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Leçon ③ · La subordonnée relative

Le melon

Quel nom le morceau vient-il montrer ?

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Écouter la leçon : La relative

Grame Maire te la dit en cinq fois. Tu peux n’en écouter qu’une.

Le souvenirce que tu sais déjà sans le savoirTélécharger « Le souvenir » pour l’écouter hors ligne
Le gestece qu’il faut faire, une fois pour toutesTélécharger « Le geste » pour l’écouter hors ligne
L’erreurcelle que tout le monde fait, toi comprisTélécharger « L’erreur » pour l’écouter hors ligne
Le renversementle moment où ça bascule et où tu comprendsTélécharger « Le renversement » pour l’écouter hors ligne
La preuvede quoi le montrer au correcteurTélécharger « La preuve » pour l’écouter hors ligne

Les mots de la leçon, et ceux du bac

ce que tu voisle mot du bac
le melon que tu montresl'antécédent
le doigt qui le montrele pronom relatif
ce que le melon fait dans la seconde phrasela fonction du pronom relatif
recoller les deux phrasesla subordonnée relative

Éprouvée sur le cas retors — « Amour, qui le conduit et le mène, le soulage » : la relative est glissée à l'intérieur de l'autre phrase, entre le sujet et son verbe. L'image tient : on peut montrer un melon au milieu d'une phrase comme au bout.

Celle-ci, tu la fais déjà. Tu la fais même au marché, et je vais te le prouver.

1 · Le melon

Illustration de la leçon
Le geste de la leçon, avant les mots.

Imagine l'étal. Il y a trente melons dessus, et tu en veux un.

Tu ne peux pas dire « je voudrais le melon » : le marchand te regardera en attendant la suite. Il faut que tu le désignes. Et tu as trois façons de le faire, toujours les mêmes :

« Celui qui est mûr. » « Celui que tu m'as montré. » « Celui dont tu m'as parlé. »

C'est le même melon les trois fois. Ce qui change, c'est ce qu'il fait dans la petite phrase que tu ajoutes.

Le melon, on l'appelle l'antécédent — joli mot, il veut simplement dire « celui qui vient avant ». Et le petit mot qui le montre — qui, que, dont, où — on l'appelle un pronom relatif. C'est ton doigt.

2 · Ce que ton doigt fait exactement

Illustration de la leçon
Le geste de la leçon, avant les mots.

Voilà ce qui se passe vraiment, et c'est très simple : tu as deux phrases, et tu les recolles en une seule.

« Je voudrais le melon. » + « Le melon est mûr. » → « Je voudrais le melon qui est mûr. »

Le melon apparaissait deux fois. La seconde fois, on l'a remplacé par le doigt. Voilà toute la relative. Il n'y a rien d'autre à comprendre.

Et le doigt change de forme selon ce que le melon faisait dans la seconde phrase :

Le melon fait l'action → il était sujet → qui. — « le melon qui est mûr » On subit le melon, on le prend, on le voit → il était complément d'objet → que. — « le melon que tu m'as montré » On parlait de lui → dont. — « le melon dont tu m'as parlé » C'était un endroit ou un moment → où. — « le jour où je suis née »

### Le test, et tu peux le faire seul en dix secondes : recoupe la phrase en deux et remets le nom à la place du doigt. Si les deux phrases se disent, tu as trouvé la fonction. Si ça coince, tu t'es trompé de doigt.

3 · Le piège de « qui » et « que », réglé une fois pour toutes

Illustration de la leçon
Le geste de la leçon, avant les mots.

Tout le monde s'y trompe, et personne ne t'a jamais donné le vrai critère.

On te dira : « après qui, le verbe ; après que, un sujet ». C'est un truc, il marche souvent, et il te lâchera le jour de l'épreuve.

Le vrai critère est celui du melon. Remets le nom dans la seconde phrase et regarde ce qu'il y fait.

« les deux lions qu'il croyait avoir vus » → il croyait avoir vu les deux lions *Les lions sont ce qu'on voit : complément d'objet. Donc que.*

« Amour, qui le conduit et le mène » → Amour le conduit et le mène *Amour fait l'action : sujet. Donc qui.*

Deux phrases refaites, deux réponses sûres. Aucune astuce.

4 · On le fait ensemble

Voilà la phrase. Lancelot vient de traverser le pont, les mains en sang.

« mais Amour, qui le conduit et le mène, le soulage et le guérit tout entier, et la souffrance lui était douce. » (v. 3113-3115)

Je montre le melon : Amour. Je regarde le doigt : qui. Je recoupe : « Amour le soulage et le guérit » + « Amour le conduit et le mène ». Amour fait l'action dans les deux : le pronom est sujet.

Et regarde où elle est posée, cette relative

Elle est glissée à l'intérieur de l'autre phrase, entre Amour et son verbe soulage. On croit lire « Amour… le soulage », et il faut traverser toute la relative avant d'arriver au verbe.

### Chrétien te fait attendre le soulagement. Il nomme Amour, puis il t'oblige à passer par « qui le conduit et le mène » avant de te dire qu'il le guérit. La phrase te fait faire le trajet que le chevalier vient de faire : on n'arrive pas tout de suite.

5 · Une seconde, pour le plaisir

« Alors il se rappelle et se souvient des deux lions qu'il croyait avoir vus quand il était sur l'autre rive. »

Melon : les deux lions. Doigt : qu'. Fonction : complément d'objet.

Et savoure ce que la relative fait ici : elle ne décrit pas les lions, elle les détruit. « Qu'il croyait avoir vus » — ils n'y étaient pas. La peur les avait mis là. Toute l'épreuve du pont tient dans ce « croyait », et il est logé dans une relative.

6 · Les trois bêtises

Tu cherches le doigt sans chercher le melon. Un pronom relatif renvoie toujours à un nom placé avant. Si tu ne le trouves pas, tu t'es trompé de « que » — c'est peut-être une conjonction.

Tu confonds les deux « que ». « Le livre que tu lis » : relatif, il remplace un nom. « Je pense que tu lis » : conjonction, elle n'a pas d'antécédent et ne remplace rien. Le test : cherche le melon. Pas de melon, pas de relative.

Tu dis « c'est une relative » et tu t'arrêtes. Le correcteur attend deux choses de plus : l'antécédent et la fonction du pronom.

Au guichet

Une proposition subordonnée relative est introduite par un pronom relatif (qui, que, dont, où, lequel, auquel, duquel…) et complète un nom ou un pronom appelé son antécédent.

Le pronom relatif occupe une fonction dans la subordonnée — sujet, complément d'objet direct, complément introduit par « de », complément circonstanciel de lieu ou de temps — et c'est cette fonction qui commande sa forme.

On distingue la relative déterminative, qui restreint l'extension de l'antécédent, et la relative explicative, séparée par des virgules, qui ajoute une information sans la restreindre.

Ta réponse, en deux minutes :

« « qui le conduit et le mène » est une proposition subordonnée relative, introduite par le pronom relatif « qui », dont l'antécédent est « Amour » et qui occupe la fonction de sujet du verbe « conduit ». Explicative, encadrée de virgules, elle est enchâssée entre le sujet et son verbe : le lecteur doit la traverser avant d'atteindre le soulagement annoncé. »

### Si tu ne retiens qu'une chose : coupe en deux et remets le nom à la place du doigt. Et si tu en retiens deux : une relative peut décrire une chose — ou la faire disparaître, comme les deux lions.

Si tu ne retiens qu’une chose : refais le geste montré par la leçon.