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Sur une table en bois, un quipu multicolore à gauche fait face à une page couverte de traces d’encre à droite ; deux mains aux manchettes bleues travaillent entre les deux.
Traduire rapproche deux formes de parole et rend visible le travail de passage.

L’ESSENTIEL · PREMIÈRE GÉNÉRALE · BAC DE FRANÇAIS

Traduire le regard étranger

Dissertation n° 1

Françoise de Graffigny, Lettres d’une Péruvienne (1752)

Objet d’étude : la littérature d’idées du XVIe au XVIIIe siècle

Parcours : « Un nouvel univers s’est offert à mes yeux »

L’Avertissement demande qu’on veuille bien croire une Péruvienne, et avoue dans le même mouvement avoir retranché ses métaphores. Un regard étranger doit-il être traduit pour être entendu, ou se perd-il dans sa traduction ?

Vous répondrez à cette question dans un développement organisé, en vous appuyant sur l’œuvre, le parcours associé et votre culture littéraire.

Sujet d’entraînement proposé pour ce dossier.

Ce que précise le programme national

Avant d’entrer dans le devoir

Imagine que quelqu’un te confie une lettre dans une langue que tu ne connais pas. Une traduction te permet de la lire. Seulement, si la personne qui traduit retire des images ou réécrit une pensée, que lis-tu exactement ? C’est cette difficulté que Graffigny place à l’entrée de son roman. Tu peux la comprendre sans avoir étudié la théorie de la traduction.

Le nœud du sujet

Zilia est un personnage inventé par Graffigny. Dans la fiction, elle écrit d’abord avec des cordons noués, les quipos, puis apprend le français. L’Avertissement présente ses lettres comme traduites par elle-même et retouchées avant leur publication. Il faut distinguer ces gestes : apprendre une langue, traduire sa propre parole et modifier le texte d’une autre personne.

La direction du corrigé

Nous suivrons trois étapes : la traduction donne accès à une voix ; cet accès transforme ce qu’il transmet ; le roman rend ces transformations visibles. La dernière étape ne cherche pas un compromis vague. Elle change la question : à quelles conditions peut-on accueillir une parole étrangère sans décider à sa place de ce qu’elle veut dire ?

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La fiche méthode

Apprendre à écrire cette dissertation, pas à pas

Ouvre le point dont tu as besoin, puis retrouve son application dans le corrigé.

Une pierre taillée repose près d’un rouleau déployé portant le dessin sans légende d’une arche.Pourquoi une dissertation ?Disserter consiste à construire une réponse : chaque idée prend place dans un ensemble.

Apprendre à soutenir une idée.

Tu n’as pas à raconter tout le roman. Tu dois répondre à une question en donnant des raisons, puis des preuves prises dans le livre. Ici, la question porte sur ce qui arrive à une parole lorsqu’elle change de langue. Une liste de toutes les scènes où Zilia écrit ne suffirait pas : il faut expliquer ce que chacune permet de comprendre.

Pense aux cordons noués de Zilia. Dans notre quipo de la dissertation, chaque nœud représente un paragraphe : une idée tient lorsqu’elle est reliée à une preuve expliquée. Commence petit : une idée que tu peux défendre, puis un passage qui la rend vérifiable. Tu pourras essayer ce geste dans le jeu, après le corrigé.

Ce que tu pourrais écrireCe que cela fait
Zilia apprend le français.Un fait du récit. Il reste à lui donner un rôle dans la réponse.
Cette évolution est très intéressante.Une appréciation. Elle n’explique pas ce qui se joue.
La langue française agrandit le jugement de Zilia parce qu’elle relie ses perceptions à des connaissances jusque-là inaccessibles.Un argument : une idée accompagnée de sa raison. La lettre XVIII permettra de l’établir.

Le test utile est « parce que ». Si tu peux ajouter une raison précise, tu commences à argumenter. Vérifie ensuite que cette raison est juste et qu’elle répond au sujet : le connecteur, à lui seul, ne prouve rien.

Une grande loupe cerclée d’or entoure un cordon noué, une plume claire et une paire de ciseaux.1. Avant d’écrire : comprendre le sujetComprendre les mots du sujet fait apparaître les gestes et les enjeux cachés dans ses termes.

Trois mots, une difficulté précise.

Relis le sujet entier. Son début t’envoie à l’Avertissement, sans limiter la réflexion à cette seule page. Le reste du roman permet de suivre l’apprentissage de Zilia et la transformation de ses échanges.

Mot du sujetSens dans cette œuvre
Un regard étrangerLa façon dont Zilia voit et juge la société française avec des repères d’abord péruviens.
TraduireChanger de langue ; rendre compréhensible une expérience ; dans la fiction éditoriale, donner une forme publiable aux lettres.
Être entenduÊtre compris et reconnu comme une personne dont la pensée compte.
Se perdreVoir disparaître des images, des nuances ou une part de maîtrise sur sa propre parole.

Tu tiens la difficulté : la langue commune donne accès à Zilia, alors que les retouches peuvent réduire ce qui la distingue. Ne choisis pas trop vite un camp. Demande-toi plutôt comment le roman nous fait connaître ces transformations.

Trois pièges propres à ce sujet. Zilia n’est pas une correspondante historique retrouvée dans des archives. Apprendre le français n’est pas la même opération que supprimer une figure dans un manuscrit. Enfin, tout ce qui facilite la compréhension ne constitue pas nécessairement une violence : il faut examiner les opérations précises et leurs effets.

Sept blocs de pierre distincts forment un escalier montant vers la droite.2. L’introduction : sept temps, dans cet ordreLes étapes de l’introduction conduisent progressivement du sujet à la question puis au plan.

Passer des mots à la bonne question.

L’introduction conduit la personne qui corrige jusqu’à ton problème. Chaque étape fait un travail différent. La deuxième garde l’énoncé entier ; la cinquième choisit l’angle qui guidera ta réponse.

ÉtapeCe que tu faisApplication à ce sujet
1. AmorceUn fait littéraire précis.L’Avertissement de 1752 raconte comment les lettres auraient été transmises.
2. Répétition du sujetTu reproduis l’énoncé sans le modifier.L’Avertissement demande qu’on veuille bien croire une Péruvienne, et avoue dans le même mouvement avoir retranché ses métaphores. Un regard étranger doit-il être traduit pour être entendu, ou se perd-il dans sa traduction ?
3. Analyse des termesTu définis les mots en contexte.Regard étranger, traduire, être entendu, se perdre.
4. Chemin vers la problématiqueTu fais apparaître la difficulté qui relie ces mots.Le français ouvre la parole de Zilia au public, tandis que la révision impose des choix français à son expression.
5. ProblématiqueUne seule question, précise et ouverte.Comment Graffigny fait-elle de la traduction une condition de reconnaissance dont le roman révèle aussi les pouvoirs et les limites ?
6. Annonce du planTrois questions successives, une par partie.Comment la traduction ouvre-t-elle un espace à la parole de Zilia ? Quels déplacements impose-t-elle aux formes de cette parole ? Comment le roman rend-il ses médiations discutables ?
7. Entrée dans la première partieUne phrase conduit au premier point étudié.L’Avertissement commence par dénoncer le préjugé qui refuse une pensée aux peuples éloignés des usages européens.

Tu peux retrouver ce chemin sans apprendre l’introduction par cœur : accès à la parole, transformation de cette parole, examen de la transmission. La problématique naît de ce problème, elle ne tombe pas après une simple liste de définitions.

Trois arches de pierre de tailles croissantes s’alignent de gauche à droite.3. Le plan : il avance, il ne balance pasLes parties du plan font avancer la réponse en lui donnant une progression visible.

Chaque partie rend la suivante nécessaire.

Le sujet contient une alternative. La recopier en trois parties produirait un oui, un non, puis un entre-deux difficile à défendre. Le corrigé suit les opérations du roman et fait progresser la réponse.

PartieCe qu’elle établitPourquoi aller plus loin ?
I. Donner une place à la parole étrangèreLe français permet la reconnaissance, l’expression et de nouvelles connaissances.L’accès peut demander des transformations : il faut en mesurer le prix.
II. Transformer ce que l’on transmetDes images sont retranchées, des pensées reformulées et les cordons remplacés par le papier.Le roman révèle lui-même une partie de ces opérations : cet aveu demande à être compris.
III. Reconnaître les médiationsLes conditions de transmission et de jugement deviennent discutables ; Zilia pose les termes d’une relation.La conclusion peut répondre : accueillir une voix exige aussi de reconnaître ce qui agit sur elle.

Le dernier point ne prétend pas que toutes les pertes sont réparées. Il explique ce que permet leur visibilité. C’est ce déplacement qui donne une troisième étape au devoir, au lieu d’ajouter une conclusion étirée.

Cinq blocs rouges, beiges, verts, bleus et ocres s’emboîtent dans un petit mur solide.4. Le paragraphe : cinq temps pour une idéeUn paragraphe tient quand ses éléments se soutiennent et servent la même idée.

L’argument reçoit une preuve expliquée.

Dans chaque sous-partie rédigée, tu retrouveras cinq étiquettes. Elles rendent le travail visible pendant l’apprentissage. Sur ta copie, le paragraphe devient une prose continue : tu n’y recopies pas ces étiquettes.

TempsQuestion à te poserExemple dans I.3
ArgumentQuelle idée précise vais-je défendre, et pour quelle raison ?La langue française agrandit le jugement de Zilia parce qu’elle relie ses perceptions à des connaissances jusque-là inaccessibles.
JustificationComment cette idée fonctionne-t-elle dans l’œuvre ?La lettre XVIII associe l’apprentissage, une nouvelle géographie et la douleur de la distance.
CitationQuels mots permettent de vérifier ce point ?Zilia écrit : « Les objets ont pris une autre forme » (lettre XVIII, paragraphe 4).
ExplicationQue font ces mots et cette construction ?Le passé composé présente un changement acquis. Le mot « forme » concerne la perception : les choses ne se métamorphosent pas matériellement.
RécapitulatifQuelle conséquence la preuve permet-elle de tirer ?Par conséquent, l’instruction augmente les moyens de s’orienter dans l’exil tout en rendant plus sensible la séparation d’avec le Pérou.

La justification développe plusieurs observations liées. L’explication s’approche ensuite des mots cités. Si les deux passages répètent la même chose, le paragraphe n’avance plus. Ici, l’un suit l’évolution du savoir dans la lettre ; l’autre précise le sens d’une phrase.

Pour t’entraîner, cache l’explication de I.3. Essaie de dire ce que signifie « une autre forme », puis compare avec le corrigé. Tu n’as pas besoin de trouver les mêmes phrases ; il faut produire une explication exacte.

Une petite passerelle de planches, fixée par des cordes, relie deux tables de bois séparées.5. Entre les paragraphes : liaisons et transitionsUne liaison montre pourquoi l’idée suivante découle de celle qui précède.

Faire sentir pourquoi on poursuit.

Une liaison relie deux sous-parties dans la même partie. Elle pose une question courte qui appelle l’idée suivante. Après avoir étudié le préjugé européen, I.1 demande : « Qui conserve la maîtrise de cette parole lorsqu’elle change de langue ? » La question prépare la place de Zilia comme traductrice.

Une transition relie deux grandes parties. Elle nomme l’acquis, sa limite et la nouvelle difficulté. Voici celle qui conduit de I à II :

L’accès au français rend la parole partageable et transforme les connaissances de Zilia. Les opérations de transmission touchent aussi les formes de cette parole. Que reste-t-il de son expression lorsque les usages français décident de ce qui doit être conservé ?

Le premier énoncé rappelle ce que le français rend possible. Le deuxième introduit le coût de la transmission. La question finale lance l’examen des retouches. Aucune phrase ne se contente d’annoncer un changement de partie.

Il y a une liaison entre I.1 et I.2, puis entre I.2 et I.3 ; la même disposition vaut dans les deux autres parties. Une transition suit I, une autre suit II. Après III, tu passes à la conclusion : aucune transition supplémentaire n’est nécessaire.

Un livre bleu fermé laisse dépasser cinq rubans marque-pages rouge, bleu, or, vert et violet.6. Les mots‑repères en grasLes mots repères rendent le mouvement de la pensée plus facile à suivre.

Un vocabulaire précis, toujours expliqué.

Les mots en gras aident à retrouver les idées. Ils ne servent pas à impressionner. Dans les justifications, cinq repères distincts signalent les points que tu peux apprendre à nommer. Sur la copie manuscrite, tu gardes les mots utiles sans reproduire le gras.

MotCe qu’il permet de nommer
PréjugéUn jugement déjà fixé qui empêche de reconnaître les qualités d’autrui.
Fiction éditorialeLe récit inventé qui présente le roman comme des lettres reçues, traduites et publiées.
NormeLa règle de ce qu’un groupe considère comme une forme recevable ; ici, les usages français.
SupportLa matière qui porte les signes : cordons, papier, livre.
MédiationL’opération ou l’intermédiaire par lesquels une parole nous parvient.
RéciprocitéUn échange dans lequel chacun apporte quelque chose à l’autre.

Pour choisir tes propres repères, pars d’une observation. Si tu vois des suppressions justifiées par l’usage français, le mot « norme » devient utile. Si tu ne peux rattacher un terme à aucun fait du texte, retire-le. Un mot précis vaut mieux qu’une liste savante.

Trois pierres taillées en coin sont alignées devant une arche de pierre achevée.7. La conclusion : trois tempsLa conclusion rassemble les acquis de la démonstration et donne sa réponse à la question.

Répondre, rassembler, prolonger.

La fin du devoir ne reprend pas toute l’enquête. Elle donne la réponse acquise, en rappelle la logique et ouvre un rapprochement littéraire précis.

TempsGesteApplication
1. RéponseTu réponds à la problématique.Le roman fait reconnaître une voix étrangère en révélant aussi les interventions qui la rendent accessible.
2. RécapitulatifTu rassembles les trois étapes.La parole devient partageable ; sa transmission la transforme ; les médiations demandent un examen.
3. OuvertureTu proposes un rapprochement littéraire justifié.Les Lettres persanes, déjà citées dans l’Avertissement, permettent de comparer les dispositifs de regard étranger.

N’ajoute pas soudain une opinion sur les traductions que tu regardes à la télévision. L’ouverture reste littéraire et découle du problème traité. Le rapprochement avec Montesquieu vient ici du roman lui-même.

Un fil vertical terminé par un poids doré pend devant un petit mur de pierres maçonnées.8. Les rappels d’orLes règles de méthode servent de repères pour garder une argumentation droite et cohérente.

Garder le texte et la question ensemble.

  • Une idée par sous-partie, avec une raison donnée par « parce que ».
  • Une citation brève, exacte et localisée. Ici, les lettres portent leur numéro et le passage son paragraphe.
  • La citation entre dans une phrase : Zilia écrit, l’Avertissement précise, la voix éditoriale reconnaît.
  • Une explication des mots cités, suivie d’une conséquence pour la réponse.
  • Des transitions qui portent sur les idées du livre, sans raconter le travail de la copie.
  • Aucun état intérieur inventé : tu analyses ce que les lettres disent et construisent.
  • Un exemple extérieur seulement s’il est littéraire et utile au rapprochement ; le roman étudié reste la source principale des preuves.

Dans ce corrigé d’entraînement, la justification commence par « En effet » et le récapitulatif par « Par conséquent ». Les autres articulations passent par des rapports explicites : « parce que », « puisque », « tandis que ». Ce sont les choix d’écriture de ce modèle, pas une liste d’interdictions du Bulletin officiel.

Une main à manchette rouge tient une brique au-dessus d’un lit d’argile où son empreinte rectangulaire reste visible.9. Dans la tête du dragon lecteur : ses attentesRelire en correcteur, c’est confronter ce qu’on voulait construire à ce que le texte montre.

Une réponse que l’on peut suivre.

Le dragon, ici, c’est une image pour te représenter la personne qui lira ta copie. Il ne demande pas que tu retrouves exactement notre plan. Il doit pouvoir suivre une réponse fondée sur l’œuvre.

  • La cohérence. Si tu affirmes que traduire efface toute liberté, comment expliquer la dernière lettre de Zilia ? Ta réponse doit pouvoir intégrer les passages qui la compliquent.
  • La précision. La personne qui corrige doit savoir si tu parles de Graffigny, de Zilia ou de la voix de l’Avertissement. Les confondre brouillerait toute la démonstration.
  • La lisibilité. Des paragraphes distincts, des phrases liées et des citations expliquées permettent de comprendre le chemin sans avoir à le reconstruire.

Ce sujet demande surtout une distinction : rendre compréhensible et rendre conforme ne sont pas toujours le même geste. Appuie-toi sur les retouches avouées pour expliquer quand l’un conduit à l’autre.

Une feuille au bord déchiré est placée près d’une feuille complète traversée en diagonale par une règle sans chiffres.10. Sécuriser ta copieLa vérification finale repère les manques et les ruptures avant de rendre la copie.

Relire ce qui peut faire dérailler la réponse.

GravitéErreur de méthodeGeste de correction
⛔ RédhibitoireModifier le sujet pour répondre à une autre question.Revenir à l’énoncé exact et vérifier le lien de chaque partie avec lui.
⛔ RédhibitoireInventer une citation ou attribuer une phrase à la mauvaise voix.Retrouver le passage dans l’œuvre et identifier qui parle.
⚠ GraveJuxtaposer un argument et une citation sans l’expliquer.Nommer un fait de langue et montrer ce qu’il apporte à l’idée.
⚠ GraveRépéter la justification à la place de l’explication.Développer d’abord le mécanisme, puis examiner les mots exacts de la preuve.
⚠ GraveConclure le paragraphe en répétant son début.Formuler la conséquence gagnée grâce à la preuve.
· À éviterEmployer un terme savant sans savoir le définir.Le remplacer par une observation précise et intelligible.

Sur ce sujet, trois vérifications supplémentaires. Zilia reste un personnage de roman. Le changement de support n’efface pas tous ses souvenirs. L’amitié finale n’est pas un consentement caché au mariage : la lettre en précise les limites.

Prends deux minutes pour relire une sous-partie avec ces questions. Corriger un lien faible vaut mieux qu’ajouter à la dernière minute un exemple que tu n’auras pas le temps d’expliquer.

Tu as la méthode

Maintenant, regarde-la travailler.

Dans le corrigé, repère les cinq temps de chaque paragraphe. Le raisonnement avance de l’accès à une voix jusqu’au respect de ce qu’elle veut dire.

Le dossierLa dissertation rédigée, point par point
Une porte de bois entrouverte révèle un quipu suspendu et un livre ouvert.IntroductionL’introduction ouvre un passage entre les formes d’expression que la traduction met en relation.

Les sept étapes dans leur ordre.

Amorce

En 1752, l’Avertissement des Lettres d’une Péruvienne expose les opérations qui auraient rendu possible la publication des lettres.

Répétition du sujet

L’Avertissement demande qu’on veuille bien croire une Péruvienne, et avoue dans le même mouvement avoir retranché ses métaphores. Un regard étranger doit-il être traduit pour être entendu, ou se perd-il dans sa traduction ?

Analyse des termes

Le regard étranger désigne les perceptions et les jugements de Zilia, Péruvienne déplacée en France. Traduire signifie changer de langue et rendre intelligible une expérience située dans une autre culture. Être entendu suppose de comprendre une parole et de lui reconnaître une valeur. La perte concerne les images, les nuances et la maîtrise de cette parole.

Chemin vers la problématique

La fiction présente le français comme un moyen d’expression acquis par Zilia au cours de son séjour. Elle attribue ensuite à une voix éditoriale des suppressions justifiées par les habitudes françaises. La transmission devient problématique lorsque ses conditions de lisibilité autorisent un autre discours à régler celui de l’étrangère.

Problématique

Comment Graffigny fait-elle de la traduction une condition de reconnaissance dont le roman révèle aussi les pouvoirs et les limites ?

Annonce du plan

Comment la traduction ouvre-t-elle un espace à la parole de Zilia ? Quels déplacements impose-t-elle aux formes de cette parole ? Comment le roman rend-il ses médiations discutables ?

Entrée dans la première partie

L’Avertissement commence par dénoncer le préjugé qui refuse une pensée aux peuples éloignés des usages européens.

Un quipu coloré pend au-dessus d’une lettre dépliée sur une table, près d’une fenêtre bleue ouverte.I. La traduction donne une place à la parole étrangèreTraduire peut rendre une voix étrangère audible et ouvrir son regard à un autre lecteur.

La partie rédigée en trois sous-parties.

Une parole étrangère rencontre des jugements qui précèdent son expression. Son accès au français engage la possibilité même de la faire reconnaître.

I.1.Un préjugé qui mesure autrui à soi
Argument

La traduction ouvre un espace de reconnaissance parce que le préjugé européen réserve son estime aux paroles qui lui ressemblent.

Justification

En effet, l’Avertissement place le préjugé avant la découverte des lettres et révèle son pouvoir de sélection. Le mérite des autres nations dépend d’une ressemblance avec les habitudes françaises, ce qui soumet leur valeur à une mesure extérieure. Les mœurs et la langue occupent deux positions parallèles dans cette exigence de conformité. La restriction réduit la reconnaissance à ces conditions, au lieu de lui donner pour fondement les qualités des peuples considérés. La traduction fournit un accès à ce public exigeant, tout en exposant l’injustice de son critère. L’existence du recueil répond à cette fermeture en présentant une Péruvienne capable de juger les usages européens.

Citation

La voix de l’Avertissement dénonce cette exigence : « que leur langue se rapproche de notre idiome » (Avertissement, paragraphe 4).

Explication

Le possessif « notre » rassemble la voix éditoriale et le public français dans une même communauté linguistique. Ce groupe devient le point de référence du verbe « se rapproche », qui mesure une distance à réduire. La proposition dépend de la restriction précédente, ouverte par « qu’autant que » : elle formule une condition d’admission. L’idiome français acquiert une autorité qui dépasse la simple compréhension des mots. La phrase permet de comprendre pourquoi la traduction facilite une rencontre déjà réglée par un rapport inégal entre les cultures.

Récapitulatif

Par conséquent, l’accueil des lettres met en cause les critères européens de légitimité au moment même où il doit les affronter.

Qui conserve la maîtrise de cette parole lorsqu’elle change de langue ?

I.2.Une héroïne présentée comme sa propre traductrice
Argument

La fiction préserve une initiative de Zilia parce qu’elle lui attribue la traduction de ses propres lettres.

Justification

En effet, le récit de la transmission établit une continuité entre les premiers signes et les lettres françaises. La même main est censée avoir accompli les deux opérations, ce qui limite la place d’un interprète extérieur. Le loisir de la retraite situe cette activité après les épreuves du récit, dans un temps disponible pour reprendre ses écrits. La mention de Déterville introduit ensuite leur circulation, soumise dans ce récit à une permission. Cette origine constitue une fiction éditoriale : Graffigny invente le personnage et le dispositif qui donne ses lettres pour un document transmis. Elle accorde à son héroïne une autorité sur ses paroles à l’intérieur de cette construction romanesque.

Citation

L’Avertissement précise : « les premières lettres de Zilia ont été traduites par elle-même » (Avertissement, paragraphe 8).

Explication

La forme passive « ont été traduites » place les lettres au premier plan de la phrase. Le complément « par elle-même » désigne ensuite leur traductrice avec une insistance portée par « même ». Zilia réunit les positions de première rédactrice et d’interprète de ses propres signes. Cette insistance produit un effet d’authenticité, puisqu’une origine personnelle semble résister au changement de langue. Elle ne transforme pas le roman en document historique péruvien : la garantie appartient au discours inventé de l’Avertissement.

Récapitulatif

Par conséquent, le recueil donne à la narratrice une autorité sur sa transmission, avant de révéler les interventions qui la restreignent.

Quel pouvoir la langue acquise donne-t-elle aussi à Zilia dans son récit ?

I.3.Une langue qui transforme la connaissance du monde
Argument

La langue française agrandit le jugement de Zilia parce qu’elle relie ses perceptions à des connaissances jusque-là inaccessibles.

Justification

En effet, la lettre XVIII associe l’apprentissage du français à la découverte d’un monde dont Zilia ignorait l’étendue. La géographie situe le Pérou parmi plusieurs royaumes, ce qui transforme la représentation de l’empire d’Aza. La distance entre les deux êtres reçoit une mesure nouvelle et retire à leur réunion son ancienne évidence. La succession des éclaircissements produit des douleurs au lieu d’une satisfaction uniforme. Ce savoir garde une portée pratique : la demande d’un chemin vers Aza clôt la lettre et convertit la découverte en désir d’action. La langue ajoute des relations aux choses vues, avec des conséquences intellectuelles et affectives inséparables.

Citation

Zilia associe l’apprentissage du français à cette transformation : « Les objets ont pris une autre forme » (Lettre XVIII, paragraphe 4).

Explication

Le mot « objets » renvoie à ce qui entoure Zilia, tandis que « forme » désigne ici leur apparence devenue intelligible autrement. Les choses demeurent les mêmes, alors que les connaissances nouvelles modifient leur perception. Le passé composé « ont pris » présente comme acquise une modification du regard, liée à la compréhension de la langue. L’adjectif « autre » marque l’écart avec les premières perceptions sans effacer leur existence. La proposition suivante associe chaque découverte à un malheur, ce qui interdit de réduire cet accès au savoir à une libération heureuse.

Récapitulatif

Par conséquent, l’instruction augmente les moyens de s’orienter dans l’exil tout en rendant plus sensible la séparation d’avec le Pérou.

L’accès au français rend la parole partageable et transforme les connaissances de Zilia. Les opérations de transmission touchent aussi les formes de cette parole. Que reste-t-il de son expression lorsque les usages français décident de ce qui doit être conservé ?

Des ciseaux coupent le bord d’une page portant une arabesque bleue ; un fragment courbe détaché apparaît en dessous.II. La transmission transforme les formes qu’elle rend lisiblesL’adaptation devient normalisation lorsqu’elle retire ce qui rendait la parole étrangère singulière.

La partie rédigée en trois sous-parties.

Une langue commune facilite la rencontre sans garantir la conservation de chaque signe. Le choix des formes recevables engage un pouvoir sur la parole transmise.

II.1.Des figures soumises à une norme française
Argument

La révision réduit la diversité des images parce qu’elle retient leur conformité à l’usage français comme critère de conservation.

Justification

En effet, le dernier paragraphe de l’Avertissement désigne une suppression importante après avoir affirmé le respect de l’ingénuité du texte. L’usage fournit la raison de l’intervention, sans que la fausseté des images retirées soit établie. La norme appartient à la communauté de publication et règle les conditions d’apparition d’une voix venue d’ailleurs. Quelques figures servent d’échantillon, puisqu’elles doivent faire sentir la nécessité des retranchements. Ce choix constitue une sélection orientée : les restes rendent visible une différence dont le public ne peut plus mesurer toute l’étendue. La promesse de fidélité coexiste avec un dispositif qui choisit les traces admises de cette différence.

Citation

La voix éditoriale reconnaît avoir supprimé : « un grand nombre de figures hors d’usage dans notre style » (Avertissement, paragraphe 9).

Explication

Le groupe « un grand nombre » indique une ampleur que l’absence de liste empêche de mesurer. L’expression « hors d’usage » rapporte les figures à une pratique collective, sans les déclarer dépourvues de sens. Le possessif « notre » précise le lieu culturel de ce jugement : le style français reçoit la position de norme. Le pluriel « figures » recouvre des formes d’expression que la suppression soustrait à l’examen. L’aveu laisse apparaître le pouvoir de la révision, jusque dans les éléments dont la lecture devient impossible.

Récapitulatif

Par conséquent, la lisibilité proposée dépend d’une autorité culturelle qui règle la quantité de différence admise dans le recueil.

La pensée demeure-t-elle intacte lorsque sa formulation est remaniée ?

II.2.Une frontière fragile entre pensée et formulation
Argument

La révision engage le sens parce qu’une pensée devient accessible à travers les formulations mêmes que l’édition peut modifier.

Justification

En effet, la voix éditoriale distingue un fond supposé stable et une tournure susceptible de changement. L’intelligibilité motive la réécriture de certains passages abstraits, présentés comme exposés à l’obscurité. La prudence de cette présentation atténue une opération qui touche l’organisation verbale des pensées. Une tournure règle l’ordre des éléments, leurs rapports et l’insistance donnée à chacun. La promesse d’intégrité ne fournit aucun accès aux versions antérieures des passages concernés. La fiction laisse subsister cet écart entre une assurance de fidélité et une intervention dont les effets précis échappent à la comparaison. La confiance exigée trouve ici une limite dans l’absence des états antérieurs du texte.

Citation

L’Avertissement justifie une autre intervention : « sans rien changer au fond de la pensée » (Avertissement, paragraphe 9).

Explication

Le groupe « sans rien changer » exclut toute altération au moment où une autre tournure est annoncée. Le nom « fond » suppose une pensée séparable de ses mots, dont la révision préserverait le contenu. Cette séparation rend l’intervention acceptable en limitant sa portée à la seule expression. Elle reste une affirmation de la voix éditoriale, puisque les états successifs des phrases ne sont pas donnés. Cette absence de confrontation protège la réputation de fidélité, sans permettre de vérifier ce qui a été déplacé dans l’expression.

Récapitulatif

Par conséquent, la garantie de conservation repose sur une parole éditoriale dont la fiction invite à mesurer les limites.

Le changement touche-t-il aussi la matière des signes utilisés par Zilia ?

II.3.Une écriture liée à des gestes et à une mémoire
Argument

Le changement d’écriture comporte une perte sensible parce que les cordons relient la parole de Zilia à ses gestes familiers.

Justification

En effet, la lettre XVI fait dépendre l’expression d’un support matériel dont les ressources diminuent. Le nouage associe les pensées à un travail des doigts, déjà présent dans le souvenir de l’union attendue avec Aza. La raréfaction des cordons interrompt cet usage et transforme chaque geste d’écriture en dépense redoutée. L’épargne ne résout pas la difficulté, puisque conserver les quipos signifie retarder l’expression qu’ils rendent possible. Le souvenir de l’aimé demeure vivant alors que son moyen habituel de transmission menace de disparaître. La langue française permettra de reprendre la correspondance, sans rendre identiques le papier et les cordons de cette première expérience.

Citation

Zilia mesure la fragilité de son écriture : « Il me reste si peu de Quipos » (Lettre XVI, paragraphe 1).

Explication

Le verbe « reste » présente les quipos à partir de leur épuisement, au lieu de décrire une réserve disponible. Le groupe « si peu » prépare la conséquence : Zilia ose à peine les utiliser. Le nom concret ramène la séparation amoureuse à une difficulté matérielle, visible dans un objet qui s’amenuise. La crainte d’arriver au dernier cordon entrave le geste destiné à soulager l’absence. La traduction transmet des pensées attachées à des gestes et à des matières. Leur changement modifie les conditions d’expression, y compris lorsque le sentiment demeure fidèle à son premier objet.

Récapitulatif

Par conséquent, la continuité de la correspondance se construit à travers une rupture des pratiques qui portaient son premier lien avec Aza.

Les usages français transforment les figures et les supports de la parole étrangère. L’aveu de ces opérations empêche de tenir leur résultat pour une transmission sans intervention. Comment cette visibilité peut-elle modifier la rencontre avec Zilia ?

Dans une vitrine transparente, un encrier noir et un outil à manche de bois reposent près d’une lettre marquée de traces d’encre.III. Le roman apprend à reconnaître les médiationsUne traduction peut montrer ses interventions et permettre au lecteur de comprendre sa médiation.

La partie rédigée en trois sous-parties.

Les modifications restent en partie impossibles à reconstituer. Leur présence déclarée oblige à distinguer une voix et les conditions sous lesquelles elle parvient au public.

III.1.Un aveu qui laisse voir le travail de l’édition
Argument

La fiction ouvre un examen critique de la transmission parce que l’aveu des retouches rend perceptible le travail éditorial.

Justification

En effet, la fin de l’Avertissement expose plusieurs opérations avant de réduire leur portée dans une phrase de clôture. La minimisation vient après les suppressions et les reformulations, ce qui permet de confronter la modestie affichée à leur ampleur. Le pronom indéfini désigne une instance éditoriale dont le rôle vient de se préciser par ses actes. La responsabilité de cette instance devient pensable dès que la transmission cesse de paraître automatique. Cette visibilité reste partielle, puisque les figures retirées ne sont pas restituées. Le roman ménage une distance critique envers son propre dispositif, sans promettre de retrouver une parole première intacte derrière le texte publié.

Citation

L’Avertissement termine son inventaire par cette assurance : « C’est la seule part que l’on ait à ce singulier ouvrage » (Avertissement, paragraphe 9).

Explication

L’adjectif « seule » réduit la part revendiquée au moment même où la phrase réunit les interventions précédentes. Le mot « part » donne à ces opérations la forme modeste d’une contribution limitée. Sa portée se mesure à l’inventaire qui précède, où suppressions et changements de tournure étaient reconnus. Le démonstratif « ce » renvoie à l’ouvrage désormais transmis au public dans cet état. Une tension se forme entre la discrétion revendiquée et la place du travail décrit, ce qui rend la fidélité déclarée susceptible d’examen.

Récapitulatif

Par conséquent, le seuil du roman fournit les moyens de questionner la garantie qu’il demande lui-même d’accepter.

Comment Zilia apprend-elle à son tour à situer les conditions de ses jugements ?

III.2.Des jugements dont les conditions deviennent explicites
Argument

La narration rend le jugement révisable parce que Zilia relie ses premières erreurs à sa connaissance limitée du français.

Justification

En effet, la lettre XXXII distingue plusieurs moments de l’expérience française au lieu de présenter un regard uniforme. L’ignorance de la langue limitait d’abord les jugements de Zilia aux signes extérieurs. Le couvent, puis le séjour à la campagne, avaient ensuite borné les occasions de rencontre malgré le début de l’instruction. La vie mondaine ouvre un autre terrain d’enquête et donne à Zilia une assurance nouvelle. Cette chronologie situe les perceptions dans des conditions qui changent au fil du récit. L’assurance finale conserve une limite, puisque les salons fréquentés ne représentent pas toute la population française. La lettre rend perceptibles les progrès du jugement et le risque de généraliser son expérience.

Citation

Zilia revient sur ses premières perceptions : « je ne jugeais que sur les apparences » (Lettre XXXII, paragraphe 5).

Explication

La restriction « ne… que » borne le jugement à une catégorie de signes disponibles avant l’apprentissage de la langue. L’imparfait « jugeais » situe cette pratique dans un état antérieur que Zilia peut désormais décrire. Le mot « apparences » indique la surface visible des conduites, dont les significations lui échappaient. La première personne assume cette limite sans renoncer au droit de juger. La phrase donne une histoire à la connaissance : comprendre suppose de revenir sur les conditions d’une perception, y compris lorsqu’elle paraissait évidente.

Récapitulatif

Par conséquent, la parole étrangère acquiert sa force critique en exposant aussi les limites successives de son propre point de vue.

Cette attention aux mots permet-elle enfin à Zilia de définir ses liens ?

III.3.Nommer elle‑même la relation qu’elle accepte
Argument

La parole apprise soutient une autonomie de Zilia parce qu’elle lui permet de définir le lien proposé à Déterville.

Justification

En effet, la dernière lettre oppose aux attentes amoureuses de Déterville un projet de relation défini par Zilia. La sincérité promise exige que les sentiments offerts reçoivent leur nom sans être convertis en espoir de mariage. L’échange des connaissances donne un contenu à cette relation et évite de réduire le refus à un isolement. Les sciences et les arts reçus auront pour contrepartie des vertus que Zilia souhaite développer chez son ami. Cette réciprocité déplace la supériorité d’un partenaire à l’autre selon le domaine considéré. L’amitié permet une rencontre qui conserve la différence des places et des désirs. L’usage du français devient le moyen de poser ces conditions dans une lettre adressée à celui qu’elles concernent.

Citation

Zilia décrit à Déterville les relations qu’elle souhaite : « les charmes naïfs de la simple amitié » (Lettre XLI, paragraphe 6).

Explication

L’expression « simple amitié » définit le sentiment offert en écartant l’attente d’un prolongement amoureux. L’adjectif « naïfs » valorise ici des charmes sans artifice, accordés à la franchise promise dans le passage précédent. Cette simplicité reçoit une richesse propre grâce au nom « charmes », qui maintient la possibilité du plaisir partagé. Le projet s’inscrit dans une série de futurs où chacun apporte quelque chose à l’autre. La rencontre passe par une langue commune, sans imposer à Zilia les sentiments que Déterville voudrait y entendre.

Récapitulatif

Par conséquent, l’accueil de la différence trouve son exigence pratique dans une relation où chacun respecte la définition que l’autre donne de ses engagements.

Deux mains aux manchettes bleues tiennent séparément un ruban rouge et un ruban bleu, dont les extrémités restent distinctes.ConclusionLe choix de traduction rapproche deux voix tout en préservant leur différence.

La réponse, le récapitulatif et l’ouverture littéraire.

Réponse

Graffigny fait de la traduction une reconnaissance exigeante en exposant les interventions qui rendent la parole étrangère accessible.

Récapitulatif

Le français ouvre un espace d’expression et de connaissance à Zilia. La normalisation des images et la modification des supports révèlent le coût de ce passage. La fiction rend ces médiations perceptibles et développe une attention aux conditions du jugement. La lettre finale prolonge cette exigence en définissant une relation dont les termes appartiennent aussi à celle qui la propose.

Ouverture

Les Lettres persanes de Montesquieu offrent un prolongement que l’Avertissement désigne lui-même en citant la question sur la possibilité d’être Persan. La comparaison peut porter sur les dispositifs qui rendent une voix étrangère lisible et qui soumettent les habitudes européennes à son examen.

Une lampe à huile allumée se tient près d’un cahier vert fermé et d’une pierre claire soigneusement taillée.Un dernier mot pour toiLe travail s’achève quand la réponse est construite et que la réflexion demeure éclairée.

Ce que tu peux garder de ce travail.

Tu peux maintenant revenir à la question du départ. Tu n’as plus seulement deux réponses entre lesquelles hésiter : tu sais distinguer ce que la traduction rend possible, ce qu’elle transforme et la façon dont le roman révèle ces transformations. Garde un paragraphe de cette copie comme repère. Retrouve son idée, sa preuve et le mot expliqué. Refaire ce petit trajet avec une autre citation sera déjà un travail de dissertation. Tu peux fermer le cahier pour ce soir : tu sais par où reprendre.

Ce que fixe le programme national

1. Ce que le texte officiel dit

En première générale, Graffigny relève de la littérature d’idées du XVIe au XVIIIe siècle. Le programme 2026-2027 comprend l’Introduction historique et les lettres XXVIII, XXIX, XXX et XXXIV ajoutées en 1752. La dissertation porte sur l’œuvre et son parcours associé.

Programme national, Bulletin officiel n° 30 du 24 juillet 2025 · Définition de l’épreuve, note de service du 23 juillet 2020.

2. Ce qu’il ne dit pas

Le programme n’impose ni ce sujet, ni ce plan, ni dix-sept tiroirs. La dissertation est un exercice de la voie générale ; la voie technologique prépare d’autres exercices écrits.

3. Ce que cette page ajoute

La méthode, les cinq temps du paragraphe et le corrigé sont des propositions pour apprendre à construire une réponse. Ce sujet d’entraînement a été rédigé pour le site.

Le chantier de Zilia

Construire un raisonnement, paragraphe après paragraphe.