Commentaire linéaire · Première · Oral du bac

Le Menteur — Acte III, scène 3

Pierre Corneille, Le Menteur (comédie, 1644)

Parcours : « mensonge et comédie »

Comment Corneille transforme-t-il le jugement porté sur Dorante en débat comique sur le mensonge, à la fois faute, stratégie de séduction et moteur de l'intrigue ?

Œuvre · Le Menteur, 1644 Objet d'étude · Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Niveau · Première Ressource · Commentaire linéaire guidé
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CLARICE. Qu'il est fourbe, Isabelle. — ISABELLE. Eh bien ! cette pratique est-elle si nouvelle ? Dorante est-il le seul, qui, de jeune écolier, pour être mieux reçu s'érige en cavalier ? Que j'en sais comme lui qui parlent d'Allemagne, et si l'on veut les croire, ont vu chaque campagne ; sur chaque occasion tranchent des entendus ; content quelque défaite, et des chevaux perdus ; qui dans une gazette apprenant ce langage, s'ils sortent de Paris, ne vont qu'à leur village, et se donnent ici pour témoins approuvés de tous ces grands combats qu'ils ont lus ou rêvés !

Il aura cru sans doute, ou je suis fort trompée, que les filles de cœur aiment les gens d'épée ; et vous prenant pour telle, il a jugé soudain qu'une plume au chapeau vous plaît mieux qu'à la main. Ainsi donc, pour vous plaire, il a voulu paroître, non pas pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il veut être, et s'est osé promettre un traitement plus doux dans la condition qu'il veut prendre pour vous.

CLARICE. En matière de fourbe il est maître, il y pipe ; après m'avoir dupée, il dupe encore Alcippe. Ce malheureux jaloux s'est blessé le cerveau d'un festin qu'hier au soir il m'a donné sur l'eau. — ISABELLE. Reconnoissez par là que Dorante vous aime, et que dans son amour son adresse est extrême ; il aura su qu'Alcippe étoit bien avec vous, et pour l'en éloigner il l'a rendu jaloux.

Repères

Carte d'orientation

Ce qu'il faut saisir en trente secondes avant d'entrer dans le détail.

Idée générale

Clarice et Isabelle jugent les mensonges de Dorante : Clarice le condamne comme un fourbe, Isabelle les explique comme une stratégie comique de séduction.

Mouvements

I. La banalisation du mensonge · II. Le mensonge comme séduction · III. Accusation et preuve d'amour.

À retenir absolument

Le mensonge n'est pas seulement une faute : il est aussi un jeu social, une stratégie de séduction et un moteur de l'intrigue.

Comprendre

Comprendre avant d'analyser

Une entrée douce dans la scène, avant le commentaire plus exigeant.

Idée générale

Clarice condamne Dorante comme un fourbe ; Isabelle explique ses mensonges comme une stratégie de séduction.

En clair

Clarice et Isabelle parlent de Dorante. Clarice est en colère, car elle a compris qu'il ment et le traite de « fourbe ». Isabelle ne défend pas vraiment le mensonge, mais elle l'explique : pour elle, Dorante n'est pas le seul jeune homme à se donner une fausse image pour plaire.

I. Isabelle banalise le mensonge

Ce qui se passe

Clarice accuse Dorante ; Isabelle répond que cette pratique n'est pas nouvelle.

Ce que cela signifie

Beaucoup de jeunes hommes se font passer pour des cavaliers après avoir seulement lu ou rêvé des combats.

Phrase à retenir

Le mensonge de Dorante est replacé dans une mode sociale.

II. Le mensonge comme séduction

Ce qui se passe

Isabelle explique pourquoi Dorante a menti.

Ce que cela signifie

Il a cru que Clarice aimait les hommes d'épée et a voulu paraître plus brillant qu'il n'est.

Phrase à retenir

Dorante ment pour se donner l'apparence la plus séduisante.

III. Accusation et preuve d'amour

Ce qui se passe

Clarice accuse Dorante d'avoir aussi dupé Alcippe ; Isabelle retourne l'accusation.

Ce que cela signifie

Pour Isabelle, ces manœuvres prouvent que Dorante aime Clarice.

Phrase à retenir

Le mensonge trompe et brouille, mais fait avancer l'intrigue amoureuse.

Le texte

Texte étudié

Pierre Corneille, Le Menteur, acte III, scène 3 : Clarice, Isabelle.

Mouvement I — Isabelle banalise le mensonge guerrierde « Qu'il est fourbe » à « lus ou rêvés »

1ClariceQu'il est fourbe, Isabelle.

2IsabelleEh bien ! cette pratique est-elle si nouvelle ?
Dorante est-il le seul, qui, de jeune écolier,
Pour être mieux reçu s'érige en cavalier ?
Que j'en sais comme lui qui parlent d'Allemagne,
Et si l'on veut les croire, ont vu chaque campagne ;
Sur chaque occasion tranchent des entendus ;
Content quelque défaite, et des chevaux perdus ;
Qui dans une gazette apprenant ce langage,
S'ils sortent de Paris, ne vont qu'à leur village,
Et se donnent ici pour témoins approuvés
De tous ces grands combats qu'ils ont lus ou rêvés !

Mouvement II — le mensonge comme stratégie de séductionde « Il aura cru sans doute » à « qu'il veut prendre pour vous »

1IsabelleIl aura cru sans doute, ou je suis fort trompée,
Que les filles de cœur aiment les gens d'épée ;
Et vous prenant pour telle, il a jugé soudain
Qu'une plume au chapeau vous plaît mieux qu'à la main.
Ainsi donc, pour vous plaire, il a voulu paroître,
Non pas pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il veut être,
Et s'est osé promettre un traitement plus doux
Dans la condition qu'il veut prendre pour vous.

Mouvement III — le mensonge entre accusation et preuve d'amourde « En matière de fourbe » à « c'est une affaire faite »

1ClariceEn matière de fourbe il est maître, il y pipe ;
Après m'avoir dupée, il dupe encore Alcippe.
Ce malheureux jaloux s'est blessé le cerveau
D'un festin qu'hier au soir il m'a donné sur l'eau.
Juge un peu si la pièce a la moindre apparence.
Alcippe cependant m'accuse d'inconstance,
Me fait une querelle où je ne comprends rien.
J'ai, dit-il, toute nuit souffert son entretien ;
Il me parle de bal, de danse, de musique,
D'une collation superbe et magnifique,
Servie à tant de plats, tant de fois redoublés,
Que j'en ai la cervelle et les esprits troublés.

2IsabelleReconnoissez par là que Dorante vous aime,
Et que dans son amour son adresse est extrême ;
Il aura su qu'Alcippe étoit bien avec vous,
Et pour l'en éloigner il l'a rendu jaloux.
Soudain à cet effort il en a joint un autre :
Il a fait que son père est venu voir le vôtre.
Un amant peut-il mieux agir en un moment
Que de gagner un père et brouiller l'autre amant ?
Votre père l'agrée, et le sien vous souhaite ;
Il vous aime, il vous plaît : c'est une affaire faite.

Analyse

Commentaire linéaire

Le cœur du dossier. Cliquez sur une carte pour déplier l'analyse complète.

Chaque carte suit le même ordre : citation · procédé · analyse · effet · interprétation · liaison. Cette régularité est une méthode à reproduire à l'oral.

Introduction

Présentation de l’auteurPierre Corneille (1606-1684) est l’un des grands dramaturges du XVIIe siècle. Le Menteur (1644) est une comédie où le héros, Dorante, séduit par l’invention et le mensonge.

Présentation de l’œuvreLe Menteur met en scène Dorante, jeune homme qui ment avec brio pour briller et séduire. La pièce relève de la comédie et accompagne le parcours « mensonge et comédie ».

Situation de l’extraitDans la scène 3 de l’acte III, Isabelle et Dorante débattent du mensonge guerrier : ce qui pourrait être une faute devient stratégie de séduction, puis preuve d’amour. Le jugement porté sur Dorante se change en débat comique.

Caractérisation du passageLe passage est une scène de comédie fondée sur le double sens : le mensonge y est tour à tour accusé, justifié comme stratégie et retourné en preuve d’amour, ce qui relance l’intrigue.

ProblématiqueComment Corneille transforme-t-il le jugement porté sur Dorante en débat comique sur le mensonge, à la fois faute, stratégie de séduction et moteur de l’intrigue ?

Annonce des mouvementsLe premier mouvement montrera comment Isabelle banalise le mensonge guerrier de Dorante. Le deuxième analysera le mensonge comme stratégie de séduction. Le troisième étudiera le mensonge entre accusation et preuve d’amour.

I. Isabelle banalise le mensonge guerrier de DoranteClarice ouvre la scène par une accusation directe ; Isabelle la relativise : Dorante n'a rien fait d'exceptionnel, il s'inscrit dans une pratique répandue. Corneille transforme le mensonge individuel en satire sociale.

I.a

Clarice accuse Dorante

« Qu'il est fourbe, Isabelle. »

Procédé principalexclamation accusatrice« Qu'il est fourbe, Isabelle. »Procédé secondaireapostrophe à Isabelle

L'essentiel : Le spectateur comprend que les mensonges de Dorante ont été découverts et jugés.

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Analyse

L'exclamation exprime l'indignation de Clarice. Le mot « fourbe » désigne un trompeur, un homme rusé et malhonnête. Clarice ne cherche pas encore à expliquer le comportement de Dorante : elle le condamne moralement. L'apostrophe « Isabelle » montre qu'elle partage son jugement avec une confidente. La scène commence donc par une réaction vive, qui pose Dorante comme objet de débat.

Effet sur le spectateur

Le spectateur comprend que les mensonges de Dorante ont été découverts et jugés.

Interprétation

Corneille déplace ici la comédie : Dorante n'est pas présent, mais ses mensonges continuent d'agir par les réactions qu'ils provoquent.

Isabelle confirme-t-elle cette condamnation, ou cherche-t-elle au contraire à la nuancer ?

I.b

Isabelle relativise le mensonge

« cette pratique est-elle si nouvelle ? »

Procédé principalinterrogation rhétorique« cette pratique est-elle si nouvelle ? »Procédé secondairemot généralisant« pratique »

L'essentiel : Le spectateur comprend qu'Isabelle va défendre Dorante en banalisant son mensonge.

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Analyse

L'interrogation d'Isabelle n'attend pas vraiment de réponse : elle suggère que la conduite de Dorante n'a rien d'exceptionnel. Le mot « pratique » généralise l'action : il ne s'agit plus seulement d'une faute personnelle, mais d'un comportement socialement répandu. Isabelle commence donc à transformer l'accusation morale de Clarice en observation comique sur les usages de la séduction.

Effet sur le spectateur

Le spectateur comprend qu'Isabelle va défendre Dorante en banalisant son mensonge.

Interprétation

Corneille donne à Isabelle une fonction de commentatrice lucide : elle replace le mensonge dans les jeux sociaux du paraître.

Comment Isabelle élargit-elle ensuite le cas de Dorante à toute une catégorie de jeunes gens ?

I.c

Dorante, un menteur parmi d'autres

« Dorante est-il le seul, qui, de jeune écolier, / Pour être mieux reçu s'érige en cavalier ? »

Procédé principalinterrogation rhétorique« Dorante est-il le seul, qui, de jeune écolier, / Pour être mieux reçu s'érige en cavalier ? »Procédé secondaireopposition « écolier » / « cavalier »

L'essentiel : Le spectateur perçoit une satire des jeunes hommes qui veulent paraître plus brillants qu'ils ne sont.

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Analyse

La question suggère que Dorante n'est pas un cas isolé. L'opposition entre « jeune écolier » et « cavalier » est essentielle : l'écolier renvoie aux études, à une jeunesse encore peu prestigieuse ; le cavalier renvoie à l'élégance, au monde militaire, à une image séduisante. Le verbe « s'érige » indique une construction de soi : ces jeunes hommes se fabriquent un rôle supérieur à leur réalité.

Effet sur le spectateur

Le spectateur perçoit une satire des jeunes hommes qui veulent paraître plus brillants qu'ils ne sont.

Interprétation

Le mensonge devient comique parce qu'il révèle un désir social : être mieux reçu en se donnant une identité flatteuse.

Quelle forme précise prend cette identité flatteuse ?

I.d

La fausse expérience militaire

« Que j'en sais comme lui qui parlent d'Allemagne »

Procédé principalgénéralisation exclamative« Que j'en sais comme lui qui parlent d'Allemagne »Procédé secondaireréférence guerrière« Allemagne »

L'essentiel : Le spectateur comprend que le mensonge militaire de Dorante relève d'une mode comique.

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Analyse

La formule « Que j'en sais » signifie qu'Isabelle en connaît beaucoup : Dorante devient un exemple parmi d'autres. La mention de l'« Allemagne » renvoie aux guerres dont se vantent ces jeunes hommes et donne au mensonge une apparence héroïque. Mais Isabelle signale que cette parole est répétée par beaucoup : elle devient un cliché de séduction.

Effet sur le spectateur

Le spectateur comprend que le mensonge militaire de Dorante relève d'une mode comique.

Interprétation

Corneille transforme le mensonge de Dorante en satire collective : le faux soldat est un type social.

Comment ces faux soldats parlent-ils des combats ?

I.e

Une fausse compétence militaire

« Sur chaque occasion tranchent des entendus »

Procédé principalexpression satirique« Sur chaque occasion tranchent des entendus »Procédé secondairegénéralisation« chaque occasion »

L'essentiel : Le spectateur rit de ces faux experts militaires.

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Analyse

L'expression « tranchent des entendus » signifie qu'ils parlent comme des spécialistes. Le verbe « tranchent » suggère une assurance excessive, presque brutale. « Chaque occasion » montre qu'ils saisissent tous les moments pour afficher leur prétendue compétence. Ils ne savent pas réellement, mais parlent comme s'ils savaient : le comique naît de cette assurance vide.

Effet sur le spectateur

Le spectateur rit de ces faux experts militaires.

Interprétation

Corneille critique le prestige social du discours : il suffit parfois de parler avec assurance pour paraître compétent.

D'où ces faux soldats tirent-ils leur prétendu savoir ?

I.f

Les combats lus ou rêvés

« De tous ces grands combats qu'ils ont lus ou rêvés ! »

Procédé principalantithèse entre expérience et imagination« De tous ces grands combats qu'ils ont lus ou rêvés ! »Procédé secondairealternative « lus ou rêvés »

L'essentiel : Le spectateur comprend que la gloire militaire de ces jeunes gens est entièrement fabriquée.

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Analyse

Les « grands combats » semblent d'abord héroïques, mais la fin du vers détruit cette grandeur : ces combats ont été « lus ou rêvés ». Les jeunes hommes ne sont pas des témoins ; ils se nourrissent de journaux, de récits ou d'imagination. La réalité militaire est remplacée par la lecture et le rêve. Le mensonge apparaît alors comme une imitation d'expérience.

Effet sur le spectateur

Le spectateur comprend que la gloire militaire de ces jeunes gens est entièrement fabriquée.

Interprétation

Corneille fait rire de la confusion entre savoir indirect et expérience réelle : le menteur transforme ce qu'il lit ou rêve en preuve vécue.

Le premier mouvement a montré qu'Isabelle banalise le mensonge de Dorante en le rattachant à une pratique sociale répandue. Le deuxième mouvement explique maintenant pourquoi Dorante a choisi ce rôle : il voulait plaire à Clarice en paraissant homme d'épée.

Transition. Le premier mouvement montre Isabelle banaliser le mensonge guerrier de Dorante. Comment ce mensonge devient-il une stratégie de séduction ?

II. Le mensonge comme stratégie de séductionIsabelle interprète le mensonge de Dorante. Selon elle, il ne s'agit pas d'un mensonge gratuit : Dorante a voulu plaire, pensant que Clarice préférait les hommes d'épée aux hommes d'étude. Le mensonge devient une stratégie de séduction fondée sur l'apparence.

II.a

Les filles de cœur et les gens d'épée

« Que les filles de cœur aiment les gens d'épée »

Procédé principalmaxime galante« Que les filles de cœur aiment les gens d'épée »Procédé secondaireopposition implicite cœur / épée

L'essentiel : Le spectateur perçoit la logique comique de Dorante : il choisit l'identité qui lui semble la plus séduisante.

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Analyse

La formule a la valeur d'une maxime : elle résume une idée générale sur le goût amoureux. Les « filles de cœur » désignent des femmes courageuses, nobles ou passionnées ; les « gens d'épée » renvoient aux soldats, aux hommes d'action et de bravoure. Isabelle prête à Dorante un raisonnement simple : pour plaire à une femme de cœur, il faut paraître homme d'épée. Le mensonge devient un costume sentimental.

Effet sur le spectateur

Le spectateur perçoit la logique comique de Dorante : il choisit l'identité qui lui semble la plus séduisante.

Interprétation

Corneille montre que le mensonge naît du désir de correspondre à une image attendue.

Quelle image concrète Isabelle oppose-t-elle pour expliquer ce choix ?

II.b

La plume au chapeau et la plume à la main

« Qu'une plume au chapeau vous plaît mieux qu'à la main »

Procédé principalmétonymie de la plume« Qu'une plume au chapeau vous plaît mieux qu'à la main »Procédé secondaireopposition chapeau / main

L'essentiel : Le spectateur voit clairement le mécanisme du paraître.

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Analyse

La « plume au chapeau » désigne le cavalier élégant, le soldat ou le gentilhomme ; la « plume à la main » renvoie à l'écriture, à l'étude, à l'écolier. Le même objet change de sens selon sa place. L'opposition est très comique : Dorante aurait choisi la plume décorative plutôt que la plume d'étude. Isabelle résume ainsi le passage de la réalité à l'apparence.

Effet sur le spectateur

Le spectateur voit clairement le mécanisme du paraître.

Interprétation

Corneille montre que la séduction sociale repose sur des signes visibles : vêtements, accessoires, rôles.

Comment Isabelle formule-t-elle alors le cœur du mensonge de Dorante ?

II.c

Paraître plutôt qu'être

« Non pas pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il veut être »

Procédé principalantithèse être / vouloir être« Non pas pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il veut être »Procédé secondaireconstruction négative corrective« Non pas… mais… »

L'essentiel : Le spectateur comprend le mécanisme profond de Dorante : il se fabrique par la parole.

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Analyse

La formule oppose l'identité réelle et l'identité désirée. « Ce qu'il est » renvoie à Dorante dans sa vérité ; « ce qu'il veut être » renvoie à l'image qu'il cherche à donner. La construction « Non pas… mais… » corrige la première possibilité pour affirmer la seconde. Le mensonge apparaît comme un écart entre être et paraître, mais aussi comme un désir de transformation.

Effet sur le spectateur

Le spectateur comprend le mécanisme profond de Dorante : il se fabrique par la parole.

Interprétation

Le mensonge devient une comédie de l'identité : Dorante joue le rôle de celui qu'il voudrait être.

Quel bénéfice Dorante espère-t-il retirer de cette fausse identité ?

II.d

Un traitement plus doux

« un traitement plus doux / Dans la condition qu'il veut prendre pour vous »

Procédé principallexique de l'avantage« un traitement plus doux / Dans la condition qu'il veut prendre pour vous »Procédé secondaireexpression du rôle adopté« condition »

L'essentiel : Le spectateur comprend que le mensonge de Dorante est calculé pour obtenir un meilleur accueil amoureux.

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Analyse

L'expression « traitement plus doux » signifie que Dorante espère être reçu plus favorablement. Le mot « condition » désigne ici le statut ou le rôle social qu'il veut adopter : il ne prend pas seulement une parole mensongère, il prend une « condition », c'est-à-dire une identité. Le complément « pour vous » rappelle que ce rôle est destiné à Clarice : le mensonge est orienté vers la séduction.

Effet sur le spectateur

Le spectateur comprend que le mensonge de Dorante est calculé pour obtenir un meilleur accueil amoureux.

Interprétation

Corneille fait du mensonge un outil comique d'adaptation sociale : Dorante change de rôle selon celle qu'il veut séduire.

Le deuxième mouvement a expliqué le mensonge de Dorante comme une stratégie de séduction. Mais Clarice n'est pas apaisée : elle voit surtout les dégâts produits par ces inventions. Le troisième mouvement oppose donc l'indignation de Clarice à l'interprétation optimiste d'Isabelle.

Transition. Le deuxième mouvement fait du mensonge une stratégie de séduction. Comment ce mensonge oscille-t-il enfin entre accusation et preuve d’amour ?

III. Le mensonge entre accusation et preuve d'amourClarice accuse Dorante d'avoir multiplié les tromperies : il l'a dupée, puis a dupé Alcippe en inventant un festin sur l'eau. Le mensonge provoque jalousie et confusion. Mais Isabelle retourne l'accusation : pour elle, ces manœuvres prouvent que Dorante aime Clarice et agit avec adresse.

III.a

Dorante maître en fourberie

« En matière de fourbe il est maître »

Procédé principalhyperbole de compétence« En matière de fourbe il est maître »Procédé secondairelexique de la tromperie

L'essentiel : Le spectateur comprend que Dorante est devenu expert dans l'art de tromper.

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Analyse

L'expression « en matière de » donne à la fourberie l'apparence d'un domaine de compétence ; le mot « maître » suggère que Dorante excelle dans cet art. Clarice reconnaît donc une forme d'habileté, mais elle la condamne. Le comique vient du fait que le mensonge est presque présenté comme un savoir-faire.

Effet sur le spectateur

Le spectateur comprend que Dorante est devenu expert dans l'art de tromper.

Interprétation

Corneille fait du menteur un virtuose comique : moralement condamnable, mais théâtralement brillant.

Qui Dorante a-t-il trompé selon Clarice ?

III.b

Une tromperie en chaîne

« Après m'avoir dupée, il dupe encore Alcippe »

Procédé principalparallélisme de la tromperie« Après m'avoir dupée, il dupe encore Alcippe »Procédé secondaireadverbe d'ajout« encore »

L'essentiel : Le spectateur voit le mensonge s'étendre d'un personnage à l'autre.

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Analyse

Le verbe « duper » est répété sous deux formes, « dupée » et « dupe » : cette répétition montre que le mensonge se propage. Dorante a d'abord trompé Clarice, puis Alcippe. L'adverbe « encore » insiste sur l'accumulation des tromperies. La comédie repose sur cette propagation : chaque mensonge en entraîne un autre.

Effet sur le spectateur

Le spectateur voit le mensonge s'étendre d'un personnage à l'autre.

Interprétation

Le mensonge est un moteur dramatique : il produit des effets en chaîne et complique l'intrigue.

Quel nouveau mensonge a provoqué la jalousie d'Alcippe ?

III.c

Le festin sur l'eau : une fiction invraisemblable

« D'un festin qu'hier au soir il m'a donné sur l'eau »

Procédé principalrécit indirect du mensonge« D'un festin qu'hier au soir il m'a donné sur l'eau »Procédé secondairecadre romanesque et invraisemblable

L'essentiel : Le spectateur rit de l'extravagance du mensonge attribué à Dorante.

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Analyse

Le mot « festin » évoque une scène brillante, luxueuse et galante ; le complément « sur l'eau » donne à l'invention un caractère spectaculaire. Dorante ne se contente pas d'un mensonge simple : il invente une scène presque théâtrale. La précision « hier au soir » donne une apparence de réalité récente. Pourtant, Clarice souligne que cette « pièce » n'a pas la moindre apparence de vérité.

Effet sur le spectateur

Le spectateur rit de l'extravagance du mensonge attribué à Dorante.

Interprétation

Corneille montre que Dorante ne ment pas petitement : il invente des scènes entières, presque des pièces dans la pièce.

Quel effet ce mensonge produit-il sur Alcippe ?

III.d

La querelle incompréhensible d'Alcippe

« Alcippe cependant m'accuse d'inconstance, / Me fait une querelle où je ne comprends rien »

Procédé principallexique du conflit amoureux« Alcippe cependant m'accuse d'inconstance, / Me fait une querelle où je ne comprends rien »Procédé secondairenégation d'incompréhension

L'essentiel : Le spectateur perçoit le comique de confusion créé par les mensonges de Dorante.

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Analyse

Les verbes « accuse » et « fait une querelle » montrent les effets du mensonge : il provoque la jalousie et le conflit. Le mot « inconstance » appartient au vocabulaire amoureux : Alcippe croit Clarice infidèle. Mais Clarice dit « je ne comprends rien » : cette négation souligne le désordre produit par la parole mensongère. Dorante invente, Alcippe croit, Clarice subit.

Effet sur le spectateur

Le spectateur perçoit le comique de confusion créé par les mensonges de Dorante.

Interprétation

Corneille montre que le mensonge agit même sur ceux qui n'en sont pas les auteurs : il dérègle les relations amoureuses.

Comment Clarice décrit-elle l'accumulation délirante de ce récit inventé ?

III.e

L'accumulation du festin imaginaire

« Il me parle de bal, de danse, de musique, / D'une collation superbe et magnifique »

Procédé principalaccumulation festive« Il me parle de bal, de danse, de musique, / D'une collation superbe et magnifique »Procédé secondaireadjectifs hyperboliques

L'essentiel : Le spectateur entend l'exagération comique d'une fête entièrement inventée.

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Analyse

Les mots « bal », « danse », « musique » composent une scène de fête ; la « collation » devient « superbe et magnifique ». Les adjectifs amplifient l'invention. Clarice rapporte ce discours avec une forme d'étourdissement. Le mensonge de Dorante est si riche en détails qu'il trouble les esprits : le comique vient de cette abondance excessive.

Effet sur le spectateur

Le spectateur entend l'exagération comique d'une fête entièrement inventée.

Interprétation

Dorante produit un mensonge spectaculaire : son imagination transforme une invention en scène fastueuse.

Comment Isabelle retourne-t-elle cette accusation ?

III.f

Isabelle transforme le mensonge en preuve d'amour

« Reconnoissez par là que Dorante vous aime »

Procédé principalimpératif d'interprétation« Reconnoissez par là que Dorante vous aime »Procédé secondaireproposition complétive

L'essentiel : Le spectateur voit Isabelle requalifier la tromperie en preuve de passion.

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Analyse

L'impératif « Reconnoissez » invite Clarice à changer de regard. Isabelle ne nie pas les faits : elle en propose une autre interprétation. La proposition « que Dorante vous aime » transforme les mensonges en signes d'amour. Ce qui était fourberie devient stratégie amoureuse : le comique repose sur ce retournement audacieux.

Effet sur le spectateur

Le spectateur voit Isabelle requalifier la tromperie en preuve de passion.

Interprétation

Corneille montre que le mensonge peut être interprété différemment selon le regard porté sur lui.

Comment Isabelle explique-t-elle la jalousie d'Alcippe ?

III.g

La jalousie comme stratégie

« pour l'en éloigner il l'a rendu jaloux »

Procédé principalcomplément de but« pour l'en éloigner il l'a rendu jaloux »Procédé secondairetransformation psychologique d'Alcippe

L'essentiel : Le spectateur comprend que la jalousie devient un outil comique de l'intrigue.

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Analyse

Le groupe « pour l'en éloigner » exprime le but : Dorante aurait voulu éloigner Alcippe de Clarice. Le pronom « l' » reprend Alcippe, et le pronom « en » renvoie à Clarice ou à sa relation avec elle. Le verbe « a rendu » indique une transformation : Alcippe devient jaloux à cause de Dorante. Isabelle présente donc le mensonge comme une manœuvre stratégique.

Effet sur le spectateur

Le spectateur comprend que la jalousie devient un outil comique de l'intrigue.

Interprétation

Le mensonge agit sur les passions des personnages et permet à Dorante de déplacer ses rivaux.

Quelle autre action Isabelle attribue-t-elle à Dorante ?

III.h

Une affaire faite

« Un amant peut-il mieux agir en un moment / Que de gagner un père et brouiller l'autre amant ? »

Procédé principalinterrogation rhétorique« Un amant peut-il mieux agir en un moment / Que de gagner un père et brouiller l'autre amant ? »Procédé secondaireantithèse entre gain et brouillage

L'essentiel : Le spectateur sourit devant l'optimisme d'Isabelle, qui voit dans les mensonges de Dorante une stratégie presque parfaite.

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Analyse

La question d'Isabelle n'attend pas de réponse : elle affirme l'efficacité de Dorante. Le verbe « gagner » renvoie au père qu'il faut convaincre, « brouiller » au rival qu'il faut éloigner. En un seul mouvement, Dorante aurait avancé son mariage et affaibli Alcippe. Isabelle transforme la fourberie en adresse amoureuse, et la phrase finale « c'est une affaire faite » donne à l'intrigue une apparence de réussite.

Effet sur le spectateur

Le spectateur sourit devant l'optimisme d'Isabelle, qui voit dans les mensonges de Dorante une stratégie presque parfaite.

Interprétation

Corneille montre l'ambiguïté comique du mensonge : il trouble, il scandalise, mais il fait aussi avancer l'action.

Conclusion

Dans cette scène, le jugement porté sur Dorante se transforme en débat comique sur le mensonge : banalisé par Isabelle, érigé en stratégie de séduction, puis retourné en preuve d’amour, il devient le moteur même de l’intrigue.

Le passage s’inscrit dans le parcours « mensonge et comédie » : la faute morale se mue en jeu théâtral, où le mensonge, loin d’être seulement condamné, alimente le plaisir comique et le mouvement de la pièce.

Mémoriser

Fiche aide-mémoire

Pour réviser vite : l'essentiel à retenir, sous-parties repliées.

Introduction en trente secondes

Dans ce passage, Clarice et Isabelle jugent les mensonges de Dorante. Clarice le condamne comme un fourbe, tandis qu'Isabelle explique ses mensonges comme des stratégies de séduction. Le texte fait rire parce que le mensonge brouille les relations tout en faisant avancer l'intrigue amoureuse.

Problématique

Comment Corneille transforme-t-il le jugement porté sur Dorante en débat comique sur le mensonge, à la fois faute, stratégie de séduction et moteur de l'intrigue ?

Plan à retenir

I.Isabelle banalise le mensonge guerrier de Dorante II.Le mensonge comme stratégie de séduction III.Le mensonge entre accusation et preuve d'amour

Toutes les sous-parties, en détail

Cliquez pour déplier chaque sous-partie.

I. Isabelle banalise le mensonge

I.a« Qu'il est fourbe, Isabelle »DéplierReplier
Procédé principalexclamation accusatrice« Qu'il est fourbe, Isabelle »Procédé secondaireapostrophe

Effet

Indignation de Clarice.

Interprétation

Dorante est jugé avant même d'être défendu.

I.b« cette pratique est-elle si nouvelle ? »DéplierReplier
Procédé principalinterrogation rhétorique« cette pratique est-elle si nouvelle ? »Procédé secondairegénéralisation

Effet

Nuance de l'accusation.

Interprétation

Isabelle replace le mensonge dans une pratique sociale.

I.c« de jeune écolier […] s'érige en cavalier »DéplierReplier
Procédé principalopposition sociale« de jeune écolier […] s'érige en cavalier »Procédé secondaireverbe de transformation

Effet

Satire des jeunes gens prétentieux.

Interprétation

Le mensonge fabrique une identité flatteuse.

I.d« parlent d'Allemagne »DéplierReplier
Procédé principalgénéralisation« parlent d'Allemagne »Procédé secondaireréférence guerrière

Effet

Comique de mode sociale.

Interprétation

Dorante appartient à une série de faux héros.

I.e« tranchent des entendus »DéplierReplier
Procédé principalexpression satirique« tranchent des entendus »Procédé secondaireassurance vide

Effet

Rire devant les faux spécialistes.

Interprétation

Parler avec assurance peut suffire à paraître compétent.

I.f« lus ou rêvés »DéplierReplier
Procédé principalantithèse expérience / imagination« lus ou rêvés »Procédé secondairealternative

Effet

Dégonflement comique.

Interprétation

La fausse expérience vient de la lecture ou du rêve.

II. Le mensonge comme stratégie de séduction

II.a« les filles de cœur aiment les gens d'épée »DéplierReplier
Procédé principalmaxime galante« les filles de cœur aiment les gens d'épée »Procédé secondaireopposition cœur / épée

Effet

Compréhension de la logique de Dorante.

Interprétation

Dorante choisit le rôle qu'il croit séduisant.

II.b« une plume au chapeau […] qu'à la main »DéplierReplier
Procédé principalmétonymie« une plume au chapeau […] qu'à la main »Procédé secondaireopposition chapeau / main

Effet

Image claire du paraître.

Interprétation

Dorante préfère le signe du cavalier au signe de l'écolier.

II.c« Non pas pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il veut être »DéplierReplier
Procédé principalantithèse être / vouloir être« Non pas pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il veut être »Procédé secondaireconstruction corrective

Effet

Compréhension du mécanisme du mensonge.

Interprétation

Dorante joue le rôle de celui qu'il voudrait être.

II.d« un traitement plus doux »DéplierReplier
Procédé principallexique de l'avantage« un traitement plus doux »Procédé secondairerôle choisi

Effet

Calcul amoureux.

Interprétation

Le mensonge vise un meilleur accueil de Clarice.

III. Le mensonge entre accusation et preuve d'amour

III.a« il est maître »DéplierReplier
Procédé principalhyperbole de compétence« il est maître »Procédé secondairelexique de la tromperie

Effet

Condamnation amusée.

Interprétation

Dorante est un virtuose du mensonge.

III.b« Après m'avoir dupée, il dupe encore Alcippe »DéplierReplier
Procédé principalparallélisme« Après m'avoir dupée, il dupe encore Alcippe »Procédé secondairerépétition du verbe « duper »

Effet

Propagation du mensonge.

Interprétation

Une tromperie en entraîne une autre.

III.c« un festin […] sur l'eau »DéplierReplier
Procédé principalfiction spectaculaire« un festin […] sur l'eau »Procédé secondaireprécision temporelle

Effet

Invraisemblance comique.

Interprétation

Dorante invente des scènes entières.

III.d« une querelle où je ne comprends rien »DéplierReplier
Procédé principallexique du conflit« une querelle où je ne comprends rien »Procédé secondairenégation d'incompréhension

Effet

Confusion comique.

Interprétation

Le mensonge dérègle les relations.

III.e« bal, danse, musique »DéplierReplier
Procédé principalaccumulation« bal, danse, musique »Procédé secondairehyperbole

Effet

Étourdissement.

Interprétation

Le mensonge devient spectacle fastueux.

III.f« Reconnoissez par là que Dorante vous aime »DéplierReplier
Procédé principalimpératif d'interprétation« Reconnoissez par là que Dorante vous aime »Procédé secondairecomplétive

Effet

Retournement comique.

Interprétation

Isabelle transforme la fourberie en signe amoureux.

III.g« il l'a rendu jaloux »DéplierReplier
Procédé principalverbe de transformation« il l'a rendu jaloux »Procédé secondairecomplément de but

Effet

Stratégie amoureuse.

Interprétation

Dorante manipule les passions de ses rivaux.

III.h« gagner un père et brouiller l'autre amant »DéplierReplier
Procédé principalantithèse« gagner un père et brouiller l'autre amant »Procédé secondaireinterrogation rhétorique

Effet

Conclusion optimiste et comique.

Interprétation

Isabelle voit dans le mensonge une réussite stratégique.

Conclusion prête à reformuler

Ce passage met Dorante en procès sans qu'il soit présent. Clarice l'accuse de fourberie, Isabelle banalise puis explique son mensonge comme une stratégie de séduction (paraître non pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il veut être), avant de retourner ses tromperies en preuves d'amour et d'adresse. Le passage illustre pleinement « mensonge et comédie » : le mensonge est une faute, un jeu social, un outil de séduction et une source de comique. Ouverture possible : I, 6, où Dorante théorise lui-même l'art de mentir pour plaire.

Réviser

Tableau des procédés

Passer des procédés aux effets et à l'interprétation. Filtrez par mouvement.

Exclamation accusatrice

TexteClarice traite Dorante de fourbe.EffetIndignation immédiate.InterprétationDorante est jugé absent.

Interrogation rhétorique

TexteIsabelle relativise le mensonge.EffetNuance comique.InterprétationLe mensonge est présenté comme une pratique courante.

Opposition écolier / cavalier

TexteLe jeune homme se transforme en homme d'épée.EffetSatire sociale.InterprétationLe mensonge fabrique une identité séduisante.

Généralisation

TexteIsabelle connaît beaucoup d'hommes comme Dorante.EffetDéplacement du cas individuel.InterprétationDorante devient un type comique.

Faux langage militaire

TexteLes jeunes gens parlent d'Allemagne et de campagnes.EffetPrestige artificiel.InterprétationLa guerre devient un décor verbal.

Gazette, lecture et rêve

TexteLes combats sont lus ou rêvés.EffetDégonflement comique.InterprétationL'expérience est inventée.

Maxime galante

TexteLes femmes de cœur aimeraient les gens d'épée.EffetLogique de séduction.InterprétationDorante choisit une image valorisante.

Plume au chapeau / plume à la main

TexteMême objet, deux identités différentes.EffetImage claire du paraître.InterprétationLe signe extérieur remplace l'être réel.

Antithèse être / vouloir être

TexteDorante paraît ce qu'il veut être.EffetCompréhension du mensonge.InterprétationLe mensonge révèle un désir d'identité.

Maître en fourberie

TexteClarice reconnaît son habileté trompeuse.EffetCondamnation amusée.InterprétationDorante est virtuose du faux.

Tromperie en chaîne

TexteClarice et Alcippe sont dupés.EffetPropagation comique.InterprétationLe mensonge entraîne d'autres désordres.

Festin sur l'eau

TexteDorante invente une scène spectaculaire.EffetInvraisemblance comique.InterprétationLe mensonge devient théâtre imaginaire.

Accumulation festive

TexteBal, danse, musique, collation.EffetÉtourdissement.InterprétationL'invention produit une scène fastueuse.

Impératif d'interprétation

TexteIsabelle demande de reconnaître l'amour de Dorante.EffetRetournement comique.InterprétationLa fourberie devient preuve d'amour.

Jalousie d'Alcippe

TexteDorante rend le rival jaloux.EffetStratégie amoureuse.InterprétationLe mensonge manipule les passions.

Interrogation finale

Texte« Peut-il mieux agir ? »EffetConclusion comique.InterprétationIsabelle transforme le désordre en réussite.

Les citations à maîtriser en priorité

  1. Accusation : « Qu'il est fourbe »
  2. Relativisation : « cette pratique est-elle si nouvelle ? »
  3. Métamorphose sociale : « de jeune écolier […] s'érige en cavalier »
  4. Fausse expérience : « combats qu'ils ont lus ou rêvés »
  5. Maxime galante : « les filles de cœur aiment les gens d'épée »
  6. Paraître : « plume au chapeau » / « plume à la main »
  7. Être / vouloir être : « Non pas pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il veut être »
  8. Tromperie en chaîne : « il dupe encore Alcippe »
  9. Retournement : « Reconnoissez par là que Dorante vous aime »
  10. Stratégie : « gagner un père et brouiller l'autre amant »
Vigilance

Erreurs rédhibitoires à éviter

Sortir de la paraphrase et du contresens : trois familles d'erreurs à connaître avant l'oral.

Section AErreurs de fond

Les contresens d'interprétation. Pour chacun : l'erreur, pourquoi c'en est une, et la formulation juste.

À ne pas commettre

Dire que Dorante est simplement absent de la scène

Pourquoi c'est une erreur

Il reste le centre du débat.

Formulation correcte

Dorante est absent physiquement, mais présent par ses mensonges.

À ne pas commettre

Oublier Isabelle

Pourquoi c'est une erreur

Elle interprète et relativise les mensonges.

Formulation correcte

Isabelle transforme l'accusation en explication comique.

À ne pas commettre

Croire que Clarice et Isabelle pensent la même chose

Pourquoi c'est une erreur

Elles ont deux lectures différentes.

Formulation correcte

Clarice condamne, Isabelle explique et justifie.

À ne pas commettre

Ne pas analyser le faux rôle militaire

Pourquoi c'est une erreur

Il est au cœur de la stratégie de Dorante.

Formulation correcte

Dorante se fait passer pour un homme d'épée afin de séduire.

À ne pas commettre

Oublier « être » et « vouloir être »

Pourquoi c'est une erreur

Cette opposition explique le mensonge.

Formulation correcte

Dorante veut paraître ce qu'il désire être.

À ne pas commettre

Réduire Alcippe à un détail

Pourquoi c'est une erreur

Sa jalousie montre les effets du mensonge.

Formulation correcte

Dorante manipule aussi son rival.

À ne pas commettre

Oublier le parcours

Pourquoi c'est une erreur

Le passage articule mensonge et comédie.

Formulation correcte

Le mensonge crée débat, jalousie et action théâtrale.

Section BErreurs de méthode à l'oral

Les fautes de conduite de l'épreuve, indépendantes du contenu.

Erreur de méthode
Correction attendue
Résumer seulement les faits
Montrer les deux interprétations du mensonge.
Oublier l'effet sur le spectateur
Expliquer le rire produit par le décalage.
Ne pas suivre les mouvements
Passer de la banalisation, à l'explication, puis au retournement.
Ne pas analyser les oppositions
Écolier / cavalier, être / vouloir être, faute / preuve d'amour.
Oublier la double énonciation
Clarice et Isabelle parlent entre elles, mais le spectateur juge aussi Dorante.
Ne pas relier au parcours
Employer les notions de fourberie, paraître, jalousie, comédie.

Section CFormulations interdites ou à éviter

Remplacer la paraphrase plate par une formulation d'analyse.

À éviterDorante est un menteur.
À dire plutôtDorante devient l'objet d'un débat comique sur le mensonge.
À éviterIsabelle défend Dorante.
À dire plutôtIsabelle relativise et réinterprète ses mensonges.
À éviterIl se déguise en soldat.
À dire plutôtIl se fabrique par la parole une identité de cavalier.
À éviterAlcippe est jaloux.
À dire plutôtLa jalousie d'Alcippe est produite par une invention de Dorante.
À éviterClarice est perdue.
À dire plutôtClarice subit les effets confus des mensonges de Dorante.
À éviterC'est drôle car il ment.
À dire plutôtLe comique vient de la manière dont le mensonge est débattu, justifié et retourné.
Grammaire

Grammaire pour l'oral

Les analyses possibles à partir du passage. Chaque fiche donne la phrase, la question, la leçon et la réponse attendue.

Analyse 1

La phrase exclamative et l'apostrophe

Phrase étudiée

« Qu'il est fourbe, Isabelle. »

Question possible

Analyser la phrase exclamative et l'apostrophe.

Leçon associée

② Relations et constructions dans la phrase.

Réponse attendue

Phrase exclamative à un seul verbe conjugué, « est ». « Qu' » introduit l'exclamation et porte sur l'intensité du jugement. Sujet « il » (Dorante) ; « est » verbe d'état au présent ; « fourbe » attribut du sujet. « Isabelle » est une apostrophe : Clarice s'adresse à sa confidente.

Analyse 2

L'interrogation directe avec inversion

Phrase étudiée

« Dorante est-il le seul, qui, de jeune écolier, pour être mieux reçu s'érige en cavalier ? »

Question possible

Analyser l'interrogation directe avec inversion du sujet.

Leçon associée

⑤ L'interrogation.

Réponse attendue

Phrase interrogative, deux verbes conjugués (« est », « s'érige »). Principale « Dorante est-il le seul » : sujet réel « Dorante », repris par « il » dans l'inversion « est-il », « le seul » attribut. Relative « qui […] s'érige en cavalier » : « qui » a pour antécédent « le seul », sujet de « s'érige » ; « de jeune écolier » = état de départ, « en cavalier » = état adopté ; « pour être mieux reçu » exprime le but.

Analyse 3

La relative en « qui » et le pronom « en »

Phrase étudiée

« Que j'en sais comme lui qui parlent d'Allemagne. »

Question possible

Analyser la proposition relative introduite par « qui » et le pronom « en ».

Leçon associée

③ Syntaxe des propositions subordonnées relatives.

Réponse attendue

Phrase exclamative, deux verbes conjugués (« sais », « parlent »). Sujet « j' », verbe « sais » au présent ; « en » a une valeur quantitative (renvoie aux jeunes hommes semblables à Dorante) : « Que j'en sais » = « Combien j'en connais ». Relative « qui parlent d'Allemagne » : « qui » reprend le groupe implicite « comme lui », sujet de « parlent » ; « d'Allemagne » complète « parlent ».

Analyse 4

La subordonnée conditionnelle et la négation restrictive

Phrase étudiée

« S'ils sortent de Paris, ne vont qu'à leur village. »

Question possible

Analyser la subordonnée conditionnelle et la négation restrictive.

Leçon associée

④ Subordonnées conjonctives circonstancielles.

Réponse attendue

Segment à deux verbes conjugués (« sortent », « vont »). Subordonnée conditionnelle « S'ils sortent de Paris » introduite par « si » : sujet « ils », « sortent » au présent, « de Paris » origine du déplacement. Principale elliptique « ne vont qu'à leur village » : sujet « ils » sous-entendu, « vont » au présent, négation restrictive « ne… que » (= seulement) limitant le déplacement, « à leur village » complément de lieu.

Analyse 5

La complétive en « que » et l'incise

Phrase étudiée

« Il aura cru sans doute, ou je suis fort trompée, que les filles de cœur aiment les gens d'épée. »

Question possible

Analyser la proposition complétive introduite par « que » et l'incise.

Leçon associée

② Relations et constructions dans la phrase.

Réponse attendue

Phrase complexe, trois verbes conjugués (« aura cru », « suis », « aiment »). Principale « Il aura cru sans doute » : sujet « Il » (Dorante), « aura cru » au futur antérieur de valeur conjecturale, « sans doute » renforce l'hypothèse. Incise « ou je suis fort trompée » qui nuance l'affirmation : sujet « je », « suis » au présent, « trompée » attribut. Complétive « que les filles de cœur aiment les gens d'épée » complétant « aura cru » : sujet « les filles de cœur », « aiment » au présent, « les gens d'épée » COD.

Analyse 6

La complétive et la comparaison

Phrase étudiée

« Il a jugé soudain qu'une plume au chapeau vous plaît mieux qu'à la main. »

Question possible

Analyser la proposition complétive et la comparaison.

Leçon associée

② Relations et constructions dans la phrase.

Réponse attendue

Phrase complexe, deux verbes conjugués (« a jugé », « plaît »). Principale « Il a jugé soudain » : sujet « Il » (Dorante), « a jugé » au passé composé, « soudain » complément. Complétive « qu'une plume au chapeau vous plaît mieux qu'à la main » : sujet « une plume au chapeau », « plaît » au présent, « vous » COI de « plaît » ; la comparaison « mieux qu'à la main » oppose deux manières de porter ou d'utiliser la plume.

Analyse 7

La construction négative corrective « non pas… mais… »

Phrase étudiée

« Ainsi donc, pour vous plaire, il a voulu paroître, non pas pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il veut être. »

Question possible

Analyser la construction négative corrective « non pas… mais… ».

Leçon associée

⑥ Formes et emplois de la négation.

Réponse attendue

Phrase complexe, trois verbes conjugués (« a voulu », « est », « veut »). Principale « il a voulu paroître » : sujet « il » (Dorante), « a voulu » au passé composé, infinitif « paroître » complétant le verbe, « pour vous plaire » exprime le but. « non pas pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il veut être » oppose deux possibilités : « non pas » nie la première (paraître selon son identité réelle), « mais » introduit la correction (selon l'identité désirée). « ce qu'il est » et « ce qu'il veut être » contiennent chacun une relative substantivée introduite par « ce que ».

Analyse 8

Le groupe infinitif prépositionnel et le verbe principal

Phrase étudiée

« Après m'avoir dupée, il dupe encore Alcippe. »

Question possible

Analyser le groupe infinitif prépositionnel et le verbe principal.

Leçon associée

② Relations et constructions dans la phrase.

Réponse attendue

Un verbe conjugué (« dupe ») et un infinitif passé (« avoir dupée »). « Après m'avoir dupée » est un groupe infinitif prépositionnel marquant l'antériorité : « m' » COD de « avoir dupée », participe « dupée » accordé avec ce pronom placé avant l'auxiliaire. Principale « il dupe encore Alcippe » : sujet « il », « dupe » au présent, « encore » marque l'ajout, « Alcippe » COD.

Analyse 9

La proposition relative introduite par « que »

Phrase étudiée

« Ce malheureux jaloux s'est blessé le cerveau d'un festin qu'hier au soir il m'a donné sur l'eau. »

Question possible

Analyser la proposition relative introduite par « que ».

Leçon associée

③ Syntaxe des propositions subordonnées relatives.

Réponse attendue

Phrase complexe, deux verbes conjugués (« s'est blessé », « a donné »). Principale « Ce malheureux jaloux s'est blessé le cerveau d'un festin » : sujet « Ce malheureux jaloux » (Alcippe), verbe pronominal « s'est blessé » au passé composé, « le cerveau » COD, « d'un festin » cause du trouble. Relative « qu'hier au soir il m'a donné sur l'eau » : « qu' » a pour antécédent « festin », COD de « a donné » ; sujet « il » (Dorante), « m' » COS ; « hier au soir » et « sur l'eau » compléments circonstanciels de temps et de lieu.

Analyse 10

L'incise et le passé composé

Phrase étudiée

« J'ai, dit-il, toute nuit souffert son entretien. »

Question possible

Analyser l'incise et le passé composé.

Leçon associée

② Relations et constructions dans la phrase.

Réponse attendue

Phrase déclarative avec incise, deux verbes conjugués (« ai souffert », « dit »). Principale « J'ai toute nuit souffert son entretien » : sujet « J' », « ai souffert » au passé composé, « son entretien » COD, « toute nuit » complément de temps. Incise « dit-il » : Clarice rapporte les paroles d'Alcippe ; « dit » et sujet « il » postposé selon l'inversion propre à l'incise.

Analyse 11

L'impératif et la complétive

Phrase étudiée

« Reconnoissez par là que Dorante vous aime. »

Question possible

Analyser l'impératif et la proposition complétive.

Leçon associée

② Relations et constructions dans la phrase.

Réponse attendue

Phrase complexe et injonctive, deux verbes conjugués (« Reconnoissez », « aime »). Principale « Reconnoissez par là » : « Reconnoissez » à l'impératif présent, 2e personne du pluriel, sujet non exprimé ; « par là » complément de moyen ou de cause. Complétive « que Dorante vous aime » complétant « Reconnoissez » : sujet « Dorante », « aime » au présent, « vous » COD.

Analyse 12

L'interrogation directe et la comparaison

Phrase étudiée

« Un amant peut-il mieux agir en un moment que de gagner un père et brouiller l'autre amant ? »

Question possible

Analyser l'interrogation directe et la comparaison.

Leçon associée

⑤ L'interrogation.

Réponse attendue

Phrase interrogative, un verbe conjugué (« peut ») et trois infinitifs (« agir », « gagner », « brouiller »). « Un amant » sujet réel, repris par « il » dans l'inversion « peut-il » ; « peut » au présent, infinitif « agir » complétant le verbe, « en un moment » complément de temps. Comparaison introduite par « mieux… que » : le second terme est formé de deux infinitifs coordonnés, « de gagner un père » et « brouiller l'autre amant », dont « un père » et « l'autre amant » sont les COD.

S'entraîner

QCM de révision

Soixante questions, réponse développée. Cliquez sur une question pour vérifier votre réponse.

Contexte (1–11) · Mouvement I (12–24) · Mouvement II (25–35) · Mouvement III (36–53) · Bilan (54–60)

Contexte et personnages (1–11)

Q1Quel est l'objet d'étude du texte ?
  • A. Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle
  • B. Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle
  • C. La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle
  • D. La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle
Réponse : B.

Le texte est un extrait théâtral de Corneille, étudié dans l'objet d'étude consacré au théâtre.

Q2Quel est le parcours associé au texte ?
  • A. « La célébration du monde »
  • B. « émancipations créatrices »
  • C. « mensonge et comédie »
  • D. « Défendre et entretenir la liberté »
Réponse : C.

Le passage analyse les mensonges de Dorante et leurs effets comiques sur l'intrigue.

Q3Qui est l'auteur du Menteur ?
  • A. Molière
  • B. Pierre Corneille
  • C. Marivaux
  • D. Racine
Réponse : B.

Le Menteur est une comédie de Corneille, dramaturge majeur du XVIIe siècle.

Q4À quel genre appartient Le Menteur ?
  • A. Une tragédie
  • B. Une comédie
  • C. Un roman épistolaire
  • D. Un récit de voyage
Réponse : B.

La pièce repose sur les mensonges, les quiproquos et les complications amoureuses.

Q5Quels personnages parlent dans l'extrait ?
  • A. Dorante et Cliton
  • B. Clarice et Isabelle
  • C. Dorante et Clarice
  • D. Alcippe et Isabelle
Réponse : B.

La scène montre Clarice et Isabelle discutant des mensonges de Dorante.

Q6Dorante est-il présent sur scène dans cet extrait ?
  • A. Oui, il se défend directement
  • B. Oui, mais il ne parle pas
  • C. Non, il est absent mais commenté
  • D. Non, il est déjà parti à la guerre
Réponse : C.

Dorante n'agit pas directement ; ses mensonges sont jugés et interprétés par les deux femmes.

Q7Quel mot Clarice emploie-t-elle pour qualifier Dorante ?
  • A. Brave
  • B. Fourbe
  • C. Timide
  • D. Mélancolique
Réponse : B.

Clarice condamne immédiatement Dorante comme un homme trompeur.

Q8Que signifie ici « fourbe » ?
  • A. Homme courageux
  • B. Homme trompeur
  • C. Homme savant
  • D. Homme malheureux
Réponse : B.

Le mot désigne celui qui ment, ruse et manipule les autres.

Q9Quelle est l'attitude de Clarice envers Dorante ?
  • A. Elle l'admire
  • B. Elle l'excuse
  • C. Elle le condamne
  • D. Elle l'oublie
Réponse : C.

Clarice insiste sur la tromperie et sur les dégâts produits par Dorante.

Q10Quelle est l'attitude d'Isabelle envers Dorante ?
  • A. Elle condamne seulement ses mensonges
  • B. Elle les relativise et les explique
  • C. Elle ignore totalement Dorante
  • D. Elle accuse Clarice de mentir
Réponse : B.

Isabelle ne nie pas les mensonges ; elle les interprète comme stratégie de séduction.

Q11Quel est l'enjeu principal de la scène ?
  • A. Décrire une bataille réelle
  • B. Juger et interpréter les mensonges de Dorante
  • C. Raconter un mariage déjà célébré
  • D. Faire mourir Alcippe
Réponse : B.

La scène met Dorante en débat sans le faire apparaître directement.

Mouvement I — la banalisation (12–24)

Q12Quel est le premier mouvement du texte ?
  • A. Isabelle banalise le mensonge guerrier de Dorante
  • B. Dorante avoue son amour
  • C. Alcippe provoque Dorante
  • D. Clarice quitte la scène
Réponse : A.

Elle explique que beaucoup de jeunes hommes inventent une fausse gloire militaire.

Q13Que fait Isabelle dans le premier mouvement ?
  • A. Elle aggrave l'accusation de Clarice
  • B. Elle dit que Dorante est un cas unique
  • C. Elle généralise le comportement de Dorante
  • D. Elle refuse de répondre
Réponse : C.

Elle présente Dorante comme un exemple d'une pratique sociale plus large.

Q14Quelle question Isabelle pose-t-elle pour relativiser le mensonge ?
  • A. « Dorante est-il le seul… ? »
  • B. « Où est Alcippe ? »
  • C. « Pourquoi partir ? »
  • D. « Qui veut danser ? »
Réponse : A.

La question suggère que Dorante n'est pas un cas exceptionnel.

Q15Quelle opposition structure le portrait des jeunes menteurs ?
  • A. Vieillard / enfant
  • B. Écolier / cavalier
  • C. Roi / valet
  • D. Père / fils
Réponse : B.

Le jeune homme réel est écolier, mais il veut paraître cavalier.

Q16Que représente le « jeune écolier » ?
  • A. La réalité moins glorieuse du jeune homme
  • B. Un héros militaire
  • C. Un père autoritaire
  • D. Un marin expérimenté
Réponse : A.

L'écolier renvoie à l'étude et à une image moins brillante que celle du soldat.

Q17Que représente le « cavalier » ?
  • A. Un homme d'étude
  • B. Un homme d'épée séduisant
  • C. Un serviteur comique
  • D. Un personnage religieux
Réponse : B.

Le cavalier incarne une identité plus noble, guerrière et galante.

Q18Pourquoi les jeunes hommes veulent-ils paraître cavaliers ?
  • A. Pour être mieux reçus
  • B. Pour devenir prêtres
  • C. Pour quitter Paris
  • D. Pour éviter les femmes
Réponse : A.

Le mensonge vise à obtenir un meilleur accueil social ou amoureux.

Q19Quel pays est évoqué dans les faux récits militaires ?
  • A. L'Espagne
  • B. L'Italie
  • C. L'Allemagne
  • D. L'Angleterre
Réponse : C.

Les faux soldats parlent d'Allemagne pour se donner une aura guerrière.

Q20Que prétendent ces jeunes hommes avoir vu ?
  • A. Des campagnes militaires
  • B. Des jardins royaux
  • C. Des temples antiques
  • D. Des comédies italiennes
Réponse : A.

Ils se présentent comme témoins de combats qu'ils n'ont pas vécus.

Q21Que signifie « tranchent des entendus » ?
  • A. Ils parlent comme des connaisseurs
  • B. Ils se taisent par prudence
  • C. Ils fuient les combats
  • D. Ils avouent leur ignorance
Réponse : A.

Ils adoptent le ton de spécialistes, alors que leur savoir est faux ou emprunté.

Q22D'où viennent en réalité leurs récits de combats ?
  • A. De leur expérience personnelle
  • B. De lettres d'amour
  • C. De gazettes, lectures ou rêves
  • D. Des ordres du roi
Réponse : C.

Ils transforment ce qu'ils ont lu ou imaginé en prétendue expérience vécue.

Q23Que désigne la « gazette » ?
  • A. Un journal ou une publication d'informations
  • B. Un vêtement militaire
  • C. Une chanson populaire
  • D. Une arme de guerre
Réponse : A.

La gazette fournit des récits que les menteurs répètent comme témoins directs.

Q24Quel effet produit la mention des combats « lus ou rêvés » ?
  • A. Elle confirme leur héroïsme
  • B. Elle dégonfle comiquement leur prestige
  • C. Elle prouve leur sincérité
  • D. Elle rend Clarice amoureuse
Réponse : B.

La gloire militaire est ramenée à la lecture, au rêve et au bavardage.

Mouvement II — la séduction (25–35)

Q25Quel est le deuxième mouvement du texte ?
  • A. Le mensonge comme stratégie de séduction
  • B. La mort d'Alcippe
  • C. La fuite de Clarice
  • D. Le récit d'une vraie bataille
Réponse : A.

Isabelle explique que Dorante ment pour se rendre plus séduisant.

Q26Selon Isabelle, pourquoi Dorante a-t-il menti ?
  • A. Pour voler de l'argent
  • B. Pour paraître plus séduisant aux yeux de Clarice
  • C. Pour entrer au couvent
  • D. Pour punir son père
Réponse : B.

Il choisit l'identité qui lui semble la plus propre à plaire.

Q27Qui sont les « filles de cœur » selon Isabelle ?
  • A. Des femmes sensibles aux gens d'épée
  • B. Des femmes ennemies de l'amour
  • C. Des femmes qui refusent la comédie
  • D. Des femmes sans jugement
Réponse : A.

Isabelle suppose que Clarice aime les hommes courageux et militaires.

Q28Que désignent les « gens d'épée » ?
  • A. Les hommes de loi
  • B. Les hommes d'Église
  • C. Les soldats ou hommes d'action
  • D. Les médecins
Réponse : C.

L'épée renvoie à la guerre, au courage et au prestige du cavalier.

Q29Quelle image oppose l'homme d'épée à l'homme d'étude ?
  • A. La plume au chapeau / la plume à la main
  • B. Le livre ouvert / le livre fermé
  • C. La table / la fenêtre
  • D. La rose / l'épine
Réponse : A.

La même plume distingue l'apparence galante et l'activité d'écriture.

Q30Que symbolise la « plume au chapeau » ?
  • A. L'étude silencieuse
  • B. L'apparence du cavalier galant
  • C. La prière religieuse
  • D. La pauvreté du valet
Réponse : B.

Elle devient un signe visible de bravoure et de séduction.

Q31Que symbolise la « plume à la main » ?
  • A. L'étude, l'écriture ou l'écolier
  • B. La guerre
  • C. Le bal
  • D. La jalousie
Réponse : A.

Elle renvoie à l'homme d'étude, moins séduisant dans la logique de Dorante.

Q32Quelle formule résume le mieux le mensonge d'identité ?
  • A. « Non pas pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il veut être »
  • B. « Il ne reviendra jamais »
  • C. « Il aime Alcippe »
  • D. « Il a tout perdu »
Réponse : A.

La phrase oppose identité réelle et identité désirée.

Q33Quelle opposition est au cœur de cette formule ?
  • A. Être / vouloir être
  • B. Jour / nuit
  • C. Maître / valet
  • D. Père / fille
Réponse : A.

Dorante ne montre pas ce qu'il est ; il joue ce qu'il voudrait paraître.

Q34Que cherche Dorante selon Isabelle ?
  • A. Un « traitement plus doux »
  • B. Une condamnation
  • C. Un duel immédiat
  • D. Une fuite hors de Paris
Réponse : A.

Il espère être mieux accueilli par Clarice grâce à son faux rôle.

Q35Que signifie « condition » dans ce passage ?
  • A. Maladie
  • B. Statut ou rôle social adopté
  • C. Prison
  • D. Condition grammaticale
Réponse : B.

Le mot désigne l'identité sociale que Dorante veut prendre pour plaire.

Mouvement III — accusation et preuve d'amour (36–53)

Q36Quel est le troisième mouvement du texte ?
  • A. Le mensonge entre accusation et preuve d'amour
  • B. La conversion religieuse de Dorante
  • C. Le départ de Clarice
  • D. L'éloge d'Alcippe
Réponse : A.

Clarice accuse Dorante, tandis qu'Isabelle transforme ses ruses en signes amoureux.

Q37Que reproche Clarice à Dorante au début du troisième mouvement ?
  • A. D'être maître en fourberie
  • B. D'être trop sincère
  • C. D'être trop silencieux
  • D. De ne pas connaître Isabelle
Réponse : A.

Elle le présente comme expert dans l'art de tromper.

Q38Quelle expression montre que Dorante excelle dans la tromperie ?
  • A. « En matière de fourbe il est maître »
  • B. « Il est doux et fidèle »
  • C. « Il parle peu »
  • D. « Il fuit les combats »
Réponse : A.

La fourberie devient presque un domaine dans lequel Dorante serait maître.

Q39Qui Dorante a-t-il aussi dupé selon Clarice ?
  • A. Géronte
  • B. Alcippe
  • C. Isabelle
  • D. Cliton
Réponse : B.

Clarice affirme que Dorante l'a dupée, puis a dupé Alcippe.

Q40Quelle phrase montre une tromperie en chaîne ?
  • A. « Après m'avoir dupée, il dupe encore Alcippe »
  • B. « Il est seul »
  • C. « Elle s'en va »
  • D. « Il fait nuit »
Réponse : A.

La répétition de « duper » montre que le mensonge se propage.

Q41Quel mensonge Dorante a-t-il inventé au sujet de Clarice ?
  • A. Un festin sur l'eau
  • B. Un voyage au Brésil
  • C. Une maladie mortelle
  • D. Un duel avec son père
Réponse : A.

Ce faux festin provoque la jalousie d'Alcippe et trouble Clarice.

Q42Quel effet ce mensonge produit-il sur Alcippe ?
  • A. Il devient jaloux
  • B. Il devient roi
  • C. Il devient valet
  • D. Il devient indifférent
Réponse : A.

Dorante utilise la jalousie d'Alcippe comme instrument stratégique.

Q43De quoi Alcippe accuse-t-il Clarice ?
  • A. D'inconstance
  • B. De lâcheté
  • C. De pauvreté
  • D. D'orgueil politique
Réponse : A.

Il croit que Clarice a passé la nuit avec Dorante lors du faux festin.

Q44Quel champ lexical Clarice associe-t-elle au faux festin ?
  • A. Bal, danse, musique, collation
  • B. Guerre, sang, armes, mort
  • C. Temple, prière, autel, foi
  • D. Mer, rochers, ciel, montagne
Réponse : A.

Ces mots donnent au mensonge une apparence festive et spectaculaire.

Q45Que produit l'accumulation « bal, danse, musique » ?
  • A. Une impression de fête excessive
  • B. Une impression de silence
  • C. Une preuve juridique
  • D. Une scène tragique
Réponse : A.

L'accumulation amplifie l'invention et donne le vertige comique du mensonge.

Q46Que dit Clarice de son état face aux mensonges ?
  • A. Elle a la cervelle et les esprits troublés
  • B. Elle est parfaitement calme
  • C. Elle admire Dorante
  • D. Elle a tout compris immédiatement
Réponse : A.

Elle exprime la confusion produite par les inventions de Dorante.

Q47Comment Isabelle retourne-t-elle l'accusation de Clarice ?
  • A. Elle affirme que ces mensonges prouvent l'amour de Dorante
  • B. Elle dit que Dorante n'existe pas
  • C. Elle accuse Alcippe d'avoir tout inventé
  • D. Elle quitte la scène
Réponse : A.

Isabelle transforme la faute en signe de passion et d'adresse.

Q48Quelle phrase marque ce retournement ?
  • A. « Reconnoissez par là que Dorante vous aime »
  • B. « Il ne faut plus parler »
  • C. « Dorante est mort »
  • D. « Alcippe est heureux »
Réponse : A.

L'impératif invite Clarice à changer d'interprétation.

Q49Quelle qualité Isabelle attribue-t-elle à Dorante ?
  • A. Une adresse extrême
  • B. Une grande naïveté
  • C. Une faiblesse ridicule
  • D. Une absence totale d'esprit
Réponse : A.

Elle voit dans ses ruses une intelligence stratégique.

Q50Selon Isabelle, pourquoi Dorante a-t-il rendu Alcippe jaloux ?
  • A. Pour l'éloigner de Clarice
  • B. Pour le rapprocher de Clarice
  • C. Pour le faire rire
  • D. Pour le faire voyager
Réponse : A.

La jalousie devient un moyen de déplacer le rival amoureux.

Q51Quelle autre action stratégique Isabelle attribue-t-elle à Dorante ?
  • A. Il a fait venir son père voir le père de Clarice
  • B. Il a quitté Paris pour toujours
  • C. Il a dénoncé Clarice au roi
  • D. Il a refusé tout mariage
Réponse : A.

Dorante aurait agi aussi sur le plan familial pour faire avancer l'union.

Q52Que signifie « gagner un père et brouiller l'autre amant » ?
  • A. Convaincre le père et éloigner le rival
  • B. Perdre son père et aimer son rival
  • C. Tromper Isabelle
  • D. Refuser l'amour
Réponse : A.

Isabelle résume deux objectifs : obtenir l'appui du père et nuire au rival.

Q53Quelle est la conclusion optimiste d'Isabelle ?
  • A. « C'est une affaire faite »
  • B. « Tout est perdu »
  • C. « Dorante est coupable »
  • D. « Alcippe triomphe »
Réponse : A.

Isabelle croit que les manœuvres de Dorante rendent l'union presque acquise.

Bilan et parcours (54–60)

Q54Quelle est la fonction principale d'Isabelle dans la scène ?
  • A. Interpréter et relativiser les mensonges de Dorante
  • B. Accuser Dorante sans nuance
  • C. Faire venir le père de Clarice
  • D. Remplacer Alcippe
Réponse : A.

Elle propose une lecture comique et stratégique des fourberies.

Q55Quelle est la fonction principale de Clarice ?
  • A. Condamner les effets des mensonges
  • B. Défendre entièrement Dorante
  • C. Expliquer la mode des faux cavaliers
  • D. Raconter une bataille réelle
Réponse : A.

Clarice insiste sur la tromperie, la confusion et la jalousie causées par Dorante.

Q56Quelle notion théâtrale est essentielle dans l'extrait ?
  • A. La double énonciation
  • B. Le monologue tragique
  • C. La scène muette
  • D. Le récit fantastique
Réponse : A.

Les personnages parlent entre eux, mais le spectateur reçoit aussi une réflexion sur Dorante.

Q57Pourquoi parle-t-on de double énonciation ?
  • A. Clarice et Isabelle parlent entre elles, mais le spectateur juge aussi Dorante
  • B. Dorante parle seul au public
  • C. Alcippe lit une lettre
  • D. Le père de Clarice donne un ordre
Réponse : A.

Le public entend le débat et peut mesurer le comique des interprétations.

Q58En quoi le mensonge est-il comique ici ?
  • A. Il est débattu, justifié et retourné
  • B. Il provoque seulement la mort
  • C. Il supprime l'action
  • D. Il rend tous les personnages silencieux
Réponse : A.

Le rire vient de l'écart entre condamnation de Clarice et justification d'Isabelle.

Q59Quelle idée correspond le mieux au parcours « mensonge et comédie » ?
  • A. Le mensonge est à la fois faute, jeu social, stratégie et moteur dramatique
  • B. Le mensonge empêche toute action théâtrale
  • C. Le mensonge n'existe pas dans la comédie
  • D. Le mensonge appartient seulement à la tragédie
Réponse : A.

Le passage montre que le mensonge trouble, mais fait aussi avancer l'intrigue.

Q60Quelle phrase simple pourrait résumer l'extrait ?
  • A. Clarice condamne Dorante, Isabelle explique ses mensonges comme stratégie comique
  • B. Dorante avoue tout devant son père
  • C. Alcippe et Dorante partent à la guerre
  • D. Clarice refuse d'écouter Isabelle
Réponse : A.

L'extrait oppose deux lectures : faute morale pour Clarice, stratégie efficace pour Isabelle.