« Enrichis par les précieuses dépouilles du Pérou » Avertissement, § 3
Emploi en dissertation
Montrer que la critique du préjugé s’appuie sur une contradiction matérielle, et pas seulement sur un appel à la tolérance.
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Françoise de Graffigny · Lettres d’une Péruvienne
Dix thèmes pour comprendre les découvertes de Zilia et apprendre à les expliquer avec le texte.
Que découvre Zilia dans ce nouvel univers, et comment cela transforme-t-il sa vie ?
Arrachée au Pérou, Zilia découvre la France avec des repères qui rendent ses usages étranges. En apprenant à parler, lire et comparer, elle interroge le luxe, les inégalités et la condition des femmes. Ce nouvel univers transforme aussi sa vie : elle cherche à choisir ses relations et son avenir.
Comment la découverte d’un monde étranger permet-elle à Zilia de mieux comprendre la société et de décider de sa propre vie ?
Lettres d’une Péruvienne est un roman par lettres de Françoise de Graffigny. Nous lisons ici l’édition de 1752, qui comprend quarante et une lettres précédées d’un Avertissement et d’une Introduction historique. Zilia, jeune Péruvienne enlevée lors de la conquête, découvre la France tout en cherchant à retrouver Aza. Déterville et sa sœur Céline l’accueillent.
Le nouvel univers n’est pas seulement un pays différent. Zilia apprend à comprendre les autres, puis à discuter leurs habitudes et à décider de sa vie. Son regard critique se construit avec ses expériences ; il n’est ni toujours juste dès le début ni indépendant de ses sentiments.
Pars de la séparation : Zilia perd son pays et Aza. Observe ensuite ses moyens de comprendre : les quipos, les gestes, les mots français, l’écriture. Suis les questions que ses découvertes font naître sur le luxe, les inégalités et les femmes. Enfin, examine ce qu’elle choisit pour elle-même : des ressources, une maison et des relations dont elle fixe les conditions.
Ouvre un thème, lis son introduction, puis examine les quatre passages. Chaque référence conduit au texte intégral. Pour une dissertation, choisis la fiche qui répond précisément à ton argument.
Avant les lettres de Zilia, l’Avertissement s’adresse au lecteur européen. Il lui demande de ne pas juger les Péruviens seulement à partir de ses propres habitudes. La découverte commence donc par une difficulté : accepter qu’une personne différente puisse penser et parler autrement que nous.
Peut-on découvrir un autre monde si l’on exige d’avance qu’il ressemble au sien ?
« Enrichis par les précieuses dépouilles du Pérou » Avertissement, § 3
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Montrer que la critique du préjugé s’appuie sur une contradiction matérielle, et pas seulement sur un appel à la tolérance.
« nous n'accordons du mérite aux autres nations qu'autant que leurs mœurs imitent les nôtres » Avertissement, § 4
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Expliquer comment le roman remet en question la prétention d’une société à servir de modèle universel.
« Nous méprisons les Indiens » Avertissement, § 5
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Distinguer la critique adressée au lecteur dans l’Avertissement du regard que Zilia portera ensuite sur la France.
« les premières lettres de Zilia ont été traduites par elle-même » Avertissement, § 8
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Étudier la manière dont le roman donne une autorité narrative à son personnage féminin.
Zilia ne part pas en voyage par curiosité. Son histoire commence par un enlèvement, au milieu de la conquête du Pérou. L’Introduction historique et la première lettre montrent les violences qui rendent possible sa découverte forcée d’un nouvel univers.
Que change le fait de découvrir la France après avoir été arrachée à son pays ?
« ils avaient trop laissé voir leurs immenses richesses pour obtenir des ménagements de leur part » Introduction historique, § 9
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Montrer que le récit dénonce l’avidité des conquérants plutôt qu’un simple affrontement entre deux cultures.
« Un peuple entier, soumis et demandant grâce, fut passé au fil de l'épée. » Introduction historique, § 10
Emploi en dissertation
Analyser la façon dont le texte fait apparaître la conquête comme une violation des droits humains.
« les tristes victimes d'un peuple avare » Introduction historique, § 11
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Contester l’idée que la supériorité militaire prouve la supériorité d’une civilisation.
« l'image du Soleil foulée aux pieds » Lettre 1, § 13
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Relier la violence collective à la perte des repères personnels de l’héroïne.
Les lettres s’adressent d’abord à Aza, absent. Zilia utilise des quipos, des cordons noués, puis l’écriture française. Ces moyens changent, mais ils répondent à un même besoin : donner une forme à ses pensées et conserver une relation malgré la séparation.
L’écriture peut-elle rapprocher les absents sans supprimer la distance ?
« une peinture fidèle de nos actions et de nos sentiments » Lettre 1, § 9
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Montrer que l’écriture sert à conserver une histoire commune, et pas seulement à transmettre une information.
« par quelle voie pourrai-je les faire passer jusqu'à toi ? » Lettre 1, § 16
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Expliquer comment la forme épistolaire rend sensible l’incertitude de la séparation.
« je crois te parler » Lettre 4, § 6
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Nuancer l’efficacité de l’écriture : elle soulage sans remplacer la présence de l’être aimé.
« je me hâte d’en faire les interprètes de ma tendresse. » Lettre 18, § 2
Emploi en dissertation
Montrer la continuité entre les quipos et l’écriture française dans l’histoire personnelle de Zilia.
Le regard de Zilia rend étranges des objets familiers au lecteur. Un navire, un miroir ou une maison prennent un sens nouveau selon ce qu’elle sait et ce qu’elle ressent. Le roman montre ainsi que voir n’est jamais une opération entièrement neutre.
Les yeux nous donnent-ils la vérité, ou seulement une première interprétation ?
« cette maison comme suspendue, et ne tenant point à la terre » Lettre 3, § 5
Emploi en dissertation
Étudier le décalage entre personnage et lecteur, qui permet de redécouvrir les objets ordinaires.
« Qu’ai-je vu ? » Lettre 6, § 2
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Montrer que le regard étranger est lié à une émotion et ne se réduit pas à une observation froide.
« la figure que je voyais, était la mienne » Lettre 10, § 6
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Relier l’étonnement devant les objets à la remise en question des certitudes du personnage.
« les fleurs me semblaient plus belles » Lettre 35, § 19
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Montrer que la perception dépend aussi de la situation et des sentiments de celui qui regarde.
Au début, Zilia ne peut ni poser ses questions ni comprendre les réponses. Apprendre le français lui demande du temps et des efforts. Cette acquisition ne lui apporte pas seulement des mots : elle lui permet de former et de défendre ses jugements.
Que devient le regard étranger lorsqu’il peut enfin s’expliquer ?
« En vain, j’emploie mon attention et mes efforts pour entendre, ou pour être entendue » Lettre 4, § 2
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Expliquer pourquoi la communication est une condition de l’autonomie du personnage.
« le nom du Cacique est Déterville » Lettre 9, § 5
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Montrer que l’apprentissage avance par rectifications successives plutôt que par révélation immédiate.
« donner une sorte d’existence aux pensées » Lettre 16, § 4
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Étudier comment la description d’une technique familière devient une réflexion sur la pensée.
« je suis à présent plus savante qu’elles à cet égard. » Lettre 34, § 10
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Montrer le renversement des positions entre l’élève étrangère et la société qui l’accueille.
Zilia admire l’habileté des Français et certaines de leurs réalisations. Elle ne condamne pas tout ce qui est beau. Elle demande en revanche pourquoi on dépense tant pour paraître, surtout lorsque ces dépenses font oublier les besoins et les devoirs essentiels.
À quel moment le plaisir de posséder devient-il un dérèglement ?
« les Français ont choisi le superflu pour l’objet de leur culte. » Lettre 28, § 5
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Analyser la critique des valeurs d’une société à travers ses dépenses.
« les meubles fragiles et sans usage » Lettre 29, § 3
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Opposer la valeur sociale d’un objet à sa valeur d’usage.
« après avoir établi leurs maisons sur une aisance honnête. » Lettre 29, § 4
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Nuancer une dissertation qui ferait de Zilia une ennemie de toute richesse ou de toute beauté.
« sans manquer à l’humanité et à la justice » Lettre 29, § 5
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Montrer que la critique économique repose sur une exigence de justice.
En France, Zilia découvre que l’argent conditionne l’accès aux ressources et la place de chacun. Elle est elle-même accueillie grâce à la générosité des autres. Son interrogation sur les inégalités est donc aussi une question très concrète : comment vivre sans être humiliée ou dépendante ?
Pourquoi recevoir de l’aide peut-il être ressenti comme une perte de liberté ?
« ce qu’on appelle commerce, ou industrie » Lettre 20, § 4
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Expliquer comment le regard étranger transforme l’organisation économique en question.
« cette terre que la nature a donnée à tous les hommes. » Lettre 20, § 6
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Mettre en évidence la tension entre égalité naturelle et inégalités sociales.
« souffrir de l’idée que les autres ont de moi » Lettre 20, § 8
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Distinguer la lucidité intellectuelle de la capacité à échapper aux effets du regard des autres.
« une vie indépendante » Lettre 35, § 16
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Montrer que la liberté finale est préparée par des conditions économiques précises.
Zilia cherche la cause du mépris qu’elle observe envers les femmes. Elle met en relation leur éducation, leur mariage et les exigences qu’on leur impose. Sa critique ne présente pas les femmes comme incapables : elle examine ce qui les empêche de développer leurs capacités.
Peut-on reprocher aux femmes des défauts que leur éducation contribue à produire ?
« le chef-d’œuvre de l’inconséquence française. » Lettre 34, § 1
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Analyser la critique d’un système d’éducation plutôt qu’un jugement sur une prétendue nature féminine.
« on les enferme dans une maison religieuse pour leur apprendre à vivre dans le monde » Lettre 34, § 3
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Montrer comment une construction de phrase rend visible une contradiction sociale.
« des vertus qu’ils ne leur font pas connaître » Lettre 34, § 7
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Expliquer pourquoi les défauts individuels ne peuvent pas être séparés des institutions.
« les femmes seules y doivent être assujetties. » Lettre 34, § 15
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Relier le refus final du mariage à la critique des rapports inégaux entre hommes et femmes.
Aza demeure longtemps le centre de la vie de Zilia. Pourtant, les lettres font évoluer le sens de cet amour : reconnaissance envers celui qui l’a instruite, espoir de retrouvailles, déception et fidélité douloureuse. Il faut suivre ces changements sans réduire Zilia à une amoureuse aveugle ou à une héroïne déjà libérée de tout attachement.
Comment la fidélité peut-elle être à la fois un choix et une souffrance ?
« Tu n'as pu souffrir qu'un être semblable au tien fût borné à l'humiliant avantage de donner la vie à ta postérité. » Lettre 2, § 4
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Montrer que l’attachement à Aza comporte une dimension intellectuelle et morale.
« Séduit par les charmes d’une jeune Espagnole » Lettre 38, § 7
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Étudier la façon dont la fin du récit transforme la lecture des premières lettres.
« tu les as vue baignés de mes larmes » Lettre 39, § 4
Emploi en dissertation
Montrer que l’acquisition d’un jugement critique n’empêche pas la vulnérabilité amoureuse.
« fidèle à moi-même, je ne serai point parjure. » Lettre 41, § 5
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Nuancer l’idée d’une rupture finale simple et complète avec le passé.
À la fin du roman, Zilia ne veut ni se marier par reconnaissance ni renoncer à toute affection. Elle définit les liens qu’elle accepte et les activités auxquelles elle souhaite consacrer sa vie. Le nouvel univers devient alors un espace de choix, sans effacer les épreuves traversées.
L’indépendance consiste-t-elle à vivre sans les autres ou à choisir ses liens ?
« les douceurs de la liberté » Lettre 40, § 8
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Montrer que l’autonomie se construit progressivement après la douleur.
« une soumission aveugle à mes volontés » Lettre 41, § 3
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Distinguer les paroles de respect du respect effectif de la volonté d’autrui.
« Toujours occupée, je saurai me faire des plaisirs nouveaux » Lettre 41, § 8
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Éviter de confondre retrait de la société, ennui et renoncement au monde.
« je suis, je vis, j’existe » Lettre 41, § 10
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Montrer comment la fin déplace la recherche du bonheur vers une vie dont Zilia éprouve elle-même le prix.
En découvrant la France, Zilia apprend à juger la société et à choisir sa vie.
Chaque branche explique une étape de cette découverte. La citation rappelle le passage qui l’éclaire.
Une citation par thème, reprise des fiches pour faciliter la révision.
« Nous méprisons les Indiens » Avertissement, § 5
« les tristes victimes d'un peuple avare » Introduction historique, § 11
« je crois te parler » Lettre 4, § 6
« Qu’ai-je vu ? » Lettre 6, § 2
« le nom du Cacique est Déterville » Lettre 9, § 5
« les meubles fragiles et sans usage » Lettre 29, § 3
« une vie indépendante » Lettre 35, § 16
« le chef-d’œuvre de l’inconséquence française. » Lettre 34, § 1
« fidèle à moi-même, je ne serai point parjure. » Lettre 41, § 5
« je suis, je vis, j’existe » Lettre 41, § 10
Découvrir un nouvel univers ne signifie pas, pour Zilia, quitter librement ses habitudes afin d’en essayer d’autres. La conquête la sépare brutalement de son pays et de celui qu’elle aime. Cette origine oblige à lire ensemble les découvertes qui l’émerveillent et les violences qui les ont rendues possibles. L’Introduction historique rappelle les richesses convoitées et les droits violés ; les lettres donnent à ces événements la dimension d’une expérience personnelle. Zilia ne parle pas au nom de tous les Péruviens, mais sa souffrance empêche de réduire la rencontre entre les peuples à un échange heureux et égal.
Dans ce monde inconnu, comprendre est un travail. Les quipos maintiennent le lien avec Aza, mais les messages dépendent de leurs porteurs. Les gestes peuvent rassurer et tromper. Le regard saisit des objets sans toujours connaître leur usage. La langue française rend ensuite les questions et les échanges plus précis. Le roman fait donc progresser le lecteur avec Zilia, tout en lui donnant parfois une avance sur elle. Cette différence n’autorise pas à la mépriser : elle invite aussi le lecteur à reconnaître combien ses propres certitudes viennent d’habitudes apprises.
Les découvertes de Zilia deviennent progressivement des questions adressées à la société française. Pourquoi honorer le superflu lorsque le nécessaire manque ? Pourquoi attacher la honte à une pauvreté qui ne dépend pas de la volonté ? Pourquoi attendre des femmes des qualités qu’on ne leur apprend pas à former ? Ces interrogations se rejoignent sans être identiques. Elles confrontent les paroles aux actes, les buts annoncés aux moyens employés, et les avantages de quelques-uns aux difficultés des autres. Le regard étranger permet ainsi de rendre discutables des règles que les habitants présentent comme évidentes.
Enfin, la réflexion ne supprime pas les sentiments. Zilia aime, espère, se trompe et souffre encore alors qu’elle sait déjà observer la France avec lucidité. Sa décision finale ne constitue pas un retour à l’innocence du début. Elle repose sur ce qu’elle a appris et sur les ressources dont elle dispose désormais. Elle ne promet pas à Déterville un amour qu’elle ne ressent pas ; elle lui propose une autre relation. L’œuvre conduit ainsi de la séparation subie au choix de ses liens : le nouvel univers est aussi celui d’une existence que Zilia apprend à définir elle-même.
Le roman place au premier plan une femme étrangère qui apprend, compare et juge. Zilia n’est pas seulement un personnage que les autres regardent : sa parole organise ce que le lecteur découvre. Sa progression ne la conduit pas à devenir simplement française ni à renoncer à tout ce qu’elle a été. Elle oblige à penser ensemble l’attachement à un passé et le droit de choisir son avenir.
Un détail de l’Introduction historique éclaire la portée philosophique de ce déplacement : le texte fait entendre Montaigne condamnant les « Mécaniques victoires ! » de la conquête. Le jugement moral se sépare ici du succès militaire. Gagner ne suffit pas à avoir raison ; il faut encore examiner les moyens employés et ce que les vainqueurs recherchent. Ce principe aide à lire les questions de Zilia : la puissance, la richesse ou le rang d’une personne ne prouvent pas la justesse de sa conduite.
La réflexion revient donc à une scène précise : un peuple soumis demande grâce et subit pourtant le massacre. Le texte invite à juger les actes à partir de leurs effets sur les êtres humains, et non du prestige de ceux qui les accomplissent. Relire l’Introduction historique, § 10.
Ce parcours existe aussi en document à imprimer, pour travailler sur papier.
Le programme de première, dans les voies générale et technologique, inscrit Lettres d’une Péruvienne avec le parcours « un nouvel univers s’est offert à mes yeux ». Il demande d’inclure l’Introduction historique et les lettres XXVIII, XXIX, XXX et XXXIV de l’édition augmentée de 1752.
Résumé des prescriptions du Programme national d’œuvres pour 2026-2027, Bulletin officiel n° 30 du 24 juillet 2025. Lire le texte officiel complet.
Le programme ne prescrit ni ces dix thèmes, ni cette problématique, ni un plan de dissertation.
Les explications, les dessins et les fiches aident à lire l’œuvre et à préparer ses arguments. Ce sont des propositions pédagogiques, pas des consignes du Bulletin officiel.