Commentaire linéaire · Première · Oral du bac

Le Menteur — Acte I, scène 3

Pierre Corneille, Le Menteur (comédie, 1644)

Parcours : « mensonge et comédie »

Comment Corneille transforme-t-il le mensonge guerrier de Dorante en performance comique de séduction ?

Œuvre · Le Menteur, 1644 Objet d'étude · Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Niveau · Première Ressource · Commentaire linéaire guidé
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DORANTE. C'est l'effet du malheur qui partout m'accompagne. Depuis que j'ai quitté les guerres d'Allemagne, c'est-à-dire du moins depuis un an entier, je suis et jour et nuit dedans votre quartier ; je vous cherche en tous lieux, au bal, aux promenades ; vous n'avez que de moi reçu des sérénades ; et je n'ai pu trouver que cette occasion à vous entretenir de mon affection.

CLARICE. Quoi ! vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre ? — DORANTE. Je m'y suis fait quatre ans craindre comme un tonnerre. — CLITON. Que lui va-t-il conter ? — DORANTE. Nos armes n'ont jamais remporté de victoire, où cette main n'ait eu bonne part à la gloire… — CLITON. Savez-vous bien, Monsieur, que vous extravaguez ? Vous venez de Poitiers, ou je me donne au diable ; vous en revîntes hier.

DORANTE. Te tairas-tu, maraud ? […] Je vous vis, et je fus retenu par l'amour. Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes ; je me fis prisonnier de tant d'aimables charmes ; je leur livrai mon âme. Vaincre dans les combats, commander dans l'armée, de mille exploits fameux enfler ma renommée […] cédèrent aussitôt à ceux de vous servir.

Repères

Carte d'orientation

Ce qu'il faut saisir en trente secondes avant d'entrer dans le détail.

Idée générale

Dorante invente un faux passé de soldat pour séduire Clarice ; Cliton, son valet, sait qu'il ment et tente plusieurs fois de l'arrêter.

Mouvements

I. Une fidélité amoureuse inventée · II. Le mensonge guerrier démasqué par Cliton · III. La guerre transformée en déclaration d'amour.

À retenir absolument

Le comique naît du contraste entre Dorante, qui invente avec assurance, et Cliton, qui connaît la vérité : « Vous venez de Poitiers ».

Comprendre

Comprendre avant d'analyser

Une entrée douce dans la scène, avant le commentaire plus exigeant.

Idée générale

Dorante se présente comme un soldat héroïque alors qu'il vient simplement de Poitiers : il ment pour séduire Clarice.

En clair

Dorante parle à Clarice et veut la séduire. Pour cela, il invente une histoire fausse : il prétend avoir fait la guerre en Allemagne pendant quatre ans. Mais Cliton, son valet, sait qu'il ment et tente de l'arrêter, rappelant que Dorante vient en réalité de Poitiers et qu'il est arrivé la veille.

I. Une présence amoureuse inventée

Ce qui se passe

Dorante se dit malheureux et prétend chercher Clarice depuis un an, jour et nuit.

Ce que cela signifie

Il se donne le beau rôle : celui d'un amant constant, patient et passionné.

Phrase à retenir

Dorante commence son mensonge en inventant une longue fidélité amoureuse.

II. Le mensonge guerrier

Ce qui se passe

Clarice demande s'il a vu la guerre ; Dorante prétend s'être fait craindre « comme un tonnerre » quatre ans.

Ce que cela signifie

Cliton comprend qu'il ment, tente de l'arrêter et rappelle que Dorante vient de Poitiers.

Phrase à retenir

Le mensonge devient de plus en plus énorme ; Cliton joue le témoin lucide.

III. Le soldat devenu amoureux vaincu

Ce qui se passe

Dorante fait taire Cliton et affirme que l'amour de Clarice l'a arrêté.

Ce que cela signifie

Il transforme le vocabulaire de la guerre en langage amoureux.

Phrase à retenir

La guerre devient un décor imaginaire pour embellir sa déclaration d'amour.

Le texte

Texte étudié

Pierre Corneille, Le Menteur, acte I, scène 3 : Dorante, Clarice, Lucrèce, Isabelle, Cliton.

Mouvement I — une fidélité amoureuse inventéede « C'est l'effet du malheur » à « de mon affection »

1DoranteC'est l'effet du malheur qui partout m'accompagne.
Depuis que j'ai quitté les guerres d'Allemagne,
C'est-à-dire du moins depuis un an entier,
Je suis et jour et nuit dedans votre quartier ;
Je vous cherche en tous lieux, au bal, aux promenades ;
Vous n'avez que de moi reçu des sérénades ;
Et je n'ai pu trouver que cette occasion
À vous entretenir de mon affection.

Mouvement II — le mensonge guerrier démasqué par Clitonde « Quoi ! vous avez donc vu l'Allemagne… » à « Vous en revîntes hier »

1ClariceQuoi ! vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre ?

2DoranteJe m'y suis fait quatre ans craindre comme un tonnerre.

3ClitonQue lui va-t-il conter ?

4DoranteEt durant ces quatre ans
Il ne s'est fait combats, ni sièges importants,
Nos armes n'ont jamais remporté de victoire,
Où cette main n'ait eu bonne part à la gloire :
Et même la gazette a souvent divulgués…

5Cliton, le tirant par la basque. Savez-vous bien, Monsieur, que vous extravaguez ?

6DoranteTais-toi.

7ClitonVous rêvez, dis-je, ou…

8DoranteTais-toi, misérable.

9ClitonVous venez de Poitiers, ou je me donne au diable ;
Vous en revîntes hier.

Mouvement III — la guerre transformée en déclaration d'amourde « Te tairas-tu, maraud ? » à « à ceux de vous servir »

1Dorante, à Cliton. Te tairas-tu, maraud ? Mon nom dans nos succès s'étoit mis assez haut
Pour faire quelque bruit sans beaucoup d'injustice ;
Et je suivrois encore un si noble exercice,
N'étoit que l'autre hiver, faisant ici ma cour,
Je vous vis, et je fus retenu par l'amour.
Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes ;
Je me fis prisonnier de tant d'aimables charmes ;
Je leur livrai mon âme ; et ce cœur généreux
Dès ce premier moment oublia tout pour eux.
Vaincre dans les combats, commander dans l'armée,
De mille exploits fameux enfler ma renommée,
Et tous ces nobles soins qui m'avoient su ravir,
Cédèrent aussitôt à ceux de vous servir.

Analyse

Commentaire linéaire

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Introduction

Présentation de l’auteurPierre Corneille (1606-1684) est l’un des grands dramaturges du XVIIe siècle. Le Menteur (1644) est une comédie où le héros, Dorante, séduit par l’invention et le mensonge.

Présentation de l’œuvreLe Menteur met en scène Dorante, jeune homme qui ment avec brio pour briller et séduire. La pièce relève de la comédie et accompagne le parcours « mensonge et comédie ».

Situation de l’extraitDans la scène 3 de l’acte I, Dorante invente un passé guerrier pour séduire ; son valet Cliton, témoin sceptique, démasque l’imposture. Le mensonge guerrier se mue en performance comique de séduction.

Caractérisation du passageLe passage est une scène de comédie. Corneille fait du mensonge une véritable création : Dorante improvise un récit de guerre éclatant, que Cliton ponctue et démasque, transformant le bobard en numéro de séduction.

ProblématiqueComment Corneille transforme-t-il le mensonge guerrier de Dorante en performance comique de séduction ?

Annonce des mouvementsLe premier mouvement montrera une fidélité amoureuse inventée. Le deuxième analysera le mensonge guerrier démasqué par Cliton. Le troisième étudiera la guerre transformée en déclaration d’amour.

I. Une fidélité amoureuse inventéeDorante invente une histoire de fidélité amoureuse : il affirme chercher Clarice depuis longtemps et lui donner sans cesse des marques d'amour. Le spectateur comprend pourtant que cette constance est fabriquée par la parole. Dorante se compose un rôle : l'amant fidèle, malheureux et persévérant.

I.a

Un malheur mis en scène

« C'est l'effet du malheur qui partout m'accompagne »

Procédé principalpersonnification du malheur« C'est l'effet du malheur qui partout m'accompagne »Procédé secondairehyperbole« partout »

L'essentiel : Le spectateur perçoit l'exagération comique d'un personnage qui dramatise sa situation.

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Analyse

Le mot « malheur » est présenté comme une force qui accompagne Dorante. La relative « qui partout m'accompagne » donne à ce malheur une présence presque humaine ; l'adverbe « partout » amplifie la plainte. Dorante construit une posture pathétique : il se présente comme un homme poursuivi par le sort, pour attendrir Clarice.

Effet sur le spectateur

Le spectateur perçoit l'exagération comique d'un personnage qui dramatise sa situation.

Interprétation

Corneille montre que Dorante commence son mensonge par une mise en scène de soi : il veut paraître intéressant avant même d'être crédible.

Comment Dorante donne-t-il ensuite une durée à cette prétendue souffrance amoureuse ?

I.b

Une durée invraisemblable

« depuis un an entier, / Je suis et jour et nuit dedans votre quartier »

Procédé principalcomplément de durée« depuis un an entier, / Je suis et jour et nuit dedans votre quartier »Procédé secondaireexpression totalisante« jour et nuit »

L'essentiel : Le spectateur entend une affirmation trop insistante pour être entièrement crédible.

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Analyse

L'expression « depuis un an entier » donne au récit une apparence de précision : Dorante prétend que sa présence amoureuse dure depuis longtemps. La formule « jour et nuit » exagère cette présence : il ne se serait pas contenté de venir parfois, il aurait vécu presque continuellement dans le quartier de Clarice. Cette intensité est comique car excessive.

Effet sur le spectateur

Le spectateur entend une affirmation trop insistante pour être entièrement crédible.

Interprétation

Dorante fabrique une fidélité amoureuse par l'hyperbole temporelle : le mensonge se donne l'apparence de la constance.

Comment cette présence prétendue se transforme-t-elle en recherche amoureuse ?

I.c

La recherche en tous lieux

« Je vous cherche en tous lieux, au bal, aux promenades »

Procédé principalénumération de lieux mondains« Je vous cherche en tous lieux, au bal, aux promenades »Procédé secondairehyperbole spatiale« en tous lieux »

L'essentiel : Le spectateur perçoit un autoportrait d'amant mondain, déjà très construit.

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Analyse

Le verbe « cherche » place Dorante en amant persévérant ; « en tous lieux » généralise cette recherche. Les lieux nommés, « le bal » et « les promenades », appartiennent à la sociabilité mondaine. Dorante adapte son mensonge au monde galant : il se présente comme un homme qui suit Clarice là où l'on se rencontre et où l'on séduit.

Effet sur le spectateur

Le spectateur perçoit un autoportrait d'amant mondain, déjà très construit.

Interprétation

Le mensonge de Dorante repose sur une connaissance des codes sociaux de la séduction.

Quelle preuve d'amour Dorante prétend-il avoir donnée à Clarice ?

I.d

Les sérénades : une preuve d'amour fabriquée

« Vous n'avez que de moi reçu des sérénades »

Procédé principalnégation restrictive« ne… que »Procédé secondairemotif galant de la sérénade« Vous n'avez que de moi reçu des sérénades »

L'essentiel : Le spectateur sourit devant cette appropriation audacieuse de preuves imaginaires.

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Analyse

La négation restrictive « ne… que » limite l'origine des sérénades à Dorante seul : il prétend être l'unique auteur de ces marques d'amour. Le mot « sérénades » appartient au langage galant (les chants donnés à une femme aimée). Dorante s'attribue des preuves amoureuses invisibles, difficiles à vérifier ; son mensonge devient plus efficace parce qu'il se glisse dans des pratiques mondaines connues.

Effet sur le spectateur

Le spectateur sourit devant cette appropriation audacieuse de preuves imaginaires.

Interprétation

Dorante invente non seulement des sentiments, mais aussi des signes amoureux censés prouver sa constance.

Pourquoi prétend-il ne parler à Clarice que maintenant ?

I.e

L'occasion enfin trouvée

« je n'ai pu trouver que cette occasion / À vous entretenir de mon affection »

Procédé principalnégation restrictive« je n'ai pu trouver que cette occasion / À vous entretenir de mon affection »Procédé secondairelexique galant« affection »

L'essentiel : Le spectateur voit comment Dorante transforme une rencontre ordinaire en scène d'aveu amoureux.

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Analyse

La formule « je n'ai pu trouver que » fait de la scène présente une occasion rare : Dorante dramatise le moment, comme s'il avait longtemps attendu pour parler. Le groupe « vous entretenir de mon affection » donne à sa parole une tonalité galante et respectueuse ; il présente son mensonge comme une confidence sincère. Le spectateur comprend que cette occasion est surtout celle d'inventer un nouveau récit.

Effet sur le spectateur

Le spectateur voit comment Dorante transforme une rencontre ordinaire en scène d'aveu amoureux.

Interprétation

Corneille montre que le menteur sait donner de l'importance à l'instant présent pour rendre son discours plus persuasif.

Le premier mouvement a montré Dorante en train de fabriquer une longue fidélité amoureuse. Mais Clarice relève un détail : Dorante prétend avoir quitté les guerres d'Allemagne. Sa question ouvre alors un nouveau mensonge, beaucoup plus spectaculaire — le faux passé militaire.

Transition. Le premier mouvement montre Dorante inventer une fidélité amoureuse. Comment son mensonge guerrier se trouve-t-il démasqué par Cliton ?

II. Le mensonge guerrier démasqué par ClitonLa question de Clarice pousse Dorante à développer un mensonge héroïque : il se présente en ancien soldat glorieux. Mais Cliton, qui connaît la vérité, intervient pour l'arrêter. Le comique repose sur le contraste entre l'ampleur du récit de Dorante et les interruptions lucides du valet.

II.a

La question de Clarice : déclenchement du mensonge

« Quoi ! vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre ? »

Procédé principalinterrogation exclamative« Quoi ! vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre ? »Procédé secondairecoordination « l'Allemagne et la guerre »

L'essentiel : Le spectateur comprend que Dorante va saisir cette question pour inventer davantage.

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Analyse

L'interjection « Quoi ! » exprime l'étonnement de Clarice ; sa question reprend les mots de Dorante et les pousse à se préciser. La coordination « l'Allemagne et la guerre » associe un lieu et une expérience héroïque. Sans le vouloir, Clarice offre à Dorante l'occasion de se donner un rôle prestigieux : la question devient un tremplin pour le mensonge.

Effet sur le spectateur

Le spectateur comprend que Dorante va saisir cette question pour inventer davantage.

Interprétation

Corneille fait naître le mensonge d'une interaction théâtrale : une simple question suffit à relancer l'imagination de Dorante.

Comment Dorante répond-il à cette question ?

II.b

Un héros redouté comme le tonnerre

« Je m'y suis fait quatre ans craindre comme un tonnerre »

Procédé principalcomparaison héroïque« comme un tonnerre »Procédé secondairedurée valorisante« quatre ans »

L'essentiel : Le spectateur rit de la disproportion entre le Dorante réel et le héros militaire qu'il invente.

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Analyse

Dorante se présente comme un guerrier redoutable : la comparaison avec « un tonnerre » lui donne une force sonore et presque naturelle. Le groupe « quatre ans » donne au mensonge une durée imposante. Il ne prétend pas seulement avoir vu la guerre : il prétend y avoir construit une réputation. Le comique vient de l'excès de cette image héroïque.

Effet sur le spectateur

Le spectateur rit de la disproportion entre le Dorante réel et le héros militaire qu'il invente.

Interprétation

Dorante utilise le langage épique pour se fabriquer une identité glorieuse.

Comment Cliton réagit-il à cette première exagération ?

II.c

L'inquiétude comique de Cliton

« Que lui va-t-il conter ? »

Procédé principalaparté inquiet« Que lui va-t-il conter ? »Procédé secondaireinterrogation

L'essentiel : Le spectateur se sent complice du valet, qui voit clair dans le jeu de Dorante.

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Analyse

La question de Cliton révèle sa stupeur ; le verbe « conter » suggère déjà l'invention, le récit fabriqué. Cliton sait que Dorante ment et anticipe le danger d'un mensonge de plus en plus grand. Le spectateur partage sa lucidité : cette courte réplique crée une complicité comique entre Cliton et le public.

Effet sur le spectateur

Le spectateur se sent complice du valet, qui voit clair dans le jeu de Dorante.

Interprétation

Cliton fonctionne comme témoin critique du mensonge : il empêche le spectateur d'être dupe.

Jusqu'où Dorante pousse-t-il alors son invention militaire ?

II.d

Une gloire militaire totale

« Nos armes n'ont jamais remporté de victoire, / Où cette main n'ait eu bonne part à la gloire »

Procédé principalhyperbole héroïque« Nos armes n'ont jamais remporté de victoire, / Où cette main n'ait eu bonne part à la gloire »Procédé secondairemétonymie de la main

L'essentiel : Le spectateur voit le mensonge devenir grotesquement héroïque.

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Analyse

La négation « n'ont jamais » donne à l'affirmation une portée totale : Dorante affirme qu'aucune victoire n'a été remportée sans lui. L'expression « cette main » le désigne par la partie du corps qui combat ; la main devient symbole de l'action héroïque. L'hyperbole est énorme : Dorante s'attribue une place dans toutes les victoires, et le comique naît de cette appropriation excessive de la gloire.

Effet sur le spectateur

Le spectateur voit le mensonge devenir grotesquement héroïque.

Interprétation

Corneille ridiculise le besoin de paraître grand : Dorante se donne une gloire sans mesure.

Comment Cliton tente-t-il alors d'arrêter physiquement et verbalement son maître ?

II.e

Cliton tire Dorante par la basque

« CLITON, le tirant par la basque. / Savez-vous bien, Monsieur, que vous extravaguez ? »

Procédé principaldidascalie d'action« CLITON, le tirant par la basque. / Savez-vous bien, Monsieur, que vous extravaguez ? »Procédé secondaireinterrogation accusatrice

L'essentiel : Le spectateur rit de voir le valet tenter d'empêcher son maître de s'enfoncer dans son mensonge.

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Analyse

La didascalie « le tirant par la basque » montre que Cliton tente physiquement d'arrêter Dorante : le valet ne se contente plus de commenter, il agit. La question « Savez-vous bien » garde une forme respectueuse avec « Monsieur », mais le verbe « extravaguez » accuse clairement Dorante de perdre le sens de la réalité. Le comique vient de cette tension entre respect social et vérité brutale.

Effet sur le spectateur

Le spectateur rit de voir le valet tenter d'empêcher son maître de s'enfoncer dans son mensonge.

Interprétation

Corneille donne à Cliton le rôle du bon sens : le valet essaie de contenir l'imagination excessive de Dorante.

Dorante accepte-t-il l'interruption de Cliton ?

II.f

Le maître fait taire le valet

« Tais-toi. / Tais-toi, misérable. »

Procédé principalimpératifs répétés« Tais-toi. / Tais-toi, misérable. »Procédé secondaireinsulte sociale« misérable »

L'essentiel : Le spectateur comprend que Dorante doit étouffer la vérité pour maintenir son personnage fictif.

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Analyse

Les impératifs « Tais-toi » cherchent à imposer le silence ; la répétition montre l'agacement croissant de Dorante. L'insulte « misérable » rappelle la hiérarchie maître-valet. Dorante refuse que Cliton révèle la vérité devant Clarice : la parole du mensonge cherche à faire taire la parole du réel. Le comique repose sur cette lutte verbale.

Effet sur le spectateur

Le spectateur comprend que Dorante doit étouffer la vérité pour maintenir son personnage fictif.

Interprétation

Le mensonge ne se contente pas d'inventer : il doit aussi empêcher la vérité de parler.

Quelle vérité Cliton parvient-il tout de même à rappeler ?

II.g

Le rappel du réel : Dorante vient de Poitiers

« Vous venez de Poitiers / Vous en revîntes hier »

Procédé principalrappel factuel« Vous venez de Poitiers / Vous en revîntes hier »Procédé secondaireprécision temporelle« hier »

L'essentiel : Le spectateur rit du contraste entre les guerres d'Allemagne et le retour de Poitiers.

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Analyse

Cliton oppose au grand récit allemand une vérité simple : Dorante vient de Poitiers. Le nom « Poitiers » réduit brutalement l'héroïsme imaginaire ; la précision « hier » rend le mensonge impossible, car Dorante ne peut avoir passé quatre ans à la guerre s'il est revenu la veille de Poitiers. Le valet ramène la scène à une réalité triviale.

Effet sur le spectateur

Le spectateur rit du contraste entre les guerres d'Allemagne et le retour de Poitiers.

Interprétation

Corneille fait du valet le garant du réel : Cliton dégonfle la fiction héroïque de son maître.

Le deuxième mouvement a opposé le mensonge héroïque de Dorante au bon sens de Cliton. Mais Dorante ne renonce pas : dans le troisième mouvement, il fait taire son valet et transforme son faux passé militaire en déclaration d'amour galante.

Transition. Le deuxième mouvement montre le mensonge guerrier percé à jour par Cliton. Comment Dorante retourne-t-il ce récit de guerre en déclaration d’amour ?

III. La guerre transformée en déclaration d'amourDorante reprend le contrôle de la parole. Il continue de se présenter en héros de guerre, mais déplace progressivement le discours vers l'amour : la conquête militaire devient conquête sentimentale. Clarice n'est plus seulement l'objet de sa cour, elle devient la force qui aurait arrêté sa carrière glorieuse.

III.a

L'autorité agressive du maître

« Te tairas-tu, maraud ? »

Procédé principalinterrogation injonctive« Te tairas-tu, maraud ? »Procédé secondaireinjure« maraud »

L'essentiel : Le spectateur voit Dorante défendre son mensonge par la violence verbale.

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Analyse

La phrase est interrogative, mais fonctionne comme un ordre : Dorante ne demande pas réellement si Cliton va se taire, il exige son silence. Le terme « maraud » est une injure qui rabaisse le valet. Le maître réaffirme son autorité sociale au moment où son mensonge est menacé.

Effet sur le spectateur

Le spectateur voit Dorante défendre son mensonge par la violence verbale.

Interprétation

La comédie révèle que le mensonge a besoin de domination : Dorante doit contrôler la parole des autres pour maintenir son invention.

Comment Dorante rétablit-il ensuite son image héroïque ?

III.b

Une gloire militaire presque légitime

« Mon nom dans nos succès s'étoit mis assez haut / Pour faire quelque bruit »

Procédé principalvocabulaire de la renommée« Mon nom dans nos succès s'étoit mis assez haut / Pour faire quelque bruit »Procédé secondairepersonnification du nom

L'essentiel : Le spectateur perçoit l'habileté de Dorante, qui maquille l'excès en modération.

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Analyse

Le « nom » de Dorante est présenté comme s'il pouvait s'élever : l'expression « s'étoit mis assez haut » personnifie sa réputation, et « faire quelque bruit » renvoie à la célébrité. Dorante nuance avec « sans beaucoup d'injustice », comme s'il voulait paraître modeste. Cette fausse modestie rend le mensonge plus comique : il prétend ne pas exagérer tout en continuant à s'inventer une gloire.

Effet sur le spectateur

Le spectateur perçoit l'habileté de Dorante, qui maquille l'excès en modération.

Interprétation

Corneille montre un menteur capable de doser son discours pour le rendre plus crédible.

Quel événement Dorante présente-t-il comme la cause de l'abandon de cette carrière militaire ?

III.c

L'amour comme force d'arrêt

« Je vous vis, et je fus retenu par l'amour »

Procédé principalparallélisme d'actions« Je vous vis, et je fus retenu par l'amour »Procédé secondairepersonnification de l'amour

L'essentiel : Le spectateur comprend que Dorante utilise l'amour pour rendre son mensonge séduisant.

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Analyse

Les deux verbes « vis » et « fus retenu » enchaînent vision et immobilisation : Dorante affirme que la seule vue de Clarice a interrompu sa carrière. L'amour est présenté comme une force active qui le retient ; la phrase transforme Clarice en événement décisif. Le mensonge devient flatteur : si Dorante a quitté la gloire militaire, ce serait par amour pour elle.

Effet sur le spectateur

Le spectateur comprend que Dorante utilise l'amour pour rendre son mensonge séduisant.

Interprétation

Corneille montre comment le menteur adapte son invention à son but : séduire Clarice.

Comment le vocabulaire de la guerre est-il ensuite retourné en langage amoureux ?

III.d

Les yeux de Clarice comme assaillants

« Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes »

Procédé principalmétaphore militaire amoureuse« Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes »Procédé secondairepersonnification des yeux

L'essentiel : Le spectateur perçoit le comique d'un héros militaire qui se rend devant des yeux.

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Analyse

Le participe « Attaqué » appartient au vocabulaire militaire, mais l'attaque vient des « yeux » de Clarice, personnifiés en assaillants. L'expression « je leur rendis les armes » signifie que Dorante se déclare vaincu. La guerre devient une métaphore de l'amour : le soldat prétendument invincible est vaincu par le regard féminin.

Effet sur le spectateur

Le spectateur perçoit le comique d'un héros militaire qui se rend devant des yeux.

Interprétation

Dorante transforme son faux héroïsme en galanterie : le mensonge guerrier devient un compliment amoureux.

Comment cette défaite amoureuse se poursuit-elle ?

III.e

Le prisonnier des charmes

« Je me fis prisonnier de tant d'aimables charmes »

Procédé principalmétaphore de la captivité amoureuse« Je me fis prisonnier de tant d'aimables charmes »Procédé secondaireintensif« tant »

L'essentiel : Le spectateur entend une déclaration brillante, mais fondée sur un mensonge.

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Analyse

Le mot « prisonnier » prolonge le vocabulaire militaire : Dorante présente l'amour comme une captivité volontaire. L'expression « aimables charmes » appartient au langage galant, et l'intensif « tant » amplifie la puissance de Clarice. Dorante se valorise encore : il est si sensible et si galant qu'il accepte la défaite amoureuse.

Effet sur le spectateur

Le spectateur entend une déclaration brillante, mais fondée sur un mensonge.

Interprétation

Corneille fait rire en montrant un discours galant construit à partir d'une fausse identité héroïque.

Comment Dorante affirme-t-il alors l'abandon total de soi ?

III.f

Le don de l'âme

« Je leur livrai mon âme »

Procédé principalhyperbole amoureuse« Je leur livrai mon âme »Procédé secondairereprise du pronom « leur »

L'essentiel : Le spectateur perçoit l'exagération galante et théâtrale du discours.

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Analyse

Le verbe « livrai » appartient encore au vocabulaire de la reddition : Dorante ne livre plus des armes, mais son âme. L'hyperbole donne à l'amour une intensité totale. Le pronom « leur » renvoie aux yeux ou aux charmes de Clarice : la personne aimée agit par ses signes physiques. Dorante transforme une déclaration d'amour en scène de capitulation.

Effet sur le spectateur

Le spectateur perçoit l'exagération galante et théâtrale du discours.

Interprétation

Le mensonge de Dorante devient séduisant parce qu'il utilise les codes de la galanterie héroïque.

Que deviennent alors les ambitions guerrières de Dorante ?

III.g

Les exploits abandonnés pour Clarice

« Vaincre dans les combats, commander dans l'armée, / De mille exploits fameux enfler ma renommée »

Procédé principalaccumulation d'infinitifs héroïques« Vaincre dans les combats, commander dans l'armée, / De mille exploits fameux enfler ma renommée »Procédé secondairehyperbole de la gloire

L'essentiel : Le spectateur sourit devant l'ampleur invraisemblable du sacrifice annoncé.

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Analyse

Les infinitifs « Vaincre », « commander », « enfler » énumèrent les ambitions militaires : Dorante se donne un destin héroïque (gagner des combats, commander une armée, augmenter sa renommée). L'expression « mille exploits fameux » amplifie cette gloire imaginaire. Le mensonge atteint ici son sommet : Dorante prétend renoncer à une grandeur exceptionnelle.

Effet sur le spectateur

Le spectateur sourit devant l'ampleur invraisemblable du sacrifice annoncé.

Interprétation

Corneille montre que Dorante sait séduire en exagérant ce qu'il prétend abandonner.

À quoi ces ambitions cèdent-elles finalement ?

III.h

Le service amoureux comme victoire finale

« Cédèrent aussitôt à ceux de vous servir »

Procédé principalverbe de renoncement« Cédèrent »Procédé secondairelexique du service amoureux« Cédèrent aussitôt à ceux de vous servir »

L'essentiel : Le spectateur comprend comment Dorante transforme son mensonge en compliment.

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Analyse

Le verbe « Cédèrent » marque le passage d'une ambition à une autre : les « nobles soins » de la guerre abandonnent la place aux « soins » amoureux. L'expression « vous servir » appartient au vocabulaire galant, où l'amant se présente en serviteur de la dame. Dorante transforme la fausse gloire militaire en soumission amoureuse ; le mensonge se clôt sur une flatterie efficace : Clarice serait plus puissante que la guerre.

Effet sur le spectateur

Le spectateur comprend comment Dorante transforme son mensonge en compliment.

Interprétation

Corneille fait du mensonge un art comique de la séduction : Dorante invente un passé héroïque uniquement pour mieux valoriser l'amour qu'il prétend porter à Clarice.

Conclusion

Dans cette scène, Corneille fait du mensonge de Dorante une performance comique : la fidélité inventée, le récit guerrier démasqué par Cliton et la guerre changée en déclaration d’amour montrent un héros qui crée la fiction à mesure qu’il parle.

Le passage s’inscrit dans le parcours « mensonge et comédie » : le mensonge n’est pas seulement une faute morale, il devient un ressort comique et un art de la parole, où séduire revient à inventer.

Mémoriser

Fiche aide-mémoire

Pour réviser vite : l'essentiel à retenir, sous-parties repliées.

Introduction en trente secondes

Dans ce passage, Dorante invente un faux passé de soldat pour séduire Clarice. Cliton sait qu'il ment et tente de l'arrêter. Le texte fait rire parce que Dorante transforme son mensonge en discours héroïque, puis amoureux.

Problématique

Comment Corneille transforme-t-il le mensonge guerrier de Dorante en performance comique de séduction ?

Plan à retenir

I.Une fidélité amoureuse inventée II.Le mensonge guerrier démasqué par Cliton III.La guerre transformée en déclaration d'amour

Toutes les sous-parties, en détail

Cliquez pour déplier chaque sous-partie.

I. Une fidélité amoureuse inventée

I.a« le malheur qui partout m'accompagne »DéplierReplier
Procédé principalpersonnification du malheur« le malheur qui partout m'accompagne »Procédé secondairehyperbole

Effet

Plainte exagérée.

Interprétation

Dorante commence par se donner un rôle pathétique.

I.b« depuis un an entier »DéplierReplier
Procédé principalcomplément de durée« depuis un an entier »Procédé secondaire« jour et nuit »

Effet

Excès comique.

Interprétation

Dorante invente une longue fidélité.

I.c« au bal, aux promenades »DéplierReplier
Procédé principalénumération de lieux mondains« au bal, aux promenades »Procédé secondairehyperbole spatiale

Effet

Autoportrait d'amant persévérant.

Interprétation

Dorante maîtrise les codes galants.

I.d« Vous n'avez que de moi reçu des sérénades »DéplierReplier
Procédé principalnégation restrictive« Vous n'avez que de moi reçu des sérénades »Procédé secondairemotif galant

Effet

Preuve amoureuse fabriquée.

Interprétation

Dorante s'attribue des signes d'amour imaginaires.

I.e« cette occasion / À vous entretenir de mon affection »DéplierReplier
Procédé principalnégation restrictive« cette occasion / À vous entretenir de mon affection »Procédé secondairelexique galant

Effet

Scène d'aveu construite.

Interprétation

Dorante transforme la rencontre en moment décisif.

II. Le mensonge guerrier démasqué par Cliton

II.a« vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre ? »DéplierReplier
Procédé principalinterrogation exclamative« vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre ? »Procédé secondairecoordination

Effet

Déclenchement du mensonge.

Interprétation

Clarice offre à Dorante l'occasion d'inventer.

II.b« craindre comme un tonnerre »DéplierReplier
Procédé principalcomparaison héroïque« craindre comme un tonnerre »Procédé secondairedurée « quatre ans »

Effet

Héroïsme excessif.

Interprétation

Dorante se fabrique une identité guerrière.

II.c« Que lui va-t-il conter ? »DéplierReplier
Procédé principalinterrogation« Que lui va-t-il conter ? »Procédé secondairecommentaire du valet

Effet

Complicité avec le spectateur.

Interprétation

Cliton révèle le mensonge en train de se faire.

II.d« cette main n'ait eu bonne part à la gloire »DéplierReplier
Procédé principalhyperbole héroïque« cette main n'ait eu bonne part à la gloire »Procédé secondairemétonymie de la main

Effet

Mensonge grotesquement glorieux.

Interprétation

Dorante s'attribue toutes les victoires.

II.e« le tirant par la basque »DéplierReplier
Procédé principaldidascalie d'action« le tirant par la basque »Procédé secondaireinterrogation accusatrice

Effet

Comique de l'interruption.

Interprétation

Le valet tente physiquement d'arrêter le mensonge.

II.f« Tais-toi, misérable »DéplierReplier
Procédé principalimpératif« Tais-toi, misérable »Procédé secondaireinsulte

Effet

Tension maître-valet.

Interprétation

Le mensonge doit empêcher la vérité de parler.

II.g« Vous venez de Poitiers »DéplierReplier
Procédé principalrappel factuel« Vous venez de Poitiers »Procédé secondaireprécision « hier »

Effet

Dégonflement comique.

Interprétation

Cliton oppose la réalité triviale au récit héroïque.

III. La guerre transformée en déclaration d'amour

III.a« Te tairas-tu, maraud ? »DéplierReplier
Procédé principalinterrogation injonctive« Te tairas-tu, maraud ? »Procédé secondaireinjure

Effet

Violence comique du maître.

Interprétation

Dorante défend son mensonge par l'autorité.

III.b« Mon nom dans nos succès s'étoit mis assez haut »DéplierReplier
Procédé principalpersonnification du nom« Mon nom dans nos succès s'étoit mis assez haut »Procédé secondairevocabulaire de la renommée

Effet

Gloire prétendue.

Interprétation

Dorante cherche à rendre son mensonge crédible.

III.c« je fus retenu par l'amour »DéplierReplier
Procédé principalpersonnification de l'amour« je fus retenu par l'amour »Procédé secondairevision / immobilisation

Effet

Flatterie de Clarice.

Interprétation

L'amour sert à expliquer l'abandon de la guerre.

III.d« Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes »DéplierReplier
Procédé principalmétaphore militaire amoureuse« Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes »Procédé secondairepersonnification des yeux

Effet

Galanterie brillante.

Interprétation

La guerre devient langage amoureux.

III.e« prisonnier de tant d'aimables charmes »DéplierReplier
Procédé principalmétaphore de la captivité« prisonnier de tant d'aimables charmes »Procédé secondaireintensif

Effet

Soumission galante.

Interprétation

Dorante transforme sa défaite en compliment.

III.f« Je leur livrai mon âme »DéplierReplier
Procédé principalhyperbole amoureuse« Je leur livrai mon âme »Procédé secondairevocabulaire de la reddition

Effet

Exagération lyrique.

Interprétation

Dorante dramatise son amour inventé.

III.g« Vaincre dans les combats, commander dans l'armée »DéplierReplier
Procédé principalaccumulation d'infinitifs« Vaincre dans les combats, commander dans l'armée »Procédé secondairehyperbole héroïque

Effet

Sacrifice invraisemblable.

Interprétation

Dorante exagère ce qu'il prétend abandonner.

III.h« Cédèrent aussitôt à ceux de vous servir »DéplierReplier
Procédé principalverbe de renoncement« Cédèrent aussitôt à ceux de vous servir »Procédé secondairelexique du service amoureux

Effet

Compliment final.

Interprétation

Le faux héros devient serviteur galant.

Conclusion prête à reformuler

Ce passage montre Dorante en pleine performance mensongère : il invente une fidélité amoureuse ancienne, développe un faux passé militaire aussitôt démasqué par Cliton, puis transforme cette fiction guerrière en déclaration galante. Le passage illustre « mensonge et comédie » : le mensonge fait rire parce qu'il est excessif, brillant et sans cesse menacé par la vérité. La comédie repose sur la double énonciation — Clarice entend un récit flatteur, Cliton connaît la vérité, le spectateur savoure le décalage. Ouverture possible : I, 6, où Dorante théorise le mensonge comme stratégie de séduction.

Réviser

Tableau des procédés

Passer des procédés aux effets et à l'interprétation. Filtrez par mouvement.

Personnification du malheur

TexteLe malheur accompagne Dorante.EffetPlainte exagérée.InterprétationDorante se donne un rôle pathétique.

Durée « depuis un an entier »

TexteDorante invente une longue présence.EffetExcès comique.InterprétationLe mensonge imite la constance.

« jour et nuit »

TextePrésence amoureuse totale.EffetInvraisemblance.InterprétationDorante amplifie son récit.

Énumération des lieux mondains

TexteBal et promenades créent un décor galant.EffetAutoportrait de séducteur.InterprétationDorante connaît les codes mondains.

Négation restrictive

TexteLes sérénades viendraient seulement de lui.EffetPreuve fabriquée.InterprétationDorante s'approprie des signes d'amour.

Interrogation de Clarice

TexteElle relance le mensonge.EffetAttente comique.InterprétationDorante saisit l'occasion d'inventer.

Comparaison au tonnerre

TexteDorante se donne une puissance guerrière.EffetHéroïsme ridicule.InterprétationIl fabrique une identité militaire.

Question de Cliton

TexteLe valet anticipe le mensonge.EffetComplicité avec le spectateur.InterprétationCliton incarne le bon sens.

Hyperbole des victoires

TexteDorante prétend participer à toute gloire.EffetExagération comique.InterprétationIl s'attribue une renommée impossible.

Didascalie d'action

TexteCliton tire Dorante par la basque.EffetComique physique.InterprétationLe valet tente d'arrêter le mensonge.

Impératifs « Tais-toi »

TexteDorante veut faire taire Cliton.EffetTension comique.InterprétationLe mensonge doit neutraliser la vérité.

Rappel de Poitiers

TexteCliton oppose un fait réel au récit guerrier.EffetDégonflement comique.InterprétationLa réalité détruit l'héroïsme inventé.

Métaphore militaire amoureuse

TexteLes yeux attaquent, Dorante rend les armes.EffetGalanterie brillante.InterprétationL'amour est dit avec le langage de la guerre.

Captivité amoureuse

TexteDorante devient prisonnier des charmes.EffetSoumission galante.InterprétationLe faux héros se déclare vaincu par Clarice.

Accumulation d'infinitifs héroïques

TexteVaincre, commander, enfler sa renommée.EffetGrandeur invraisemblable.InterprétationDorante exagère le sacrifice.

Lexique du service amoureux

TexteServir Clarice remplace la guerre.EffetCompliment final.InterprétationLe mensonge devient déclaration galante.

Les citations à maîtriser en priorité

  1. Plainte initiale : « le malheur qui partout m'accompagne »
  2. Fausse durée : « depuis un an entier »
  3. Preuve fabriquée : « Vous n'avez que de moi reçu des sérénades »
  4. Déclencheur : « vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre ? »
  5. Héroïsme : « craindre comme un tonnerre »
  6. Lucidité du valet : « Que lui va-t-il conter ? »
  7. Didascalie comique : « le tirant par la basque »
  8. Vérité rétablie : « Vous venez de Poitiers »
  9. Guerre galante : « Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes »
  10. Compliment final : « Cédèrent aussitôt à ceux de vous servir »
Vigilance

Erreurs rédhibitoires à éviter

Sortir de la paraphrase et du contresens : trois familles d'erreurs à connaître avant l'oral.

Section AErreurs de fond

Les contresens d'interprétation. Pour chacun : l'erreur, pourquoi c'en est une, et la formulation juste.

À ne pas commettre

Dire que Dorante raconte la vérité

Pourquoi c'est une erreur

Il invente un faux passé militaire.

Formulation correcte

Dorante se fabrique une identité héroïque pour séduire Clarice.

À ne pas commettre

Oublier Cliton

Pourquoi c'est une erreur

Cliton connaît la vérité et intervient.

Formulation correcte

Cliton est le témoin lucide du mensonge.

À ne pas commettre

Oublier Clarice

Pourquoi c'est une erreur

C'est sa question qui relance l'invention.

Formulation correcte

Clarice offre à Dorante l'occasion de développer son mensonge.

À ne pas commettre

Lire le passage comme une vraie déclaration sincère

Pourquoi c'est une erreur

Le discours amoureux repose sur une invention.

Formulation correcte

Dorante utilise l'amour pour rendre son mensonge séduisant.

À ne pas commettre

Ne pas analyser Poitiers

Pourquoi c'est une erreur

Poitiers détruit l'illusion allemande.

Formulation correcte

Le rappel de Poitiers dégonfle le récit héroïque.

À ne pas commettre

Oublier la guerre

Pourquoi c'est une erreur

Elle donne au mensonge son prestige.

Formulation correcte

Dorante utilise le vocabulaire militaire pour se valoriser.

À ne pas commettre

Ne pas voir le comique maître-valet

Pourquoi c'est une erreur

Le dialogue repose sur leurs oppositions.

Formulation correcte

Dorante invente, Cliton interrompt et corrige.

À ne pas commettre

Ne pas relier au parcours

Pourquoi c'est une erreur

Le mensonge est le moteur de la scène.

Formulation correcte

Le texte montre comment la parole fausse produit comédie et séduction.

Section BErreurs de méthode à l'oral

Les fautes de conduite de l'épreuve, indépendantes du contenu.

Erreur de méthode
Correction attendue
Résumer seulement l'histoire
Montrer comment le mensonge se construit.
Oublier le spectateur
Expliquer l'effet comique produit par le décalage entre Dorante et Cliton.
Ne pas suivre les mouvements
Passer de l'amour inventé, au mensonge guerrier, puis au compliment galant.
Oublier les répliques brèves
Elles créent le rythme comique.
Ne pas analyser les didascalies
« Le tirant par la basque » est un geste comique important.
Confondre effet et interprétation
L'effet concerne le spectateur ; l'interprétation explique le sens.
Oublier le parcours
Employer les notions de mensonge, comédie, séduction, paraître.

Section CFormulations interdites ou à éviter

Remplacer la paraphrase plate par une formulation d'analyse.

À éviterDorante raconte qu'il a fait la guerre.
À dire plutôtDorante invente un faux passé guerrier pour séduire Clarice.
À éviterCliton l'interrompt parce qu'il parle trop.
À dire plutôtCliton l'interrompt parce qu'il sait que Dorante ment.
À éviterDorante aime Clarice.
À dire plutôtDorante utilise un discours amoureux pour rendre son mensonge flatteur.
À éviterIl se vante.
À dire plutôtIl se construit une identité héroïque par la parole.
À éviterPoitiers, c'est drôle.
À dire plutôtLe rappel de Poitiers oppose la réalité triviale au récit glorieux.
À éviterLes yeux attaquent Dorante.
À dire plutôtLa métaphore militaire transforme la séduction en combat amoureux.
Grammaire

Grammaire pour l'oral

Les analyses possibles à partir du passage. Chaque fiche donne la phrase, la question, la leçon et la réponse attendue.

Analyse 1

La proposition relative en « qui »

Phrase étudiée

« C'est l'effet du malheur qui partout m'accompagne. »

Question possible

Analyser la proposition subordonnée relative introduite par « qui ».

Leçon associée

③ Syntaxe des propositions subordonnées relatives.

Réponse attendue

Phrase complexe, deux verbes conjugués (« est », « accompagne »). Principale « C'est l'effet du malheur » : « C' » sujet de « est », « l'effet du malheur » attribut du sujet. Relative « qui partout m'accompagne » : « qui » a pour antécédent « malheur », sujet de « accompagne » ; « m' » COD ; « partout » complément circonstanciel de lieu figuré.

Analyse 2

La circonstancielle de temps en « depuis que »

Phrase étudiée

« Depuis que j'ai quitté les guerres d'Allemagne, je suis et jour et nuit dedans votre quartier. »

Question possible

Analyser la subordonnée circonstancielle de temps introduite par « depuis que ».

Leçon associée

④ Subordonnées conjonctives circonstancielles.

Réponse attendue

Phrase complexe, deux verbes conjugués (« ai quitté », « suis »). Subordonnée circonstancielle de temps « Depuis que j'ai quitté les guerres d'Allemagne », introduite par « depuis que » : sujet « j' », « ai quitté » au passé composé, « les guerres d'Allemagne » COD. Principale « je suis et jour et nuit dedans votre quartier » : sujet « je », « suis » au présent, « dedans votre quartier » complément de lieu, « et jour et nuit » complément de temps marquant la continuité.

Analyse 3

La négation restrictive « ne… que »

Phrase étudiée

« Vous n'avez que de moi reçu des sérénades. »

Question possible

Analyser la négation restrictive « ne… que ».

Leçon associée

⑥ Formes et emplois de la négation.

Réponse attendue

Phrase simple, déclarative, restrictive, un verbe conjugué (« avez reçu »). Sujet « Vous », « avez reçu » au passé composé, « des sérénades » COD. La structure « ne… que » est une négation restrictive (= seulement) qui porte sur « de moi » : selon Dorante, les sérénades viendraient uniquement de lui.

Analyse 4

L'interrogation directe

Phrase étudiée

« Quoi ! vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre ? »

Question possible

Analyser l'interrogation directe.

Leçon associée

⑤ L'interrogation.

Réponse attendue

Phrase interrogative à valeur exclamative (« Quoi ! »), un verbe conjugué (« avez vu »). « Quoi ! » exprime la surprise ; sujet « vous », « avez vu » au passé composé, « l'Allemagne » et « la guerre » COD coordonnés par « et ». L'interrogation est directe, marquée par le point d'interrogation et l'intonation.

Analyse 5

La construction factitive « se faire + infinitif »

Phrase étudiée

« Je m'y suis fait quatre ans craindre comme un tonnerre. »

Question possible

Analyser la construction factitive « se faire craindre ».

Leçon associée

① Le verbe.

Réponse attendue

Phrase simple, un verbe conjugué (« me suis fait ») et un infinitif (« craindre »). Sujet « Je », « me suis fait » au passé composé, dans la construction factitive « se faire + infinitif » ; « craindre » à l'infinitif complète « me suis fait ». « y » renvoie à l'Allemagne / au contexte de la guerre ; « quatre ans » complément de durée ; « comme un tonnerre » complète « craindre » et exprime l'intensité de la crainte prétendument inspirée.

Analyse 6

L'interrogation directe avec inversion

Phrase étudiée

« Que lui va-t-il conter ? »

Question possible

Analyser l'interrogation directe avec inversion du sujet.

Leçon associée

⑤ L'interrogation.

Réponse attendue

Phrase interrogative, un verbe conjugué (« va ») et un infinitif (« conter »). Mot interrogatif « Que » ; « va » au présent ; sujet « il » postposé dans l'inversion « va-t-il » (« t » consonne de liaison). « conter » à l'infinitif complète « va » ; « lui » COI de « conter ».

Analyse 7

La négation et la coordination négative « ni »

Phrase étudiée

« Il ne s'est fait combats, ni sièges importants. »

Question possible

Analyser la négation et la coordination négative.

Leçon associée

⑥ Formes et emplois de la négation.

Réponse attendue

Phrase déclarative et négative, un verbe conjugué (« s'est fait »). « Il » sujet grammatical d'une tournure impersonnelle, « s'est fait » au passé composé. La négation est portée par « ne » devant le verbe et par la coordination négative « ni » ; « combats » et « sièges importants » sont les éléments coordonnés dans la négation. Sens : il ne s'est produit ni combats ni sièges importants.

Analyse 8

L'interrogation directe et la complétive

Phrase étudiée

« Savez-vous bien, Monsieur, que vous extravaguez ? »

Question possible

Analyser l'interrogation directe et la proposition complétive.

Leçon associée

⑤ L'interrogation.

Réponse attendue

Phrase complexe et interrogative, deux verbes conjugués (« savez », « extravaguez »). Principale « Savez-vous bien, Monsieur » : « Savez » au présent, sujet « vous » postposé dans l'inversion interrogative, « Monsieur » apostrophe. Complétive « que vous extravaguez » complétant « savez » : sujet « vous », « extravaguez » au présent.

Analyse 9

La coordination et le pronom « en »

Phrase étudiée

« Vous venez de Poitiers, ou je me donne au diable ; vous en revîntes hier. »

Question possible

Analyser la coordination et le pronom « en ».

Leçon associée

② Relations et constructions dans la phrase.

Réponse attendue

Phrase complexe, trois verbes conjugués (« venez », « donne », « revîntes »). 1) « Vous venez de Poitiers » : sujet « Vous », « venez » au présent, « de Poitiers » complète le verbe et indique l'origine. 2) « ou je me donne au diable », coordonnée par « ou », formule d'insistance : sujet « je », « me donne » au présent, « au diable » complément. 3) « vous en revîntes hier » : sujet « vous », « revîntes » au passé simple, « en » reprend « Poitiers », « hier » complément de temps.

Analyse 10

Le participe détaché et les compléments du verbe

Phrase étudiée

« Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes. »

Question possible

Analyser le participe détaché et les compléments du verbe.

Leçon associée

② Relations et constructions dans la phrase.

Réponse attendue

Phrase simple, un verbe conjugué (« rendis »). Participe passé « Attaqué » détaché en tête, rapporté au sujet « je » ; « par vos yeux » complète le participe et indique l'agent figuré de l'attaque. Principale « je leur rendis les armes » : sujet « je », « rendis » au passé simple, « leur » COS (renvoie aux yeux de Clarice), « les armes » COD.

Analyse 11

La construction « se faire + attribut »

Phrase étudiée

« Je me fis prisonnier de tant d'aimables charmes. »

Question possible

Analyser la construction « se faire + attribut ».

Leçon associée

① Le verbe.

Réponse attendue

Phrase simple, un verbe conjugué (« fis »). Sujet « Je », « me fis » au passé simple, dans la construction « se faire + attribut ». « prisonnier de tant d'aimables charmes » est attribut du sujet ; « prisonnier » est complété par « de tant d'aimables charmes » ; « aimables » qualifie « charmes » et « tant » marque l'intensité.

Analyse 12

Les groupes infinitifs sujets et la relative

Phrase étudiée

« Vaincre dans les combats, commander dans l'armée, de mille exploits fameux enfler ma renommée, et tous ces nobles soins qui m'avoient su ravir, cédèrent aussitôt à ceux de vous servir. »

Question possible

Analyser les groupes infinitifs sujets et la proposition relative.

Leçon associée

③ Syntaxe des propositions subordonnées relatives.

Réponse attendue

Phrase complexe, deux verbes conjugués (« avoient su », « cédèrent ») et plusieurs infinitifs (« Vaincre », « commander », « enfler », « servir »). Les groupes infinitifs « Vaincre dans les combats », « commander dans l'armée », « de mille exploits fameux enfler ma renommée » forment une série de sujets coordonnés avec « tous ces nobles soins » ; le verbe principal est « cédèrent » (passé simple), « à ceux de vous servir » le complète. « tous ces nobles soins » est complété par la relative « qui m'avoient su ravir » : « qui » a pour antécédent « soins », sujet de « avoient su » ; « ravir » complète « avoient su », « m' » en est le COD.

S'entraîner

QCM de révision

Soixante questions, réponse développée, bonnes réponses réparties sur A, B, C et D. Cliquez sur une question pour vérifier votre réponse.

Contexte (1–12) · Mouvement I (13–24) · Mouvement II (25–40) · Mouvement III (41–56) · Bilan (57–60)

Contexte et personnages (1–12)

Q1Quel est l'objet d'étude de ce texte ?
  • A. Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle
  • B. Le roman du Moyen Âge au XXIe siècle
  • C. La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle
  • D. La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle
Réponse : A.

C'est un extrait théâtral de Corneille, étudié dans l'objet d'étude consacré au théâtre.

Q2Quel est le parcours associé ?
  • A. « La célébration du monde »
  • B. « émancipations créatrices »
  • C. « mensonge et comédie »
  • D. « Individu, morale et société »
Réponse : C.

Le passage met en scène le mensonge de Dorante et ses effets comiques.

Q3Qui est l'auteur du Menteur ?
  • A. Molière
  • B. Marivaux
  • C. Racine
  • D. Pierre Corneille
Réponse : D.

Le Menteur est une comédie de Pierre Corneille, dramaturge du XVIIe siècle.

Q4À quel genre appartient Le Menteur ?
  • A. Une tragédie
  • B. Une comédie
  • C. Une épopée
  • D. Un roman épistolaire
Réponse : B.

La pièce repose sur les mensonges, les quiproquos et les effets comiques.

Q5En quelle année Le Menteur est-il représenté ?
  • A. 1637
  • B. 1644
  • C. 1668
  • D. 1750
Réponse : B.

La pièce est représentée en 1644 et appartient à la comédie classique.

Q6Qui Dorante cherche-t-il à séduire dans cette scène ?
  • A. Lucrèce
  • B. Isabelle
  • C. Clarice
  • D. Sa cousine
Réponse : C.

Dorante adresse tout son discours à Clarice pour la séduire.

Q7Qui est Cliton ?
  • A. Le valet de Dorante
  • B. Le père de Dorante
  • C. Un rival de Dorante
  • D. Un magistrat
Réponse : A.

Cliton est le valet de Dorante ; il connaît la vérité et commente ses mensonges.

Q8D'où vient réellement Dorante, selon Cliton ?
  • A. D'Allemagne
  • B. De Madrid
  • C. De Lyon
  • D. De Poitiers
Réponse : D.

Cliton rappelle que Dorante vient de Poitiers, et non des guerres d'Allemagne.

Q9Quand Dorante est-il rentré, d'après Cliton ?
  • A. Il y a quatre ans
  • B. La veille (hier)
  • C. Depuis un an
  • D. Le matin même
Réponse : B.

Cliton précise « Vous en revîntes hier », ce qui rend le récit guerrier impossible.

Q10Quel faux passé Dorante s'invente-t-il ?
  • A. Marin au long cours
  • B. Magistrat
  • C. Soldat en Allemagne
  • D. Poète de cour
Réponse : C.

Dorante prétend avoir combattu en Allemagne pendant quatre ans.

Q11Quelle relation comique structure la scène ?
  • A. Père / fils
  • B. Maître / valet
  • C. Roi / sujet
  • D. Frère / sœur
Réponse : B.

Le couple maître-valet (Dorante invente, Cliton corrige) est au cœur de la comédie.

Q12Qui assiste à la scène, outre Clarice ?
  • A. Alcippe et Géronte
  • B. Personne
  • C. Philiste seul
  • D. Lucrèce, Isabelle et Cliton
Réponse : D.

La didascalie initiale réunit Dorante, Clarice, Lucrèce, Isabelle et Cliton.

Mouvement I — la fidélité inventée (13–24)

Q13Quel est le premier mouvement du texte ?
  • A. Une fidélité amoureuse inventée
  • B. Un duel entre rivaux
  • C. Un mariage célébré
  • D. Le récit d'une vraie bataille
Réponse : A.

Dorante y fabrique une longue fidélité amoureuse avant tout récit guerrier.

Q14Par quoi Dorante se dit-il poursuivi ?
  • A. La gloire
  • B. La richesse
  • C. Un malheur
  • D. La peur
Réponse : C.

Il ouvre sur « le malheur qui partout m'accompagne » pour se donner un rôle pathétique.

Q15Quel procédé porte « le malheur qui partout m'accompagne » ?
  • A. Personnification du malheur
  • B. Litote
  • C. Euphémisme
  • D. Question rhétorique
Réponse : A.

Le malheur est présenté comme une force qui « accompagne » Dorante, donc personnifié.

Q16Depuis combien de temps prétend-il être dans le quartier ?
  • A. Un mois
  • B. Un an entier
  • C. Quatre ans
  • D. Dix ans
Réponse : B.

Il affirme y être « depuis un an entier », hyperbole d'une fidélité inventée.

Q17Quelle expression marque une présence totale ?
  • A. « de temps en temps »
  • B. « parfois »
  • C. « rarement »
  • D. « jour et nuit »
Réponse : D.

« jour et nuit » exagère sa présence prétendue auprès de Clarice.

Q18Où prétend-il chercher Clarice ?
  • A. Au bal et aux promenades
  • B. À l'église
  • C. Au marché
  • D. Au tribunal
Réponse : A.

« au bal, aux promenades » : des lieux de la sociabilité mondaine et galante.

Q19Que prétend-il être seul à avoir donné ?
  • A. Des lettres
  • B. Des bijoux
  • C. Des sérénades
  • D. Des fleurs
Réponse : C.

« Vous n'avez que de moi reçu des sérénades » : une preuve d'amour fabriquée.

Q20Quel procédé porte « Vous n'avez que de moi reçu des sérénades » ?
  • A. Négation restrictive
  • B. Hyperbole
  • C. Comparaison
  • D. Apostrophe
Réponse : A.

« ne… que » est une négation restrictive : il s'attribue toutes les sérénades.

Q21Que désigne une « sérénade » ?
  • A. Un repas léger
  • B. Un chant donné sous les fenêtres d'une aimée
  • C. Un poème religieux
  • D. Une danse de cour
Réponse : B.

La sérénade est un chant ou morceau donné à une personne aimée.

Q22Comment présente-t-il la rencontre présente ?
  • A. Comme une habitude
  • B. Comme un hasard sans importance
  • C. Comme une corvée
  • D. Comme une occasion rare enfin trouvée
Réponse : D.

« je n'ai pu trouver que cette occasion » dramatise l'instant pour mieux persuader.

Q23Quel mot galant emploie-t-il pour ses sentiments ?
  • A. Affection
  • B. Haine
  • C. Indifférence
  • D. Pitié
Réponse : A.

« vous entretenir de mon affection » donne une tonalité galante et respectueuse.

Q24Que comprend le spectateur dès ce mouvement ?
  • A. Que Dorante dit vrai
  • B. Que Clarice ment
  • C. Que Dorante fabrique une fidélité par la parole
  • D. Que Cliton est amoureux
Réponse : C.

Le spectateur perçoit que cette constance est inventée, non vécue.

Mouvement II — le mensonge guerrier démasqué (25–40)

Q25Qu'est-ce qui déclenche le mensonge guerrier ?
  • A. Une lettre anonyme
  • B. La question de Clarice sur l'Allemagne et la guerre
  • C. L'arrivée d'Alcippe
  • D. Un songe de Dorante
Réponse : B.

« vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre ? » relance l'invention de Dorante.

Q26À quoi Dorante se compare-t-il pour dire qu'on le craignait ?
  • A. À un lion
  • B. À un roi
  • C. À un orage de printemps
  • D. À un tonnerre
Réponse : D.

« craindre comme un tonnerre » : comparaison héroïque excessive.

Q27Combien d'années de guerre prétend-il ?
  • A. Deux ans
  • B. Quatre ans
  • C. Dix ans
  • D. Un an
Réponse : B.

« quatre ans » donne au mensonge une durée imposante et valorisante.

Q28Que révèle la réplique « Que lui va-t-il conter ? »
  • A. La lucidité inquiète de Cliton sur le mensonge
  • B. L'admiration de Cliton
  • C. L'ennui de Cliton
  • D. L'ignorance de Cliton
Réponse : A.

Le verbe « conter » trahit l'invention ; Cliton anticipe un mensonge croissant.

Q29Le verbe « conter » suggère…
  • A. La vérité prouvée
  • B. Le calcul financier
  • C. Le récit inventé
  • D. La prière
Réponse : C.

« conter » connote le récit fabriqué, donc le mensonge en train de se faire.

Q30Quel procédé porte « Nos armes n'ont jamais remporté de victoire, / Où cette main n'ait eu bonne part » ?
  • A. Hyperbole héroïque
  • B. Litote
  • C. Question rhétorique
  • D. Comparaison animale
Réponse : A.

Dorante s'attribue une part dans toutes les victoires : une hyperbole énorme.

Q31Que désigne « cette main » ?
  • A. Clarice
  • B. Dorante lui-même (métonymie)
  • C. Cliton
  • D. L'armée entière
Réponse : B.

« cette main » désigne Dorante par la partie du corps qui combat : une métonymie.

Q32Que fait Cliton en « le tirant par la basque » ?
  • A. Il s'enfuit
  • B. Il applaudit
  • C. Il chante
  • D. Il tire Dorante par son habit pour l'interrompre
Réponse : D.

La didascalie d'action montre Cliton tentant physiquement d'arrêter Dorante.

Q33Que signifie « basque » ici ?
  • A. Une région
  • B. La partie pendante d'un vêtement
  • C. Une langue
  • D. Une arme
Réponse : B.

La basque est la partie pendante de l'habit ; Cliton tire Dorante par là.

Q34De quoi Cliton accuse-t-il Dorante avec « vous extravaguez » ?
  • A. De délirer / perdre le sens du réel
  • B. De trop boire
  • C. De vouloir partir
  • D. De pleurer
Réponse : A.

« extravaguez » accuse Dorante de s'éloigner de la réalité, donc de mentir.

Q35Comment Dorante fait-il taire Cliton ?
  • A. Par des cadeaux
  • B. En riant
  • C. Par les impératifs « Tais-toi » et l'insulte « misérable »
  • D. En quittant la scène
Réponse : C.

Le maître impose le silence par l'ordre répété et l'insulte sociale.

Q36Que rappelle Cliton pour détruire l'illusion ?
  • A. Que Dorante est riche
  • B. Que Clarice est mariée
  • C. Qu'il pleut
  • D. Que Dorante vient de Poitiers
Réponse : D.

Le rappel factuel « Vous venez de Poitiers » dégonfle le récit allemand.

Q37Quelle précision rend le mensonge impossible ?
  • A. « hier » (revenu la veille)
  • B. « ce matin »
  • C. « l'an dernier »
  • D. « jamais »
Réponse : A.

« Vous en revîntes hier » : impossible d'avoir fait quatre ans de guerre.

Q38Quel rôle Cliton joue-t-il dans ce mouvement ?
  • A. Le séducteur
  • B. Le témoin lucide, le bon sens
  • C. Le juge officiel
  • D. Le rival amoureux
Réponse : B.

Cliton est le garant du réel face à la fiction héroïque de son maître.

Q39Sur quoi repose le comique de ce mouvement ?
  • A. Un quiproquo de noms
  • B. Un déguisement
  • C. Le contraste entre le grand récit de Dorante et les interruptions de Cliton
  • D. Une lettre volée
Réponse : C.

Le rire naît de l'écart entre l'ampleur du mensonge et les rappels du valet.

Q40Que désigne la « gazette » évoquée par Dorante ?
  • A. Un vêtement militaire
  • B. Un cheval de bataille
  • C. Une arme à feu
  • D. Un journal, une publication d'informations
Réponse : D.

La gazette est un journal ; Dorante invoque la presse pour appuyer son récit.

Mouvement III — la guerre en déclaration d'amour (41–56)

Q41Comment Dorante reprend-il la parole ?
  • A. Doucement
  • B. En chantant
  • C. Par l'interrogation injonctive « Te tairas-tu, maraud ? »
  • D. En quittant la scène
Réponse : C.

La question fonctionne comme un ordre : Dorante exige le silence du valet.

Q42Que signifie l'injure « maraud » ?
  • A. Ami fidèle
  • B. Misérable, valet insolent
  • C. Savant
  • D. Soldat courageux
Réponse : B.

« maraud » est un terme injurieux qui rabaisse Cliton.

Q43Comment présente-t-il sa renommée ?
  • A. Inexistante
  • B. Oubliée de tous
  • C. Modeste et sincère
  • D. « mise assez haut / pour faire quelque bruit » (nom personnifié)
Réponse : D.

La personnification du nom valorise une gloire prétendue.

Q44Quelle posture adopte-t-il avec « sans beaucoup d'injustice » ?
  • A. Une fausse modestie
  • B. La colère
  • C. La tristesse
  • D. La peur
Réponse : A.

Il feint la modération pour rendre son mensonge plus crédible.

Q45Selon Dorante, qu'est-ce qui l'a arrêté dans la guerre ?
  • A. Une blessure
  • B. L'amour (la vue de Clarice)
  • C. Un manque d'argent
  • D. Une maladie
Réponse : B.

« je fus retenu par l'amour » : l'amour explique l'abandon de la gloire.

Q46Quel procédé porte « Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes » ?
  • A. Métaphore militaire amoureuse
  • B. Comparaison animale
  • C. Litote
  • D. Énumération
Réponse : A.

Le vocabulaire de la guerre exprime la défaite amoureuse devant le regard de Clarice.

Q47Que sont les « yeux » de Clarice dans cette image ?
  • A. Des juges
  • B. Des témoins muets
  • C. Des assaillants (personnifiés)
  • D. Des armes réelles
Réponse : C.

Les yeux sont personnifiés en attaquants ; Dorante se déclare vaincu.

Q48Que signifie « je leur rendis les armes » ?
  • A. Il attaque
  • B. Il se déclare vaincu
  • C. Il s'enfuit
  • D. Il se cache
Réponse : B.

« rendre les armes » = capituler : ici, capituler devant Clarice.

Q49Comment se dit-il vaincu par Clarice ?
  • A. « roi des combats »
  • B. « juge des armées »
  • C. « maître du monde »
  • D. « prisonnier de tant d'aimables charmes »
Réponse : D.

La métaphore de la captivité amoureuse prolonge le vocabulaire militaire.

Q50Quel mot prolonge le vocabulaire militaire dans la captivité amoureuse ?
  • A. Prisonnier
  • B. Jardin
  • C. Festin
  • D. Voyage
Réponse : A.

« prisonnier » fait de l'amour une captivité, dans le sillage de la guerre.

Q51Que prétend-il avoir livré à Clarice ?
  • A. Son épée
  • B. Son âme
  • C. Son argent
  • D. Sa maison
Réponse : B.

« Je leur livrai mon âme » : hyperbole amoureuse de la reddition totale.

Q52Quel procédé porte « Vaincre dans les combats, commander dans l'armée… » ?
  • A. Anaphore négative
  • B. Question rhétorique
  • C. Accumulation d'infinitifs héroïques
  • D. Dialogue
Réponse : C.

La série d'infinitifs énumère les ambitions militaires prétendument sacrifiées.

Q53Que prétend-il abandonner pour Clarice ?
  • A. Une fortune
  • B. Un long procès
  • C. Un voyage lointain
  • D. Une brillante carrière militaire et « mille exploits fameux »
Réponse : D.

Il exagère le sacrifice pour mieux flatter Clarice.

Q54Que deviennent ses « nobles soins » guerriers ?
  • A. Ils augmentent
  • B. Ils « cédèrent » au désir de servir Clarice
  • C. Ils restent intacts
  • D. Ils disparaissent dans la guerre
Réponse : B.

« Cédèrent aussitôt à ceux de vous servir » : la guerre cède à l'amour.

Q55Que signifie « vous servir » dans le langage galant ?
  • A. Se présenter en amant dévoué à la dame
  • B. Travailler comme domestique
  • C. Combattre pour le roi
  • D. Commander une armée
Réponse : A.

« servir » la dame est une formule galante : l'amant se dit son serviteur.

Q56Quel est l'effet global de ce mouvement ?
  • A. Rendre Dorante sincère
  • B. Accuser Clarice
  • C. Transformer le mensonge guerrier en compliment amoureux
  • D. Innocenter Cliton
Réponse : C.

Dorante convertit sa fausse gloire militaire en flatterie galante.

Bilan et parcours (57–60)

Q57Quelle notion théâtrale est centrale dans l'extrait ?
  • A. Le monologue tragique
  • B. La double énonciation
  • C. La scène muette
  • D. Le chœur antique
Réponse : B.

Les personnages se parlent, mais le spectateur entend aussi le mensonge se construire.

Q58Pourquoi parle-t-on de double énonciation ?
  • A. Dorante parle seul au public
  • B. Le public ne comprend rien
  • C. Cliton lit une lettre à voix haute
  • D. Clarice entend un récit flatteur, Cliton connaît la vérité, le spectateur savoure le décalage
Réponse : D.

La scène fonctionne à deux niveaux : illusion pour Clarice, lucidité pour le public.

Q59Quelle ouverture le dossier propose-t-il ?
  • A. L'acte I, scène 6, où Dorante théorise le mensonge de séduction
  • B. La mort de Dorante
  • C. Une pièce d'un autre auteur
  • D. La dernière scène de la pièce
Réponse : A.

En I, 3 Dorante pratique le mensonge ; en I, 6 il l'explicitera comme stratégie.

Q60Quelle phrase résume le mieux le passage ?
  • A. Dorante avoue la vérité à Clarice
  • B. Cliton séduit Clarice
  • C. Dorante invente un faux passé de soldat pour séduire Clarice, tandis que Cliton tente de l'arrêter
  • D. Clarice part à la guerre
Réponse : C.

L'extrait oppose l'invention héroïque de Dorante au bon sens de Cliton.