★ I.a. Des crachats rouges
« les crachats rouges de la mitraille » RIM-P14-V001
Métaphore corporelle. La métaphore corporelle rend l’arme obscène et agressive.
Arthur Rimbaud · Cahier de Douai · Explication 6/10
Question de lecture. Comment le sonnet fait-il circuler l’accusation du champ de bataille jusqu’à l’autel ?
L’explication à côté de toi
Treize étapes pour comprendre, dire et retenir avant d’ouvrir le dossier de l’épreuve.
Étape 01
Quatorze vers sur la guerre, avec du sang, des morts en tas — et à la fin, une pièce de monnaie dans un mouchoir. Tu peux te demander quel rapport.
C'est tout le poème. Rimbaud construit une accusation qui part du champ de bataille et arrive jusqu'à l'église, et la dernière image est la plus violente de toutes : une mère pauvre qui donne son argent à ceux qui ont tué son fils. Tiens le fil jusqu'au dernier vers.
↑ le filÉtape 02
Qui parle ? Une voix qui décrit, puis qui interpelle, puis qui accuse.
De quoi ça parle ? Les quatrains montrent la mitraille, le ciel bleu au-dessus, des bataillons qui s'effondrent, une folie qui broie des milliers d'hommes en un tas fumant. Puis la voix prend la Nature à témoin. Enfin les tercets montrent un Dieu qui rit dans les nappes brodées, s'endort dans les chants — pendant que des mères apportent un gros sou noué dans un mouchoir.
Que veut faire comprendre l'auteur ? Que la guerre et l'Église sont dans le même poème parce qu'elles sont dans la même affaire.
↑ le filÉtape 03
On est dans le livre parmi les poèmes de guerre du cahier de 1870. Rimbaud écrit pendant la guerre franco-prussienne, à quelques dizaines de kilomètres du front.
Ce qu'il faut savoir : ce n'est pas une guerre lointaine. Les Ardennes, où il vit, sont envahies. Ce sonnet-là n'est pas une réflexion générale sur le mal : c'est ce qu'il a sous les yeux.
↑ le filÉtape 04
Ton introduction peut tenir en six phrases, dans cet ordre.
Étape 05
Le premier moment salit le ciel. « les crachats rouges de la mitraille » : le mot crachat est bas, méprisant, sonore. Il est appliqué à des balles.
Et il est mis juste à côté de « l'infini du ciel bleu ». Le plus vulgaire et le plus pur dans la même phrase : c'est le procédé de tout le sonnet.
Puis les hommes tombent : « Croulent les bataillons en masse dans le feu ». Le verbe est celui d'un mur qui s'écroule. Et enfin : « folie épouvantable broie », « un tas fumant ». Un tas. Le poème refuse de compter les morts — il les pèse.
↑ le filÉtape 06
Le deuxième moment interpelle. « Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !… » Rimbaud s'adresse à elle avec une majuscule, un « ô », un point d'exclamation — et il termine par des points de suspension.
Ces points-là comptent. La phrase s'arrête parce qu'il n'y a rien à répondre.
Et regarde le mot saintement. Il ne dit pas que la Nature a bien fait son travail : il dit qu'elle les a faits sacrés. C'est ce qui rend le massacre sacrilège — et ce sacrilège prépare l'accusation qui vient.
↑ le filÉtape 07
Le troisième moment change de lieu sans changer de sujet. « Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées » : on est passé du champ de bataille à une table richement mise. Le Dieu du poème ne pleure pas, il rit.
Puis : « dans le bercement des hosannah s'endort ». Les hosannah sont les chants de louange. Ils bercent — le mot est pour un enfant. Ce Dieu-là dort pendant qu'on meurt.
Et la fin, la plus dure : « un gros sou lié dans leur mouchoir ! » Ce sont les mères des morts qui viennent l'offrir. Le mouchoir sert à pleurer et à nouer l'argent. Rimbaud ne commente pas. Il pose l'objet et il s'arrête.
↑ le filÉtape 08
En une phrase : un sonnet qui mène l'accusation du champ de bataille jusqu'à l'autel, et qui la conclut sur une pièce de monnaie.
Ce que le poème établit, c'est que le mal du titre n'est pas la guerre seule. Si on te demande qui Rimbaud accuse, réponds : ceux qui envoient mourir, et ceux qui font payer les mères pour prier.
↑ le filÉtape 09
Pour ouvrir, tu peux dire ceci : un autre sonnet du cahier montre un soldat mort dans l'herbe, en silence, sans un mot contre personne. Ici, la colère est nommée. Les deux poèmes se répondent.
Une seconde ouverture : la structure du sonnet sert l'argument. Les quatrains montrent, les tercets accusent. La forme la plus classique de la poésie française est employée pour dire ce qu'elle ne disait pas.
↑ le filÉtape 10
Reprends : les crachats et le ciel bleu, les bataillons qui croulent, le tas fumant ; puis l'apostrophe à la Nature, le mot saintement, les points de suspension ; enfin le Dieu qui rit, les chants qui endorment, le sou dans le mouchoir. Trois temps.
Tu sais nommer ce que tu vois : un mot familier appliqué à la guerre, un contraste entre le sol et le ciel, un verbe qui traite des hommes comme une matière, une apostrophe à une puissance muette, un objet final qui vaut réquisitoire. Cinq choses, cinq citations.
↑ le filÉtape 11
Trois constructions à savoir sur ce passage.
« les crachats rouges de la mitraille » — un complément du nom qui explique l'image : les crachats sont la mitraille. La métaphore n'est pas décorative, elle est insultante, et elle vise ceux qui tirent.
« Croulent les bataillons en masse dans le feu » — le verbe passe devant le sujet. Cette inversion met l'effondrement en premier : on voit tomber avant de savoir qui.
« Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !… » — une apostrophe suivie d'une relative au passé simple. Le passé simple enferme l'action dans un temps révolu : elle les a faits, et c'est fini. Les points de suspension laissent l'accusation en suspens.
↑ le filÉtape 12
Ce soir, tu peux fermer le cahier. Tu as compris que le sonnet va du champ de bataille à l'église, et pourquoi la dernière image est la pire. C'est l'essentiel.
Si tu veux garder une seule image en t'endormant, garde celle-ci : un mouchoir noué autour d'une pièce, dans la main d'une femme qui a perdu son fils.
↑ le filÉtape 13
Terre ferme : tu peux t'arrêter là. Le dossier de l'épreuve t'attend quand tu voudras, avec ses neuf tiroirs. Ce soir, tu en sais assez pour en parler.
↑ le filFin de l’explication accompagnée
La voix qui t’accompagnait s’efface : finie la lettre, place au dossier de travail.
Le dossier de l’épreuve
Neuf tiroirs : comprendre, préparer l’oral, contrôler les preuves.
Idée générale. Dans ce sonnet, Rimbaud accuse : d'abord la guerre, puis Dieu et l'Église, et il finit sur la pauvreté des mères.
Situation simple. Une bataille. Les hommes tombent. Le poète appelle la Nature. Puis il montre un Dieu qui rit sur de belles nappes, pendant que des mères donnent leur dernier sou.
Mouvement I. Dans ce mouvement, la mitraille crache du rouge dans le bleu du ciel. Et les bataillons croulent dans le feu — le verbe vient avant eux. L'idée importante est que les hommes disparaissent derrière l'événement.
Mouvement II. Dans ce mouvement, une folie épouvantable broie les corps, qui deviennent un tas fumant. Le poète appelle : Nature, toi qui fis ces hommes saintement. L'idée importante est qu'on demande des comptes à une création qu'on dit sainte.
Mouvement III. Dans ce mouvement, un Dieu rit sur des nappes damassées et s'endort dans les chants. Et une mère donne un gros sou noué dans son mouchoir. L'idée importante est que le poème finit sur un objet minuscule.
Pour finir. La leçon du sonnet est que l'accusation la plus forte tient dans un détail qu'on n'attendait pas.
Étape 1 : Arthur Rimbaud est un poète du XIXᵉ siècle, qui écrit l'essentiel de son œuvre avant vingt ans.
Étape 2 : Le Cahier de Douai réunit vingt-deux poèmes de 1870, dont plusieurs répondent directement à la guerre.
Étape 3 : « Le Mal » est un sonnet qui va du champ de bataille à l'autel, puis au mouchoir d'une mère.
Étape 4 : Le poème s'organise en trois temps — la guerre qui déchire, la Nature prise à témoin, l'accusation portée jusqu'à l'Église.
Étape 5 : On se demandera comment le sonnet fait circuler l'accusation du champ de bataille jusqu'à l'autel.
Étape 6 : On suivra d'abord la scène de bataille, puis l'apostrophe, enfin la chute sur un objet.
De « Tandis que les crachats rouges de la mitraille » à « Croulent les bataillons en masse dans le feu ; ».
La subordonnée ouverte par « Tandis que » retarde la proposition principale et oblige à demeurer dans la durée des tirs. Le rouge de la mitraille traverse le bleu du ciel ; la beauté n’est donc pas un refuge, mais ce qui rend le massacre plus scandaleux.
« les crachats rouges de la mitraille » RIM-P14-V001
Métaphore corporelle. La métaphore corporelle rend l’arme obscène et agressive.
« l’infini du ciel bleu ; » RIM-P14-V002
Contraste chromatique. Le vaste bleu sert de fond contradictoire à la pulvérisation rouge.
« Croulent les bataillons en masse dans le feu ; » RIM-P14-V004
Inversion du sujet. L’inversion précipite le verbe de chute avant les hommes.
De « Tandis qu'une folie épouvantable broie » à « Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !... ».
Les bataillons « croulent » et la folie « broie » : les verbes donnent à la guerre une mécanique impersonnelle. Le « tas fumant » retire aux soldats leur individualité, puis l’apostrophe à la Nature réintroduit violemment leur commune humanité créée « saintement ».
« folie épouvantable broie » RIM-P14-V005
Sujet abstrait personnifié. Le sujet abstrait devient une machine qui réduit les corps.
« un tas fumant ; » RIM-P14-V006
Réduction nominale. La réduction nominale montre l’effacement industriel des personnes.
« Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !… » RIM-P14-V008
Apostrophe. L’apostrophe oppose une création sacrée à la destruction organisée.
De « – Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées » à « Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir ! ».
Le présentatif « Il est un Dieu » déplace l’attention vers l’intérieur riche de l’église. Rire, nappes et hosannah composent une indifférence confortable. La dernière offrande, minuscule mais coûteuse, relie directement le deuil des mères à l’institution qui accepte leur monnaie.
« Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées » RIM-P14-V009
Relative caractérisante. Le rire divin associe confort liturgique et insensibilité.
« dans le bercement des hosannah s’endort, » RIM-P14-V011
Métaphore de l'anesthésie. Le chant religieux devient un dispositif d’anesthésie.
« un gros sou lié dans leur mouchoir ! » RIM-P14-V014
Détail concret en chute. L’objet concret mesure la pauvreté des mères et clôt l’accusation.
1. Récapitulation. Le sonnet déplace son accusation trois fois, et la dernière est la plus dure. Il commence par rendre l'arme obscène — « les crachats rouges de la mitraille » — sur un fond de ciel bleu indifférent, et l'inversion fait tomber les bataillons avant qu'on les nomme : la syntaxe efface les sujets comme la guerre les efface. Il transforme ensuite les corps en « un tas fumant », singulier sans nom humain, et prend la Nature à témoin d'une création dite sainte : l'absence de réponse est la réponse. Il finit ailleurs, dans une église, sur un Dieu qui rit aux nappes damassées et s'endort dans les hosannah — puis sur un gros sou noué dans un mouchoir. C'est cet objet minuscule qui pèse le plus.
2. Ouverture. Cette manière de faire porter la charge par un détail final se retrouve dans « Le Dormeur du val », où deux trous rouges renversent tout le sonnet. Le parcours « émancipations créatrices » désigne ici l'émancipation d'une poésie qui refuse l'éloquence pour la précision.
Auteur : Arthur Rimbaud.
Œuvre : Cahier de Douai, les vingt-deux poèmes de 1870.
Extrait : « Le Mal », sonnet.
Objet d'étude : La poésie du XIXᵉ siècle au XXIᵉ siècle.
Parcours : Émancipations créatrices.
Situation : Poème du Cahier de Douai, écrit pendant la guerre de 1870 ; du champ de bataille à l'autel.
Problématique : Comment le sonnet fait-il circuler l'accusation du champ de bataille jusqu'à l'autel ?
Plan : La guerre déchire le paysage ; la Nature prise à témoin ; du rire divin au sou des mères.
Citations, procédés et interprétations essentiels : ★ indique les appuis à ne pas omettre ; ◆ propose les prolongements à choisir selon le temps disponible.
★ I.a : « les crachats rouges de la mitraille ». Métaphore corporelle. La métaphore corporelle rend l’arme obscène et agressive.
◆ I.b : « l’infini du ciel bleu ; ». Contraste chromatique. Le vaste bleu sert de fond contradictoire à la pulvérisation rouge.
★ I.c : « Croulent les bataillons en masse dans le feu ; ». Inversion du sujet. L’inversion précipite le verbe de chute avant les hommes.
★ II.a : « folie épouvantable broie ». Sujet abstrait personnifié. Le sujet abstrait devient une machine qui réduit les corps.
★ II.b : « un tas fumant ; ». Réduction nominale. La réduction nominale montre l’effacement industriel des personnes.
★ II.c : « Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !… ». Apostrophe. L’apostrophe oppose une création sacrée à la destruction organisée.
★ III.a : « Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées ». Relative caractérisante. Le rire divin associe confort liturgique et insensibilité.
◆ III.b : « dans le bercement des hosannah s’endort, ». Métaphore de l'anesthésie. Le chant religieux devient un dispositif d’anesthésie.
★ III.c : « un gros sou lié dans leur mouchoir ! ». Détail concret en chute. L’objet concret mesure la pauvreté des mères et clôt l’accusation.
Appuis ★ repris : I.a I.c II.a II.b II.c III.a III.c
| Procédé désigné | Analyse dans le texte | Effet sur le lecteur | Interprétation |
|---|---|---|---|
| ★ Métaphore corporelle (I.a) | La métaphore corporelle rend l’arme obscène et agressive. | Le lecteur reçoit l'arme comme un corps qui crache. | La métaphore corporelle rend l'arme obscène : Rimbaud refuse le vocabulaire militaire et lui substitue celui du corps méprisable. |
| ◆ Contraste chromatique (I.b) | Le vaste bleu sert de fond contradictoire à la pulvérisation rouge. | Le lecteur voit le rouge éclater sur un fond bleu. | Le fond bleu n'est pas un décor mais une contradiction : l'infini reste indifférent pendant que la mitraille peint dessus. |
| ★ Inversion du sujet (I.c) | L’inversion précipite le verbe de chute avant les hommes. | Le lecteur voit tomber avant de savoir qui tombe. | L'inversion place l'événement avant les hommes ; la syntaxe fait ce que fait la guerre, elle efface les sujets. |
| ★ Sujet abstrait personnifié (II.a) | Le sujet abstrait devient une machine qui réduit les corps. | Le lecteur voit une abstraction devenir machine. | Faire de la folie un sujet grammatical, c'est décrire la guerre comme un processus sans auteur — et l'accusation en devient plus difficile à esquiver. |
| ★ Réduction nominale (II.b) | La réduction nominale montre l’effacement industriel des personnes. | Le lecteur voit des hommes réduits à un nom sans pluriel. | « Un tas fumant » est le point le plus dur du sonnet : le singulier et l'absence de nom humain disent l'effacement industriel. |
| ★ Apostrophe (II.c) | L’apostrophe oppose une création sacrée à la destruction organisée. | Le lecteur entend appeler une autorité qui ne répond pas. | L'apostrophe à la Nature oppose une création dite sainte à une destruction organisée ; l'absence de réponse est la réponse. |
| ★ Relative caractérisante (III.a) | Le rire divin associe confort liturgique et insensibilité. | Le lecteur voit un Dieu rire sur des nappes. | La relative attribue le rire à Dieu au moment où on le présente : le sonnet accuse par la syntaxe, sans avoir à argumenter. |
| ◆ Métaphore de l'anesthésie (III.b) | Le chant religieux devient un dispositif d’anesthésie. | Le lecteur entend un chant qui sert à ne pas entendre. | Le chant religieux devient un dispositif : Rimbaud ne conteste pas la foi, il montre ce que l'institution en fait. |
| ★ Détail concret en chute (III.c) | L’objet concret mesure la pauvreté des mères et clôt l’accusation. | Le lecteur finit sur un objet, et il pèse plus que tout le reste. | La chute sur un objet minuscule est le geste décisif : le poème ne finit pas sur le ciel mais sur ce qu'une mère pauvre noue dans un mouchoir. |
| Prise ★ | Rang | Dans le mémo |
|---|---|---|
| I.a | ★ | oui |
| I.c | ★ | oui |
| II.a | ★ | oui |
| II.b | ★ | oui |
| II.c | ★ | oui |
| III.a | ★ | oui |
| III.c | ★ | oui |
| Sous-partie | Procédé principal | Dans le mémo ? |
|---|---|---|
| I.a | Métaphore corporelle | oui |
| I.c | Inversion du sujet | oui |
| II.a | Sujet abstrait personnifié | oui |
| II.b | Réduction nominale | oui |
| II.c | Apostrophe | oui |
| III.a | Relative caractérisante | oui |
| III.c | Détail concret en chute | oui |
Les 7 appuis marqués ★ couvrent les trois mouvements et sont tous repris dans le mémo : résultat 7/7. Ce décompte atteste la couverture, non la qualité générale de la page.
| Erreur à ne pas commettre | Pourquoi c'est une erreur | Formulation correcte à retenir |
|---|---|---|
| Le poème dénonce seulement la guerre. | L'accusation se déplace vers Dieu, l'Église, puis la pauvreté des mères. | Le sonnet fait circuler son accusation jusqu'à l'autel. |
| Rimbaud est athée dans ce poème. | Il met en scène un Dieu qui rit et un chant qui endort : c'est l'institution qui est visée. | Le poème attaque un usage du sacré, pas la croyance. |
| « Un tas fumant » est une image de fumée. | Le singulier et l'absence de nom humain disent l'effacement des personnes. | C'est le point le plus dur du sonnet. |
| L'apostrophe à la Nature attend une réponse. | Aucune ne vient, et le poème passe à autre chose. | Le silence est ce que le poème donne à entendre. |
| La chute est un détail sentimental. | Le sou noué mesure la pauvreté et clôt l'accusation. | Le détail concret est l'argument final. |
| Erreur de méthode | Correction attendue |
|---|---|
| Commencer par le tercet parce qu'il est le plus polémique. | Suivre l'ordre : c'est la bataille qui donne son poids à l'autel. |
| Traiter l'inversion comme une contrainte de versification. | Elle place la chute avant les hommes, et fait ce que fait la guerre. |
| Confondre le Dieu du poème et la foi des mères. | Le sonnet les sépare : l'un rit, les autres donnent leur dernier sou. |
| Annoncer des numéros de page. | Annoncer les vers par leurs ancres éditoriales. |
| Maladroit | Correct |
|---|---|
| Rimbaud est révolté. | Le poème construit une accusation qui se déplace, et il finit sur un objet. |
| La guerre est absurde. | Le texte la décrit comme une machine, avec un sujet abstrait qui broie. |
| Le sonnet est anticlérical. | Il montre un dispositif précis : un rire, des nappes, un chant qui endort. |
Phrase étudiée : « Tandis que les crachats rouges de la mitraille… »
Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.
Réponse : « Tandis que » introduit une subordonnée circonstancielle de temps qui s’étend sur plusieurs vers. Ce retard syntaxique enferme la lecture dans la durée du tir avant l’arrivée de la principale.
Phrase étudiée : « Croulent les bataillons en masse dans le feu »
Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.
Réponse : Le verbe « Croulent » précède son sujet « les bataillons ». Cette inversion met l’événement de la chute au premier plan ; « en masse » et « dans le feu » en précisent la modalité et le lieu.
Phrase étudiée : « Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées »
Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.
Réponse : « Il est » est une tournure présentative à valeur existentielle. La relative « qui rit… » a pour antécédent « un Dieu » et lui attribue immédiatement l’action scandaleuse qui fonde l’accusation.