Le Menteur · Mensonge et comédie · Écrit long

Dissertation générale 9

Dans Le Menteur, dire revient-il toujours à agir ?

Dans Le Menteur, dire revient-il toujours à agir ?

La parole de Dorante provoque croyance, jalousie et décision ; elle semble donc agir. Mais son efficacité dépend des destinataires, des reprises et de la scène où elle circule.

Le problème en tensionLa parole de Dorante provoque croyance, jalousie et décision ; elle semble donc agir. Mais son efficacité dépend des destinataires, des reprises et de la scène où elle circule.Ah ! rencontre fâcheuse

Introduction construite

La parole de Dorante provoque croyance, jalousie et décision ; elle semble donc agir. Mais son efficacité dépend des destinataires, des reprises et de la scène où elle circule. La question « Dans Le Menteur, dire revient-il toujours à agir ? » impose ainsi un déplacement : partir de « le récit produit des effets et des conduites », éprouver cette première réponse par « certaines paroles échouent devant le savoir d’autrui », puis reconstruire le jugement avec « le théâtre mesure l’action du dire à ses reprises ».

Le récit produit des effets et des conduites

Une version modifie les déplacements, les attentes et l’image publique. Dire crée une situation nouvelle, même lorsque le contenu est faux.

« Ah ! rencontre fâcheuse » COR-U2237

La phrase nominale donne immédiatement une valeur à l’entrée. L’événement est interprété avant toute explication.

La phrase nominale donne immédiatement une valeur à l’entrée. L’événement est interprété avant toute explication.
Le récit produit des effets et des conduites : La phrase nominale donne immédiatement une valeur à l’entrée. L’événement est interprété avant toute explication.
« Et que je reconnais par mon expérience » COR-U2531

La première personne fonde le savoir sur l’épreuve vécue. Reconnaître signifie à la fois identifier et admettre après erreur.

La première personne fonde le savoir sur l’épreuve vécue. Reconnaître signifie à la fois identifier et admettre après erreur.
Le récit produit des effets et des conduites : La première personne fonde le savoir sur l’épreuve vécue. Reconnaître signifie à la fois identifier et admettre après erreur.
« Et jamais comme vous on ne peignit Bartole » COR-U0047

La référence au juriste Bartole devient portrait-charge : Cliton flatte l’élégance nouvelle tout en rappelant le personnage scolaire que Dorante veut effacer.

La référence au juriste Bartole devient portrait-charge : Cliton flatte l’élégance nouvelle tout en rappelant le personnage scolaire que Dorante veut effacer.
Le récit produit des effets et des conduites : La référence au juriste Bartole devient portrait-charge : Cliton flatte l’élégance nouvelle tout en rappelant le personnage scolaire que Dorante veut effacer.
Le récit produit des effets et des conduitesUne version modifie les déplacements, les attentes et l’image publique. Dire crée une situation nouvelle, même lorsque le contenu est faux.Ah ! rencontre fâcheuse

Transition. Ce résultat ne suffit pas encore : il faut désormais examiner « certaines paroles échouent devant le savoir d’autrui », qui change le foyer de la démonstration sans annuler les preuves acquises.

Certaines paroles échouent devant le savoir d’autrui

Questions, rire et surveillance opposent à l’intention du locuteur des conditions de réception qu’il ne gouverne pas.

« Savez-vous bien, Monsieur, que vous extravaguez » COR-U0234

La question prend la forme d’un avertissement : le savoir revendiqué par la dame oppose une limite pragmatique au récit de Dorante.

La question prend la forme d’un avertissement : le savoir revendiqué par la dame oppose une limite pragmatique au récit de Dorante.
Certaines paroles échouent devant le savoir d’autrui : La question prend la forme d’un avertissement : le savoir revendiqué par la dame oppose une limite pragmatique au récit de Dorante.
« Je ris de vous voir étonné » COR-U0397

Dorante transforme la stupeur de Cliton en preuve de réussite. Le rire cherche à renverser le témoin critique en public conquis.

Dorante transforme la stupeur de Cliton en preuve de réussite. Le rire cherche à renverser le témoin critique en public conquis.
Certaines paroles échouent devant le savoir d’autrui : Dorante transforme la stupeur de Cliton en preuve de réussite. Le rire cherche à renverser le témoin critique en public conquis.
« Ah ! Monsieur, j'en frémi » COR-U0870

L’exclamation de Cliton donne une traduction corporelle du conflit des versions. Son savoir transforme une bonne nouvelle paternelle en menace.

L’exclamation de Cliton donne une traduction corporelle du conflit des versions. Son savoir transforme une bonne nouvelle paternelle en menace.
Certaines paroles échouent devant le savoir d’autrui : L’exclamation de Cliton donne une traduction corporelle du conflit des versions. Son savoir transforme une bonne nouvelle paternelle en menace.
Certaines paroles échouent devant le savoir d’autruiQuestions, rire et surveillance opposent à l’intention du locuteur des conditions de réception qu’il ne gouverne pas.Savez-vous bien, Monsieur, que vous extravaguez

Transition. Ce résultat ne suffit pas encore : il faut désormais examiner « le théâtre mesure l’action du dire à ses reprises », qui change le foyer de la démonstration sans annuler les preuves acquises.

Le théâtre mesure l’action du dire à ses reprises

Une parole agit différemment lorsqu’elle est citée, transmise ou confrontée. Son pouvoir réside dans le réseau, non dans la seule volonté de Dorante.

« Va, n'appréhende pas d'y tomber de nouveau » COR-U1038

L’impératif familier masque le risque par l’assurance. « De nouveau » reconnaît malgré lui la possibilité de répétition.

L’impératif familier masque le risque par l’assurance. « De nouveau » reconnaît malgré lui la possibilité de répétition.
Le théâtre mesure l’action du dire à ses reprises : L’impératif familier masque le risque par l’assurance. « De nouveau » reconnaît malgré lui la possibilité de répétition.
« Et que dans son amour son adresse est extrême » COR-U1291

La complétive ajoute une évaluation au récit ; l’hyperbole transforme une conduite suspecte en virtuosité.

La complétive ajoute une évaluation au récit ; l’hyperbole transforme une conduite suspecte en virtuosité.
Le théâtre mesure l’action du dire à ses reprises : La complétive ajoute une évaluation au récit ; l’hyperbole transforme une conduite suspecte en virtuosité.
« Qui vint hier de Poitiers, et conte, à son retour » COR-U1436

Les repères de temps et de lieu donnent au témoin une trajectoire vérifiable ; son récit concurrent possède l’ancrage qui manque à Dorante.

Les repères de temps et de lieu donnent au témoin une trajectoire vérifiable ; son récit concurrent possède l’ancrage qui manque à Dorante.
Le théâtre mesure l’action du dire à ses reprises : Les repères de temps et de lieu donnent au témoin une trajectoire vérifiable ; son récit concurrent possède l’ancrage qui manque à Dorante.
Le théâtre mesure l’action du dire à ses reprisesUne parole agit différemment lorsqu’elle est citée, transmise ou confrontée. Son pouvoir réside dans le réseau, non dans la seule volonté de Dorante.Va, n'appréhende pas d'y tomber de nouveau

Transition. Les trois déplacements peuvent maintenant être réunis : la réponse finale conservera à la fois la puissance locale de la parole et les limites que le plateau lui oppose.

Conclusion

Dire est bien une manière d’agir, mais jamais isolément. La comédie montre l’action verbale comme une relation soumise à la mémoire, au crédit et au contre-discours.

La réponse après les objectionsDire est bien une manière d’agir, mais jamais isolément. La comédie montre l’action verbale comme une relation soumise à la mémoire, au crédit et au contre-discours.Qui vint hier de Poitiers, et conte, à son retour
Relire la chaîne des preuvesLa conclusion conserve la fonction locale de chaque citation et mesure ce que le plan autorise réellement.Je ris de vous voir étonné
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