Le bac par Patrick

Francis Ponge · La Rage de l’expression · Explication 10/11

le mimosa, « glorioleux, vite découragé »

13 étapes parlées9 prises9 tiroirs

L’explication à côté de toi

Le fil parlé

Treize étapes pour comprendre, dire et retenir avant d’ouvrir le dossier de l’épreuve.

Étape 01

Tu n’y comprends rien ? C’est normal

Cette fin de recherche paraît plus claire que les pages précédentes, mais elle conserve des hésitations, des reprises et des variantes. Ponge revient à une formule très brève, « glorioleux, vite découragé », puis il refuse de s’en contenter. Il la déplie en trois observations sur les fleurs, les feuilles et le parfum.

Le passage n’est donc pas un résumé posé après coup. Il montre une caractéristique en train d’être vérifiée. La fleur multiplie les réussites solaires ; le feuillage retombe au moment même de la gloire ; le parfum porte loin jusqu’à sembler sortir de la plante. La formule devient juste parce qu’elle organise ces faits sans les épuiser.

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Étape 02

D’abord, de quoi ça parle ?

Qui parle ? Ponge, qui relit son parcours, juge ses égarements et propose une synthèse provisoire.

De quoi parle-t-il ? De la qualité caractéristique du mimosa, de la relation entre fleurs et feuilles, puis de l’expansion du parfum.

Que veut-il faire comprendre ? Le mimosa associe une réussite éclatante et un désespoir simultané. Sa floraison monte comme une multitude de petits soleils, mais les plumes du feuillage démentent déjà ce triomphe. Le parfum prolonge l’expansion avant le retrait saisonnier.

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Étape 03

Où on se trouve dans le livre

Cette séquence vient après les variantes, les consultations du dictionnaire et le « bouquet de preuves a posteriori ». Ponge a donc accumulé des images, des définitions et des corrections. Il peut revenir à la caractéristique annoncée au début du dossier, mais avec des appuis nouveaux.

Le passage forme une conclusion mobile du Mimosa. Trois points numérotés développent la formule, puis un poème incorpore les variantes. Le dossier ne se ferme pas sur une définition abstraite ; il se contracte en une composition où l’or, les plumes, l’azur et les oracles continuent de résonner.

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Étape 04

Ton introduction : comment tu ouvres

Ton introduction peut tenir en six phrases.

  • Dans La Rage de l’expression, Francis Ponge conserve les détours et les contrôles qui conduisent vers une expression plus juste.
  • Le Mimosa a multiplié les images solaires, théâtrales et animales avant de les confronter au dictionnaire.
  • À la fin du dossier, Ponge revient à la formule « glorioleux, vite découragé » et décide d’en préciser les nuances.
  • Trois observations portent successivement sur les nombreuses fleurs, la retombée des feuilles et l’expansion du parfum.
  • On peut se demander comment cette formule brève devient une caractéristique dynamique du mimosa.
  • Le texte revient d’abord du détour vers une hypothèse centrale (PO-CORR-05-P094), oppose ensuite l’éclat des fleurs au désespoir des feuilles (P095), puis fait du parfum une dernière expansion avant l’au revoir et le poème final (P096).
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Étape 05

Premier moment : revenir, nommer, reconnaître la difficulté

Ponge dresse le bilan du trajet : il a tourné autour de l’arbuste, s’est égaré, a davantage désespéré que joui et parfois dénaturé l’objet. Cette lucidité donne sa valeur au retour. La formule « glorioleux, vite découragé » n’est pas une intuition isolée ; elle a résisté aux essais.

L’écrivain veut pourtant ajouter des nuances. Il commence par le grand nombre des extrémités qui aboutissent à des succès éclatants. Chaque branche devient perchoir de petits soleils et de petits enthousiasmes. L’exclamation sur la difficulté rappelle que même une formule confirmée ne supprime pas la résistance des choses.

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Étape 06

Deuxième moment : les fleurs triomphent, les feuilles démentent

La floraison du mimosa est décrite comme un pur déploiement d’étamines au soleil. L’image du feu d’artifice traduit les nombreux succès terminaux. Pourtant, au moment même du paroxysme, le feuillage montre déjà le découragement et le nonchaloir.

Fleurs et feuilles portent donc des expressions contraires. Les premières s’épanouissent, les secondes retombent. Ponge précise même le type de plumes : celles de l’autruche, incapables de soutenir en l’air leur oiseau. Le mimosa réussit ainsi à manifester simultanément l’essor et l’impossibilité de s’élever.

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Étape 07

Troisième moment : le parfum sort, la saison se ferme

Le troisième point ajoute le parfum. Il est violent, porte loin et paraît presque animal. Ponge dit que la fleur « s’extravase », comme si son contenu franchissait ses limites. L’éclat n’est donc pas seulement visible : il se répand dans l’espace et atteint le lecteur par l’odorat.

Cette expansion conduit à l’au revoir jusqu’au prochain printemps. Le cycle impose le retrait. Le poème final reprend le bosquet, l’azur, les narines, les oracles et le milliard de poussins. Il ne supprime pas le dossier ; il incorpore les variantes que le travail a éprouvées.

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Étape 08

Alors, qu’est-ce que ça raconte vraiment ?

Le passage raconte une réussite contrôlée. Ponge revient à une formule simple, mais il en montre les preuves et les limites. « Glorioleux » correspond aux soleils, aux étamines, au feu d’artifice et au parfum qui porte loin. « Vite découragé » correspond à la contraction, aux plumes retombantes et au cycle saisonnier.

La réponse à la problématique est donc la suivante : la formule devient dynamique parce qu’elle unit deux expressions contemporaines, non deux états séparés. Le désespoir des feuilles apparaît au moment même de la gloire des fleurs. L’écriture juste ne choisit pas entre les contraires ; elle construit la relation qui les fait exister ensemble.

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Étape 09

Ton ouverture : la porte qui s’ouvre

Tu peux ouvrir sur Berges de la Loire. Le manifeste demandait une rectification continuelle en faveur de l’objet. La fin du Mimosa montre cette rectification accomplie : la première formule est conservée, mais elle revient chargée des observations et des contrôles du cahier.

Tu peux aussi ouvrir sur la question de l’achèvement. Le poème final paraît concentrer le dossier, mais il ne l’annule pas. Sa densité dépend des variantes qui ont donné à chaque mot son poids.

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Étape 10

Tu vois ? Tu sais le comprendre et le dire

Tu peux retenir trois organes et un mouvement : fleurs, feuilles, parfum ; expansion puis retrait. Ils suffisent pour reconstruire la synthèse.

Les procédés s’organisent autour d’eux. Les comparatifs du bilan mesurent les erreurs. La formule binaire fixe l’hypothèse. Les accumulations donnent le nombre des succès. L’antithèse entre fleurs et feuilles rend la simultanéité. Le néologisme « s’extravase » matérialise le parfum qui sort de la fleur. Le poème final concentre ces relations.

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Étape 11

Et les petites questions de grammaire

Première phrase : « après avoir beaucoup tourné autour de cet arbuste » (PO-CORR-05-P094). Le groupe infinitif prépositionnel a une valeur circonstancielle de temps et d’antériorité. L’infinitif passé avoir tourné indique que les détours précèdent le retour à la caractéristique.

Deuxième phrase : « le feuillage présente déjà des signes de désespoir » (PO-CORR-05-P095). Le feuillage est sujet, « présente » verbe transitif direct et « des signes de désespoir » complément d’objet direct. L’adverbe « déjà » marque la précocité.

Troisième phrase : « puisqu'elle s’extravase, jusqu’au prochain printemps disons-lui au revoir! » (PO-CORR-05-P096). La subordonnée conjonctive circonstancielle de cause est introduite par puisque. Dans la principale injonctive, « lui » est complément d’objet indirect de « disons ».

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Étape 12

Ce soir, tu peux fermer le cahier

Tu peux fermer le cahier avec cette idée : la formule finale n’est pas le contraire des brouillons. Elle est ce que les brouillons ont rendu mesurable. Sans eux, « glorioleux, vite découragé » resterait une jolie opposition.

Grâce au dossier, chaque terme possède des preuves : l’or des fleurs, la retombée des feuilles, la portée du parfum et le retour des saisons.

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Étape 13

Terre ferme : tu peux t’arrêter là

Belle traversée. Tu sais maintenant faire de cette fin autre chose qu’un résumé : c’est le moment où la caractéristique revient, se nuance et devient composition.

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Fin de l’explication accompagnée

La voix change

La voix qui t’accompagnait s’efface : finie la lettre, place au dossier de travail.

Je m’arrête iciJ’ouvre le dossier

Le dossier de l’épreuve

La même explication, classée pour la révision

Neuf tiroirs : comprendre, préparer l’oral, contrôler les preuves.

01Texte simple

Après de nombreux détours, Ponge revient à la qualité « glorioleux, vite découragé ». Il reconnaît ses égarements et veut ajouter des nuances. Chaque branche produit de nombreux petits soleils et de petits enthousiasmes, comme un feu d’artifice dont les fusées réussissent. La fleur est un déploiement d’étamines au soleil. Pourtant, pendant cette gloire, les feuilles retombent déjà et montrent le désespoir. Elles ressemblent aux plumes d’autruche incapables de porter l’oiseau. Le parfum, puissant et presque animal, sort de la fleur et porte loin. Cette expansion s’achève avec la saison : Ponge dit au revoir jusqu’au prochain printemps. Le poème final reprend l’or, les poussins, l’azur et les oracles.

02Introduction rédigée

Dans La Rage de l’expression, Francis Ponge conserve les détours et les contrôles qui conduisent vers une expression plus juste. Le Mimosa a multiplié les images solaires, théâtrales et animales avant de les confronter au dictionnaire. À la fin du dossier, Ponge revient à la formule « glorioleux, vite découragé » et décide d’en préciser les nuances. Trois observations portent successivement sur les nombreuses fleurs, la retombée des feuilles et l’expansion du parfum. On peut donc se demander comment cette formule brève devient une caractéristique dynamique du mimosa. Le texte revient d’abord du détour vers une hypothèse centrale (PO-CORR-05-P094), oppose ensuite l’éclat des fleurs au désespoir des feuilles (P095), puis fait du parfum une dernière expansion avant l’au revoir et le poème final (P096).

03Analyse linéaire complète
★ I.a. Revenir des détours : le bilan critique

Orientation. La synthèse commence par reconnaître le chemin, les égarements et les infidélités du dossier.

Citation. « après avoir beaucoup tourné autour de cet arbuste » (PO-CORR-05-P094).

Procédé principal. Un groupe infinitif passé qui donne au retour une antériorité longue.

Procédé secondaire. Les oppositions quantitatives entre s’égarer, désespérer, jouir, dénaturer et obéir.

Analyse. « Après avoir » place tout le cahier avant la proposition de caractéristique. Le verbe « tourner autour » reconnaît une approche indirecte et reprend les nombreux changements de procédé. Ponge ne transforme pas ces détours en marche triomphale. Il déclare s’être égaré, avoir plus souvent désespéré que joui et davantage dénaturé l’objet qu’il ne lui a obéi. Les comparatifs produisent un bilan sévère. Pourtant, le retour reste possible. La formule qui suit ne tombe pas du ciel : elle émerge d’un travail capable de compter ses fautes. L’aveu garantit donc moins une humilité de principe qu’une méthode de contrôle.

Le lecteur comprend que la synthèse reçoit sa valeur de la lucidité avec laquelle l’écrivain mesure les infidélités du parcours.

Interprétation. Revenir à l’objet suppose d’intégrer l’histoire des erreurs au lieu de la supprimer.

Liaison. Quelle formule a résisté à ces détours et peut maintenant servir d’hypothèse centrale ?

★ I.b. Nommer le contraste : la formule revenue

Orientation. Ponge reprend en la citant la caractéristique déjà proposée au début du dossier.

Citation. « glorioleux, vite découragé » (PO-CORR-05-P094).

Procédé principal. Une formule binaire qui juxtapose l’expansion de la gloire et la rapidité du retrait.

Procédé secondaire. Le néologisme « glorioleux », qui transforme le nom familier « gloriole » en qualité.

Analyse. « Glorioleux » n’est pas simplement glorieux. La gloriole mêle fierté visible, naïveté et légère disproportion entre l’éclat et son importance. Le mot convient aux petits soleils nombreux et au théâtre de la fleur. « Vite découragé » ajoute immédiatement la durée brève et la retombée. La virgule ne construit ni cause, ni opposition explicite ; elle place les deux qualités côte à côte afin que le lecteur cherche leur relation. Ponge les appelle une « qualité caractéristique », mais la question et les hésitations qui entourent la formule empêchent tout dogmatisme. Elle sert d’hypothèse à déplier dans les trois points suivants.

Le lecteur reçoit une formule mémorable dont la brièveté rend visible la tension sans encore l’expliquer.

Interprétation. La caractéristique est juste si les observations montrent que la gloriole et le découragement appartiennent au même mouvement.

Liaison. Comment le nombre des extrémités fleuries donne-t-il une première preuve à la gloriole ?

★ I.c. Réussir à chaque extrémité : les petits soleils

Orientation. Le premier point transforme la branche en série de succès terminaux.

Citation. « Oh! qu’il est difficile d'approcher de la caractéristique des choses! » (PO-CORR-05-P094).

Procédé principal. Une exclamation métapoétique qui interrompt le développement de la caractéristique.

Procédé secondaire. L’image du feu d’artifice, où chaque fusée s’achève en soleil.

Analyse. Ponge vient de décrire la branche comme un perchoir à petits soleils, à enthousiasmes et à embolies terminales. La multitude des extrémités donne à voir un être qui aboutit partout à une réussite éclatante. L’image du feu d’artifice précise cette structure : chaque trajet se termine par une explosion lumineuse. Pourtant, l’exclamation rappelle que la relation reste difficile à saisir. Le verbe « approcher » refuse la possession et maintient une distance. « La caractéristique des choses » élargit même l’obstacle au projet entier de Ponge. La preuve visuelle ne supprime donc pas le scrupule ; elle augmente la précision tout en conservant l’objet hors d’une définition totale.

Le lecteur voit la branche réussir à chacune de ses extrémités et entend aussitôt l’écrivain limiter la portée de cette image.

Interprétation. La gloriole correspond à une structure de multiplication, mais sa formulation reste soumise à la difficulté générale d’approcher les choses.

Transition. Le premier mouvement a reconnu les erreurs, repris la formule et donné aux fleurs la forme de succès multiples. Le texte confronte maintenant cette expansion au feuillage qui la dément au même instant.

★ II.a. Déployer les étamines : une éclosion pure

Orientation. Ponge cherche ce qui distingue la floraison du mimosa de celle des autres plantes.

Citation. « purement et simplement un déploiement d’étamines au soleil. » (PO-CORR-05-P095).

Procédé principal. Une définition nominale qui réduit la fleur à son mouvement de déploiement.

Procédé secondaire. Le couple adverbial « purement et simplement », qui insiste sur l’absence de complication.

Analyse. L’éclosion du mimosa ne semble rien cacher derrière sa forme. Les étamines, organes ordinairement contenus dans la fleur, constituent ici presque toute l’apparence. « Déploiement » transforme la floraison en mouvement d’ouverture, tandis que « au soleil » associe la cause lumineuse et le milieu où cette ouverture se montre. « Purement et simplement » ne banalise pas le phénomène : il souligne que la fleur coïncide avec l’acte d’éclore. Cette coïncidence explique les petits soleils et le feu d’artifice. La gloriole devient une manifestation sans réserve, une réussite qui se donne immédiatement à voir.

Le lecteur perçoit une fleur dont la forme entière paraît n’être que le geste visible de son ouverture vers la lumière.

Interprétation. Le mimosa est glorioleux parce que sa fleur expose directement l’énergie de son épanouissement.

Liaison. Quel signe contraire apparaît pourtant dans le feuillage au moment exact de cette réussite ?

◆ II.b. Désespérer pendant la gloire : la simultanéité

Orientation. Le deuxième point fait coexister le paroxysme floral et le découragement des feuilles.

Citation. « au moment même de la gloire, dans le paroxysme de la floraison, le feuillage présente déjà des signes de désespoir » (PO-CORR-05-P095).

Procédé principal. Deux compléments temporels insistants qui fixent la simultanéité des contraires.

Procédé secondaire. L’adverbe « déjà », qui place le désespoir avant la fin de la floraison.

Analyse. « Au moment même » interdit de raconter d’abord la gloire, puis le déclin. « Dans le paroxysme » installe le désespoir à l’intérieur du sommet. Le sujet change : ce ne sont plus les fleurs, mais « le feuillage » qui présente les signes contraires. « Déjà » confirme l’avance du retrait. Ponge propose le « nonchaloir aristocratique » comme nuance, car les feuilles ne s’effondrent pas avec violence ; elles semblent se détourner de l’ostentation. La caractéristique devient alors relation entre deux organes contemporains. Le mimosa n’est pas successivement glorieux et découragé : ses fleurs triomphent pendant que ses feuilles démentent ce triomphe.

Le lecteur voit deux expressions opposées occuper simultanément la même branche et produire sa singularité.

Interprétation. « Vite » signifie ici « dès le sommet » : le retour est inscrit dans le paroxysme lui-même.

Liaison. Quelle phrase rend explicite le conflit d’expression entre les feuilles et les fleurs ?

◆ II.c. Démentir les fleurs : les plumes incapables

Orientation. Ponge formule la contradiction puis précise le type de plume qui convient au feuillage.

Citation. « l'expression des feuilles dément celles des fleurs » (PO-CORR-05-P095).

Procédé principal. Une personnification qui attribue aux organes deux expressions contradictoires.

Procédé secondaire. Le verbe « dément », qui transforme la relation visuelle en conflit de vérité.

Analyse. Les fleurs affirment l’épanouissement ; les feuilles répondent par leur retombée. « Dément » ne signifie pas seulement contraster : une expression accuse l’autre de ne pas dire toute la vérité. La réciproque ajoutée par Ponge empêche toutefois de choisir un vainqueur. Les fleurs démentent aussi le désespoir des feuilles. L’image des plumes est alors restreinte à celles de l’autruche et des chasse-mouches, plumes souples, retombantes, incapables de soutenir un oiseau en l’air. Cette incapacité donne au découragement une forme matérielle. Le feuillage possède l’apparence du vol, mais non sa puissance.

Le lecteur comprend que la caractéristique naît d’un dialogue visuel où chaque partie corrige l’expression de l’autre.

Interprétation. Le mimosa tient ensemble l’élan des fleurs et l’impossibilité de s’élever inscrite dans les plumes du feuillage.

Transition. Le deuxième mouvement a donné à la gloriole son déploiement et au découragement sa contradiction simultanée. Le parfum ajoute une expansion invisible, puis le cycle saisonnier et le poème organisent le retrait.

★ III.a. S’extravaser : le parfum hors de la fleur

Orientation. Le troisième point déplace l’expansion de la vue vers l’odorat.

Citation. « ce violent parfum, presque animal, par quoi il semble que la fleur s’extravase » (PO-CORR-05-P096).

Procédé principal. Le néologisme verbal « s’extravase », emprunté à la sortie d’un liquide hors de ses vaisseaux.

Procédé secondaire. La modalisation « il semble », qui maintient l’image dans le régime de l’hypothèse.

Analyse. Le parfum est « violent » parce qu’il porte loin et impose la présence de la fleur au-delà du rameau. « Presque animal » le rapproche d’une émanation corporelle. Le verbe « s’extravase » donne à cette diffusion la forme d’un débordement : le contenu sort de ses limites comme un liquide quittant ses vaisseaux. Ponge crée ainsi une continuité entre la floraison visible et l’exhalation invisible. Dans les deux cas, l’objet se dépense vers l’extérieur. Pourtant, « il semble » empêche de transformer la métaphore en fait botanique. Le mot sert à saisir une impression dynamique, celle d’une fleur qui ne peut retenir son propre paroxysme.

Le lecteur sent la présence du mimosa franchir les limites de la branche et occuper l’espace par une matière invisible.

Interprétation. Le parfum accomplit la gloriole comme expansion totale, mais ce débordement prépare aussi l’épuisement.

Liaison. Comment le texte convertit-il ce débordement en geste de séparation réglé par le cycle des saisons ?

○ III.b. Dire au revoir : le retrait saisonnier

Orientation. Après l’extravasation, Ponge inscrit la disparition dans le retour du printemps.

Citation. « jusqu’au prochain printemps disons-lui au revoir! » (PO-CORR-05-P096).

Procédé principal. Un impératif inclusif qui transforme la fin de la floraison en adresse collective.

Procédé secondaire. Le complément temporel « jusqu’au prochain printemps », qui ouvre la séparation sur un retour.

Analyse. « Disons » associe l’écrivain et le lecteur dans le geste d’adieu. Le pronom « lui » maintient la personnification du mimosa, désormais interlocuteur. L’exclamation donne de l’élan à la séparation, mais le complément temporel refuse une fin absolue. La floraison reviendra avec la saison. Le découragement n’est donc pas une mort définitive ; il appartient à un cycle. Cette temporalité corrige les formules tragiques du paroxysme tout en confirmant sa brièveté. Le texte peut se retirer parce qu’il a reconnu la loi du retour. L’au revoir devient aussi une manière de clore le cahier sans prétendre épuiser l’objet.

Le lecteur participe à une séparation qui reconnaît la disparition présente et la promesse régulière d’une nouvelle floraison.

Interprétation. La clôture juste prend la forme d’un au revoir : elle respecte le cycle au lieu de fixer le mimosa dans son éclat.

Liaison. Que conserve le poème final lorsqu’il incorpore les variantes au lieu de les effacer ?

○ III.c. Pépiailler d’or : les variantes incorporées

Orientation. Le dernier poème rassemble la multitude, la voix, l’azur et la mémoire humaine.

Citation. « Piaillent, pépiaillent d’or un milliard de poussins » (PO-CORR-05-P096).

Procédé principal. Une gradation sonore entre « piaillent » et « pépiaillent », associée à la métaphore des poussins d’or.

Procédé secondaire. L’hyperbole « un milliard », qui porte la multitude à une échelle presque cosmique.

Analyse. Les deux verbes proches font entendre la répétition aiguë des cris et la prolifération des petites fleurs. « D’or » peut compléter la manière de pépiailler : la couleur devient son. « Un milliard » dépasse le compte réel pour rendre l’impression d’innombrable. Le poème conserve aussi le bosquet, l’azur, les narines et les oracles des variantes précédentes. L’indication « variantes incorporées » décrit exactement l’opération. Les essais n’ont pas été rejetés en bloc ; leurs relations les plus fécondes entrent dans une nouvelle composition. La brièveté finale porte donc la mémoire du dossier, et non l’illusion d’une formule apparue sans travail.

Le lecteur entend dans le poème condensé tout le parcours des images qui ont appris à se répondre.

Interprétation. L’achèvement reste relatif : il incorpore les variantes et leur donne une forme, sans annuler le chemin qui les a éprouvées.

Aboutissement. La caractéristique « glorioleux, vite découragé » devient une structure complète : succès multiples, contradiction des feuilles, parfum débordant, retrait saisonnier et chant d’or.

Les prises ★ à mémoriser

  • I.a. ★ · I.a. Revenir des détours : le bilan critique
  • I.b. ★ · I.b. Nommer le contraste : la formule revenue
  • I.c. ★ · I.c. Réussir à chaque extrémité : les petits soleils
  • II.a. ★ · II.a. Déployer les étamines : une éclosion pure
  • III.a. ★ · III.a. S’extravaser : le parfum hors de la fleur
04Conclusion rédigée

Cette fin du Mimosa revient à une formule apparue dès l’ouverture et lui donne une force nouvelle. Ponge commence par reconnaître ses détours, ses égarements et les moments où il a dénaturé l’objet. « Glorioleux, vite découragé » devient alors une hypothèse contrôlée. Les nombreuses extrémités fleuries ressemblent à des réussites de feu d’artifice ; la floraison est un pur déploiement d’étamines. Pourtant, au moment même du paroxysme, le feuillage retombant présente déjà le désespoir et dément l’expression des fleurs. Le parfum prolonge l’expansion jusqu’à l’extravasation, avant que l’au revoir saisonnier n’organise le retrait. Le poème final incorpore les variantes dans le pépiement d’or des poussins. La caractéristique est donc dynamique : elle unit des expressions contemporaines et conserve la mémoire du travail qui les a rapprochées.

Les prises ★ à mémoriser

  • I.a. ★ · I.a. Revenir des détours : le bilan critique
  • I.b. ★ · I.b. Nommer le contraste : la formule revenue
  • I.c. ★ · I.c. Réussir à chaque extrémité : les petits soleils
  • II.a. ★ · II.a. Déployer les étamines : une éclosion pure
  • III.a. ★ · III.a. S’extravaser : le parfum hors de la fleur
05Mémo pour l’oral
  • Situation : synthèse finale du dossier Le Mimosa.
  • Problématique : comment une formule brève devient-elle caractéristique dynamique ?
  • Mouvement I : bilan, formule, petits soleils.
  • Mouvement II : étamines, simultanéité, démenti des feuilles.
  • Mouvement III : parfum, au revoir, poème incorporé.
  • Formule centrale : « glorioleux, vite découragé ».
  • Point décisif : gloire et désespoir sont simultanés.
  • Procédé majeur : les organes de la plante portent des expressions contraires.
  • Réponse finale : la formule organise les faits sans supprimer leur tension.
  • Ouverture : Berges de la Loire et la rectification continuelle.

Les prises ★ à mémoriser

  • I.a. ★ · I.a. Revenir des détours : le bilan critique
  • I.b. ★ · I.b. Nommer le contraste : la formule revenue
  • I.c. ★ · I.c. Réussir à chaque extrémité : les petits soleils
  • II.a. ★ · II.a. Déployer les étamines : une éclosion pure
  • III.a. ★ · III.a. S’extravaser : le parfum hors de la fleur

Appuis ★ repris : I.a I.b I.c II.a III.a

06Tableau procédés, effets, sens, oral

Passage | Procédé | Effet | Sens à formuler à l’oral |

« tourné autour » (P094) | bilan métaphorique | reconnaît les détours | la synthèse intègre ses erreurs |

« glorioleux… découragé » (P094) | formule binaire | fixe la tension | l’hypothèse revient contrôlée |

« difficile d’approcher » (P094) | exclamation | limite la réussite | la chose résiste encore |

« déploiement d’étamines » (P095) | définition | montre l’éclosion | la fleur expose son énergie |

« au moment même » (P095) | temps | impose la simultanéité | le retrait habite le sommet |

« dément » (P095) | personnification | oppose feuilles et fleurs | deux expressions se corrigent |

« s’extravase » (P096) | néologisme | fait sortir le parfum | la gloriole déborde la forme |

« au revoir » (P096) | impératif | organise le retrait | la saison permet la clôture |

« pépiaillent d’or » (P096) | synesthésie | unit voix et couleur | le poème incorpore les variantes |

07Tableau de couverture
Prise ★RangDans le mémo
I.a★oui
I.b★oui
I.c★oui
II.a★oui
III.a★oui

Mouvement | Sous-partie | Citation ancrée | Procédé principal | Fonction dans le passage |

I | I.a | P094, « tourné autour » | bilan | reconnaît le trajet |

I | I.b | P094, « glorioleux » | formule | pose l’hypothèse |

I | I.c | P094, « difficile d’approcher » | exclamation | maintient le scrupule |

II | II.a | P095, « déploiement » | définition | prouve la gloriole |

II | II.b | P095, « au moment même » | simultanéité | inscrit le désespoir |

II | II.c | P095, « dément » | personnification | construit la contradiction |

III | III.a | P096, « s’extravase » | néologisme | étend le parfum |

III | III.b | P096, « au revoir » | impératif | règle le retrait |

III | III.c | P096, « pépiaillent d’or » | synesthésie | incorpore les variantes |

Couverture exacte des prises ★

Prise | Dans le mémo | Couverture |

I.a. ★ | oui | oui |

I.b. ★ | oui | oui |

I.c. ★ | oui | oui |

II.a. ★ | oui | oui |

III.a. ★ | oui | oui |

08Erreurs rédhibitoires
  • Présenter le bilan comme un triomphe. Ponge reconnaît plus d’égarement que de jouissance.
  • Réduire « glorioleux » à « glorieux ». La gloriole reste petite, naïve et visible.
  • Séparer la formule des preuves accumulées dans le dossier.
  • Faire du feu d’artifice une image seulement décorative. Il rend les succès terminaux nombreux.
  • Placer le découragement après la gloire. Le texte insiste sur leur simultanéité.
  • Dire que les feuilles invalident les fleurs. Leur démenti est réciproque.
  • Comprendre « s’extravase » comme un terme botanique établi. C’est un néologisme métaphorique.
  • Lire l’au revoir comme une mort définitive. Le prochain printemps est nommé.
  • Présenter le poème final comme indépendant des variantes. Il les incorpore explicitement.
  • Oublier le statut documentaire : la transcription et les citations restent à recoller sur l’exemplaire directeur.
09Analyse grammaticale
  1. Question grammaticale 1
  2. Question grammaticale 2
  3. Question grammaticale 3

Phrase 1

« après avoir beaucoup tourné autour de cet arbuste » (PO-CORR-05-P094).

Le groupe prépositionnel est construit autour de l’infinitif passé « avoir tourné ». Introduit par « après », il a une valeur circonstancielle de temps et marque l’antériorité par rapport au retour exprimé dans la proposition principale. « Beaucoup » modifie l’infinitif et « autour de cet arbuste » en complète le sens.

Phrase 2

« le feuillage présente déjà des signes de désespoir » (PO-CORR-05-P095).

La phrase est simple, déclarative et affirmative. « Le feuillage » est groupe nominal sujet. « Présente » est un verbe transitif direct au présent de l’indicatif. « Des signes de désespoir » est son complément d’objet direct ; à l’intérieur, « de désespoir » complète le nom « signes ». « Déjà » est un adverbe temporel qui marque la précocité.

Phrase 3

« puisqu'elle s’extravase, jusqu’au prochain printemps disons-lui au revoir! » (PO-CORR-05-P096).

« Puisqu’elle s’extravase » est une proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de cause. Dans la principale injonctive, « disons » est à l’impératif présent, première personne du pluriel. « Lui » est complément d’objet indirect, « au revoir » complément d’objet direct et « jusqu’au prochain printemps » complément circonstanciel de temps placé en tête.

Leçon à retenir

L’infinitif passé rassemble le chemin, l’adverbe « déjà » inscrit le retrait dans la gloire et l’impératif associe le lecteur à une clôture saisonnière.

Droits et source. Francis Ponge, La Rage de l’expression (Mermod, 1952 ; Gallimard, collection Poésie, 1976) : œuvre protégée. Conformément à la charte éditoriale du dossier, aucune page publique autonome de texte intégral n’est servie. Lorsqu’un passage de Ponge est reproduit, il reste dans le périmètre nécessaire au commentaire, à l’explication ou à l’animation, avec attribution et source. Analyses, structure, dessins et appareil pédagogique © Patrick Levieux, 2026.

Valeurs fonctionnelles héritées des exercices

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