Le bac par Patrick

Pierre Corneille · Le Menteur · Explication 4/10

Explication linéaire 4 — La vérité prise dans le jeu social

Question de lecture. Comment une promenade et un projet matrimonial font-ils de la vérité une parole soumise au crédit, au rang et au désir ?

13 étapes parlées9 prises9 tiroirs

L’explication à côté de toi

Le fil parlé

Treize étapes pour comprendre, dire et retenir avant d’ouvrir le dossier de l’épreuve.

Étape 01

Tu n’y comprends rien ? C’est normal

Le passage associe beaucoup de détails, mais son mouvement est net : soumettre l’information au crédit du locuteur, puis faire intervenir réputation et rivalité, enfin transformer la vérité en objet d’interprétation.

La méthode sera toujours la même : situer la division réelle, suivre trois mouvements, puis contrôler chaque interprétation sur une citation courte. Les mots du texte ne servent pas d’illustration après coup ; ils commandent le raisonnement. Cette règle empêche le résumé général et prépare une parole d’oral où l’on peut montrer précisément ce que l’on vient d’affirmer.

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Étape 02

D’abord, de quoi ça parle ?

Les propos vrais n’arrivent jamais seuls : recommandation paternelle, jalousie et civilité les modalisent. La scène fait de la vérité une donnée socialement située.

Pour rester exact, on sépare le sujet du passage, sa progression et sa portée. Le sujet répond à la question « de quoi parle-t-on ? » ; la progression observe ce que la phrase fait successivement ; la portée vient seulement après. Ainsi, deux commentaires voisins ne deviennent jamais interchangeables.

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Étape 03

Où on se trouve dans le livre

Adresse formelle du passage : Acte II, scène 5.

Les projets amoureux se croisent avec les informations de Géronte, d’Alcippe et des jeunes femmes. Chaque personnage interprète des paroles reçues dans un réseau de réputation, de mariage et de rivalité.

Cette localisation n’est pas décorative : elle détermine les personnages ou la voix qui parlent, le savoir déjà disponible et la conséquence que le passage peut réellement produire. Elle doit être dite avant la problématique et conservée lorsque l’on annonce les mouvements.

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Étape 04

Ton introduction : comment tu ouvres

Créée en 1644 puis révisée par Corneille, Le Menteur est une comédie en cinq actes et en alexandrins adaptée de La verdad sospechosa de Juan Ruiz de Alarcón. Les projets amoureux se croisent avec les informations de Géronte, d’Alcippe et des jeunes femmes. Chaque personnage interprète des paroles reçues dans un réseau de réputation, de mariage et de rivalité. Comment la comédie montre-t-elle que dire vrai ne suffit pas à être cru ni à orienter correctement l’action ?

L’introduction doit rester brève et vérifiable : auteur, œuvre, date utile, division réelle, situation, projet de lecture et mouvements. On ne promet dans la problématique que ce que les neuf prises ancrées permettent ensuite de démontrer.

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Étape 05

Premier moment : soumettre l’information au crédit du locuteur

Les trois premières prises établissent ce premier déplacement. Il faut suivre le vers, la situation d’adresse et l’enchaînement des répliques avant de dégager leur portée dramatique.

Prise 1. « Dorante, arrêtons-nous ; le trop de promenade » (COR-U0827). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est les personnes grammaticales qui distribuent les positions dans la scène.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ★ I.a. Construction verbale et progression de la réplique : soumettre l’information au crédit du locuteur, donne une direction, mais l’ancre COR-U0827 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

Prise 2. « En superbes palais a changé ses buissons » (COR-U0835). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ◆ I.b. Construction verbale et progression de la réplique : soumettre l’information au crédit du locuteur, donne une direction, mais l’ancre COR-U0835 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

Prise 3. « Semble d'un vieux fossé par miracle sortie » (COR-U0842). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ○ I.c. Construction verbale et progression de la réplique : soumettre l’information au crédit du locuteur, donne une direction, mais l’ancre COR-U0842 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

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Étape 06

Deuxième moment : faire intervenir réputation et rivalité

Les prises centrales modifient la valeur de ce qui précède : une correction, un contraste ou une parole fait apparaître la contradiction de la scène.

Prise 4. « Où l'ardeur pour la gloire à tout oser convie » (COR-U0851). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ★ II.a. Construction verbale et progression de la réplique : faire intervenir réputation et rivalité, donne une direction, mais l’ancre COR-U0851 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

Prise 5. « Je t'ai voulu choisir moi-même une maîtresse » (COR-U0859). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est les personnes grammaticales qui distribuent les positions dans la scène.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ◆ II.b. Construction verbale et progression de la réplique : faire intervenir réputation et rivalité, donne une direction, mais l’ancre COR-U0859 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

Prise 6. « Ah ! Monsieur, j'en frémi » (COR-U0870). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ○ II.c. Construction verbale et progression de la réplique : faire intervenir réputation et rivalité, donne une direction, mais l’ancre COR-U0870 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

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Étape 07

Troisième moment : transformer la vérité en objet d’interprétation

Les trois dernières prises donnent au cas local sa portée dans l’ensemble de la pièce, sans quitter les mots exacts de la scène.

Prise 7. « Je veux dans ma maison avoir qui m'en console » (COR-U0880). Le procédé principal est lexique du regard et situation d’adresse. ; son repère matériel est les personnes grammaticales qui distribuent les positions dans la scène.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ★ III.a. Lexique du regard et situation d’adresse : transformer la vérité en objet d’interprétation, donne une direction, mais l’ancre COR-U0880 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

Prise 8. « Mais s'il est impossible » (COR-U0889). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ◆ III.b. Construction verbale et progression de la réplique : transformer la vérité en objet d’interprétation, donne une direction, mais l’ancre COR-U0889 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

Prise 9. « On m'a violenté » (COR-U0907). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ○ III.c. Construction verbale et progression de la réplique : transformer la vérité en objet d’interprétation, donne une direction, mais l’ancre COR-U0907 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

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Étape 08

Alors, qu’est-ce que ça raconte vraiment ?

La vérité théâtrale n’est pas un bloc extérieur au jeu : elle circule entre des locuteurs intéressés, reçoit une force variable et devient comique lorsque le spectateur voit ce que les personnages ne peuvent encore relier.

La réponse ne doit donc pas être apprise comme un slogan. Elle résulte de la chaîne des neuf observations : chacune corrige ou précise la précédente. Si une interprétation ne peut plus être rattachée à une ancre, elle doit être reformulée ou retirée.

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Étape 09

Ton ouverture : la porte qui s’ouvre

On peut rapprocher cette scène d’une autre séquence si l’on compare un mécanisme précis : invention de soi, distribution inégale du savoir, quiproquo des noms, récit concurrent ou jugement de Cliton.

Une ouverture valable compare un mécanisme précis et non deux thèmes vagues : même forme d’adresse, même renversement, même travail du rythme ou même conflit de voix. Elle tient en deux phrases et ne remplace jamais la conclusion du passage étudié.

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Étape 10

Tu vois ? Tu sais le comprendre et le dire

À l’oral, enchaîne quatre gestes : situe, cite, décris le fonctionnement, puis formule l’interprétation produite par ce fonctionnement.

Deuxième passage oral sur les neuf preuves.

Reprise 1. Je cite « Dorante, arrêtons-nous ; le trop de promenade » (COR-U0827), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

Reprise 2. Je cite « En superbes palais a changé ses buissons » (COR-U0835), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

Reprise 3. Je cite « Semble d'un vieux fossé par miracle sortie » (COR-U0842), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

Reprise 4. Je cite « Où l'ardeur pour la gloire à tout oser convie » (COR-U0851), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

Reprise 5. Je cite « Je t'ai voulu choisir moi-même une maîtresse » (COR-U0859), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

Reprise 6. Je cite « Ah ! Monsieur, j'en frémi » (COR-U0870), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

Reprise 7. Je cite « Je veux dans ma maison avoir qui m'en console » (COR-U0880), je nomme lexique du regard et situation d’adresse., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

Reprise 8. Je cite « Mais s'il est impossible » (COR-U0889), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

Reprise 9. Je cite « On m'a violenté » (COR-U0907), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

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Étape 11

Et les petites questions de grammaire

Les trois phrases retenues permettent de distinguer une construction de phrase, une modalité ou une négation, puis une relation de subordination. La réponse grammaticale reste séparée de l’interprétation littéraire.

Pour une question de grammaire, on recopie exactement le groupe demandé, on identifie la forme, on en donne la fonction et on justifie par un test syntaxique. L’interprétation littéraire revient ensuite seulement, si la question l’exige. Cette séparation évite de faire passer un effet supposé pour une analyse grammaticale.

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Étape 12

Ce soir, tu peux fermer le cahier

Retiens la réponse au projet de lecture : La vérité théâtrale n’est pas un bloc extérieur au jeu : elle circule entre des locuteurs intéressés, reçoit une force variable et devient comique lorsque le spectateur voit ce que les personnages ne peuvent encore relier.

Ce soir, ne mémorise pas une conclusion détachée. Recompose plutôt quatre repères : l’adresse formelle du passage, les trois mouvements, deux ancres que tu sais retrouver et le geste qui relie forme, effet et interprétation. Cette petite chaîne suffit pour rouvrir tout le commentaire sans répéter le huitième temps.

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Étape 13

Terre ferme : tu peux t’arrêter là

La borne est constituée par les vers ancrés cités dans le dossier. Chaque preuve renvoie au texte de 1682 donné par l’édition Marty-Laveaux ; aucune citation ne sort de cette réserve déclarée.

Les deux passages sur les neuf preuves donnent au moins dix-huit citations ancrées. Ce décompte ne remplace pas la lecture : il garantit seulement que la voix accompagnée demeure attachée au texte source et à ses bornes. La division employée reste celle de l’œuvre : acte et scène, poème et strophe, section, soir, lettre ou chapitre selon le cas.

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Fin de l’explication accompagnée

La voix change

La voix qui t’accompagnait s’efface : finie la lettre, place au dossier de travail.

Je m’arrête iciJ’ouvre le dossier

Le dossier de l’épreuve

La même explication, classée pour la révision

Neuf tiroirs : comprendre, préparer l’oral, contrôler les preuves.

01Le texte, dit simplementLe raisonnement sans jargon.

Idée générale. Dans cette scène, un père annonce à son fils qu'il lui a choisi une femme, et le fils invente aussitôt un empêchement.

Situation simple. Géronte et Dorante se promènent dans Paris. Le père demande qu'on s'arrête. Il annonce son projet de mariage. Dorante répond qu'il est déjà engagé, de force.

Mouvement I. Dans ce mouvement, Géronte dit : Dorante, arrêtons-nous. Il décrit Paris, où des buissons sont devenus de superbes palais, et une place semble sortie d'un vieux fossé par miracle. L'idée importante est que la ville elle-même est une mise en scène.

Mouvement II. Dans ce mouvement, il parle d'une ville où l'ardeur pour la gloire pousse à tout oser. Puis il annonce : je t'ai voulu choisir moi-même une maîtresse. Et Cliton frémit. L'idée importante est que l'autorité paternelle décide.

Mouvement III. Dans ce mouvement, Géronte veut avoir chez lui qui l'en console. Dorante commence par une condition : mais s'il est impossible. Et il conclut : on m'a violenté. L'idée importante est qu'il fabrique un empêchement au lieu de refuser.

Pour finir. La leçon de la scène est qu'on peut désobéir sans dire non, en construisant d'abord le cadre où le non deviendra recevable.

02L’introduction rédigéeSix étapes, une question directrice.

Étape 1 : Pierre Corneille est un dramaturge du XVIIᵉ siècle, connu d'abord pour ses tragédies.

Étape 2 : Le Menteur, comédie de 1644, suit Dorante, qui invente sa vie à mesure qu'il la raconte.

Étape 3 : L'extrait est la scène de l'annonce matrimoniale : Géronte arrête la promenade et présente son choix.

Étape 4 : La scène s'organise en trois temps — la promenade transformée en théâtre social, l'autorité paternelle, la vérité rendue interprétable.

Étape 5 : On se demandera comment une promenade et un projet matrimonial font de la vérité une parole soumise au crédit, au rang et au désir.

Étape 6 : On suivra d'abord le décor parisien, puis l'annonce, enfin la parade de Dorante.

03L’explication linéaireTrois mouvements, neuf prises de lecture.

I. Transformer la promenade en théâtre social

Le décor parisien expose une ville refaite par le regard, annonçant que toute réalité de la pièce arrive déjà mise en scène. L’arrêt demandé par Géronte donne un seuil à la promenade. Les buissons changés en palais et le vieux fossé miraculeusement transfiguré font de la ville un décor où l’ancien et le nouveau coexistent. Ce paysage n’est pas gratuit : il prépare l’entretien sur le mariage en montrant qu’une apparence peut acquérir une efficacité sociale. La parole paternelle s’inscrit dans un espace déjà travaillé par la représentation, mais elle porte un projet dont les conséquences sont concrètes.

◆ I.a. Dorante, arrêtons-nous

« Dorante, arrêtons-nous ; le trop de promenade » COR-U0827

Impératif inclusif et apostrophe. L’impératif inclusif interrompt le mouvement et isole l’entretien. Le nom placé en tête rappelle à Dorante sa position de fils.

★ I.b. Les buissons changés en palais

« En superbes palais a changé ses buissons » COR-U0835

Inversion du sujet. L’inversion met les « superbes palais » au premier plan ; le verbe « changer » fait du décor urbain une métamorphose visible.

★ I.c. Sortie d'un vieux fossé par miracle

« Semble d'un vieux fossé par miracle sortie » COR-U0842

Verbe d'apparence. « Semble » maintient l’écart entre apparence et origine, tandis que « par miracle » condense le travail matériel en enchantement du regard.

II. Faire intervenir gloire et autorité

Géronte parle au nom du rang et du futur familial ; sa décision réduit l’espace d’improvisation de Dorante. Le vocabulaire de la gloire valorise l’audace avant de la réorienter vers une alliance réglée. Géronte affirme avoir choisi lui-même une maîtresse : le pronom renforce l’autorité d’un père qui organise la circulation des personnes comme un ordre domestique. Le frémissement de Cliton mesure immédiatement le danger, car le valet connaît l’histoire déjà improvisée par Dorante. L’information vraie devient ainsi comique par sa rencontre avec une fiction antérieure.

★ II.a. Une ville où l'on ose

« Où l'ardeur pour la gloire à tout oser convie » COR-U0851

Relative définitoire. La relative définit Paris par l’audace ; l’infinitif « oser » ouvre une valeur héroïque que la comédie va détourner vers l’invention verbale.

★ II.b. Je t'ai voulu choisir moi-même

« Je t'ai voulu choisir moi-même une maîtresse » COR-U0859

Passé composé d'accomplissement. Le passé composé présente le choix comme accompli ; « moi-même » concentre l’initiative et réduit celle du fils.

◆ II.c. Ah, Monsieur, j'en frémis

« Ah ! Monsieur, j'en frémi » COR-U0870

Exclamation corporelle. L’exclamation de Cliton donne une traduction corporelle du conflit des versions. Son savoir transforme une bonne nouvelle paternelle en menace.

III. Transformer la vérité en objet d’interprétation

Le désir de consolation et la contrainte alléguée déplacent la discussion : le fait matrimonial doit désormais être interprété à travers la parole du fils. Géronte associe la maison à une présence consolatrice et donne au mariage une fonction affective autant que sociale. Dorante introduit alors l’impossible, puis recourt à l’indéfini « on » pour faire de lui-même la victime d’une violence sans agent nommé. La vérité n’est pas supprimée : elle doit traverser cette nouvelle version, qui fournit une cause et un passé de substitution. Le spectateur voit simultanément la décision du père, le calcul du fils et l’inquiétude de Cliton ; cette distribution empêche toute parole de rester souveraine.

★ III.a. Avoir qui m'en console dans ma maison

« Je veux dans ma maison avoir qui m'en console » COR-U0880

Présent de volonté et possessif. Le présent de volonté et le possessif « ma maison » donnent à Géronte un pouvoir spatial ; la relative sans antécédent désigne l’épouse par sa fonction.

★ III.b. Mais s'il est impossible

« Mais s'il est impossible » COR-U0889

Protase conditionnelle. La condition ouvre une brèche dans la décision paternelle. Dorante ne nie pas d’abord le projet : il construit le cadre logique où il pourrait être refusé.

★ III.c. On m'a violenté

« On m'a violenté » COR-U0907

Pronom indéfini effaçant l'agent. Le pronom indéfini efface le responsable et place « m’ » en victime. La brièveté donne au faux passé la force d’un constat traumatique.

04La conclusion rédigéeRépondre, puis prolonger dans l’œuvre.

1. Récapitulation. La scène met la vérité en concurrence avec elle-même. Elle commence par un décor qui ment déjà : des buissons changés en « superbes palais », une place qui « semble » sortie d'un fossé « par miracle » — la ville arrive mise en scène, et le verbe d'apparence garde l'écart entre ce qui paraît et ce qui fut. L'autorité paternelle s'exerce ensuite sur les corps avant les décisions : on arrête la marche, on nomme le fils, puis on annonce un choix déjà accompli — « je t'ai voulu choisir moi-même ». Le troisième temps voit Dorante répondre sans refuser : une condition ouvre la brèche, un pronom indéfini efface le responsable, et « on m'a violenté » donne au faux passé la brièveté d'un constat.

2. Ouverture. Ce mensonge opposé au père engage la mécanique du dernier acte, où les deux versions devront se rencontrer. Le parcours « mensonge et comédie » atteint ici la famille : ce n'est plus le monde qu'on trompe, c'est celui qui a autorité.

05Le mémo de l’oralLes appuis indispensables et les prolongements possibles.

Auteur : Pierre Corneille.

Œuvre : Le Menteur, 1644.

Extrait : « La vérité prise dans le jeu social », la promenade et le projet matrimonial.

Objet d'étude : Le théâtre du XVIIᵉ siècle au XXIᵉ siècle.

Parcours : Mensonge et comédie.

Situation : Géronte arrête son fils pendant une promenade dans Paris et lui annonce qu'il lui a choisi une épouse.

Problématique : Comment une promenade et un projet matrimonial font-ils de la vérité une parole soumise au crédit, au rang et au désir ?

Plan : Transformer la promenade en théâtre social ; faire intervenir gloire et autorité ; transformer la vérité en objet d'interprétation.

Citations, procédés et interprétations essentiels : ★ indique les appuis à ne pas omettre ; ◆ propose les prolongements à choisir selon le temps disponible.

◆ I.a : « Dorante, arrêtons-nous ; le trop de promenade ». Impératif inclusif et apostrophe. L’impératif inclusif interrompt le mouvement et isole l’entretien.

★ I.b : « En superbes palais a changé ses buissons ». Inversion du sujet. L’inversion met les « superbes palais » au premier plan ; le verbe « changer » fait du décor urbain une métamorphose visible.

★ I.c : « Semble d'un vieux fossé par miracle sortie ». Verbe d'apparence. « Semble » maintient l’écart entre apparence et origine, tandis que « par miracle » condense le travail matériel en enchantement du regard.

★ II.a : « Où l'ardeur pour la gloire à tout oser convie ». Relative définitoire. La relative définit Paris par l’audace ; l’infinitif « oser » ouvre une valeur héroïque que la comédie va détourner vers l’invention verbale.

★ II.b : « Je t'ai voulu choisir moi-même une maîtresse ». Passé composé d'accomplissement. Le passé composé présente le choix comme accompli ; « moi-même » concentre l’initiative et réduit celle du fils.

◆ II.c : « Ah ! Monsieur, j'en frémi ». Exclamation corporelle. L’exclamation de Cliton donne une traduction corporelle du conflit des versions.

★ III.a : « Je veux dans ma maison avoir qui m'en console ». Présent de volonté et possessif. Le présent de volonté et le possessif « ma maison » donnent à Géronte un pouvoir spatial ; la relative sans antécédent désigne l’épouse par sa fonction.

★ III.b : « Mais s'il est impossible ». Protase conditionnelle. La condition ouvre une brèche dans la décision paternelle.

★ III.c : « On m'a violenté ». Pronom indéfini effaçant l'agent. Le pronom indéfini efface le responsable et place « m’ » en victime.

Appuis ★ repris : I.b I.c II.a II.b III.a III.b III.c

06Le tableau des procédésComparer les fonctions des neuf appuis.
Procédé désignéAnalyse dans le texteEffet sur le lecteurInterprétation
◆ Impératif inclusif et apostrophe (I.a)L’impératif inclusif interrompt le mouvement et isole l’entretien.Le lecteur voit un père arrêter la marche et poser son autorité.L'impératif inclusif et le nom placé en tête rappellent à Dorante sa position de fils : l'autorité s'exerce d'abord sur les corps et sur la marche.
★ Inversion du sujet (I.b)L’inversion met les « superbes palais » au premier plan ; le verbe « changer » fait du décor urbain une métamorphose visible.Le lecteur voit les palais passer devant les buissons.L'inversion met la métamorphose au premier plan ; Paris arrive déjà mis en scène, ce qui annonce que toute réalité, dans cette pièce, sera d'abord une apparence.
★ Verbe d'apparence (I.c)« Semble » maintient l’écart entre apparence et origine, tandis que « par miracle » condense le travail matériel en enchantement du regard.Le lecteur voit un miracle recouvrir un terrassement.« Semble » maintient l'écart entre l'apparence et l'origine, et « par miracle » efface le travail : la ville elle-même ment sur ce qui l'a faite.
★ Relative définitoire (II.a)La relative définit Paris par l’audace ; l’infinitif « oser » ouvre une valeur héroïque que la comédie va détourner vers l’invention verbale.Le lecteur entend définir une ville par son audace.Définir Paris par l'audace prépare le détournement comique : l'héroïsme y deviendra invention verbale.
★ Passé composé d'accomplissement (II.b)Le passé composé présente le choix comme accompli ; « moi-même » concentre l’initiative et réduit celle du fils.Le lecteur reçoit un choix présenté comme déjà fait.Le passé composé et le « moi-même » concentrent l'initiative paternelle et réduisent celle du fils à néant : la contrainte est posée avant d'être discutée.
◆ Exclamation corporelle (II.c)L’exclamation de Cliton donne une traduction corporelle du conflit des versions.Le lecteur voit le valet traduire le conflit en frisson.Le frisson de Cliton donne au conflit une traduction physique ; le valet sait déjà ce que le père ignore.
★ Présent de volonté et possessif (III.a)Le présent de volonté et le possessif « ma maison » donnent à Géronte un pouvoir spatial ; la relative sans antécédent désigne l’épouse par sa fonction.Le lecteur voit une épouse désignée par sa fonction.Le possessif « ma maison » donne à Géronte un pouvoir spatial, et la relative désigne l'épouse par ce qu'elle doit produire : une consolation.
★ Protase conditionnelle (III.b)La condition ouvre une brèche dans la décision paternelle.Le lecteur voit s'ouvrir une brèche dans la décision.Dorante ne nie pas d'abord : il construit le cadre logique où le refus deviendrait recevable. C'est la méthode du menteur, appliquée à son père.
★ Pronom indéfini effaçant l'agent (III.c)Le pronom indéfini efface le responsable et place « m’ » en victime.Le lecteur reçoit un fait sans responsable.Le pronom indéfini efface le responsable et fait de Dorante une victime ; la brièveté donne au faux passé la force d'un constat.
07Le tableau de couvertureRetrouver chaque sous-partie dans le mémo.
Prise ★RangDans le mémo
I.b★oui
I.c★oui
II.a★oui
II.b★oui
III.a★oui
III.b★oui
III.c★oui
Sous-partieProcédé principalDans le mémo ?
I.bInversion du sujetoui
I.cVerbe d'apparenceoui
II.aRelative définitoireoui
II.bPassé composé d'accomplissementoui
III.aPrésent de volonté et possessifoui
III.bProtase conditionnelleoui
III.cPronom indéfini effaçant l'agentoui

Les 7 appuis marqués ★ couvrent les trois mouvements et sont tous repris dans le mémo : résultat 7/7. Ce décompte atteste la couverture, non la qualité générale de la page.

08Les erreurs rédhibitoiresLes contresens propres à ce passage.

A. Erreurs de fond

Erreur à ne pas commettrePourquoi c'est une erreurFormulation correcte à retenir
Dorante refuse le mariage.Il commence par une condition, puis invente une contrainte.Il ne refuse pas : il fabrique un empêchement.
La description de Paris est un ornement.Elle montre une ville refaite par le regard, et annonce le régime de la pièce.Le décor prépare la question de l'apparence.
Géronte propose.Le passé composé et « moi-même » disent un choix déjà fait.Il annonce, il ne propose pas.
« On m'a violenté » désigne quelqu'un.Le pronom indéfini efface précisément le responsable.L'absence d'agent est ce qui rend le mensonge commode.
Cliton intervient par comique.Son frisson traduit un conflit de versions qu'il est seul à connaître.Son savoir donne la mesure du danger.

B. Erreurs de méthode à l'oral

Erreur de méthodeCorrection attendue
Passer vite sur la description de Paris.Elle est le premier mensonge de la scène, et il est architectural.
Traiter « semble » comme un verbe neutre.Il maintient l'écart entre apparence et origine.
Commencer par « on m'a violenté ».Suivre l'ordre : la condition prépare la formule.
Annoncer des numéros de page.Annoncer les vers par leurs ancres éditoriales.

C. Formulations à proscrire

MaladroitCorrect
Dorante ment à son père par lâcheté.Il construit un cadre logique où son refus devient recevable.
Géronte est un père tyrannique.Il exerce une autorité ordinaire, et le texte en montre les formes précises.
Paris est un beau décor.Paris est une métamorphose visible, et donc un argument.
09L’analyse grammaticaleTrois constructions distinctes, trois leçons.
  1. Question grammaticale 1
  2. Question grammaticale 2
  3. Question grammaticale 3

Phrase 1 : Inversion du sujet

Phrase étudiée : « En superbes palais a changé ses buissons »

Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.

Réponse : Dans « En superbes palais a changé ses buissons », le complément placé en tête retarde le sujet et met d’abord sous les yeux le résultat spectaculaire de la transformation.

Phrase 2 : Relative substantive

Phrase étudiée : « Avoir qui m’en console »

Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.

Réponse : « Avoir qui m’en console » emploie « qui » sans antécédent exprimé : la personne attendue est définie par l’action consolatrice qu’elle doit accomplir.

Phrase 3 : Pronom indéfini

Phrase étudiée : « On m’a violenté »

Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.

Réponse : Dans « On m’a violenté », « on » soustrait l’agent à l’identification. Cette indétermination grammaticale est fonctionnelle : elle rend le récit plus difficile à contredire sur-le-champ.