★ I.a. Un rien consistant : le démonstratif matérialise l’absence
Orientation. H.2 reprend le mot qui semblait annuler son grief et le transforme en cause.
Citation. « Et c’est à cause de ce rien… » (réplique 37).
Procédé principal. Paradoxe.
Procédé secondaire. Détermination démonstrative, « ce rien ».
Analyse. La coordination « Et » relance une parole déjà engagée dans la dénégation. La tournure causale « à cause de » attribue un pouvoir à ce qui suit. Or le nom « rien » désigne ordinairement l’absence d’objet. Le déterminant « ce » contrarie cette absence : il suppose une réalité montrable, déjà présente dans la mémoire des interlocuteurs, même si elle n’a pas encore reçu de contenu. Les points de suspension prolongent ce statut instable. H.2 ne complète pas immédiatement sa phrase, comme si la cause existait avant de pouvoir être exposée. La formule condense le projet de la pièce : faire apparaître ce qui agit dans une relation sans entrer dans les catégories du fait.
Effet sur le lecteur. Le lecteur perçoit qu’une absence lexicale reçoit soudain le poids d’une cause.
Interprétation. Sarraute donne une existence dramatique au presque-rien que la conversation ordinaire élimine.
Liaison. Comment H.1 transforme-t-il ce paradoxe en demande de justification ?