La tension du sujet
Pain, jambon, chaise, vent et rosée composent des bonheurs modestes qui rendent au corps sa capacité d’attention.
Ils restent précaires et ne valent ni confort bourgeois ni idéalisation de la misère ; leur force poétique vient de la transformation momentanée qu’ils rendent possible.
Problématique. Comment tenir ensemble ces deux exigences sans réduire le recueil à un slogan sur la liberté ?
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Partie 1
I. Les bonheurs matériels affranchissent le corps
I.a. Le Cabaret-Vert donne à la nourriture et au repos une dignité lyrique — enjeu pour « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique »
« Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottines » RIM-P18-V001
Dans la réponse à « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique », la liberté prend la forme concrète d’un corps assis, nourri et regardant ; le sonnet accueille le vocabulaire du repas et du cabaret, si bien que l’idéal naît du bien-être matériel plutôt que de son refus.
I.b. « La Maline » partage l’initiative amoureuse entre le voyageur et la serveuse — enjeu pour « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique »
« Une odeur de vernis et de fruits, à mon aise » RIM-P19-V002
Dans la réponse à « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique », le poème tire sa nouveauté de la modestie de la scène : gestes professionnels, diminutifs, sourire et discours direct permettent au désir de circuler sans idéalisation solennelle.
I.c. « Ma Bohème » transforme les souliers usés en instrument de poésie — enjeu pour « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique »
« J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ; » RIM-P22-V003
Dans la réponse à « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique », rimbaud ne nie pas le dénuement ; il le transforme par l’humour, les mythes et le rythme de la marche, jusqu’à faire des lacets de souliers une lyre et de la route un atelier de vers.
Partie 2
II. Ils restent fragiles et liés à la pauvreté du marcheur
II.a. Les poches crevées de « Ma Bohème » empêchent l’idéal d’oublier le dénuement — enjeu pour « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique »
« Mon unique culotte avait un large trou. » RIM-P22-V005
Dans la réponse à « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique », rimbaud ne nie pas le dénuement ; il le transforme par l’humour, les mythes et le rythme de la marche, jusqu’à faire des lacets de souliers une lyre et de la route un atelier de vers.
II.b. Le départ futur de « Sensation » libère le corps avant même que le voyage commence — enjeu pour « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique »
« Je ne parlerai pas, je ne penserai rien : » RIM-P02-V005
Dans la réponse à « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique », le poème libère le sujet en allégeant successivement ses vêtements, sa parole et sa pensée ; la nature n’est pas un décor, mais la force qui rend cette disponibilité possible.
II.c. Le sonnet du « Mal » associe beauté naturelle et accusation religieuse — enjeu pour « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique »
« Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !... » RIM-P14-V008
Dans la réponse à « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique », le contraste structure le réquisitoire : la splendeur naturelle rend le massacre intolérable, et le passage des soldats aux mères puis à l’autel dénonce un ordre qui convertit la souffrance en monnaie religieuse.
Partie 3
III. Leur mise en forme invente un idéal terrestre
III.a. Le sonnet amoureux accueille le rire et les gestes d’une expérience adolescente — enjeu pour « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique »
« Je baisai doucement ses yeux : » RIM-P01-V022
Dans la réponse à « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique », la première émancipation est corporelle et métrique : le désir se découvre dans les gestes, tandis que le sonnet accueille une voix adolescente qui joue avec ses propres audaces.
III.b. « Soleil et Chair » réemploie l’hymne et le mythe pour défendre le vivant — enjeu pour « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique »
« L'Homme est Dieu ! Mais l'Amour, voilà la grande Foi ! » RIM-P04-V037
Dans la réponse à « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique », rimbaud ne fuit pas simplement vers l’Antiquité : il mobilise ses dieux, sa lumière et ses formes héritées pour rendre au corps une dignité sacrée et attaquer les morales qui le séparent du monde.
III.c. « Ophélie » fait du chant une beauté traversée par la mort — enjeu pour « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique »
« Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles » RIM-P05-V033
Dans la réponse à « Les bonheurs matériels sont-ils une forme de liberté poétique », les reprises, les blancheurs et le mouvement de l’eau transforment Ophélie en présence chantée ; pourtant, la voix maintient la violence d’un idéal qui a brisé la jeune femme et interroge le désir d’infini du poète.
Conclusion
Pain, jambon, chaise, vent et rosée composent des bonheurs modestes qui rendent au corps sa capacité d’attention.
Ils restent précaires et ne valent ni confort bourgeois ni idéalisation de la misère ; leur force poétique vient de la transformation momentanée qu’ils rendent possible.
Destination : cette dissertation appartient exclusivement à la voie générale.