Le bac par Patrick

Pierre Corneille · Le Menteur · Explication 6/10

Explication linéaire 6 — Clarice et Isabelle enquêtent sur Dorante

Question de lecture. Comment le récit du mariage circule-t-il entre les femmes avant de devenir un piège social pour celui qui l’a produit ?

13 étapes parlées9 prises9 tiroirs

L’explication à côté de toi

Le fil parlé

Treize étapes pour comprendre, dire et retenir avant d’ouvrir le dossier de l’épreuve.

Étape 01

Tu n’y comprends rien ? C’est normal

Le passage associe beaucoup de détails, mais son mouvement est net : recevoir le mariage comme décision paternelle, puis opposer une épouse fabriquée, enfin s’enfermer dans les conséquences du récit.

La méthode sera toujours la même : situer la division réelle, suivre trois mouvements, puis contrôler chaque interprétation sur une citation courte. Les mots du texte ne servent pas d’illustration après coup ; ils commandent le raisonnement. Cette règle empêche le résumé général et prépare une parole d’oral où l’on peut montrer précisément ce que l’on vient d’affirmer.

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Étape 02

D’abord, de quoi ça parle ?

Une contrainte paternelle appelle un récit de défense. L’invention donne provisoirement à Dorante une autonomie, mais engage d’autres noms et oblige la comédie à vérifier sa cohérence.

Pour rester exact, on sépare le sujet du passage, sa progression et sa portée. Le sujet répond à la question « de quoi parle-t-on ? » ; la progression observe ce que la phrase fait successivement ; la portée vient seulement après. Ainsi, deux commentaires voisins ne deviennent jamais interchangeables.

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Étape 03

Où on se trouve dans le livre

Adresse formelle du passage : Acte III, scène 3.

Pour échapper au mariage voulu par Géronte, Dorante invente une épouse et développe aussitôt les circonstances capables de rendre cette fiction crédible.

Cette localisation n’est pas décorative : elle détermine les personnages ou la voix qui parlent, le savoir déjà disponible et la conséquence que le passage peut réellement produire. Elle doit être dite avant la problématique et conservée lorsque l’on annonce les mouvements.

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Étape 04

Ton introduction : comment tu ouvres

Créée en 1644 puis révisée par Corneille, Le Menteur est une comédie en cinq actes et en alexandrins adaptée de La verdad sospechosa de Juan Ruiz de Alarcón. Pour échapper au mariage voulu par Géronte, Dorante invente une épouse et développe aussitôt les circonstances capables de rendre cette fiction crédible. Comment le mensonge matrimonial transforme-t-il une parole de résistance en nouvelle dépendance ?

L’introduction doit rester brève et vérifiable : auteur, œuvre, date utile, division réelle, situation, projet de lecture et mouvements. On ne promet dans la problématique que ce que les neuf prises ancrées permettent ensuite de démontrer.

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Étape 05

Premier moment : recevoir le mariage comme décision paternelle

Les trois premières prises établissent ce premier déplacement. Il faut suivre le vers, la situation d’adresse et l’enchaînement des répliques avant de dégager leur portée dramatique.

Prise 1. « Isabelle, il est temps, allons trouver Lucrèce » (COR-U1238). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ★ I.a. Construction verbale et progression de la réplique : recevoir le mariage comme décision paternelle, donne une direction, mais l’ancre COR-U1238 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

Prise 2. « Est ce même inconnu qui m'en a tant conté » (COR-U1247). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ◆ I.b. Construction verbale et progression de la réplique : recevoir le mariage comme décision paternelle, donne une direction, mais l’ancre COR-U1247 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

Prise 3. « Qu'il est fourbe, Isabelle » (COR-U1255). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ○ I.c. Construction verbale et progression de la réplique : recevoir le mariage comme décision paternelle, donne une direction, mais l’ancre COR-U1255 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

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Étape 06

Deuxième moment : opposer une épouse fabriquée

Les prises centrales modifient la valeur de ce qui précède : une correction, un contraste ou une parole fait apparaître la contradiction de la scène.

Prise 4. « Content quelque défaite, et des chevaux perdus » (COR-U1263). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ★ II.a. Construction verbale et progression de la réplique : opposer une épouse fabriquée, donne une direction, mais l’ancre COR-U1263 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

Prise 5. « Que les filles de cœur aiment les gens d'épée » (COR-U1269). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ◆ II.b. Construction verbale et progression de la réplique : opposer une épouse fabriquée, donne une direction, mais l’ancre COR-U1269 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

Prise 6. « En matière de fourbe il est maître, il y pipe » (COR-U1277). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ○ II.c. Construction verbale et progression de la réplique : opposer une épouse fabriquée, donne une direction, mais l’ancre COR-U1277 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

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Étape 07

Troisième moment : s’enfermer dans les conséquences du récit

Les trois dernières prises donnent au cas local sa portée dans l’ensemble de la pièce, sans quitter les mots exacts de la scène.

Prise 7. « J'ai, dit-il, toute nuit souffert son entretien » (COR-U1284). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ★ III.a. Construction verbale et progression de la réplique : s’enfermer dans les conséquences du récit, donne une direction, mais l’ancre COR-U1284 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

Prise 8. « Et que dans son amour son adresse est extrême » (COR-U1291). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ◆ III.b. Construction verbale et progression de la réplique : s’enfermer dans les conséquences du récit, donne une direction, mais l’ancre COR-U1291 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

Prise 9. « Votre père l'agrée, et le sien vous souhaite » (COR-U1298). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ○ III.c. Construction verbale et progression de la réplique : s’enfermer dans les conséquences du récit, donne une direction, mais l’ancre COR-U1298 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.

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Étape 08

Alors, qu’est-ce que ça raconte vraiment ?

Le mensonge protège une liberté immédiate tout en réduisant la liberté future : pour refuser le choix de son père, Dorante doit soutenir une identité et une histoire dont chaque précision appelle une confirmation.

La réponse ne doit donc pas être apprise comme un slogan. Elle résulte de la chaîne des neuf observations : chacune corrige ou précise la précédente. Si une interprétation ne peut plus être rattachée à une ancre, elle doit être reformulée ou retirée.

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Étape 09

Ton ouverture : la porte qui s’ouvre

On peut rapprocher cette scène d’une autre séquence si l’on compare un mécanisme précis : invention de soi, distribution inégale du savoir, quiproquo des noms, récit concurrent ou jugement de Cliton.

Une ouverture valable compare un mécanisme précis et non deux thèmes vagues : même forme d’adresse, même renversement, même travail du rythme ou même conflit de voix. Elle tient en deux phrases et ne remplace jamais la conclusion du passage étudié.

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Étape 10

Tu vois ? Tu sais le comprendre et le dire

À l’oral, enchaîne quatre gestes : situe, cite, décris le fonctionnement, puis formule l’interprétation produite par ce fonctionnement.

Deuxième passage oral sur les neuf preuves.

Reprise 1. Je cite « Isabelle, il est temps, allons trouver Lucrèce » (COR-U1238), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

Reprise 2. Je cite « Est ce même inconnu qui m'en a tant conté » (COR-U1247), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

Reprise 3. Je cite « Qu'il est fourbe, Isabelle » (COR-U1255), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

Reprise 4. Je cite « Content quelque défaite, et des chevaux perdus » (COR-U1263), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

Reprise 5. Je cite « Que les filles de cœur aiment les gens d'épée » (COR-U1269), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

Reprise 6. Je cite « En matière de fourbe il est maître, il y pipe » (COR-U1277), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

Reprise 7. Je cite « J'ai, dit-il, toute nuit souffert son entretien » (COR-U1284), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

Reprise 8. Je cite « Et que dans son amour son adresse est extrême » (COR-U1291), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

Reprise 9. Je cite « Votre père l'agrée, et le sien vous souhaite » (COR-U1298), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.

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Étape 11

Et les petites questions de grammaire

Les trois phrases retenues permettent de distinguer une construction de phrase, une modalité ou une négation, puis une relation de subordination. La réponse grammaticale reste séparée de l’interprétation littéraire.

Pour une question de grammaire, on recopie exactement le groupe demandé, on identifie la forme, on en donne la fonction et on justifie par un test syntaxique. L’interprétation littéraire revient ensuite seulement, si la question l’exige. Cette séparation évite de faire passer un effet supposé pour une analyse grammaticale.

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Étape 12

Ce soir, tu peux fermer le cahier

Retiens la réponse au projet de lecture : Le mensonge protège une liberté immédiate tout en réduisant la liberté future : pour refuser le choix de son père, Dorante doit soutenir une identité et une histoire dont chaque précision appelle une confirmation.

Ce soir, ne mémorise pas une conclusion détachée. Recompose plutôt quatre repères : l’adresse formelle du passage, les trois mouvements, deux ancres que tu sais retrouver et le geste qui relie forme, effet et interprétation. Cette petite chaîne suffit pour rouvrir tout le commentaire sans répéter le huitième temps.

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Étape 13

Terre ferme : tu peux t’arrêter là

La borne est constituée par les vers ancrés cités dans le dossier. Chaque preuve renvoie au texte de 1682 donné par l’édition Marty-Laveaux ; aucune citation ne sort de cette réserve déclarée.

Les deux passages sur les neuf preuves donnent au moins dix-huit citations ancrées. Ce décompte ne remplace pas la lecture : il garantit seulement que la voix accompagnée demeure attachée au texte source et à ses bornes. La division employée reste celle de l’œuvre : acte et scène, poème et strophe, section, soir, lettre ou chapitre selon le cas.

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Fin de l’explication accompagnée

La voix change

La voix qui t’accompagnait s’efface : finie la lettre, place au dossier de travail.

Je m’arrête iciJ’ouvre le dossier

Le dossier de l’épreuve

La même explication, classée pour la révision

Neuf tiroirs : comprendre, préparer l’oral, contrôler les preuves.

01Le texte, dit simplementLe raisonnement sans jargon.

Idée générale. Dans cette scène, deux femmes recoupent ce qu'on leur a dit de Dorante, et le mensonge finit par se retourner contre lui.

Situation simple. Clarice et Isabelle vont trouver Lucrèce. Elles comparent les récits. Elles concluent que Dorante est un fourbe. Et l'affaire prend une tournure officielle.

Mouvement I. Dans ce mouvement, Clarice dit qu'il est temps d'aller trouver Lucrèce. Elle demande si c'est le même inconnu qui lui en a tant conté. Et elle s'exclame : qu'il est fourbe, Isabelle. L'idée importante est que l'enquête est menée par les femmes.

Mouvement II. Dans ce mouvement, on rappelle qu'il contait une défaite et des chevaux perdus. On cite la maxime : les filles de cœur aiment les gens d'épée. Et l'on conclut qu'en matière de fourbe il est maître. L'idée importante est qu'on éprouve les récits.

Mouvement III. Dans ce mouvement, on rapporte ses paroles avec un « dit-il ». On loue son adresse extrême. Et l'on constate que votre père l'agrée, et le sien vous souhaite. L'idée importante est que le piège devient officiel.

Pour finir. La leçon de la scène est qu'un mensonge qui circule cesse d'appartenir à celui qui l'a fait.

02L’introduction rédigéeSix étapes, une question directrice.

Étape 1 : Pierre Corneille est un dramaturge du XVIIᵉ siècle, connu d'abord pour ses tragédies.

Étape 2 : Le Menteur, comédie de 1644, suit Dorante, qui invente sa vie à mesure qu'il la raconte.

Étape 3 : L'extrait montre Clarice et Isabelle recoupant ce qu'elles ont appris de Dorante.

Étape 4 : La scène s'organise en trois temps — le récit reçu par personnages interposés, les versions éprouvées, les conséquences refermées.

Étape 5 : On se demandera comment le récit du mariage circule entre les femmes avant de devenir un piège social pour celui qui l'a produit.

Étape 6 : On suivra d'abord la mise en marche de l'enquête, puis les moyens de la vérification, enfin la symétrie institutionnelle finale.

03L’explication linéaireTrois mouvements, neuf prises de lecture.

I. Recevoir le récit par personnages interposés

Clarice et Isabelle recomposent l’inconnu à partir de paroles rapportées et transforment l’admiration en soupçon. L’impératif d’aller vers Lucrèce met les femmes en mouvement et donne au récit une trajectoire indépendante de son auteur. L’« inconnu » est identifié par ce qu’il a raconté ; son identité se résume déjà à sa circulation verbale. L’exclamation « Qu’il est fourbe » produit un jugement synthétique qui précède toute confrontation directe. La scène fait donc voir une conséquence décisive : dès qu’il passe de bouche en bouche, le mensonge devient dossier collectif.

◆ I.a. Il est temps, allons trouver Lucrèce

« Isabelle, il est temps, allons trouver Lucrèce » COR-U1238

Impératif inclusif et présentatif temporel. Le présentatif temporel et l’impératif inclusif déclenchent une enquête en mouvement. La parole entraîne une entrée ou une sortie de scène.

★ I.b. Celui qui m'en a tant conté

« Est ce même inconnu qui m'en a tant conté » COR-U1247

Relative identifiante. La relative identifie l’homme par l’abondance de ses récits ; « tant » mesure moins des faits qu’une réputation de parole.

★ I.c. Qu'il est fourbe, Isabelle

« Qu'il est fourbe, Isabelle » COR-U1255

Exclamation qualifiante. La phrase exclamative condense le jugement en qualité. Le nom propre en apostrophe fait de cette qualification un savoir partagé.

II. Éprouver les récits par les gestes et les réponses

Le langage militaire et ludique qualifie le mensonge comme stratégie, tout en exposant sa dimension reproductible. Les défaites et les chevaux perdus appartiennent aux récits par lesquels les hommes cherchent à se donner du prestige. La formule sur les « gens d’épée » relie ces histoires militaires au désir de plaire ; Clarice et Isabelle en examinent les usages, elles ne racontent pas ici la fabrication d’une épouse. Isabelle nomme alors Dorante « maître » en matière de fourbe et recourt au vocabulaire du jeu : « il y pipe ». L’habileté est reconnue, mais sous la forme d’une tricherie. Les personnages ne sont donc pas simplement dupes ; ils disposent d’une catégorie critique pour interpréter la performance.

★ II.a. Une défaite et des chevaux perdus

« Content quelque défaite, et des chevaux perdus » COR-U1263

Participe présent d'arrière-plan. Le participe présent inscrit le récit dans une action secondaire ; les pertes concrètes fournissent un passé militaire prêt à justifier l’alliance inventée.

★ II.b. Les filles de cœur et les gens d'épée

« Que les filles de cœur aiment les gens d'épée » COR-U1269

Maxime galante. La maxime associe deux catégories sociales et transforme un choix individuel en loi galante commode.

◆ II.c. En matière de fourbe il est maître

« En matière de fourbe il est maître, il y pipe » COR-U1277

Parallélisme. Le parallélisme joint maîtrise et tricherie. Le pronom « y » renvoie à un jeu social dont Dorante fausse les règles.

III. S’enfermer dans les conséquences

La durée nocturne et l’adresse extrême donnent au récit un poids affectif, tandis que l’accord des pères le confronte à une réalité institutionnelle. Le discours rapporté étend l’entretien à toute la nuit et confère au mensonge une endurance presque matérielle. L’« adresse extrême » résume l’admiration inquiète produite par cette durée. La dernière formule change brutalement d’échelle : deux pères agréent et souhaitent l’alliance. La fiction privée de Dorante rencontre donc une parole institutionnelle qui peut décider. Plus son récit a circulé, moins il lui appartient ; plus les adultes parlent vrai, plus le mensonge devient nécessaire pour différer leur projet.

★ III.a. J'ai, dit-il, souffert son entretien

« J'ai, dit-il, toute nuit souffert son entretien » COR-U1284

Incise de discours rapporté. L’incise « dit-il » exhibe la chaîne du discours rapporté ; « toute nuit » grossit la durée et rend l’exploit mémorable.

◆ III.b. Une adresse extrême

« Et que dans son amour son adresse est extrême » COR-U1291

Complétive évaluative. La complétive ajoute une évaluation au récit ; l’hyperbole transforme une conduite suspecte en virtuosité.

★ III.c. Votre père l'agrée, et le sien vous souhaite

« Votre père l'agrée, et le sien vous souhaite » COR-U1298

Parallélisme croisé. Le parallélisme croise les deux pères et les deux objets de volonté. L’alliance possède désormais une symétrie institutionnelle.

04La conclusion rédigéeRépondre, puis prolonger dans l’œuvre.

1. Récapitulation. La scène montre le mensonge changeant de propriétaire. Il se met d'abord à circuler : les femmes vont trouver Lucrèce, identifient Dorante par la quantité de ses récits, et transforment un acte en nature — « qu'il est fourbe ». Elles éprouvent ensuite les versions avec les outils du monde : un passé militaire fourni en arrière-plan, une maxime galante qui rend le comportement conforme, un parallélisme qui joint la maîtrise à la tricherie. Le dernier temps referme le piège par la structure plutôt que par la ruse : l'incise « dit-il » exhibe la chaîne du récit, une hyperbole requalifie la conduite en adresse, et le croisement des deux pères donne à l'alliance sa symétrie institutionnelle.

2. Ouverture. Ce déplacement — de l'invention à sa circulation — est le tournant de la pièce : Dorante ne maîtrise plus ce qu'il a produit. Le parcours « mensonge et comédie » désigne ici le moment où la comédie prend le relais du menteur.

05Le mémo de l’oralLes appuis indispensables et les prolongements possibles.

Auteur : Pierre Corneille.

Œuvre : Le Menteur, 1644.

Extrait : « Clarice et Isabelle enquêtent », la circulation du récit entre les femmes.

Objet d'étude : Le théâtre du XVIIᵉ siècle au XXIᵉ siècle.

Parcours : Mensonge et comédie.

Situation : Clarice et sa suivante Isabelle recoupent ce qu'on leur a dit de Dorante ; le récit du mariage circule.

Problématique : Comment le récit du mariage circule-t-il entre les femmes avant de devenir un piège social pour celui qui l'a produit ?

Plan : Recevoir le récit par personnages interposés ; éprouver les récits par les gestes et les réponses ; s'enfermer dans les conséquences.

Citations, procédés et interprétations essentiels : ★ indique les appuis à ne pas omettre ; ◆ propose les prolongements à choisir selon le temps disponible.

◆ I.a : « Isabelle, il est temps, allons trouver Lucrèce ». Impératif inclusif et présentatif temporel. Le présentatif temporel et l’impératif inclusif déclenchent une enquête en mouvement.

★ I.b : « Est ce même inconnu qui m'en a tant conté ». Relative identifiante. La relative identifie l’homme par l’abondance de ses récits ; « tant » mesure moins des faits qu’une réputation de parole.

★ I.c : « Qu'il est fourbe, Isabelle ». Exclamation qualifiante. La phrase exclamative condense le jugement en qualité.

★ II.a : « Content quelque défaite, et des chevaux perdus ». Participe présent d'arrière-plan. Le participe présent inscrit le récit dans une action secondaire ; les pertes concrètes fournissent un passé militaire prêt à justifier l’alliance inventée.

★ II.b : « Que les filles de cœur aiment les gens d'épée ». Maxime galante. La maxime associe deux catégories sociales et transforme un choix individuel en loi galante commode.

◆ II.c : « En matière de fourbe il est maître, il y pipe ». Parallélisme. Le parallélisme joint maîtrise et tricherie.

★ III.a : « J'ai, dit-il, toute nuit souffert son entretien ». Incise de discours rapporté. L’incise « dit-il » exhibe la chaîne du discours rapporté ; « toute nuit » grossit la durée et rend l’exploit mémorable.

◆ III.b : « Et que dans son amour son adresse est extrême ». Complétive évaluative. La complétive ajoute une évaluation au récit ; l’hyperbole transforme une conduite suspecte en virtuosité.

★ III.c : « Votre père l'agrée, et le sien vous souhaite ». Parallélisme croisé. Le parallélisme croise les deux pères et les deux objets de volonté.

Appuis ★ repris : I.b I.c II.a II.b III.a III.c

06Le tableau des procédésComparer les fonctions des neuf appuis.
Procédé désignéAnalyse dans le texteEffet sur le lecteurInterprétation
◆ Impératif inclusif et présentatif temporel (I.a)Le présentatif temporel et l’impératif inclusif déclenchent une enquête en mouvement.Le lecteur voit une enquête se mettre en marche.L'enquête est menée par les femmes, et elle se met en marche par un impératif : la pièce leur donne l'initiative de la vérification.
★ Relative identifiante (I.b)La relative identifie l’homme par l’abondance de ses récits ; « tant » mesure moins des faits qu’une réputation de parole.Le lecteur voit un homme identifié par sa quantité de récits.Identifier quelqu'un par « tant conté », c'est mesurer une réputation de parole plutôt que des faits — exactement ce dont Dorante vit.
★ Exclamation qualifiante (I.c)La phrase exclamative condense le jugement en qualité.Le lecteur entend un jugement devenir une qualité.L'exclamation transforme un acte en nature : « fourbe » cesse d'être ce qu'il a fait pour devenir ce qu'il est, et le nom propre en fait un savoir partagé.
★ Participe présent d'arrière-plan (II.a)Le participe présent inscrit le récit dans une action secondaire ; les pertes concrètes fournissent un passé militaire prêt à justifier l’alliance inventée.Le lecteur voit un passé militaire fourni en arrière-plan.Le participe présent fournit au mensonge un passé militaire prêt à l'emploi ; les pertes concrètes sont ce qui rend une invention recevable.
★ Maxime galante (II.b)La maxime associe deux catégories sociales et transforme un choix individuel en loi galante commode.Le lecteur reçoit une loi galante commode.La maxime convertit un choix individuel en loi sociale : c'est ainsi que le mensonge se rend conforme, donc invisible.
◆ Parallélisme (II.c)Le parallélisme joint maîtrise et tricherie.Le lecteur voit la maîtrise et la tricherie jointes.Le parallélisme joint la maîtrise et la tricherie sans les opposer ; le « y » renvoie à un jeu dont Dorante fausse les règles tout en les respectant.
★ Incise de discours rapporté (III.a)L’incise « dit-il » exhibe la chaîne du discours rapporté ; « toute nuit » grossit la durée et rend l’exploit mémorable.Le lecteur voit la chaîne du discours rapporté s'exhiber.L'incise exhibe la chaîne : ce n'est plus Dorante qui parle, c'est son récit qui circule — et la circulation ajoute du crédit à chaque relais.
◆ Complétive évaluative (III.b)La complétive ajoute une évaluation au récit ; l’hyperbole transforme une conduite suspecte en virtuosité.Le lecteur voit une conduite suspecte requalifiée en virtuosité.L'hyperbole d'un tiers achève le travail : la conduite suspecte devient adresse, et le mensonge se trouve loué par ceux qu'il vise.
★ Parallélisme croisé (III.c)Le parallélisme croise les deux pères et les deux objets de volonté.Le lecteur voit deux pères se croiser dans un même vers.Le croisement des deux pères donne à l'alliance une symétrie institutionnelle : le piège se referme par la structure, non par la ruse.
07Le tableau de couvertureRetrouver chaque sous-partie dans le mémo.
Prise ★RangDans le mémo
I.b★oui
I.c★oui
II.a★oui
II.b★oui
III.a★oui
III.c★oui
Sous-partieProcédé principalDans le mémo ?
I.bRelative identifianteoui
I.cExclamation qualifianteoui
II.aParticipe présent d'arrière-planoui
II.bMaxime galanteoui
III.aIncise de discours rapportéoui
III.cParallélisme croiséoui

Les 6 appuis marqués ★ couvrent les trois mouvements et sont tous repris dans le mémo : résultat 6/6. Ce décompte atteste la couverture, non la qualité générale de la page.

08Les erreurs rédhibitoiresLes contresens propres à ce passage.

A. Erreurs de fond

Erreur à ne pas commettrePourquoi c'est une erreurFormulation correcte à retenir
Les femmes sont dupes.Elles mènent l'enquête et concluent avant les hommes.Elles disposent de l'initiative de la vérification.
« Fourbe » est une insulte.L'exclamation transforme un acte en qualité stable.Le mot fait passer du faire à l'être.
La maxime sur les filles de cœur est un cliché.Elle rend le comportement de Dorante conforme, donc invisible.La maxime est un instrument, pas un ornement.
Le piège vient d'une ruse.Il vient du croisement des deux volontés paternelles.La structure suffit à refermer le piège.
Dorante contrôle encore son récit.L'incise « dit-il » montre qu'il circule sans lui.Le mensonge a changé de propriétaire.

B. Erreurs de méthode à l'oral

Erreur de méthodeCorrection attendue
Chercher Dorante dans la scène.Il n'y est pas : c'est précisément le sujet.
Traiter l'incise comme une commodité.Elle exhibe la chaîne du discours rapporté.
Résumer les quiproquos de noms.Situer en une phrase et entrer dans l'enquête.
Annoncer des numéros de page.Annoncer les vers par leurs ancres éditoriales.

C. Formulations à proscrire

MaladroitCorrect
Les femmes se vengent.Elles recoupent des récits, ce qui est autre chose.
Le mensonge est découvert.Il circule et se retourne ; la découverte viendra plus tard.
Corneille montre la médisance.Il montre une vérification, menée avec les outils du monde.
09L’analyse grammaticaleTrois constructions distinctes, trois leçons.
  1. Question grammaticale 1
  2. Question grammaticale 2
  3. Question grammaticale 3

Phrase 1 : Impératif inclusif

Phrase étudiée : « Allons trouver Lucrèce »

Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.

Réponse : « Allons trouver Lucrèce » associe la locutrice et Isabelle dans une action commune ; la forme verbale transforme l’information reçue en déplacement scénique.

Phrase 2 : Discours rapporté

Phrase étudiée : « dit-il »

Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.

Réponse : L’incise « dit-il » matérialise une transmission : la phrase présente simultanément le récit ancien et celle qui le restitue, condition même de la circulation comique.

Phrase 3 : Parallélisme coordonné

Phrase étudiée : « Votre père l’agrée, et le sien vous souhaite »

Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.

Réponse : « Votre père l’agrée, et le sien vous souhaite » distribue deux sujets, deux verbes et deux objets en miroir ; la syntaxe donne à l’alliance une apparence d’équilibre accompli.