Le bac par Patrick

Étienne de La Boétie · Discours de la servitude volontaire · Explication 3/10

l’apostrophe et la formule de délivrance

13 étapes parlées9 prises9 tiroirs

L’explication à côté de toi

Le fil parlé

Treize étapes pour comprendre, dire et retenir avant d’ouvrir le dossier de l’épreuve.

Étape 01

Tu n’y comprends rien ? C’est normal

Le passage paraît d’abord violent : La Boétie apostrophe les peuples, accumule les accusations et leur reproche de fournir eux-mêmes au tyran ses yeux, ses mains et ses pieds. Il ne cherche pourtant pas à accabler des victimes. Il rend visible un mécanisme politique afin de montrer qu’il peut être interrompu.

Suis trois gestes. Le texte nomme d’abord la dépossession, démonte ensuite le corps imaginaire du maître, puis transforme le diagnostic en formule de délivrance. La colère conduit donc à une action très précise : ne plus soutenir.

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Étape 02

D’abord, de quoi ça parle ?

Qui parle ? La Boétie, dans une adresse directe aux peuples asservis.

De quoi parle-t-il ? Des biens, des familles, des corps et du travail que les sujets livrent au pouvoir qui les détruit.

Que veut-il faire comprendre ? Le tyran n’est pas un colosse par nature. La multitude lui prête sa force et peut cesser de la lui prêter. La liberté commence par le retrait du soutien.

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Étape 03

Où on se trouve dans le livre

Après avoir montré que la soumission d’un peuple entier ne peut pas s’expliquer par la seule lâcheté, La Boétie s’adresse directement à ceux qui servent. Aux §§17 à 20, l’enquête devient une apostrophe, puis un raisonnement sur les moyens concrets de la domination.

Le passage prépare la suite de l’œuvre : si le pouvoir vient des sujets, il faudra comprendre pourquoi l’habitude, les plaisirs et les intérêts les conduisent à continuer de le nourrir.

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Étape 04

Ton introduction : comment tu ouvres

Étienne de La Boétie compose au XVIe siècle le Discours de la servitude volontaire, œuvre de littérature d’idées qui cherche pourquoi des peuples nombreux soutiennent un seul tyran. Aux §§17 à 20, l’auteur transforme son enquête en adresse directe aux sujets. L’apostrophe, les accumulations, les questions oratoires et les images du corps puis du colosse rendent leur participation visible. On peut se demander comment cette accusation conduit moins à culpabiliser les peuples qu’à leur rendre un pouvoir d’action. Le passage dénonce d’abord la dépossession (§17), démonte ensuite le corps emprunté du tyran (§18), puis oppose au travail qui le nourrit la décision de ne plus le soutenir (§§19 à 20).

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Étape 05

Premier moment : nommer la dépossession (§17)

L’apostrophe accumule les groupes : « Pauvres gens », « peuples insensés », « nations obstinées ». La voix secoue le destinataire et oppose immédiatement « votre mal » à « votre bien ». Le peuple est aveugle non parce qu’il ne souffre pas, mais parce qu’il ne reconnaît plus la cause de sa souffrance.

Les infinitifs « piller », « voler », « dépouiller » déroulent les pertes, des récoltes aux meubles « paternels ». Pourtant l’ennemi n’est pas extérieur : c’est « celui que vous faites aussi grand qu’il est ». La phrase retire au tyran toute grandeur autonome.

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Étape 06

Deuxième moment : démonter le corps du maître (§18)

La Boétie ramène d’abord le tyran à un corps ordinaire : deux yeux, deux mains, un corps. La négation restrictive « ne… que » mesure sa faiblesse réelle. Les questions suivantes reconstruisent une autre anatomie, composée des organes que les sujets lui donnent.

Les derniers noms durcissent le diagnostic : receleurs, complices, traîtres. Ce vocabulaire judiciaire ne dit pas que tous veulent le crime ; il montre que leurs moyens rendent le crime possible. Le pouvoir du tyran est une relation, non une qualité de son corps.

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Étape 07

Troisième moment : ne plus nourrir, ne plus porter (§§19 à 20)

Au §19, chaque activité utile se retourne contre celui qui l’accomplit : semer sert au dégât, meubler aux rapines, élever les enfants à la guerre. Les propositions de but montrent que le travail du peuple alimente la puissance qui l’épuise.

Le §20 inverse alors le mouvement. « Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres » rapproche la décision et son effet. Il n’est pas demandé de pousser le tyran : il suffit de ne plus le soutenir. La comparaison du colosse sans base transforme cette abstention en loi physique ; privé de son socle, le pouvoir tombe « de son propre poids ».

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Étape 08

Alors, qu’est-ce que ça raconte vraiment ?

La Boétie transforme l’accusation en restitution de puissance. Les sujets donnent au tyran ses ressources, ses organes et ses exécutants ; ce constat signifie aussi qu’ils détiennent la condition de sa force.

La réponse à la problématique est donc nette : l’apostrophe révèle la participation afin de rendre pensable son interruption. Le texte passe du « vous » qui nourrit au « vous » qui peut cesser, et de la grandeur imaginaire du tyran au colosse dépendant de sa base.

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Étape 09

Ton ouverture : la porte qui s’ouvre

Tu peux ouvrir sur la suite du Discours. La décision paraît simple en droit, mais l’œuvre va expliquer pourquoi elle devient difficile dans les faits : la coutume efface le souvenir de la liberté, les divertissements endorment le jugement et la chaîne des intérêts distribue les bénéfices de la tyrannie.

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Étape 10

Tu vois ? Tu sais le comprendre et le dire

Quatre prises suffisent pour retrouver le passage : l’apostrophe aux peuples, le tyran réduit à deux yeux et deux mains, le travail retourné contre ceux qui l’accomplissent, puis le colosse sans base. Elles suivent un même raisonnement : nommer ce que le peuple perd, montrer ce qu’il donne, comprendre ce qu’il peut retirer.

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Étape 11

Et les petites questions de grammaire

« Celui qui vous maîtrise si fort n’a que deux yeux » contient une proposition subordonnée relative, « qui vous maîtrise si fort », complément de l’antécédent « celui ». La négation « ne… que » est restrictive.

Dans « Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne les prend de vous ? », « si » introduit une subordonnée circonstancielle d’hypothèse. La question oratoire impose la réponse : il les prend des sujets.

Dans « Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres », l’impératif est coordonné à une proposition déclarative. La coordination prend une valeur de conséquence immédiate.

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Étape 12

Ce soir, tu peux fermer le cahier

Tu peux fermer le cahier avec cette distinction : La Boétie ne demande pas au peuple de devenir plus fort que le tyran. Il lui demande de reconnaître que la force du tyran est déjà faite de la sienne.

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Étape 13

Terre ferme : tu peux t’arrêter là

Tu sais maintenant suivre la page de la dépossession à la délivrance. L’image finale résume tout : le colosse paraît immense, mais sa base ne lui appartient pas.

Le dossier de l’épreuve

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Fin de l’explication accompagnée

La voix change

La voix qui t’accompagnait s’efface : finie la lettre, place au dossier de travail.

Je m’arrête iciJ’ouvre le dossier

Le dossier de l’épreuve

La même explication, classée pour la révision

Neuf tiroirs : comprendre, préparer l’oral, contrôler les preuves.

01Texte simple

La Boétie apostrophe les peuples qui laissent piller leurs biens par un ennemi qu’ils rendent eux-mêmes puissant. Le tyran n’a qu’un corps ordinaire ; les yeux, les mains et les pieds qui étendent son pouvoir viennent des sujets. Leur travail nourrit ses rapines, ses guerres et ses plaisirs. Pourtant, il n’est pas nécessaire de le pousser ni de le combattre directement. Il suffit de ne plus le soutenir : comme un colosse privé de sa base, il tombe de son propre poids.

02Introduction rédigée

Humaniste du XVIe siècle, Étienne de La Boétie compose le Discours de la servitude volontaire, œuvre qui recherche les soutiens grâce auxquels un seul tyran domine une multitude. Aux §§17 à 20, l’enquête devient une adresse directe aux peuples. Apostrophes, accumulations, questions oratoires et images du corps puis du colosse rendent leur participation sensible. On peut donc se demander comment l’accusation restitue aux sujets un pouvoir d’action. Le texte dénonce d’abord leur dépossession (§17), démonte ensuite le corps emprunté du tyran (§18), puis oppose au travail qui le nourrit la décision de ne plus le soutenir (§§19 à 20).

03Analyse linéaire complète
★ I.a. Secouer le destinataire : l’adresse accusatrice

Orientation. Le §17 ouvre une confrontation directe avec les peuples asservis.

Citation. « Pauvres gens et misérables, peuples insensés, nations obstinées dans votre mal et aveugles dans votre bien » (§17).

Procédé principal. Une apostrophe construite par accumulation de groupes nominaux et d’adjectifs.

Analyse. La série agrandit le destinataire de quelques « gens » aux « nations ». Les adjectifs ne décrivent pas une nature inférieure : « obstinées » et « aveugles » désignent un comportement que la parole cherche précisément à interrompre. L’antithèse entre « mal » et « bien », renforcée par les possessifs, montre que l’enjeu concerne leur propre intérêt. L’apostrophe refuse ainsi la distance d’un traité abstrait et place le lecteur dans la position de celui qui doit reconnaître sa situation.

Interprétation. La violence de l’adresse a une fonction de réveil politique.

★ I.b. Dérouler les pertes : la dépossession énumérée

Orientation. La suite transforme la servitude en pertes matérielles et familiales.

Citation. « piller vos champs, voler vos maisons et les dépouiller des meubles anciens et paternels » (§17).

Procédé principal. Une accumulation de verbes à l’infinitif organisée en gradation.

Analyse. Les verbes passent du produit des champs à l’espace de la maison, puis aux objets transmis par les pères. La domination atteint donc les ressources, l’intimité et la mémoire familiale. Le possessif « vos » répété maintient le contraste entre ce qui appartient aux sujets et ce qu’ils laissent prendre. En donnant un contenu concret au mot servitude, La Boétie empêche qu’il reste une notion politique éloignée de la vie quotidienne.

Interprétation. L’asservissement se mesure à la destruction des liens par lesquels un peuple habite et transmet son monde.

★ I.c. Fabriquer l’ennemi : la grandeur prêtée

Orientation. La fin du §17 désigne l’origine de la puissance qui produit ces dégâts.

Citation. « celui que vous faites aussi grand qu’il est » (§17).

Procédé principal. Une proposition relative brève dont le sujet « vous » devient l’agent de la grandeur.

Analyse. Le tyran est « l’ennemi » au singulier, mais sa grandeur n’est pas présentée comme une propriété. Le verbe « faites » l’attribue à l’action des sujets. La formule est au cœur du renversement de La Boétie : le peuple paraît objet du pillage, puis redevient sujet grammatical du pouvoir qui l’écrase. Cette responsabilité ne disculpe pas l’ennemi ; elle révèle le levier par lequel sa force est produite.

Interprétation. Ce qui est fabriqué par le soutien peut être défait par son retrait.

★ II.a. Réduire le tyran : un corps ordinaire

Orientation. Le §18 dépouille le maître de toute supériorité physique.

Citation. « n’a que deux yeux, n’a que deux mains, n’a qu’un corps » (§18).

Procédé principal. Une anaphore de la négation restrictive « ne… que ».

Analyse. La répétition compte les organes et ramène le tyran à la mesure du « moindre homme ». Elle répond à l’image d’une puissance immense par l’inventaire d’un corps limité. Chaque restriction retire une capacité propre au maître. Le raisonnement prépare alors la question décisive : d’où viennent tous les organes supplémentaires avec lesquels il surveille, frappe et foule les villes ?

Interprétation. L’extension du pouvoir ne peut pas être expliquée par la personne physique du tyran.

◆ II.b. Rendre les organes : la série des questions

Orientation. Les questions oratoires font remonter les moyens de la domination vers ceux qui les fournissent.

Citation. « Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne les prend de vous ? » (§18).

Procédé principal. Une interrogation directe fermée par une subordonnée conditionnelle.

Analyse. La question contient sa réponse. Le nombre indéfini « tant » s’oppose au compte précédent des deux mains, tandis que le pronom « vous » apparaît à la fois comme victime de l’action et comme origine de son instrument. La série applique la même logique aux yeux, aux mains et aux pieds. Le corps politique du tyran est ainsi recomposé à partir des membres de la multitude.

Interprétation. La domination agit par des intermédiaires prélevés dans le peuple.

◆ II.c. Nommer la participation : du recel à la trahison

Orientation. La clausule du §18 donne une qualification morale et judiciaire à cette relation.

Citation. « les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue, et les traîtres de vous-mêmes » (§18).

Procédé principal. Une gradation ternaire de noms judiciaires.

Analyse. Le premier terme désigne celui qui profite d’un vol, le second celui qui participe au crime, le troisième celui qui se retourne contre son propre camp. Les relatives « qui vous pille » et « qui vous tue » rappellent que le tyran demeure l’auteur du mal. Mais la progression montre aussi que sa violence a besoin d’une coopération. « Vous-mêmes » ferme la phrase sur une division intérieure du peuple.

Interprétation. L’asservissement dure lorsque les forces communes sont retournées les unes contre les autres.

★ III.a. Retourner le travail : produire son propre dommage

Orientation. Le §19 suit les activités qui entretiennent matériellement la tyrannie.

Citation. « Vous semez vos fruits afin qu’il en fasse le dégât » (§19).

Procédé principal. Une anaphore du sujet « vous » suivie de propositions circonstancielles de but.

Analyse. Semer devrait nourrir ceux qui travaillent ; la proposition de but conduit au contraire au « dégât ». Le même renversement atteint les maisons, les filles, les enfants et les corps. La syntaxe relie directement l’effort du peuple à l’usage destructeur du maître. Le scandale ne vient pas du travail lui-même, mais de la finalité que le pouvoir lui impose.

Interprétation. La domination capte les activités vitales et les oriente contre ceux qui les accomplissent.

○ III.b. Rapprocher la décision et l’effet : la formule de délivrance

Orientation. Le §20 répond à la longue accumulation par une phrase extrêmement brève.

Citation. « Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres » (§20).

Procédé principal. Un impératif coordonné à une proposition de conséquence.

Analyse. Le verbe « soyez » porte sur une résolution, non sur une attaque. La négation « ne plus » marque la cessation d’une conduite existante. Après la virgule, « vous voilà » présente la liberté comme l’état qui apparaît lorsque le service cesse. La coordination abolit presque la distance entre décision et effet et donne à la formule la force d’une maxime.

Interprétation. La liberté ne demande ici aucune conquête extérieure : elle commence par l’abstention.

○ III.c. Retirer la base : le colosse qui tombe

Orientation. La comparaison finale convertit la thèse politique en expérience visible.

Citation. « comme un grand colosse dont on a dérobé la base, s’effondrer de son propre poids et se rompre » (§20).

Procédé principal. Une comparaison architecturale à valeur de démonstration.

Analyse. Le colosse conserve l’apparence de la grandeur, mais la relative révèle sa dépendance à une base. Il n’est pas nécessaire de le pousser : son poids devient la cause de sa chute dès que le socle disparaît. L’image rassemble tout le passage. Les ressources, les organes et le travail du peuple formaient cette base invisible ; leur retrait transforme la masse du pouvoir en fragilité.

Interprétation. La puissance tyrannique est moins un sommet qu’un poids soutenu.

04Conclusion rédigée

Des §§17 à 20, La Boétie conduit le lecteur de l’indignation à l’action. L’apostrophe énumère les pertes des peuples et révèle qu’ils font eux-mêmes la grandeur de leur ennemi. L’inventaire du corps ordinaire du tyran, puis les questions sur ses yeux, ses mains et ses pieds, montrent que son pouvoir est composé des forces qu’on lui prête. Le travail quotidien nourrit encore ses rapines et ses guerres. La formule « Soyez résolus à ne plus servir » inverse enfin cette circulation. Le colosse privé de base s’effondre sans qu’il faille le pousser : la délivrance consiste à retirer le soutien dont dépendait sa grandeur.

05Mémo pour l’oral
  • Situation : après l’échec du mot « lâcheté », l’auteur s’adresse directement aux peuples.
  • Problématique : comment l’accusation restitue-t-elle un pouvoir d’action aux sujets ?
  • Mouvement I, §17 : apostrophe, dépossession, ennemi fabriqué.
  • Mouvement II, §18 : corps ordinaire, organes prêtés, complicité.
  • Mouvement III, §§19 à 20 : travail retourné, cessation du service, colosse.
  • Réponse : le tyran n’a que la force que le peuple continue de soutenir.
  • Ouverture : la suite explique pourquoi l’habitude et les intérêts rendent ce retrait difficile.

Appuis ★ repris : I.a I.b I.c II.a III.a

06Tableau procédés, effets, sens, oral

Passage | Procédé | Effet | Sens à formuler à l’oral |

« Pauvres gens… » | apostrophe | réveille le destinataire | la parole refuse la distance |

« piller… voler… dépouiller » | accumulation | matérialise les pertes | la servitude touche la vie entière |

« vous faites aussi grand » | sujet agent | renverse la causalité | la grandeur est prêtée |

« n’a que deux yeux » | restriction | réduit le maître | son corps n’explique pas son pouvoir |

« tant de mains » | question oratoire | restitue l’origine | les organes viennent des sujets |

« receleurs… complices… traîtres » | gradation | durcit le diagnostic | les forces sont retournées |

« Vous semez… afin que » | but paradoxal | montre la captation | le travail nourrit le dommage |

« ne plus servir » | impératif | concentre l’action | la liberté commence par cesser |

« colosse » | comparaison | rend la dépendance visible | le pouvoir tombe sans sa base |

07Tableau de couverture
Prise ★RangDans le mémo
I.a★oui
I.b★oui
I.c★oui
II.a★oui
III.a★oui

Mouvement | Sous-partie | Citation ancrée | Procédé principal | Fonction |

I | I.a | §17, « Pauvres gens » | apostrophe | interpelle |

I | I.b | §17, « piller… voler » | accumulation | mesure les pertes |

I | I.c | §17, « vous faites » | relation causale | rend l’origine |

II | II.a | §18, « n’a que » | restriction | réduit le corps |

II | II.b | §18, « tant de mains » | interrogation | restitue les organes |

II | II.c | §18, « traîtres » | gradation | nomme la participation |

III | III.a | §19, « Vous semez » | anaphore et but | montre la captation |

III | III.b | §20, « ne plus servir » | impératif | formule la délivrance |

III | III.c | §20, « colosse » | comparaison | démontre la chute |

08Erreurs rédhibitoires
  • Présenter le peuple comme naturellement servile : le texte décrit un soutien qui peut cesser.
  • Faire du tyran un géant physique : il n’a que le corps du moindre homme.
  • Oublier que les relatives « qui vous pille » et « qui vous tue » maintiennent sa responsabilité.
  • Réduire les questions à de l’emportement : elles reconstruisent méthodiquement le corps du pouvoir.
  • Confondre participation et intention : fournir un moyen ne signifie pas vouloir chaque crime.
  • Lire le §19 comme une condamnation du travail : il vise la captation de sa finalité.
  • Transformer « ne plus servir » en appel à la passivité générale : l’abstention vise le soutien au tyran.
  • Dire que le peuple doit renverser le colosse par la force : l’image affirme qu’il tombe sans sa base.
  • Détacher la formule de son raisonnement : elle conclut l’inventaire précis des soutiens.
09Analyse grammaticale
  1. Question grammaticale 1
  2. Question grammaticale 2
  3. Question grammaticale 3

Phrase 1

« Celui qui vous maîtrise si fort n’a que deux yeux » (§18).

« Qui vous maîtrise si fort » est une proposition subordonnée relative adjective, complément de l’antécédent « celui ». Le pronom relatif « qui » est sujet de « maîtrise ». « Ne… que » forme une négation restrictive portant sur « deux yeux ».

Phrase 2

« Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne les prend de vous ? » (§18).

La phrase est interrogative directe et partielle, introduite par « comment ». « S’il ne les prend de vous » est une subordonnée conjonctive circonstancielle d’hypothèse. Le pronom « les » reprend « mains ».

Phrase 3

« Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres » (§20).

« Soyez » est un impératif présent. « À ne plus servir » complète l’adjectif « résolus » ; « ne plus » est une négation temporelle qui marque la cessation. La proposition coordonnée par « et » prend une valeur de conséquence.

Leçon à retenir

La relative désigne le maître, la restriction le réduit, la condition rend les moyens aux sujets et la coordination rapproche la décision de la liberté.

Dépendances du fonds : /assets/le-dragon-passe.js.

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