julie ronfler de nouveau ») · prise III.b« Entendit » place l’écoute du personnage au centre du constat. Le ronflement de Julie signale une reprise du sommeil, accentuée par « de nouveau ».Les bruits ordinaires donnent à l’abandon une présence sensible.Le repos de l’entourage referme la naissance dans l’isolement.
Infinitif négatif (« elle jouissait de ne plus être ») · prise III.cLe groupe « de ne plus être » complète « jouissait » et donne au repos un objet radical. « Ne plus » indique l’interruption d’un état, ici formulé par le verbe le plus général de l’existence.La douceur du repos garde une nuance de disparition.Le soulagement révèle l’épuisement sans résoudre l’isolement.

Hiérarchie pour la révision

Six procédés prioritaires : I.a Périphrase aspectuelle ; I.c Adjectifs épithètes ; II.a Complément de durée ; II.c Lexique technique ; III.a Adjectifs coordonnés ; III.c Infinitif négatif. Les trois prises ◆ approfondissent le chemin après maîtrise de ces repères.

Double couverture : prises et mémo Couvrir
Repère incontournablePreuve dans le dossierReprise dans le mémo
I.a La douleur située : une précision temporellePrise I.a ; source exacteRubriques 9–12, repère 1
I.c Le lit préparé : un objet détournéPrise I.c ; source exacteRubriques 9–12, repère 2
II.a Le travail prolongé : une durée éprouvéePrise II.a ; source exacteRubriques 9–12, repère 3
II.c La naissance nommée : un savoir que la mère n’a pasPrise II.c ; source exacteRubriques 9–12, repère 4
III.a La voix libérée : une intensité partagéePrise III.a ; source exacteRubriques 9–12, repère 5
III.c Le repos extrême : une existence suspenduePrise III.c ; source exacteRubriques 9–12, repère 6
Erreurs rédhibitoires propres au passage Éviter

A. Erreurs de fond

Erreur à éviterPourquoi c’est une erreurFormulation correcte
Adèle est aidée par les autres bonnes.Le texte la montre seule et raconte le rendormissement des voisines.Les bruits voisins n’entraînent pas une assistance.
Le narrateur ignore lui aussi ce qui lui arrive.Il nomme le travail d’expulsion et la présentation du crâne.Distinguer précision du récit et incertitudes du personnage.
Le récit décrit une naissance anormalement compliquée.Il qualifie les couches de superbes et la présentation de franche.La violence vécue demeure malgré cette appréciation clinique.
Le repos final résout toute la situation d’Adèle.La dernière image la rapproche d’une morte ; aucune sécurité future n’est garantie.Le soulagement est ponctuel et conserve la détresse de la scène.

B. Erreurs de méthode à l’oral

Erreur de méthodeCorrection attendue
Réciter les faits sans examiner « Quatre heures venaient de sonner ».Nommer repère temporel et expliquer Le nombre « Quatre » fournit une mesure de l’heure, et « venaient de sonner » situe le repère juste avant la douleur soudaine.
Sauter l’étape « L'effort et la naissance ».Rétablir ses trois preuves dans leur ordre, puis le bilan avant la question qui mène au troisième mouvement.
Confondre effet et interprétation dans III.a.Effet : La force du cri ouvre brièvement une expérience collective. Interprétation : La maternité reconnue par le récit reste méconnue par l’entourage.
Développer une opinion sur la société sans revenir à la dernière preuve.Repartir de « elle jouissait de ne plus être » et de son infinitif négatif.

C. Formulations à éviter

Formulation maladroiteFormulation précise
« La douleur située, c’est intéressant. »Une expérience cachée retrouve une place mesurable dans le récit.
« Le travail prolongé, c’est intéressant. »Le récit restitue l’endurance d’un corps privé d’assistance.
« La voix libérée, c’est intéressant. »La maternité reconnue par le récit reste méconnue par l’entourage.
« Le repos extrême, c’est intéressant. »Le soulagement révèle l’épuisement sans résoudre l’isolement.

D. Erreurs d’identification des procédés

Erreur de procédéPourquoi c’est une erreurCorrection attendue
« Une expérience cachée retrouve une place mesurable dans le récit. » comme nom du procédé.Cette phrase donne une portée, sans identifier le mécanisme de la citation.Retenir repère temporel dans « Quatre heures venaient de sonner », puis développer l’analyse.
« Le récit restitue l’endurance d’un corps privé d’assistance. » comme nom du procédé.Cette phrase donne une portée, sans identifier le mécanisme de la citation.Retenir complément de durée dans « pendant près d’une heure et demie », puis développer l’analyse.
« La maternité reconnue par le récit reste méconnue par l’entourage. » comme nom du procédé.Cette phrase donne une portée, sans identifier le mécanisme de la citation.Retenir adjectifs coordonnés dans « le cri furieux et triomphant des mères », puis développer l’analyse.
« Le soulagement révèle l’épuisement sans résoudre l’isolement. » comme nom du procédé.Cette phrase donne une portée, sans identifier le mécanisme de la citation.Retenir infinitif négatif dans « elle jouissait de ne plus être », puis développer l’analyse.
Trois questions de grammaire, version formelle Syntaxe

G1. Relations au sein de la phrase

Phrase étudiée :

La chambre salie l’inquiétait, la bougie allait s’éteindre.

Question : Quelle relation relie les deux propositions ?

Leçon de grammaire : ② · Relations au sein de la phrase

Nature de la phrase : Phrase complexe, déclarative et affirmative ; deux propositions juxtaposées.

Analyse grammaticale : La virgule juxtapose deux propositions sans conjonction. La première a pour sujet « La chambre salie », pour verbe « inquiétait » et pour complément d’objet direct « l’ », reprenant Adèle. La seconde a pour sujet « la bougie » ; le groupe « allait s’éteindre » associe l’imparfait d’« aller » à un infinitif pour exprimer une imminence dans le passé. « Salie » est participe passé adjectival épithète de « chambre » et ne crée pas une troisième proposition. Les deux propositions gardent chacune leur propre sujet.

Justification du rattachement à la leçon : La leçon porte ici sur la juxtaposition et sur le décompte des propositions.

G2. Subordonnées conjonctives circonstancielles

Phrase étudiée :

Quand l’effort était donné, elle balbutiait, comme si elle eût parlé à quelqu’un :

Question : Quelle est la construction de la subordonnée introduite par « Quand » ?

Leçon de grammaire : ④ · Subordonnées conjonctives circonstancielles

Nature de la phrase : Phrase complexe, déclarative et affirmative, avec deux subordonnées circonstancielles.

Analyse grammaticale : « Quand l’effort était donné » est une circonstancielle de temps. « L’effort » est son sujet ; « était donné » est une forme passive avec l’auxiliaire à l’imparfait. La principale a pour sujet « elle » et pour verbe « balbutiait ». Une autre circonstancielle, « comme si elle eût parlé à quelqu’un », donne une comparaison hypothétique. « Eût parlé » est une forme composée du plus-que-parfait du subjonctif, dans cette tournure littéraire. « À quelqu’un » complète indirectement « parlé ». La première subordonnée situe le moment récurrent du balbutiement.

Justification du rattachement à la leçon : Il faut identifier la subordination temporelle et la distinguer de la comparaison hypothétique.

G3. Formes et emplois de la négation

Phrase étudiée :

elle jouissait de ne plus être.

Question : Où se place la négation devant un infinitif ?

Leçon de grammaire : ⑥ · Formes et emplois de la négation

Nature de la phrase : Une proposition déclarative dont le verbe conjugué est affirmatif ; le groupe infinitif est négatif.

Analyse grammaticale : Le sujet est « elle », le verbe « jouissait » est à l’imparfait. Le groupe prépositionnel « de ne plus être » est complément indirect de ce verbe. Les deux marques « ne » et « plus » sont placées avant l’infinitif « être », conformément à la construction négative de l’infinitif. « Plus » ajoute une valeur de cessation. La négation porte sur « être » et ne nie pas « jouissait ». Le groupe n’a pas de sujet propre exprimé et ne constitue pas une proposition indépendante.

Justification du rattachement à la leçon : La négation infinitive exige d’identifier position, portée et valeur de cessation.

Ce que fixe le programme national

1. Ce que le texte officiel dit

Émile Zola, Pot-Bouille / parcours : dévoiler les rouages de la société.

Programme national d’œuvres pour l’enseignement de français pour l’année scolaire 2026-2027, Bulletin officiel n° 30 du 24 juillet 2025, note de service du 4 juillet 2025, NOR : MENE2518792N. Lire le texte officiel complet. Vérifié le 2026-08-15.

2. Ce qu’il ne dit pas

Le texte inscrit l’œuvre et son parcours au programme ; il ne fournit ni découpage du passage, ni problématique, ni interprétation.

3. Ce que cette page ajoute, et pourquoi

Le découpage du passage, la problématique, les neuf analyses, les supports de révision et les exercices de grammaire sont des propositions pédagogiques fondées sur le passage. Ils ne sont pas prescrits par le programme national.