◆ I.a. Enfin j'en suis sorti
« Enfin j'en suis sorti » COR-U1857
Adverbe conclusif et pronom neutre. L’adverbe conclusif et le pronom « en » condensent l’épreuve ; la phrase célèbre une issue sans détailler ce dont elle sort.
Pierre Corneille · Le Menteur · Explication 8/10
Question de lecture. Comment Dorante tente-t-il de prolonger un mensonge lorsque la mémoire et la circulation des nouvelles le menacent ?
L’explication à côté de toi
Treize étapes pour comprendre, dire et retenir avant d’ouvrir le dossier de l’épreuve.
Étape 01
Le passage associe beaucoup de détails, mais son mouvement est net : transformer l’affrontement en récit d’honneur, puis opposer les versions devant de nouveaux juges, enfin faire de la réputation l’enjeu durable du duel.
La méthode sera toujours la même : situer la division réelle, suivre trois mouvements, puis contrôler chaque interprétation sur une citation courte. Les mots du texte ne servent pas d’illustration après coup ; ils commandent le raisonnement. Cette règle empêche le résumé général et prépare une parole d’oral où l’on peut montrer précisément ce que l’on vient d’affirmer.
↑ le filÉtape 02
Un même événement reçoit plusieurs mises en forme. Le récit héroïque, le démenti et la menace font du duel une lutte seconde pour l’autorité narrative.
Pour rester exact, on sépare le sujet du passage, sa progression et sa portée. Le sujet répond à la question « de quoi parle-t-on ? » ; la progression observe ce que la phrase fait successivement ; la portée vient seulement après. Ainsi, deux commentaires voisins ne deviennent jamais interchangeables.
↑ le filÉtape 03
Adresse formelle du passage : Acte IV, scène 5.
Après l’affrontement avec Alcippe, Dorante et son adversaire produisent des récits divergents du duel. Les paroles cherchent à préserver honneur, courage et réputation.
Cette localisation n’est pas décorative : elle détermine les personnages ou la voix qui parlent, le savoir déjà disponible et la conséquence que le passage peut réellement produire. Elle doit être dite avant la problématique et conservée lorsque l’on annonce les mouvements.
↑ le filÉtape 04
Créée en 1644 puis révisée par Corneille, Le Menteur est une comédie en cinq actes et en alexandrins adaptée de La verdad sospechosa de Juan Ruiz de Alarcón. Après l’affrontement avec Alcippe, Dorante et son adversaire produisent des récits divergents du duel. Les paroles cherchent à préserver honneur, courage et réputation. Comment la confrontation de deux récits déplace-t-elle le duel des épées vers le crédit des paroles ?
L’introduction doit rester brève et vérifiable : auteur, œuvre, date utile, division réelle, situation, projet de lecture et mouvements. On ne promet dans la problématique que ce que les neuf prises ancrées permettent ensuite de démontrer.
↑ le filÉtape 05
Les trois premières prises établissent ce premier déplacement. Il faut suivre le vers, la situation d’adresse et l’enchaînement des répliques avant de dégager leur portée dramatique.
Prise 1. « Enfin j'en suis sorti » (COR-U1857). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ★ I.a. Construction verbale et progression de la réplique : transformer l’affrontement en récit d’honneur, donne une direction, mais l’ancre COR-U1857 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.
Prise 2. « L'esprit a secouru le défaut de mémoire » (COR-U1861). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ◆ I.b. Construction verbale et progression de la réplique : transformer l’affrontement en récit d’honneur, donne une direction, mais l’ancre COR-U1861 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.
Prise 3. « Mais on éclaircira bientôt toute l'histoire » (COR-U1863). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ○ I.c. Construction verbale et progression de la réplique : transformer l’affrontement en récit d’honneur, donne une direction, mais l’ancre COR-U1863 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.
↑ le filÉtape 06
Les prises centrales modifient la valeur de ce qui précède : une correction, un contraste ou une parole fait apparaître la contradiction de la scène.
Prise 4. « Après ce mauvais pas où vous avez bronché » (COR-U1864). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ★ II.a. Construction verbale et progression de la réplique : opposer les versions devant de nouveaux juges, donne une direction, mais l’ancre COR-U1864 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.
Prise 5. « On le sait chez Lucrèce, et chez cette Clarice » (COR-U1866). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ◆ II.b. Construction verbale et progression de la réplique : opposer les versions devant de nouveaux juges, donne une direction, mais l’ancre COR-U1866 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.
Prise 6. « Dans son ressentiment prendra l'occasion » (COR-U1868). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ○ II.c. Construction verbale et progression de la réplique : opposer les versions devant de nouveaux juges, donne une direction, mais l’ancre COR-U1868 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.
↑ le filÉtape 07
Les trois dernières prises donnent au cas local sa portée dans l’ensemble de la pièce, sans quitter les mots exacts de la scène.
Prise 7. « De vous couvrir de honte et de confusion » (COR-U1869). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ★ III.a. Construction verbale et progression de la réplique : faire de la réputation l’enjeu durable du duel, donne une direction, mais l’ancre COR-U1869 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.
Prise 8. « Ta crainte est bien fondée, et puisque le temps presse » (COR-U1871). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ◆ III.b. Construction verbale et progression de la réplique : faire de la réputation l’enjeu durable du duel, donne une direction, mais l’ancre COR-U1871 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.
Prise 9. « Voici tout à propos ce que j'ai souhaité » (COR-U1873). Le procédé principal est construction verbale et progression de la réplique. ; son repère matériel est l’ordre des mots et les choix lexicaux qui matérialisent construction verbale et progression de la réplique.. Il faut d’abord décrire l’ordre des mots, la portée des déterminants, le temps verbal et la ponctuation, puis distinguer le fait montré de l’effet produit sur le lecteur ou le spectateur. Le titre analytique, ○ III.c. Construction verbale et progression de la réplique : faire de la réputation l’enjeu durable du duel, donne une direction, mais l’ancre COR-U1873 maintient la preuve dans sa place exacte. À l’oral, on part donc de la forme locale, on explique son fonctionnement, puis seulement on rattache ce résultat au mouvement du passage.
↑ le filÉtape 08
L’action n’achève pas le conflit : racontée, elle recommence. La comédie montre que l’honneur dépend autant de la circulation d’une version que du geste accompli.
La réponse ne doit donc pas être apprise comme un slogan. Elle résulte de la chaîne des neuf observations : chacune corrige ou précise la précédente. Si une interprétation ne peut plus être rattachée à une ancre, elle doit être reformulée ou retirée.
↑ le filÉtape 09
On peut rapprocher cette scène d’une autre séquence si l’on compare un mécanisme précis : invention de soi, distribution inégale du savoir, quiproquo des noms, récit concurrent ou jugement de Cliton.
Une ouverture valable compare un mécanisme précis et non deux thèmes vagues : même forme d’adresse, même renversement, même travail du rythme ou même conflit de voix. Elle tient en deux phrases et ne remplace jamais la conclusion du passage étudié.
↑ le filÉtape 10
À l’oral, enchaîne quatre gestes : situe, cite, décris le fonctionnement, puis formule l’interprétation produite par ce fonctionnement.
Deuxième passage oral sur les neuf preuves.
Reprise 1. Je cite « Enfin j'en suis sorti » (COR-U1857), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.
Reprise 2. Je cite « L'esprit a secouru le défaut de mémoire » (COR-U1861), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.
Reprise 3. Je cite « Mais on éclaircira bientôt toute l'histoire » (COR-U1863), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.
Reprise 4. Je cite « Après ce mauvais pas où vous avez bronché » (COR-U1864), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.
Reprise 5. Je cite « On le sait chez Lucrèce, et chez cette Clarice » (COR-U1866), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.
Reprise 6. Je cite « Dans son ressentiment prendra l'occasion » (COR-U1868), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.
Reprise 7. Je cite « De vous couvrir de honte et de confusion » (COR-U1869), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.
Reprise 8. Je cite « Ta crainte est bien fondée, et puisque le temps presse » (COR-U1871), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.
Reprise 9. Je cite « Voici tout à propos ce que j'ai souhaité » (COR-U1873), je nomme construction verbale et progression de la réplique., puis je formule en une phrase le déplacement produit. La localisation reste dite avec la preuve : elle n’est jamais renvoyée à une mémoire vague du texte.
↑ le filÉtape 11
Les trois phrases retenues permettent de distinguer une construction de phrase, une modalité ou une négation, puis une relation de subordination. La réponse grammaticale reste séparée de l’interprétation littéraire.
Pour une question de grammaire, on recopie exactement le groupe demandé, on identifie la forme, on en donne la fonction et on justifie par un test syntaxique. L’interprétation littéraire revient ensuite seulement, si la question l’exige. Cette séparation évite de faire passer un effet supposé pour une analyse grammaticale.
↑ le filÉtape 12
Retiens la réponse au projet de lecture : L’action n’achève pas le conflit : racontée, elle recommence. La comédie montre que l’honneur dépend autant de la circulation d’une version que du geste accompli.
Ce soir, ne mémorise pas une conclusion détachée. Recompose plutôt quatre repères : l’adresse formelle du passage, les trois mouvements, deux ancres que tu sais retrouver et le geste qui relie forme, effet et interprétation. Cette petite chaîne suffit pour rouvrir tout le commentaire sans répéter le huitième temps.
↑ le filÉtape 13
La borne est constituée par les vers ancrés cités dans le dossier. Chaque preuve renvoie au texte de 1682 donné par l’édition Marty-Laveaux ; aucune citation ne sort de cette réserve déclarée.
Les deux passages sur les neuf preuves donnent au moins dix-huit citations ancrées. Ce décompte ne remplace pas la lecture : il garantit seulement que la voix accompagnée demeure attachée au texte source et à ses bornes. La division employée reste celle de l’œuvre : acte et scène, poème et strophe, section, soir, lettre ou chapitre selon le cas.
↑ le filFin de l’explication accompagnée
La voix qui t’accompagnait s’efface : finie la lettre, place au dossier de travail.
Le dossier de l’épreuve
Neuf tiroirs : comprendre, préparer l’oral, contrôler les preuves.
Idée générale. Dans cette scène, Dorante se félicite de s'en être sorti, et son valet lui montre que la nouvelle a déjà fait le tour.
Situation simple. Après une confrontation difficile, Dorante triomphe. Cliton lui explique qu'on sait chez Lucrèce et chez Clarice, et que quelqu'un pourrait s'en servir contre lui.
Mouvement I. Dans ce mouvement, il dit : enfin j'en suis sorti. Il explique que l'esprit a secouru le défaut de mémoire. Mais il ajoute qu'on éclaircira bientôt toute l'histoire. L'idée importante est qu'il sait déjà que cela ne tiendra pas.
Mouvement II. Dans ce mouvement, Cliton parle du mauvais pas où il a bronché. Il dit qu'on le sait chez Lucrèce et chez Clarice. Et que dans son ressentiment quelqu'un prendra l'occasion. L'idée importante est que la nouvelle circule.
Mouvement III. Dans ce mouvement, on parle de le couvrir de honte et de confusion. Dorante reconnaît que la crainte est fondée, puisque le temps presse. Et il conclut : voici tout à propos ce que j'ai souhaité. L'idée importante est qu'il transforme le danger en occasion.
Pour finir. La leçon de la scène est qu'on peut gagner chaque confrontation et perdre quand même, parce que le temps travaille contre soi.
Étape 1 : Pierre Corneille est un dramaturge du XVIIᵉ siècle, connu d'abord pour ses tragédies.
Étape 2 : Le Menteur, comédie de 1644, suit Dorante, qui invente sa vie à mesure qu'il la raconte.
Étape 3 : L'extrait suit une confrontation dont Dorante s'est tiré ; Cliton en mesure les suites.
Étape 4 : La scène s'organise en trois temps — la sortie par une nouvelle invention, les versions opposées devant de nouveaux juges, la réputation devenue l'enjeu.
Étape 5 : On se demandera comment Dorante tente de prolonger un mensonge lorsque la mémoire et la circulation des nouvelles le menacent.
Étape 6 : On suivra d'abord la victoire proclamée, puis la carte de la rumeur, enfin l'urgence.
Le soulagement de la sortie et la formule sur l’esprit avouent que la mémoire a été remplacée par l’invention. « Enfin » marque le soulagement de Dorante après son échange avec Géronte ; la scène ne montre pas la sortie d’un duel physique. Dorante formule alors une maxime où l’esprit « secourt » la mémoire : il reconnaît le mécanisme de substitution qui lui permet de tenir. Mais la promesse d’éclaircir toute l’histoire introduit un futur de vérification. Dorante reconnaît que son esprit a compensé sa mémoire, tandis que Cliton annonce la possibilité d’une vérification future.
« Enfin j'en suis sorti » COR-U1857
Adverbe conclusif et pronom neutre. L’adverbe conclusif et le pronom « en » condensent l’épreuve ; la phrase célèbre une issue sans détailler ce dont elle sort.
« L'esprit a secouru le défaut de mémoire » COR-U1861
Personnification des facultés. La personnification oppose deux facultés : l’invention vient réparer une mémoire défaillante, mais le mot « défaut » laisse apparaître la faille.
« Mais on éclaircira bientôt toute l'histoire » COR-U1863
Futur et pronom indéfini. Le futur et l’indéfini « on » annoncent une enquête collective. « Toute » promet une totalité qui menace les récits partiels.
Le faux pas devient information publique et arme de riposte dans les maisons de Clarice et de Lucrèce. La métaphore du pas où l’on « bronche » convertit l’incohérence en accident visible. Le savoir a déjà franchi les seuils de deux maisons, dessinant une carte sociale de la nouvelle. Le ressentiment fournit enfin à l’adversaire une occasion d’agir. La nouvelle circule hors du contrôle de Dorante : les personnes qui connaissent ses paroles peuvent les comparer et agir contre lui.
« Après ce mauvais pas où vous avez bronché » COR-U1864
Relative de localisation. La relative localise la faute dans une trajectoire ; « bronché » donne à l’erreur verbale la visibilité d’un faux pas corporel.
« On le sait chez Lucrèce, et chez cette Clarice » COR-U1866
Cartographie par répétition. Le pronom indéfini élargit le groupe informé ; la répétition de « chez » cartographie les lieux où la réputation circule.
« Dans son ressentiment prendra l'occasion » COR-U1868
Complément initial de passion. Le complément initial place l’action future dans une passion ; « prendre l’occasion » transforme l’information en ressource stratégique.
Honte, urgence et opportunité conduisent Dorante à chercher un nouvel engagement avant que son récit soit vérifié. « Honte » et « confusion » forment un couple d’effets sociaux : la diffusion d’un mensonge peut exposer son auteur au jugement de ceux qui le découvrent. Dorante reconnaît la justesse de la crainte exprimée par Cliton et décide d’agir avant que les nouvelles se propagent davantage. L’arrivée souhaitée d’un personnage offre aussitôt une nouvelle prise. La réputation est donc un état mouvant, recomposé à chaque entrée et à chaque récit ; la structure scénique devient l’instrument de cette mobilité.
« De vous couvrir de honte et de confusion » COR-U1869
Infinitif de but. L’infinitif exprime le but de la riposte ; « couvrir » fait de la honte une surface publique qui recouvre l’identité.
« Ta crainte est bien fondée, et puisque le temps presse » COR-U1871
Causale d'urgence. La causale « puisque » transforme le diagnostic en urgence. Le temps devient un adversaire qui réduit les possibilités de correction.
« Voici tout à propos ce que j'ai souhaité » COR-U1873
Présentatif d'opportunité. Le présentatif fait coïncider entrée scénique et désir du personnage ; « à propos » convertit le hasard en occasion narrative.
1. Récapitulation. La scène montre une victoire qui ne vaut rien. Dorante célèbre une issue sans pouvoir dire de quoi il sort — « enfin j'en suis sorti » — et livre son propre diagnostic en croyant se vanter : « l'esprit a secouru le défaut de mémoire », où le mot « défaut » nomme exactement ce qui le perdra. Il annonce lui-même l'enquête à venir. Cliton, alors, dresse la carte : « bronché » rend la faute visible, la répétition de « chez » donne des adresses à la rumeur, et le ressentiment d'un tiers devient une ressource stratégique. Le dernier temps fait de la honte une surface qui recouvre l'identité, du temps un adversaire, et d'une entrée scénique une occasion — la comédie donne à son menteur ce qu'il souhaitait, et l'y enferme.
2. Ouverture. C'est la mémoire, non la morale, qui finit par confondre Dorante : elle ne se fabrique pas. Le parcours « mensonge et comédie » désigne ici la limite du talent — l'esprit invente vite, la mémoire des autres retient plus longtemps.
Auteur : Pierre Corneille.
Œuvre : Le Menteur, 1644.
Extrait : « L'esprit contre la mémoire », après la confrontation.
Objet d'étude : Le théâtre du XVIIᵉ siècle au XXIᵉ siècle.
Parcours : Mensonge et comédie.
Situation : Dorante vient de se tirer d'un mauvais pas ; Cliton mesure ce que la circulation des nouvelles lui coûtera.
Problématique : Comment Dorante tente-t-il de prolonger un mensonge lorsque la mémoire et la circulation des nouvelles le menacent ?
Plan : Sortir d'une contradiction par une nouvelle invention ; opposer les versions devant de nouveaux juges ; faire de la réputation l'enjeu durable.
Citations, procédés et interprétations essentiels : ★ indique les appuis à ne pas omettre ; ◆ propose les prolongements à choisir selon le temps disponible.
◆ I.a : « Enfin j'en suis sorti ». Adverbe conclusif et pronom neutre. L’adverbe conclusif et le pronom « en » condensent l’épreuve ; la phrase célèbre une issue sans détailler ce dont elle sort.
★ I.b : « L'esprit a secouru le défaut de mémoire ». Personnification des facultés. La personnification oppose deux facultés : l’invention vient réparer une mémoire défaillante, mais le mot « défaut » laisse apparaître la faille.
★ I.c : « Mais on éclaircira bientôt toute l'histoire ». Futur et pronom indéfini. Le futur et l’indéfini « on » annoncent une enquête collective.
★ II.a : « Après ce mauvais pas où vous avez bronché ». Relative de localisation. La relative localise la faute dans une trajectoire ; « bronché » donne à l’erreur verbale la visibilité d’un faux pas corporel.
★ II.b : « On le sait chez Lucrèce, et chez cette Clarice ». Cartographie par répétition. Le pronom indéfini élargit le groupe informé ; la répétition de « chez » cartographie les lieux où la réputation circule.
◆ II.c : « Dans son ressentiment prendra l'occasion ». Complément initial de passion. Le complément initial place l’action future dans une passion ; « prendre l’occasion » transforme l’information en ressource stratégique.
◆ III.a : « De vous couvrir de honte et de confusion ». Infinitif de but. L’infinitif exprime le but de la riposte ; « couvrir » fait de la honte une surface publique qui recouvre l’identité.
★ III.b : « Ta crainte est bien fondée, et puisque le temps presse ». Causale d'urgence. La causale « puisque » transforme le diagnostic en urgence.
★ III.c : « Voici tout à propos ce que j'ai souhaité ». Présentatif d'opportunité. Le présentatif fait coïncider entrée scénique et désir du personnage ; « à propos » convertit le hasard en occasion narrative.
Appuis ★ repris : I.b I.c II.a II.b III.b III.c
| Procédé désigné | Analyse dans le texte | Effet sur le lecteur | Interprétation |
|---|---|---|---|
| ◆ Adverbe conclusif et pronom neutre (I.a) | L’adverbe conclusif et le pronom « en » condensent l’épreuve ; la phrase célèbre une issue sans détailler ce dont elle sort. | Le lecteur entend une victoire annoncée sans être détaillée. | L'adverbe et le pronom neutre condensent l'épreuve sans la nommer : Dorante célèbre une issue dont il ne peut pas dire de quoi elle sort. |
| ★ Personnification des facultés (I.b) | La personnification oppose deux facultés : l’invention vient réparer une mémoire défaillante, mais le mot « défaut » laisse apparaître la faille. | Le lecteur voit deux facultés se disputer un homme. | La personnification est l'aveu du personnage : l'esprit répare la mémoire, mais le mot « défaut » désigne exactement ce qui le perdra. |
| ★ Futur et pronom indéfini (I.c) | Le futur et l’indéfini « on » annoncent une enquête collective. | Le lecteur voit s'annoncer une enquête collective. | Le futur et le « on » annoncent une vérification collective ; « toute l'histoire » promet une totalité que des récits partiels ne peuvent pas soutenir. |
| ★ Relative de localisation (II.a) | La relative localise la faute dans une trajectoire ; « bronché » donne à l’erreur verbale la visibilité d’un faux pas corporel. | Le lecteur voit une faute verbale devenir un faux pas visible. | « Bronché » donne à l'erreur verbale la visibilité d'un faux pas corporel : le mensonge cesse d'être invisible parce qu'il a laissé une trace. |
| ★ Cartographie par répétition (II.b) | Le pronom indéfini élargit le groupe informé ; la répétition de « chez » cartographie les lieux où la réputation circule. | Le lecteur suit la carte des lieux où l'on sait. | La répétition de « chez » cartographie la circulation : la réputation a désormais des adresses, et Dorante ne peut plus les visiter toutes. |
| ◆ Complément initial de passion (II.c) | Le complément initial place l’action future dans une passion ; « prendre l’occasion » transforme l’information en ressource stratégique. | Le lecteur voit une passion se changer en stratégie. | Le ressentiment devient une ressource stratégique ; dans cette comédie, les passions ne s'expriment pas, elles s'emploient. |
| ◆ Infinitif de but (III.a) | L’infinitif exprime le but de la riposte ; « couvrir » fait de la honte une surface publique qui recouvre l’identité. | Le lecteur voit la honte présentée comme une surface. | « Couvrir » fait de la honte une surface qui recouvre l'identité : la sanction ne punit pas l'acte, elle change la personne aux yeux du monde. |
| ★ Causale d'urgence (III.b) | La causale « puisque » transforme le diagnostic en urgence. | Le lecteur voit le temps devenir un adversaire. | La causale transforme un diagnostic en urgence ; le temps réduit les possibilités de correction, ce qui est la définition même de l'engrenage. |
| ★ Présentatif d'opportunité (III.c) | Le présentatif fait coïncider entrée scénique et désir du personnage ; « à propos » convertit le hasard en occasion narrative. | Le lecteur voit un hasard converti en occasion. | Le présentatif fait coïncider une entrée scénique et un désir : la comédie fournit à son menteur l'occasion qu'il souhaitait, et c'est ainsi qu'elle l'enferme. |
| Prise ★ | Rang | Dans le mémo |
|---|---|---|
| I.b | ★ | oui |
| I.c | ★ | oui |
| II.a | ★ | oui |
| II.b | ★ | oui |
| III.b | ★ | oui |
| III.c | ★ | oui |
| Sous-partie | Procédé principal | Dans le mémo ? |
|---|---|---|
| I.b | Personnification des facultés | oui |
| I.c | Futur et pronom indéfini | oui |
| II.a | Relative de localisation | oui |
| II.b | Cartographie par répétition | oui |
| III.b | Causale d'urgence | oui |
| III.c | Présentatif d'opportunité | oui |
Les 6 appuis marqués ★ couvrent les trois mouvements et sont tous repris dans le mémo : résultat 6/6. Ce décompte atteste la couverture, non la qualité générale de la page.
| Erreur à ne pas commettre | Pourquoi c'est une erreur | Formulation correcte à retenir |
|---|---|---|
| Dorante triomphe. | Il annonce lui-même qu'on éclaircira toute l'histoire. | Sa victoire est locale et il le sait. |
| « L'esprit a secouru le défaut de mémoire » est une fanfaronnade. | La formule contient son propre diagnostic. | Il nomme sans le vouloir ce qui le perdra. |
| Cliton exagère le danger. | Il donne des adresses précises : chez Lucrèce, chez Clarice. | Il cartographie une circulation réelle. |
| La honte est un sentiment. | « Couvrir » en fait une surface qui recouvre l'identité. | La sanction est sociale avant d'être morale. |
| « Voici tout à propos » marque un hasard heureux. | Le présentatif convertit le hasard en occasion narrative. | La comédie fournit l'occasion qui enferme. |
| Erreur de méthode | Correction attendue |
|---|---|
| Commencer par la conclusion de Cliton. | Suivre l'ordre : la vantardise précède et prépare le diagnostic. |
| Traiter la répétition de « chez » comme un effet de style. | Elle cartographie les lieux où la réputation circule. |
| Résumer la confrontation précédente. | Situer en une phrase et entrer dans la scène. |
| Annoncer des numéros de page. | Annoncer les vers par leurs ancres éditoriales. |
| Maladroit | Correct |
|---|---|
| Dorante est puni par la morale. | Il est rattrapé par la mémoire des autres, qui ne se fabrique pas. |
| Cliton conseille son maître. | Il décrit une circulation et une échéance. |
| Le mensonge finit toujours par se savoir. | Le texte est plus précis : il donne les lieux, les délais et les intérêts. |
Phrase étudiée : « j’en suis sorti »
Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.
Réponse : Dans « j’en suis sorti », « en » reprend globalement une situation antérieure. Cette reprise compacte permet à Dorante de célébrer l’issue sans rouvrir les détails dangereux.
Phrase étudiée : « On le sait »
Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.
Réponse : « On le sait » présente le savoir comme diffus et sans origine précise ; l’indéfini donne à la rumeur une puissance collective.
Phrase étudiée : « Puisque le temps presse »
Question : Analysez la construction du fragment et justifiez votre réponse.
Réponse : « Puisque le temps presse » présuppose l’urgence comme admise par les interlocuteurs et justifie le passage immédiat de l’analyse à l’action.