★ I.a. Les poings dans des poches crevées
« Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ; » RIM-P22-V001
Imparfait duratif et groupe détaché. Le départ à l’imparfait tient ensemble mouvement et dénuement.
Arthur Rimbaud · Cahier de Douai · Explication 10/10
Question de lecture. Comment le sonnet convertit-il l’usure de la fugue en instrument d’invention poétique ?
L’explication à côté de toi
Treize étapes pour comprendre, dire et retenir avant d’ouvrir le dossier de l’épreuve.
Étape 01
Un garçon marche sur les routes, les poches trouées, le pantalon percé, et il appelle ça de la poésie. Tu peux y voir de la pose.
Ce n'est pas de la pose, c'est une méthode. Chaque trou, chaque déchirure devient dans ce sonnet un instrument : la poche crevée sert à rêver, le pantalon troué sert à rimer, les lacets deviennent des cordes de lyre. Le poème transforme la misère en atelier. Suis les objets, un par un.
↑ le filÉtape 02
Qui parle ? Un « je » qui raconte ses fugues au passé, avec allégresse.
De quoi ça parle ? Il partait sur les routes, mains enfoncées dans des poches percées ; sa veste, à force d'usure, n'était plus qu'une idée ; il marchait sous le ciel en serviteur de la Muse ; son unique pantalon avait un grand trou. Il égrenait des rimes en marchant, logeait à la Grande-Ourse, écoutait ses étoiles bruire. Il buvait la rosée. Et il tirait les élastiques de ses chaussures comme les cordes d'une lyre.
Que veut faire comprendre l'auteur ? Que le manque n'empêche pas d'écrire : il fournit les instruments.
↑ le filÉtape 03
On est à la fin du cahier remis à Douai en 1870 : c'est souvent le dernier des vingt-deux poèmes.
Ce qu'il faut savoir : le sous-titre, « Fantaisie », prévient qu'il ne faut pas tout croire. Rimbaud est vraiment parti, il a vraiment eu faim ; mais le poème choisit d'en rire. C'est un autoportrait, pas un journal.
↑ le filÉtape 04
Ton introduction peut tenir en six phrases, dans cet ordre.
Étape 05
Le premier moment fait l'inventaire des trous, gaiement. « Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées » : l'imparfait dit une habitude, et les poings dans les poches sont le geste de quelqu'un qui n'a rien à porter.
Puis la trouvaille du poème : « Mon paletot aussi devenait idéal ». Un manteau usé jusqu'à la trame devient idéal — c'est-à-dire à la fois parfait et immatériel. La misère est dite par un mot de philosophie.
Et l'aveu, sans gêne : « Mon unique culotte avait un large trou ». Unique dit la pauvreté, large dit le ridicule. Aucune plainte : c'est un constat joyeux.
↑ le filÉtape 06
Le deuxième moment fait entrer les contes et les astres. « J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal » : féal est un mot du Moyen Âge, celui du vassal fidèle à son seigneur. Il se déclare au service de la poésie comme un chevalier.
Puis : « Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course ». Le Petit Poucet semait des cailloux pour retrouver son chemin ; celui-ci sème des rimes. Le conte est réemployé pour dire un travail d'écriture.
Et le logement : « Mon auberge était à la Grande-Ourse ». Dormir dehors devient une adresse. « Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou » — le possessif se les approprie, et le mot frou-frou est celui d'une robe. Le ciel bruisse comme un tissu.
↑ le filÉtape 07
Le troisième moment fait de la marche un instrument. « De rosée à mon front, comme un vin de vigueur » : il boit ce qui tombe la nuit, et la comparaison en fait un vin. Le dénuement devient un festin.
Puis le dernier vers, le plus beau du cahier : « Comme des lyres, je tirais les élastiques ». Ce sont les élastiques de ses chaussures usées. Il tire dessus en marchant, ils claquent — et il appelle ça une lyre.
Rien n'est plus juste : la lyre est l'instrument des poètes depuis l'Antiquité, et il vient de la trouver au bout de son pied. La poésie ne descend pas du ciel dans ce poème ; on la ramasse par terre.
↑ le filÉtape 08
En une phrase : un sonnet qui prend la pauvreté d'un fugueur et la change, objet par objet, en matériel de poète.
Ce que le poème établit, c'est le programme de tout le cahier : on n'a besoin de rien pour écrire, sinon d'aller voir. Si on te demande ce qu'est une émancipation créatrice, montre ce sonnet — c'est la définition en quatorze vers.
↑ le filÉtape 09
Pour ouvrir, tu peux dire ceci : le premier poème du cahier annonçait un départ au futur, « j'irai dans les sentiers ». Celui-ci le raconte à l'imparfait. La promesse a été tenue, et le cahier se referme dessus.
Une seconde ouverture : deux ans plus tard, Rimbaud écrira qu'il faut se faire voyant. Tout est déjà là, dans un élastique de chaussure : la poésie se trouve dans ce que les autres ne regardent pas.
↑ le filÉtape 10
Reprends : les poches crevées, le paletot idéal, la culotte trouée ; puis le féal de la Muse, le Petit Poucet, l'auberge à la Grande-Ourse ; enfin la rosée-vin et les élastiques-lyres. Trois temps.
Tu sais nommer ce que tu vois : un imparfait qui dit l'habitude, un mot abstrait posé sur un vêtement usé, une référence à un conte détournée, un possessif qui s'approprie le ciel, une comparaison finale qui change un objet en instrument. Cinq choses, cinq citations.
↑ le filÉtape 11
Trois constructions à savoir sur ce passage.
« Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées » — un imparfait d'habitude, suivi d'un groupe détaché sans verbe. La construction pose une image fixe à côté du mouvement : on marche, et on voit la silhouette.
« J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal » — une apostrophe insérée au milieu de la phrase, puis un attribut du sujet. L'interruption fait entendre l'adresse : il parle à la poésie pendant qu'il marche.
« Comme des lyres, je tirais les élastiques » — la comparaison est placée avant le comparé. On entend l'instrument avant de voir l'objet : l'ordre des mots fait la métamorphose.
↑ le filÉtape 12
Ce soir, tu peux fermer le cahier. Tu as compris que chaque trou de ce poème devient un outil, et que c'est là toute sa méthode. C'est l'essentiel.
Si tu veux garder une seule image en t'endormant, garde celle-ci : quelqu'un assis au bord d'une route, qui fait sonner l'élastique de sa chaussure comme une corde.
↑ le filÉtape 13
Terre ferme : tu peux t'arrêter là. Le dossier de l'épreuve t'attend quand tu voudras, avec ses neuf tiroirs. Ce soir, tu en sais assez pour en parler.
↑ le filFin de l’explication accompagnée
La voix qui t’accompagnait s’efface : finie la lettre, place au dossier de travail.
Le dossier de l’épreuve
Neuf tiroirs : comprendre, préparer l’oral, contrôler les preuves.
Idée générale. Dans ce sonnet, un jeune homme pauvre marche sur les routes, et il transforme tout ce qui lui manque en matière de poésie.
Situation simple. Il part, les mains dans des poches trouées. Son manteau est usé, sa culotte percée. Il dort dehors. Et il fait des rimes en marchant.
Mouvement I. Dans ce mouvement, il s'en allait, les poings dans ses poches crevées. Son paletot devenait idéal. Il allait sous le ciel, féal de la Muse. L'idée importante est que la pauvreté est dite gaiement.
Mouvement II. Dans ce mouvement, son unique culotte a un large trou. En Petit-Poucet rêveur, il égrène des rimes dans sa course. Et son auberge est à la Grande-Ourse. L'idée importante est qu'il réécrit les contes et le ciel.
Mouvement III. Dans ce mouvement, ses étoiles font un doux frou-frou. La rosée sur son front est comme un vin. Et il tire ses élastiques comme des lyres. L'idée importante est que ses souliers deviennent un instrument.
Pour finir. La leçon du sonnet est qu'on peut faire de la poésie avec exactement ce qu'on a, y compris avec ce qui manque.
Étape 1 : Arthur Rimbaud est un poète du XIXᵉ siècle, qui écrit l'essentiel de son œuvre avant vingt ans.
Étape 2 : Le Cahier de Douai réunit vingt-deux poèmes de 1870, nés en partie de ses fugues.
Étape 3 : « Ma Bohème » est un sonnet où un marcheur pauvre fait de sa route un atelier poétique.
Étape 4 : Le poème s'organise en trois temps — le dénuement nommé avec allégresse, les contes et le ciel réécrits, le pas devenu musique.
Étape 5 : On se demandera comment le sonnet convertit l'usure de la fugue en instrument d'invention poétique.
Étape 6 : On suivra d'abord la pauvreté assumée, puis les réécritures, enfin la métamorphose finale des souliers.
L’imparfait répété donne à la fugue une durée ouverte. Les poches sont « crevées », le paletot devient « idéal », la Muse est interpellée dans la même strophe qu’un « Oh ! là là ! » familier. Les registres se frottent sans que l’un efface l’autre.
« Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ; » RIM-P22-V001
Imparfait duratif et groupe détaché. Le départ à l’imparfait tient ensemble mouvement et dénuement.
« Mon paletot aussi devenait idéal ; » RIM-P22-V002
Verbe attributif de transformation. Le verbe de transformation fait basculer l’habit usé dans l’idéal sans le remplacer.
« J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ; » RIM-P22-V003
Apostrophe et lexique féodal. L’apostrophe savante rencontre la marche et la fidélité féodale jouée.
Le trou de la culotte rappelle le manque matériel, puis le Petit-Poucet n’égrène plus des cailloux mais des rimes. L’auberge est déplacée vers la Grande-Ourse ; le bruissement textile « frou-frou » descend les étoiles à hauteur d’oreille.
« Mon unique culotte avait un large trou. » RIM-P22-V005
Notation comique précise. La précision comique empêche la poésie de dissimuler la pauvreté.
« Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course » RIM-P22-V006
Réécriture du conte. Le conte est réécrit par un marcheur qui sème des rimes.
« Mon auberge était à la Grande-Ourse. » RIM-P22-V007
Métaphore de l'adresse. L’absence de toit devient une adresse cosmique formulée avec simplicité.
Assis au bord des routes, le sujet écoute et reçoit la rosée comme un « vin de vigueur ». La relative en « Où » prolonge les soirs jusque dans l’acte de rimer. La comparaison finale transforme les élastiques des souliers en lyres sans réparer leur blessure : l’invention naît de cette tension maintenue.
« Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou » RIM-P22-V008
Onomatopée textile. L’onomatopée textile donne au ciel une proximité sonore et tactile.
« De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ; » RIM-P22-V011
Comparaison œnologique. La comparaison change une sensation froide en énergie bue.
« Comme des lyres, je tirais les élastiques » RIM-P22-V013
Comparaison instrumentale. Les lacets tendus font entrer l’instrument noble dans les souliers blessés.
1. Récapitulation. Le sonnet fait de chaque manque un moyen. L'imparfait installe une fugue qui dure, et les poches crevées empêchent de la lire comme une échappée sans corps ; puis « mon paletot aussi devenait idéal » donne la formule du poème — la transformation ne remplace pas l'usure, elle la promeut. Le trou de l'unique culotte, nommé sans détour, interdit à la poésie de farder quoi que ce soit. Vient alors la réécriture : le Petit-Poucet sème des rimes au lieu de cailloux, et l'absence de toit devient une adresse à la Grande-Ourse. Le dernier tercet achève le programme : les étoiles bruissent comme un tissu, la rosée se boit comme un vin, et les élastiques des souliers blessés se tirent « comme des lyres ». L'instrument noble tient dans une chaussure.
2. Ouverture. Placé souvent en clôture du recueil, ce sonnet donne rétrospectivement sa loi au Cahier de Douai : faire œuvre avec ce qu'on a. Le parcours « émancipations créatrices » y trouve sa formule la plus nette — s'émanciper, c'est convertir ce qui manque en moyen.
Auteur : Arthur Rimbaud.
Œuvre : Cahier de Douai, les vingt-deux poèmes de 1870.
Extrait : « Ma Bohème (Fantaisie) », sonnet.
Objet d'étude : La poésie du XIXᵉ siècle au XXIᵉ siècle.
Parcours : Émancipations créatrices.
Situation : Poème du Cahier de Douai, souvent placé en clôture ; un marcheur pauvre fait de sa fugue un atelier poétique.
Problématique : Comment le sonnet convertit-il l'usure de la fugue en instrument d'invention poétique ?
Plan : Le dénuement nommé avec allégresse ; le marcheur réécrit les contes et le ciel ; le pas devient musique.
Citations, procédés et interprétations essentiels : ★ indique les appuis à ne pas omettre ; ◆ propose les prolongements à choisir selon le temps disponible.
★ I.a : « Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ; ». Imparfait duratif et groupe détaché. Le départ à l’imparfait tient ensemble mouvement et dénuement.
★ I.b : « Mon paletot aussi devenait idéal ; ». Verbe attributif de transformation. Le verbe de transformation fait basculer l’habit usé dans l’idéal sans le remplacer.
◆ I.c : « J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ; ». Apostrophe et lexique féodal. L’apostrophe savante rencontre la marche et la fidélité féodale jouée.
★ II.a : « Mon unique culotte avait un large trou. ». Notation comique précise. La précision comique empêche la poésie de dissimuler la pauvreté.
★ II.b : « Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course ». Réécriture du conte. Le conte est réécrit par un marcheur qui sème des rimes.
★ II.c : « Mon auberge était à la Grande-Ourse. ». Métaphore de l'adresse. L’absence de toit devient une adresse cosmique formulée avec simplicité.
◆ III.a : « Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou ». Onomatopée textile. L’onomatopée textile donne au ciel une proximité sonore et tactile.
◆ III.b : « De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ; ». Comparaison œnologique. La comparaison change une sensation froide en énergie bue.
★ III.c : « Comme des lyres, je tirais les élastiques ». Comparaison instrumentale. Les lacets tendus font entrer l’instrument noble dans les souliers blessés.
Appuis ★ repris : I.a I.b II.a II.b II.c III.c
| Procédé désigné | Analyse dans le texte | Effet sur le lecteur | Interprétation |
|---|---|---|---|
| ★ Imparfait duratif et groupe détaché (I.a) | Le départ à l’imparfait tient ensemble mouvement et dénuement. | Le lecteur voit un départ qui dure et des poches trouées. | L'imparfait installe la fugue dans une durée ; les poches crevées, elles, empêchent de la lire comme une échappée sans corps. |
| ★ Verbe attributif de transformation (I.b) | Le verbe de transformation fait basculer l’habit usé dans l’idéal sans le remplacer. | Le lecteur voit un vêtement usé passer dans l'idéal sans changer. | « Devenait idéal » est la formule du sonnet : la transformation n'efface pas l'usure, elle la promeut — la pauvreté n'est pas remplacée, elle est convertie. |
| ◆ Apostrophe et lexique féodal (I.c) | L’apostrophe savante rencontre la marche et la fidélité féodale jouée. | Le lecteur entend un mot médiéval au milieu d'une fugue. | Le lexique féodal est joué, non subi : Rimbaud emprunte une dignité ancienne et l'applique à un vagabond, ce qui la déplace. |
| ★ Notation comique précise (II.a) | La précision comique empêche la poésie de dissimuler la pauvreté. | Le lecteur rit d'un trou nommé sans détour. | La précision comique interdit à la poésie de farder la pauvreté ; le sonnet garde son trou pour garder sa vérité. |
| ★ Réécriture du conte (II.b) | Le conte est réécrit par un marcheur qui sème des rimes. | Le lecteur voit un conte réécrit par un marcheur. | Semer des rimes au lieu de cailloux transforme le conte en art poétique : le poème dit comment il se fait en se faisant. |
| ★ Métaphore de l'adresse (II.c) | L’absence de toit devient une adresse cosmique formulée avec simplicité. | Le lecteur voit l'absence de toit devenir une adresse. | Donner une adresse au ciel est le renversement central : ce qui manque devient une possession, et la formule reste simple. |
| ◆ Onomatopée textile (III.a) | L’onomatopée textile donne au ciel une proximité sonore et tactile. | Le lecteur entend les étoiles comme un tissu. | L'onomatopée textile rapproche le ciel jusqu'au toucher ; l'infini se dit ici par un bruit de robe. |
| ◆ Comparaison œnologique (III.b) | La comparaison change une sensation froide en énergie bue. | Le lecteur voit une sensation froide devenir de l'énergie. | Boire la rosée convertit une sensation froide en vigueur : le corps du marcheur transforme ce qu'il reçoit. |
| ★ Comparaison instrumentale (III.c) | Les lacets tendus font entrer l’instrument noble dans les souliers blessés. | Le lecteur voit des lacets devenir un instrument. | Tirer les élastiques comme des lyres achève le programme : l'instrument noble est logé dans un soulier blessé, et la poésie se fait avec ce qu'on a. |
| Prise ★ | Rang | Dans le mémo |
|---|---|---|
| I.a | ★ | oui |
| I.b | ★ | oui |
| II.a | ★ | oui |
| II.b | ★ | oui |
| II.c | ★ | oui |
| III.c | ★ | oui |
| Sous-partie | Procédé principal | Dans le mémo ? |
|---|---|---|
| I.a | Imparfait duratif et groupe détaché | oui |
| I.b | Verbe attributif de transformation | oui |
| II.a | Notation comique précise | oui |
| II.b | Réécriture du conte | oui |
| II.c | Métaphore de l'adresse | oui |
| III.c | Comparaison instrumentale | oui |
Les 6 appuis marqués ★ couvrent les trois mouvements et sont tous repris dans le mémo : résultat 6/6. Ce décompte atteste la couverture, non la qualité générale de la page.
| Erreur à ne pas commettre | Pourquoi c'est une erreur | Formulation correcte à retenir |
|---|---|---|
| Rimbaud embellit sa misère. | Le trou de la culotte est nommé sans détour. | Il convertit l'usure sans la dissimuler. |
| Le paletot est remplacé par un idéal. | Le verbe attributif dit qu'il « devenait idéal » sans cesser d'être usé. | La transformation promeut l'objet, elle ne l'échange pas. |
| Le Petit-Poucet est une simple allusion. | Le conte est réécrit : on sème des rimes, non des cailloux. | La réécriture est un art poétique. |
| « Mon auberge était à la Grande-Ourse » exprime la solitude. | La formule transforme l'absence de toit en possession. | C'est un renversement, pas une plainte. |
| Les lyres sont une métaphore convenue. | Elles sont logées dans les élastiques de souliers blessés. | L'instrument noble est mis dans l'objet le plus pauvre. |
| Erreur de méthode | Correction attendue |
|---|---|
| Commencer par les lyres parce que l'image est célèbre. | Suivre l'ordre : elles n'ont de sens qu'après la conversion des manques. |
| Raconter les fugues de Rimbaud. | Situer en une phrase et entrer dans le premier vers. |
| Traiter « devenait » comme un synonyme d'« était ». | C'est un verbe attributif de transformation : il fait tout le travail. |
| Annoncer des numéros de page. | Annoncer les vers par leurs ancres éditoriales. |
| Maladroit | Correct |
|---|---|
| Rimbaud chante la liberté du vagabondage. | Il montre comment un manque devient un moyen poétique. |
| Le sonnet est joyeux. | Il est allègre et précis : le trou est nommé, la lyre est un élastique. |
| C'est un autoportrait. | C'est un art poétique : le poème dit comment il se fait. |
Phrase étudiée : « Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées »
Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.
Réponse : « m’en allais » est l’imparfait du verbe pronominal « s’en aller ». Le groupe détaché « les poings dans mes poches crevées » décrit la posture simultanée du sujet et inscrit la pauvreté dans le mouvement.
Phrase étudiée : « Mon paletot aussi devenait idéal »
Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.
Réponse : « devenait » est un verbe attributif à l’imparfait ; « idéal » est attribut du sujet « Mon paletot ». L’adverbe « aussi » relie cette métamorphose au départ du vers précédent.
Phrase étudiée : « Où, rimant au milieu des ombres fantastiques, / Comme des lyres, je tirais les élastiques »
Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.
Réponse : « Où » reprend les « soirs de septembre » et ouvre une relative. Le participe présent « rimant » se rapporte à « je » ; la comparaison « Comme des lyres » est antéposée devant « je tirais », ce qui fait entendre l’instrument avant l’objet pauvre.