Le bac par Patrick

Émile Zola · Thérèse Raquin · Explication 5/10

Explication 5 · La veuve, la boutique et le retour du jeudi

Question de lecture. Comment le deuil est-il remis en circulation dans les gestes quotidiens ?

13 étapes parlées9 prises9 tiroirs

L’explication à côté de toi

Le fil parlé

Treize étapes pour comprendre, dire et retenir avant d’ouvrir le dossier de l’épreuve.

Étape 01

Tu n’y comprends rien ? C’est normal

Après un meurtre, on attend une scène de remords ou de terreur. Ce qu'on lit est très différent : une vieille femme pleure, on rouvre la boutique le lendemain, les invités reviennent le jeudi. On peut trouver cela plat.

Ce n'est pas toi le problème : Zola écrit exprès la reprise plutôt que le drame. Ce qui l'intéresse, c'est la vitesse à laquelle une maison se remet en marche, et le moment où le chagrin devient encombrant pour les autres. Regarde le calendrier plutôt que les larmes, et la page devient très dure.

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Étape 02

D’abord, de quoi ça parle ?

Qui parle ? Le narrateur, qui observe les gestes sans jamais dire ce qu'on ressent.

De quoi ça parle ? Camille est mort. Sa mère s'effondre. Thérèse la soigne, l'aide à se lever, à manger. Dès le lendemain, on rouvre le commerce. Laurent repasse de temps en temps. Puis un jeudi, les habitués reviennent, et l'on remonte à la salle à manger.

Que veut faire comprendre l'auteur ? Que le deuil a un délai, et que ce délai est fixé par les autres.

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Étape 03

Où on se trouve dans le livre

On est juste après la noyade. Le corps a été cherché, reconnu, enterré ; la maison reste.

Ce qu'il faut savoir : la boutique du passage est le gagne-pain de madame Raquin. Rouvrir n'est pas un choix moral, c'est une nécessité. Zola ne le dit pas en toutes lettres — il le montre par une date : « dès le lendemain ».

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Étape 04

Ton introduction : comment tu ouvres

Ton introduction peut tenir en six phrases, dans cet ordre.

  • Situe l'auteur : Zola, XIXᵉ siècle, chef de file du naturalisme.
  • Nomme l'œuvre et sa date, 1867, et son projet.
  • Dis où l'on en est : le mari vient d'être noyé, et la vie de la maison reprend.
  • Annonce ton parcours en trois arrêts : d'abord deux femmes et deux façons de pleurer, ensuite le commerce qui rouvre pendant qu'une attente se cache, enfin le rituel qui revient.
  • Pose ta question. Celle-ci fonctionne : comment le deuil se remet-il en circulation dans les gestes de tous les jours.
  • Referme en annonçant que tu suivras l'ordre du texte.
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Étape 05

Premier moment : Deux corps, deux régimes de larmes

La première image du passage est trouble, et il faut la lire lentement : « ses larmes séchaient sur la peau brûlante » de l'autre. Deux corps, deux chagrins, et on ne sait plus lequel appartient à qui.

Zola ne tranche jamais : soin sincère ou rôle tenu, la phrase autorise les deux, et c'est exactement la vérité de Thérèse. Puis viennent les gestes ordinaires — se lever, essayer de manger. La vie reprend par les plus petits actes possibles, et c'est celle qui a laissé tuer qui les organise.

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Étape 06

Deuxième moment : Rouvrir pour survivre et attendre

Le deuxième moment tient dans une date : « dès le lendemain, elle voulut qu'on ouvrît la boutique ». Le commerce ne s'interrompt pas, même d'un jour.

Et pendant ce temps, une phrase de quatre mots dit tout de Thérèse : « à côté d'elle, Thérèse songeait et attendait ». Deux verbes juxtaposés, sans complément. Elle est là, elle sert, et elle attend autre chose. Souviens-toi qu'elle avait exactement cette double vie aux soirées du jeudi : Zola reprend le même dispositif, mais le deuil a remplacé la liaison.

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Étape 07

Troisième moment : Réinstaller le jeudi

Le troisième moment ramène le rituel : « un jeudi soir », les habitués reviennent, et « on monta dans la salle à manger ». Personne n'est nommé — c'est le lieu qui reprend sa marche, et les gens suivent comme ils peuvent.

Puis vient la phrase la plus dure de la page : « ce désespoir glaça et ennuya la société ». Deux verbes, dans cet ordre. On est d'abord saisi, puis on s'ennuie. La douleur d'une mère a une durée admise, et quand elle la dépasse, elle devient une faute de convenance. C'est là qu'il faut appuyer à l'oral.

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Étape 08

Alors, qu’est-ce que ça raconte vraiment ?

En une phrase : un commerce rouvre le lendemain d'un enterrement, et le chagrin qui dure trop devient impoli.

Ce que la page établit, c'est que le groupe a des délais et qu'il les impose sans les dire. Personne ne reproche rien à madame Raquin ; on s'ennuie, simplement, et cela suffit. Si on te demande où est la violence dans cette page, elle est là : dans le second verbe.

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Étape 09

Ton ouverture : la porte qui s’ouvre

Pour ouvrir, tu peux dire ceci : ce sont ces mêmes soirées, ces mêmes dominos et ces mêmes invités qui décideront bientôt du remariage de Thérèse avec Laurent. Le rituel qui absorbe le deuil servira ensuite à fabriquer le nouveau ménage.

Une seconde ouverture : madame Raquin, qu'on trouve ici encombrante, deviendra plus tard une paralytique qui sait tout et ne peut rien dire. Le roman lui retirera la parole après lui avoir retiré le droit de pleurer.

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Étape 10

Tu vois ? Tu sais le comprendre et le dire

Reprends : les larmes mêlées, les conseils, le repas accepté ; puis la boutique rouverte, l'attente cachée, les visites irrégulières ; enfin le jeudi, l'escalier, le désespoir qui ennuie. Trois temps.

Tu sais nommer ce que tu vois : une image qui refuse de trancher, une date qui fait argument, deux verbes juxtaposés, un sujet impersonnel, deux verbes de refroidissement. Cinq choses, cinq citations.

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Étape 11

Et les petites questions de grammaire

Trois constructions à savoir sur ce passage.

« Quand elle vit madame Raquin plus calme, elle s'agita autour d'elle » — la subordonnée en « quand » ne donne pas seulement un moment : elle donne une condition. Thérèse attend un signe pour agir, et c'est une observatrice attentive.

« Thérèse songeait et attendait » — deux verbes côte à côte, même sujet, aucun complément. Cette nudité est le procédé : on ne saura pas à quoi elle songe ni ce qu'elle attend.

« ce désespoir glaça et ennuya la société » — remarque qui fait l'action : ce n'est personne, c'est un sentiment. Et les deux actions se suivent dans un ordre qu'on ne peut pas intervertir : on est saisi, puis on se lasse. Inverse-les, et la phrase perd sa cruauté.

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Étape 12

Ce soir, tu peux fermer le cahier

Ce soir, tu peux fermer le cahier. Tu as compris que la maison redémarre plus vite que les gens, et que le chagrin a un délai social. C'est l'essentiel.

Si tu veux garder une seule image en t'endormant, garde celle-ci : une boutique qui rouvre le lendemain d'un enterrement. Rien d'autre n'est nécessaire.

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Étape 13

Terre ferme : tu peux t’arrêter là

Terre ferme : tu peux t'arrêter là. Le dossier de l'épreuve t'attend quand tu voudras, avec ses neuf tiroirs. Ce soir, tu en sais assez pour en parler, et c'était le but.

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Fin de l’explication accompagnée

La voix change

La voix qui t’accompagnait s’efface : finie la lettre, place au dossier de travail.

Je m’arrête iciJ’ouvre le dossier

Le dossier de l’épreuve

La même explication, classée pour la révision

Neuf tiroirs : comprendre, préparer l’oral, contrôler les preuves.

01Le texte, dit simplementLe raisonnement sans jargon.

Idée générale. Dans ce passage, la vie ordinaire reprend après la mort de Camille — la boutique rouvre, le jeudi revient, et le chagrin finit par ennuyer.

Situation simple. Madame Raquin pleure. Thérèse la soigne. Dès le lendemain, on rouvre la boutique. Laurent revient de temps en temps. Puis un jeudi, tout le monde se retrouve.

Mouvement I. Dans ce mouvement, Thérèse pleure et ses larmes sèchent sur la peau de l'autre. Elle s'agite autour d'elle et lui donne des conseils. Le soir, la vieille dame consent à se lever, à essayer de manger. L'idée importante est que le soin et le rôle se confondent.

Mouvement II. Dans ce mouvement, dès le lendemain, on veut ouvrir la boutique. À côté d'elle, Thérèse songe et attend. Et Laurent revient tous les deux ou trois jours. L'idée importante est que le commerce reprend avant les gens.

Mouvement III. Dans ce mouvement, un jeudi soir, les habitués reviennent. On monte dans la salle à manger. Et ce désespoir glace, puis ennuie la société. L'idée importante est que le chagrin a un délai.

Pour finir. La leçon du passage est qu'une maison se remet en ordre plus vite que ceux qui l'habitent.

02L’introduction rédigéeSix étapes, une question directrice.

Étape 1 : Émile Zola est un romancier du XIXᵉ siècle, chef de file du naturalisme.

Étape 2 : Thérèse Raquin, paru en 1867, étudie des tempéraments pris dans un milieu.

Étape 3 : L'extrait suit la mort de Camille : le deuil de madame Raquin, la réouverture de la boutique et le retour des jeudis.

Étape 4 : Le passage s'organise en trois temps — deux régimes de larmes, la reprise commerciale, la réinstallation du rituel.

Étape 5 : On se demandera comment le deuil est remis en circulation dans les gestes quotidiens.

Étape 6 : On suivra d'abord le soin ambigu, puis l'attente, enfin le jugement social.

03L’explication linéaireTrois mouvements, neuf prises de lecture.

I. Deux corps, deux régimes de larmes

Les larmes de Thérèse sèchent sur la peau brûlante de la veuve dont les yeux restent secs. Le contact rapproche les femmes sans rendre leur douleur équivalente.

★ I.a. Des larmes qui sèchent sur une autre peau

« Elle pleurait, et ses larmes séchaient sur la peau brûlante de la veuve, qui cachait ses yeux secs dans les plis du drap. » chapitre 14, paragraphe 8

Image de contact brouillant les rôles. Les larmes qui sèchent sur une autre peau brouillent la frontière entre soin et mise en scène.

◆ I.b. Elle s'agita autour d'elle

« Quand elle vit madame Raquin plus calme, elle s’agita autour d’elle, elle lui conseilla de se lever, de descendre à la boutique. » chapitre 14, paragraphe 9

Série de conseils. La série de conseils fait de Thérèse l’opératrice du retour au rez-de-chaussée.

◆ I.c. Se lever, essayer de manger

« Le soir, elle consentit à se lever, à essayer de manger. » chapitre 14, paragraphe 10

Infinitifs de reprise. Le repas accepté mesure une reprise fragile du cycle quotidien.

II. Rouvrir pour survivre et attendre

Conseiller, lever, descendre, manger, ouvrir : les infinitifs et verbes d’action remettent en marche la maison. Thérèse accompagne ce mouvement en songeant à Laurent.

★ II.a. Dès le lendemain, ouvrir la boutique

« Dès le lendemain, elle voulut cependant qu’on ouvrît la boutique. » chapitre 14, paragraphe 11

Complément de temps et volonté. L’ouverture dès le lendemain soumet le deuil à la continuité du commerce.

★ II.b. Thérèse songeait et attendait

« À côté d’elle, Thérèse songeait et attendait. » chapitre 14, paragraphe 12

Deux verbes juxtaposés. Les deux verbes brefs séparent l’attente intérieure de l’agitation visible.

★ II.c. Tous les deux ou trois jours

« Laurent revint parfois, le soir, tous les deux ou trois jours. » chapitre 15, paragraphe 1

Fréquence indéterminée. La fréquence vague des visites maintient Laurent près de la maison sans rétablir l’ancien rythme.

III. Réinstaller le jeudi

Les visites de Laurent puis l’entrée de Michaud et Grivet recomposent la salle à manger. Le dernier jugement froid révèle la limite de la compassion bourgeoise.

★ III.a. Un jeudi soir

« Un jeudi soir, Laurent se trouvait là, lorsque le vieux Michaud et Grivet entrèrent. » chapitre 15, paragraphe 2

Retour du repère hebdomadaire. L’entrée du jeudi fait revenir ensemble les témoins et la périodicité d’avant le meurtre.

◆ III.b. On monta dans la salle à manger

« On monta dans la salle à manger. » chapitre 15, paragraphe 3

Phrase impersonnelle de déplacement. Monter à la salle à manger restaure le cadre spatial du rituel.

★ III.c. Ce désespoir glaça et ennuya

« Ce désespoir glaça et ennuya la société. » chapitre 15, paragraphe 4

Verbes de refroidissement social. Le désespoir devient un froid collectif puis un ennui : la société juge sa durée.

04La conclusion rédigéeRépondre, puis prolonger dans l’œuvre.

1. Récapitulation. Le passage montre une machine sociale qui se remet en marche. Elle commence par une image qui refuse de trancher : des larmes qui sèchent sur la peau d'une autre — soin ou mise en scène, le texte laisse les deux. Thérèse devient l'opératrice du retour, et la reprise se mesure aux plus petits actes : se lever, essayer de manger. La boutique rouvre ensuite « dès le lendemain », soumettant le deuil à la continuité du commerce, tandis que « songeait et attendait » sépare l'attente intérieure de l'agitation visible. Le troisième temps ramène le jeudi, les témoins et l'escalier ; puis la société prononce son verdict sur la durée d'un chagrin : il « glaça » d'abord, il « ennuya » ensuite.

2. Ouverture. Ce rituel réinstallé fournira le cadre où le second mariage sera décidé, par ceux-là mêmes qui jouent aux dominos. Le parcours « anatomie des passions » désigne ici une anatomie sociale : le groupe a des délais, et il les impose.

05Le mémo de l’oralLes appuis indispensables et les prolongements possibles.

Auteur : Émile Zola.

Œuvre : Thérèse Raquin, 1867.

Extrait : « La veuve, la boutique et le retour du jeudi », après la mort de Camille.

Objet d'étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIᵉ siècle.

Parcours : Anatomie des passions.

Situation : Madame Raquin est effondrée ; Thérèse la soigne, la boutique rouvre, et les soirées du jeudi reprennent.

Problématique : Comment le deuil est-il remis en circulation dans les gestes quotidiens ?

Plan : Deux corps, deux régimes de larmes ; rouvrir pour survivre et attendre ; réinstaller le jeudi.

Citations, procédés et interprétations essentiels : ★ indique les appuis à ne pas omettre ; ◆ propose les prolongements à choisir selon le temps disponible.

★ I.a : « Elle pleurait, et ses larmes séchaient sur la peau brûlante de la… ». Image de contact brouillant les rôles. Les larmes qui sèchent sur une autre peau brouillent la frontière entre soin et mise en scène.

◆ I.b : « Quand elle vit madame Raquin plus calme, elle s’agita autour… ». Série de conseils. La série de conseils fait de Thérèse l’opératrice du retour au rez-de-chaussée.

◆ I.c : « Le soir, elle consentit à se lever, à essayer de manger. ». Infinitifs de reprise. Le repas accepté mesure une reprise fragile du cycle quotidien.

★ II.a : « Dès le lendemain, elle voulut cependant qu’on ouvrît la boutique. ». Complément de temps et volonté. L’ouverture dès le lendemain soumet le deuil à la continuité du commerce.

★ II.b : « À côté d’elle, Thérèse songeait et attendait. ». Deux verbes juxtaposés. Les deux verbes brefs séparent l’attente intérieure de l’agitation visible.

★ II.c : « Laurent revint parfois, le soir, tous les deux ou trois jours. ». Fréquence indéterminée. La fréquence vague des visites maintient Laurent près de la maison sans rétablir l’ancien rythme.

★ III.a : « Un jeudi soir, Laurent se trouvait là, lorsque le vieux Michaud et… ». Retour du repère hebdomadaire. L’entrée du jeudi fait revenir ensemble les témoins et la périodicité d’avant le meurtre.

◆ III.b : « On monta dans la salle à manger. ». Phrase impersonnelle de déplacement. Monter à la salle à manger restaure le cadre spatial du rituel.

★ III.c : « Ce désespoir glaça et ennuya la société. ». Verbes de refroidissement social. Le désespoir devient un froid collectif puis un ennui : la société juge sa durée.

Appuis ★ repris : I.a II.a II.b II.c III.a III.c

06Le tableau des procédésComparer les fonctions des neuf appuis.
Procédé désignéAnalyse dans le texteEffet sur le lecteurInterprétation
★ Image de contact brouillant les rôles (I.a)Les larmes qui sèchent sur une autre peau brouillent la frontière entre soin et mise en scène.Le lecteur voit deux corps confondus par des larmes.Des larmes qui sèchent sur la peau d'une autre brouillent la frontière entre le soin et la mise en scène : Zola refuse de trancher, et cette indistinction est la vérité de Thérèse.
◆ Série de conseils (I.b)La série de conseils fait de Thérèse l’opératrice du retour au rez-de-chaussée.Le lecteur voit Thérèse s'employer autour d'une vieille femme.La série de conseils fait de Thérèse l'opératrice du retour à la vie ordinaire : celle qui a assisté au meurtre organise la convalescence de la mère.
◆ Infinitifs de reprise (I.c)Le repas accepté mesure une reprise fragile du cycle quotidien.Le lecteur voit le quotidien reprendre par petits actes.Les infinitifs mesurent une reprise fragile : se lever, essayer de manger — le cycle quotidien recommence par les plus petits gestes possibles.
★ Complément de temps et volonté (II.a)L’ouverture dès le lendemain soumet le deuil à la continuité du commerce.Le lecteur voit le commerce l'emporter sur le deuil.Rouvrir « dès le lendemain » soumet le deuil à la continuité du commerce ; dans ce roman, l'économie ne s'interrompt jamais.
★ Deux verbes juxtaposés (II.b)Les deux verbes brefs séparent l’attente intérieure de l’agitation visible.Le lecteur voit une attente cachée sous une agitation.Les deux verbes brefs séparent l'attente intérieure de l'agitation visible : Thérèse a deux vies dans la même phrase, comme au temps des jeudis.
★ Fréquence indéterminée (II.c)La fréquence vague des visites maintient Laurent près de la maison sans rétablir l’ancien rythme.Le lecteur voit des visites sans rythme fixe.La fréquence vague maintient Laurent près de la maison sans rétablir l'ancien rythme ; le retour se fait par approximations, non par décision.
★ Retour du repère hebdomadaire (III.a)L’entrée du jeudi fait revenir ensemble les témoins et la périodicité d’avant le meurtre.Le lecteur voit revenir le jour d'avant le meurtre.Le jeudi ramène ensemble les témoins et la périodicité d'avant le meurtre : le rituel survit à celui qu'il rassemblait.
◆ Phrase impersonnelle de déplacement (III.b)Monter à la salle à manger restaure le cadre spatial du rituel.Le lecteur voit restaurer le cadre du rituel.« On monta » restaure le cadre spatial sans nommer personne : la maison se remet en ordre plus vite que ceux qui l'habitent.
★ Verbes de refroidissement social (III.c)Le désespoir devient un froid collectif puis un ennui : la société juge sa durée.Le lecteur voit un chagrin devenir un ennui pour les autres.La société juge la durée du chagrin : « glaça » puis « ennuya » — le deuil a un délai social, et le dépasser est une faute de convenance.
07Le tableau de couvertureRetrouver chaque sous-partie dans le mémo.
Prise ★RangDans le mémo
I.a★oui
II.a★oui
II.b★oui
II.c★oui
III.a★oui
III.c★oui
Sous-partieProcédé principalDans le mémo ?
I.aImage de contact brouillant les rôlesoui
II.aComplément de temps et volontéoui
II.bDeux verbes juxtaposésoui
II.cFréquence indéterminéeoui
III.aRetour du repère hebdomadaireoui
III.cVerbes de refroidissement socialoui

Les 6 appuis marqués ★ couvrent les trois mouvements et sont tous repris dans le mémo : résultat 6/6. Ce décompte atteste la couverture, non la qualité générale de la page.

08Les erreurs rédhibitoiresLes contresens propres à ce passage.

A. Erreurs de fond

Erreur à ne pas commettrePourquoi c'est une erreurFormulation correcte à retenir
Thérèse joue la comédie du chagrin.L'image des larmes qui sèchent brouille soin et mise en scène.Le texte refuse de trancher, et cette indistinction est le sujet.
Le deuil interrompt la vie.La boutique rouvre dès le lendemain.Le commerce reprend avant les personnes.
Laurent s'éloigne.Il revient tous les deux ou trois jours, sans rythme fixe.Le retour se fait par approximations.
La société console madame Raquin.Son désespoir « glaça et ennuya » l'assemblée.Le groupe juge la durée du chagrin.
Le jeudi revient par hasard.Il ramène ensemble les témoins et la périodicité d'avant.Le rituel survit à celui qu'il rassemblait.

B. Erreurs de méthode à l'oral

Erreur de méthodeCorrection attendue
Chercher les remords des coupables.Ils ne sont pas ici : la scène est sociale.
Traiter « songeait et attendait » comme une redondance.Les deux verbes séparent l'intérieur du visible.
Résumer le meurtre.Situer en une phrase et entrer dans la scène de deuil.
Annoncer des numéros de page.Annoncer les paragraphes éditoriaux de la maison.

C. Formulations à proscrire

MaladroitCorrect
Thérèse est hypocrite.Le texte maintient l'ambiguïté du geste ; l'affirmer est trancher à sa place.
La bourgeoisie est insensible.Elle a des délais, et le texte les mesure : glacée, puis ennuyée.
La vie continue.Le commerce continue, et il entraîne les personnes avec lui.
09L’analyse grammaticaleTrois constructions distinctes, trois leçons.
  1. Question grammaticale 1
  2. Question grammaticale 2
  3. Question grammaticale 3

Phrase 1 : Subordonnée temporelle en « quand » avec verbe de perception

Phrase étudiée : « Elle pleurait, et ses larmes séchaient sur la peau brûlante de la veuve, qui cachait ses yeux secs dans les plis du drap. » chapitre 14, paragraphe 8

Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.

Réponse : La relative « qui cachait » reprend « la veuve » et oppose ses yeux secs aux larmes de Thérèse.

Phrase 2 : Verbes juxtaposés à sujet commun

Phrase étudiée : « Dès le lendemain, elle voulut cependant qu’on ouvrît la boutique. » chapitre 14, paragraphe 11

Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.

Réponse : La succession « se lever, descendre » complète le verbe de conseil et programme le corps.

Phrase 3 : Verbes coordonnés au passé simple avec sujet abstrait

Phrase étudiée : « On monta dans la salle à manger. » chapitre 15, paragraphe 3

Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.

Réponse : Dans « Ce désespoir glaça et ennuya », un même sujet abstrait gouverne deux verbes de réaction sociale. Chaîne d’oral